‹ L'Allemagne religieuse- Le ProtestantismeChapitre 11 sur 41 · XVI II PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI II PRÉFACE

érigeant le prêtre au-dessus du fidèle, l'Église catholique, du moins, proposait la religion comme un bienfait commun, dont tous étaient appelés à jouir. Mais la Réforme, en admettant les âmes à élaborer leur christianisme , accentue , quoi qu'elle en ait et quoi qu'elle veuille, l'inégalité natu-» relie des intelligences. Déjà Bossue t pressentait ce phénomène lorsqu'il écrivait, dans un de ses Avertissements aux Protestants :

« Les simples, au dire de M. Jurieu, ne sont guère appelés à distinguer les points fondamentaux et non fondamentaux ; cela ne leur est aucunement nécessaire. Mais, s'ils veulent entrer dans cet examen, leur unique règle sera leur raison et l'Ecriture Sainte ; et par ces deux lumières ils jugeront aisément du poids et de l'importance d'une doctrine pour le salut. Mais, si les simples le peuvent « juger aisément », pourquoi les savants seront-ils les seuls à qui cette question est « si épineuse et si difficile à résoudre » ? La raison et l'Ecriture ne sont-elles que pour les simples? Et les savants ont-ils une autre règle de leur croyance que les autres ? Ne sentirez-vous jamais que vos ministres se jouent de votre foi? Car, je vous prie, pourquoi vous exclure de l'examen des articles fondamentaux et se le réserver à eux seuls ^ ? »

1 Bossuet, Averlissementa aux Protestants^ édit. Lâchât, XV,

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