‹ L'Allemagne sous Napoléon 1erChapitre 30 sur 66 · Mém. et Corresp., p · texte numérisé non relu

Mém. et Corresp., p

qu'ils maltraitent encore. J'avais ordonné aux officiers de faire des appels de nuit pour prévenir ces désordres ; mais ils me disent que malgré cette mesure ils ne peuvent les arrêter ^ . »

Ces troupes, si pillardes et si mal disciplinées, ne manquaient pas d une certaine bravoure. Seulement le courage allemand avait à cette époque un caractère que l'on a pu constater encore dans la guerre récente. Les Bavarois et les Wiirtembergeois," assez résolus en rase campagne, ne pouvaient se décider à monter à l'assaut ou à tenter une escalade. Plusieurs fois ^ Jérôme avait voulu essayer, sur des places silésiennes, une attaque de vive force : Deroy et ses collègues allemands avaient toujours hésité, puis finalement refusé. Le prince généralissime s'impatientait à l'exicès de ces résistances : « Je crois. Sire, écrivait-il à l'Empereur, que les alliés auraient besoin de quelques régiments français pour leur donner l'exemple. )> Le même jour, il constatait que quatrevingts Bavarois, « croyant qu'il voulait donner l'assaut^ avaient déserté. » Parfois il se dépitait de commander à ces soldats si différents des Corses ou des méridionaux, et il écrivait, avec une pointe d'outrecuidance : « J'avoue, tout en leur rendant la justice qu'ils méritent, que ce ne sont pas les troupes que

1. Mém. et Corre^p. Jérôme à Berthier, 191.Voy. aussi 182, 192^ 194.

Page 1