‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 25 sur 236 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L Gœrres à Strasbourg. — Le Catholique h Strasbourg. — Un «périodique cattiolique de pénétration générale». — Labeui immense de Gœrres; Innombrables instances de lirentano. - L'article adressé par Gœrres à Louis P"^ de Bavière : prosopo pée de Maxi milieu l""-. — Louis l" : le patriote, le romantique le frondeur de la Sainte-Alliance. ~ La religiosité de Louis l" son cuite pour Sailer. — Points de contact entre Gœrres en Louis I". — La fondation de l'Université de Munich. — Le: catholique Ringseis défenseur des libertés universitaires. — Gœrres appelé à Municli.

IL Gœrres et le Catholique en Bavière. — La Bavière i^ l'arrivée de Gœrres : Gœrres et le clergé bavarois. — L'ensei ^nement historique de Gœrres : sa « perspective d'aigle », s£^ « manière titanique ». — Gœrres et Bossuet. — Le prophétisme de Gœrres : le Miroir du temps. — Gœrres mystique : la pré face à Suso. — La préparation de la Mystique : visites au> stigmatisées. — Les quatre volumes de Mystique. — Gœrres polémiste. — Gœrres homme de science. — « Partou' M. Gœrres est chez lui. »

III. La philosophie à l'Université de Munich. — Schelling ses évolutions, sa christologie. — Ascendant de Schelling su) les étudiants en théologie. — Appel de Schelling à Berlin. - Recours du Gouvernement prussien à l'Université de Munie! > contre Thégélianisme. — Baader : son existence vagabonde sa fixation à Munich. — Le théosophisme de Baader. — Hostilité de Baader vieillissant contre la « dictature papale ». — Lf- Philosophie de Deutinger ; la philosophie de Molitor.

IV. — La Faculté de théologie : Allioli. — DœUinger. — Prêtn pour être théologien. — Dœllinger créateur en matière d'histoin

ecclésiastique.

V. Le cercle de Gœrres : les commensaux de la Table Ronde. — Représentants du romantisme de la veille. — Brentano. — Son «ironie», son caractère. — Brentano et Luisa Hensel. — Brentano et Catherine Emmerich. — Brentano à Coblentz. — Dietz, le « valet de notre bon seigneur Dieu » : son appel A des sœurs de charité françaises. — Le livre de Brentano sur les sœurs de charité. — La publication des visions d'Emmerich. — Jugement des contemporains sur ce romantique apologiste. — Brentano à Munich. — Autres représentants des aspirations romantiques : Bœhmer, les Boisscrée, Cornélius.

VL L'autre côté de la Table Ronde : représentants de l'action catholique du lendemain. - Les juristes disgraciés par la Prusse : Phillips, Jarcke. — Un laïque qui restaure les théories canoniques sur le mariage : Ernest de Moy. — Les théologiens; Torientaliste Windischrnann ; Hancberg ; Mœhler; Dœllinger. — Une véritable famille spirituelle. — L'enfant de la famille : Guido Gœrres.

Vil. Le catholicisme étranger autour de la Table Ronde. — Témoignage de Falloux. — L'école menaisienne à Munich. — Dœllinger et Wiseman.

VIIL Influence politique de l'école de Munich. — Les actes du ministère Abel et de Louis de Bavière. — Les ambitions germaniques de la Bavière catholique. — Influence religieuse de l'école de Munich : l'idée dun Corpus catliolicorum européen.

A Tépoquo où le livre de Mcrhler sur V Unité de l'Eglise commençait d'illustrer Tubingiie, l'hospitalité française, oublieuse des injures de Gœrres, accueillait et retenait à Strasbourg le publiciste exilé, et avec lui la revue le Catholique, proscrite de Mayence par la censure ^ Sortie d'Alsace, il

1. Sur les nombreuses tribulations qu'eut à subir la revue W Cntliolii/ue, durant ses premières années, sur sa proscription de Mayence à la suite d'im article consacré aux biens abbatiaux de la Forêt Noire, et qui déplut au Gouvernement badois ; sur sa proscription de Wiesbaden à la suite d'un article relatif au droit ecclésiastique de la Bavière ; sur son exil; et sur l'incessante persécution que lui infligea la Prusse, voir Guerber, Licbermnnn, p. 309-312, et Remling. NikoloMs von Weis, I, p. 21, n. 22. — Comparer une amusante boutade de Brentano, dans Friedrich, Ljnaz von Dôllinger, I, p. 154.

semblait que par une émigration contrainte Técole de Mayence y fût ramenée ; et d'autre part, c'est à la faveur de l'accueil alsacien ^ que Joseph Gœrres, s'exerçant comme publiciste catholique, préludait aux inoubliables luttes qui grouperont autour de lui l'école de Munich.

Gœrres avait, en 1814, donné une voix à [l'opinion alleaiande; il voulait, désormais, donner une voix à l'opinion catholique. Schelling, rêvant, en 1819, de voir Gœrres fonder un journal qui fut pour la littérature ce que \q Mercure avait été pour la politique ^ allait, en quelque mesure, être exaucé : Gœrres allait lier à sa fortune la fortune du Catholifjuc . Le Mercure avait ouvert un forum : sur ce forum, le catholicisme allait descendre. « Il y a une entente générale dans toute l'Allemagne protestante, écrivait Gocîrres, pour dénaturer et évincer les livres catholiques; il nous faut un périodique de pénétration générale^. » Humble fugitive, la revue de Mayence fut ce périodique. H]n dépit de la bureaucratie prussienne, persécu-

1. Les rai)ports entre le clergé alsacien et l'Alleuiagne catholique étaient alors assez étroits pour que Liebennann. en 1830, pût écrire à Gœrres, alors à Munich, que les curés d'Alsace s'abonneraient volontiers à la Société allemande des bons livres (Gœrres, Gesammelte Briefe. UT. p. 385).

2. Barthélémy Saint-Hilaire^ M. Victor Cousin, sn vie et sa correspondance, I, p. 8S (Paris, Hachette, 1895).

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