‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 62 sur 215 · Nôrber, lac. cit., XII, p · texte numérisé non relu

Nôrber, lac. cit., XII, p

que de manifester contre Rome, il aimait mieux contraindre Rome à cette ingrate initiative de manifester contre lui, ce qui voudrait dire : contre TAUemagne. 11 avait dépassé, et de beaucoup, le degré de désinvolture qui s'exprimait par des bravades au Saint-Siège ; Wessenberg ignorait le Saint-Siège. Tout doucement, en toute souveraineté, il avait introduit parmi ses prêtres et ses ouailles une liturgie allemande, supprimé jeûnes et vigiles ^ dispensé les ecclésiastiques de la lecture du bréviaire, et fait prévaloir, en matière de mariage et de vœux monastiques, les maximes du rationalisme « éclairé » ; il avait effacé de son mieux la ligne de partage entre les diverses confessions chrétiennes, et même, peut-on dire, entre le christianisme et le rationalisme.

Ni la primatie ni même Tépiscopat ne lui paraissant être d'institution divine^, il faisait de TEglise, tout comme Joseph 11, une sorte de grande université populaire, université fort bien tenue, d'ailleurs, et très intelligemment organisée, dans laquelle tous les fidèles liraient une traduction passablement incorrecte de la Bible intégrale, et dans laquelle les prêtres, entre autres lectures supplémentaires, étudieraient notre Encyclopédie^, Des conférences pastorales.

1. Beck, Wessenberg und die Kirchliche Reform oder Nationalitàt und Romanûmus, 2« édit., p. 44-47 (Karlsruhe, Braun, 1874). — Une lettre de Dalberg ayant prohibé certains changements liturgiques qu'essayait Wessenberg, le Gouvernement badois refusa à cette lettre son placet (Brùck, I, p. 437).

2. Voir l'analyse que donne Nôrber, loc. cit., XII, p. 1344-1345, de son écrit de 1801 : Geist des Zeitalters.

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