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Philosophie de la viV, II, p

2. On voit combien était superficielle celte impression rapportée d'Allemagne par Victor Cousin : « M. Schlegel était, comme tout le parti cathnlique, hautement déclaré pour le pouvoir absolu dans la religion et dans lEtat. » {Itevue des Deux Mondes, 1*' octobre 1857, p. 546.) Une lettre de Dorothée Schlegel, du 29 octobre 1814, au sujet des hommes d'Etal du Congrès de Vienne, qui « ne reconnaissent pas Frédéric, et qui, aveuglés, repoussent son activité », suffit à contredire une adtre impression de Cousin, d'après laquelle Schlegel aurait été l'homme de Gentz (Raich, Dorothea Schle(/el, II, p. 287).

3. C'est Gentz qui prononça ce mot en 1808 [Briefwechsel zwischen Friedrich von Gentz iind Adavi Mûller, p. 139, Stuttgart, Gotta, 1854). — Sur Adam-Henri Miiller (1779-1829), voir Gœdeke-Gœtze, VI, p. 19(î-198, et Varnhagen von Ense, Denkwûrdiijkeiten und Vermischtc Schriften^ lY, p. 629 et suiv. (Leipzig, Brockhaus, 1843.)

4. La vocation de Mûller, telle qu'il la définissait dans ses conversations avec Eichendorff à Berlin, en 1809, était d'exposer scientifiquement ce qu'est l'Etat dans son éternelle alliance avec la religion, la poésie et la vie, ^ tàch? bien romantique, dit avec raison M. Kei^er {Joseph i'<^n

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sien d'origine, converti de bonne heure au catholicisme, il était une sorte de Bonald allemand; mais un Bonald chez qui le travail de la logique se perdait volontiers en fusées d'imagination; un Bonald emporté, sur les ailes du romantisme, dans un ciel où la philosophie germanique avait laissé des traînées de nuages; et, par surcroît, au témoignage de Varnhagen, «un des hommes les plus agréables, les plus attirants », qu'on pût voir.

11 n'eût tenu qu'à la Prusse, en 1810, au moment où les Eléments d'art politique et les leçons sur Frédéric II * faisaient de Millier un homme célèbre, de se l'attacher comme journaliste officiel 2. Il appartenait, alors, à cette « table chrétienne-allemande » dont Kleist était le principal convive, et dont les membres, tous issus de l'aristocratie ou de la haute bourgeoisie, rêvaient d'un idéal patriotique et religieux, avec la reine Louise comme madone^. Millier accueillait avec enthousiasme la fondation de l'université de Berlin, et la série d'articles où il appelait les sciences à s'enrôler au service de l'Etat nouveau définissait à l'avance le rôle historique que devaient jouer les universités pour la grandeur allemande^. Mais l'opposition de Muller

Eichemlorffs p. 27). — « Dieu m'a choisi, écnvait-il à Gentz en 1810, pour revendiquer son éternelle loi, pour bàlir sa science en vue des temps qui viennent ; il m'a donné un glaive, contre tous les artifices, phiiosophics et diableries équivoques du monde. » {Briefwec/usel zwischen Gentz und Mûller, p. 161). — Mûller ne dut pas trouver queStolberg exagérait lorsqu'on 1818, dans une lettre où d'ailleurs il lui reprochait des paradoxes, il saluait en lui un athlète de la vérité et du droit (Janssen, Friedrich Leopold Graf zu Slolben/, II, p. 390j.

i. Reinhoid Steig, Ueinrich von KleisCs Bevliner Kàmpfe, p. 8-10 (Berlin, Speniann, 1901).

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