Pastor, op. cit., I, p
dans cette ville une société savante, fondée jadis sous la domination française, et qui s'occupait surtout d'antiquités; des prêtres archéologues, Millier, Wilnionsky, encouragèrent son action ; et le congrès de 1846, tenu à Trêves par les défenseurs français de l'art gothique, acheva de nouer un lien entre Reichensperger et cette école d'archéologues catholiques dont Montalembert fut l'inoubliable porte-voix ^
L'art gothique, à ses yeux, était comme le produit de la Rédemption, dans le domaine esthétique -; le nier, c'était nier le christianisme, c'était se refuser à « comprendre la langue dont les racines et le dictionnaire vivent en notre âme ^ ». Jusqu'au terme de sa longue et verte vieillesse, Reichensperger développa des théories enthousiastes sur le caractère organique des édifices gothiques, sur l'harmonieuse et vivante unité que présentent ces synthèses de pierre^, et sur le rôle, enfin, qu'y devaientjouer les vitraux eux-mêmes, destinés à être, non point « une galerie de tableaux transparents, mais une appartenance de l'Eglise ^ ». Les monuments du « paganisme ressuscité » — ainsi qualifiait-il la Renaissance '\ — lui faisaient
1. Sur Trêves à cette éjjoque, et sur la vie intellectuelle et artistique de celte ville, voir Kraus, Essays, Zweite Sammlunq, p. 375 et suiv. (Berlin, PsDtel).