A NOS LECTEURS
L'Amateur d'Autographes vient d'accomplir sa quatrième année, mais c'est avec peine, il faut l'avouer, qu'il est parvenu à fournir une aussi longue carrière, car notre feuille est loin de faire encore ses frais. Aussi, en commençant la 5e année, faisons-nous appel aux amateurs d'autographes, aux hommes de lettres, aux bibliothécaires, afin qu'ils nous aident et par leur souscription et par leur collaboration. De notre côté nous ferons tous nos efforts pour rendre notre publication plus intéressante et plus utile. Nous continuerons à donner des pièces inédites curieuses au point de vue de l'histoire ou de la littérature, à accélérer, autant que possible, la publication du Manuel de V Amateur d' autographes , enfin à instruire nos lecteurs de toutes les ventes et de tous les faits qui pourraient les intéresser. Nous espérons que les collectionneurs et les littérateurs qui ont bien voulu encourager notre modeste feuille nous continueront leur bienveillant concours et que les amateurs d'autographes ne voudront pas laisser périr le seul organe qu'ils aient jusqu'à présent dans l'Europe entière.
'PIÈCES INÉDITES
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Lettre fort curieuse de François 1^, 1 datée de Folembray (Aisne), 10 août 1 543, et adressée à Momr de Lorges, chevalier de mon ordre, canvitaine-général des légionnaires de Normandye et Picardie. Elle est relative à une révolte des légionnaires causée par la famine qui -survint dans le camp du prince de Meiphc, alors à Chellas, petit village à deux lieues de Luxembourg. Les lansquenets s'étaient aussi mutinés. « Toufesfois, dit Martin du Bellay, à force de remontrances, nous arreslasmes les lansquenets : quant aux légion imires, desquels estôit général le comte de Brienne, ils furent de fci mauvaise volonté, que, de dix mille tant champenois que normans, n'en resta pas trois cens qu'ils ne retournassent en France : las capitaines demourérent, mais soubs chaqune enseigne n'y a voit pas trente hommes. »
Monsieur de Lorges. par le gentilhomme que a envoyé par devers moy mon cousin le prince de Melphe, j'ay entendu queceste canaille de la légion de Normandye, après le ternie de sou payement eseheu, a crié : argent, argent, et nui pis est s'en vont et se retirent habandonnans leurs enseignes, chose, Monsr de Lorges, que je veulxcstre si grièvement punie et chasliée qu'il en toit perpétuel exemple. A ceste cause je vous prie sur tout le service que faire me désirez vouloir aller après avecques le prevôst de la forest qui est à tiuy*e, prenant ung bon nombre de gens de cheval que vous baillera mondit cousin le prince pour assommer et hacher en pièces ces meschans et malheureux qui ainsi se retirent, et eu faire pandre si grande quantité que Ce soit horreur el crainte à, tous autres, vous priant derechef n'y faire faillie, car entendez qu'il y faïnt ainsi procéder ; autrement toute mon armée s'en ïroil perdue el en désordre, comme vous pouvez très-bien penser. Priant Dieu, Mons. de Lorges, qu'il vous ayt en sa garde. Escryst à Folembrav, le dixp" jour d'aoust mvc xliii.
Fiiancoys. 1 .
GBOT1U6 (Hugues) .. --<
Lettre de Grotius 2, alors ambassadeur de Su&le à PariB, toute relative aux événements de la guerre de- trente ans. Au moment ou cette lettre a été écrite, les Espagnols, conduits par le cardinalinfant, frère de Philippe IV, assiégeaient en Picardie la ville d'Aire, que le maréchal de La Meillcraie avait prise le 27 juillet. A la môme époque Lamothe-Houdancourt assiégeait Tarragone, et le comte d Harcourt guerroyait en Italie contre le prince Thomas de Savoie.
Ceux d'Aire ont chassé les bouches inutiles, craignant la famine laquelle ils ne pourront éviter si le siège dure longtemps. L'armée du Cardinal Infant hausse et redouble les retranchements, consistant en v;ngt mille hommes. L'armée du Roi en ces quartiers soubs le Maréchal de la Millerai n'est guères moindre par la venue des volontaires et du ban de Picar-
1 Tiréç de la collection de il. J. Charavay ainé. ^ .* Celte lettre fait partie d'une vente dont'M.J. Charavay aîné prépare le ca-
die, tellement que le Roi, outre cette grande armée, a encore deux petites, l'une soubs le maréchal deRreszé près de Péronne qui fait mine ae vouloir entrer en Flandre, pour tacher par ce moyen de divertir les Espagnols d'Àire. S'il n'y a moyen de secourir Aire, le Roi pourroit bien entreprendre quelque siège, comme d'isles1 ou Douai, cependant que le prince d'Orange, à qui le Roi a envoyé ex traordinairement cinq cent mille livres, donnera de l'occupation à unbon nombre des ennemis. Dans l'armée du Cardinal Infant est le duc de Guise *, ayant commandement sur Lamboi * en qualité de maréchal du camp et de la part del'Kmpereur. Leducd'Elbeuf y est aussi. Nous attendons de nouvelles de Corris et de Tarragone. Gil d'Has*est avecq ses trouppes près de Philipsbourg. De part et d'autre en ses quartiers on prend force de bétail. Le comte de Susse (?) a aussi pris un convoi venant de Bezanson et tué ceux qui l'acostèrent. Une compagnie des ennemis a esté batue près de Pfulendorf. L'Empereur faict ce que les prévoyants ont creu. Il traisne l'affaire palatine, parle d'envoyer une ambassade en Angleterre, cependant jette la division entre les ambassadeurs d'Angleterre et de Danemarq. En Angleterre ceux qui veulent chasser les Evesqucs ne scavent convenir entre eux quelle forme de uvernement ecclésiastique ils veulent establir. L'arche vesque 8 dans tour se -porte bien. Le résident qui est venu icy d'Angleterre Ta veu avant son départ. Je demeure, Monsieur,
Vostre très-humble serviteur. H. de Groot.
Le 24 d'aoust!641.
Le pape a mis quelque six- cents soldats sur les frontières contre Naples à cause que les différons s'augmentent. Les lettres du 30 de juillet d'Italie disent que le marquis de La Ville9 ayant pris Mondoviet le chasteau de Tarru (?) taschoient de prendre encore quelques places aux environs; que le comte d'Hareourt n'estoit guère loin de là près de Seravalli ; et que le prince Thomas attaquera le chasteau del Visco (?) près de Chivas. Nous apprenons que ceux d'Aire ont faict un œuvre cornu pour leur défense, et les Espagnols pour la seureté de leur camp trois forts et mis en chacun d'iceux six pièces de canon 7 ; que les Fiançais ont repris Pont d'Aventin près de l'isle et en Lorraine Bar-le-Due", Pont- à-Mousson, Nomeny. L'électeur-palatin accompagne le Roi de la Grand Bretagne en son voyage d'Escosse. Le roi d'Espagne a gagné quinze millions en haussant la petite monnoie, prépare quatre armées pour entrer en Portugal.
BEAUHARNAK ( Ho rte née).
Lettre adressée à sa mère et écrite de Hollande. Cette pièce n'est pas datée, mais elle est évidemment de 1806, année où Louis Bonaparte fut appelé au troue de Hollande.
1 Lille. Les maréchaux de La M eilleraie et de Brézé attaquèrent en effet les faubourgs de Lille et les brûlèrent, sans pouvoir cependant débloquer Aire.
3 Guise (Henri II, duc de), avait signé, ainsi que le comte de Soissons et le duc de Bouillon, un traité avec l'Espagne.
» Lamboy (Guillaume de), célèbre général allemand.
« Gildas, général allemand.
» Law, archevêque de Cantorbéry.
« Ville (le marquis de), maréchal de camp.
i Le cardinal-infant tomba malade, céda le commandement à Don Francisco de Mello, et se retira à Bruxelles où il mourut le 9 novembre. — La ville d'Aire, après une héroïque résistance, se rendit le 7 décembre.
Comment est-il possible, ma chère Maman, que depuis mon départ je
n'aye pas reçu une seule lettre de toi. Cela me fait vraiment de la peine ; c'e^t cependant en s'écrivant souvent qu'on se console d'être séparé : n ais la paresse est plus forte que tous mes raisonnements. Le général Noguès t'aura sûrement donné des nouvelles de notre entrée à Rotterdam. 11 est impossible d'avoir été mieux reçu, et je n'ai pas trouvé les Hollandois si froids qu'ils en ont la réputation. Je t'envoye des fruits qui ne son t sans doute pas encore murs en France ■ on les tait venir dans de fort belles serres. A Rotterdam on m'a fait une galanterie. Croyantque j'avais ton goût pour les plantes on a apporté toutes les plus belles dans une salle où était servi un déjeuner. Je les ai toutes vue avec un air de connaisseuse, mais je crois que cela t'auroit paru plus beau qu'à moi. Adieu, ma chère maman. Tuas tant de belles plantes qu'il est difficile d'en trouver de nouvelles. Les enfants se portent bien : nous comptons aller aux eaux de Wisbaden. J'emmènerai Napoléou seulement, et, si tu m'annonces l'arrivée d'Eugène, je pourrai aller des eaux à Paris. Ce sera là ; le bonheur d'y penser seulement me rend heureuse. Le roi me charge de te dire mille choses, et moi je t'embrasse et te prie de présenter mes respects à l'empereur.
Ce mercredi. Hortense.
lamennaii
Lettre fort curieuse adressée au baron d'Eckstein. Elle nous a été communiquée par M. Rolle, qui en possède l'original dans sa collection d'autographes.
La Chênaie, le 23 juin 1834.
Je regrette beaucoup, mon cher ami, que nous ne puissions avoir quelques longues conversations sur plusieurs points d'une grande importance, mais aussi d'une vaste étendue, sur quelques-uns de ces points- bases, our ainsi dire, où viennent s'appuier des masses entières de doctrines, outes mes idées s'enchaînent étroitement, elles forment un tout dont je ne saurais rien détacher. A mes yeux, les mêmes lois, modifiées seulement par la uature des êtres qu'elles régissent, mais immuables en soi, gouvernent l'univers entier, depuis l'ange jusqu'à l'atome, et ces lois ne sont que les lois de de Dieu même. Je me plais à les suivre le long de cette échelle mystérieuse, semblable à celle de Jacob, dont le pied repose sur lesélémens terrestres les plus simples et dont le sommet va se perdre dans les profondeurs de l'Etre infini. L'ouvrage que j'espère achever contiendra une exposition telle qu'elle de cette grande syntnèse. Ce qui me retarde en ce moment, c'est la partie physique, qui demande de ma part des études sévères et multipliées. Le reste est à peu près fini. Quand tout le sera, j'aurai fait un livre plein d'erreurs et de lacunes sans doute, mais où se trouveront aussi, je crois, des vérités fécondes et propres à aider de nouveaux efforts de l'esprit humain.
Je viens à présent aux questions que vous m'adressez. — Dieu me garde d'o pérer, même par la pensée, une scission quelconq ue dans le genre h umain , que Dieu a créé un, et qui n'est quelque chose que dans son unité et par son unité. Les petits et les grands, les faibles et les forts, les ignorans et les savans, les pauvres et les riches, tout cela c'est l'homme, l'homme que J.-C. est venu réhabiliter, sans aucune distinction d'individus. Il les a tous aimés d'un même amour, il a versé son sang pour tous. Même avant le péché, on ne peut coucevoir parmi les hommes une distribution égale de tous les dons personnels, physiques et intellectuels, et de tous les avantages extérieurs, sans concevoir en même temps, le renversement complet de toutes les lois connues et possibles des êtres. Cette inégalité n'est
donc pas un mal, elle est au contraire un très-grand bien ; car tous sans elle seraient infiniment plus malheureux, et Ton ne comprendrait pas même qu'ils pussent exisler. Mais, depuis l'introduction du mal dans le monde, une. autre inégalité y est apparue, l'inégalité supposée de nature entre les frères du même père, et celle-ci a été soutenue théoriquement
f>ar M. de Maistre, écho en cela d'une longue tradition d'inhumanité dans aquelle Aristote forme un anneau remarquable. De cette inégalité de nature résulte une inégalité de droit, les uns étant naturellement et par le seul fait de leur naissance destinés à commander, et les autres naturellement destinés à obéir. Oe là presque tous les maux qui ont inondé la terre, car les passions n'en sont ni la première (logiquement parlant) ni la plus funeste source ; c'est la corruption du droit parce qu'elle les éternise en les légitimant. Il n'a fallu rieu moins que la puissance divine du Christ pour ramener sur la terre l'égalité et la fraternité humaine, égalité primitive de droit, dont la notion et le sentiment semble, de nos jours mêmes, s'être perdue de nouveau parmi ceux qui gouvernent, tandis qu'il est au contraire devenu plus vif parmi ceux qui sont gouvernés, et c'est la vraie raison, la raison première de la guerre qui existe entre eux. Je le répète, l'égalité du droit, qui laisse subsister toutes les autres inégalités inhérentes à la nature de l'homme et de la société, et les protège, en les enfermant, pour ainsi dire, dans la vaste enceinte de ce droit même égal pour tous ; cette égalité est la seule que j'admette et que j'ai jamais admise. La liberté n'en est qu'une conséquence, et elle n'est pour chacun que la pleine jouissance de ce droit égal pour chacun, droit spirituel, droit matériel, droitdeperiser.de vivre, d'agir et de persuader, sans crainte et sans trouble, ce qui a été acquis légitimement; je ne veux donc rien niveler, rien abaisser, mais je voudrois élever beaucoup, je voudrois que tous progressivement pussent monter d'échelon en échelon à un état meilleur. Je voudrois qu'au lieu de s'armer pour le riche contre le pauvre, les lois eussent des entrailles pour celui-ci ; je voudrois qu'où lui facilitât tous les moyens de sortir de sa misère, non par le pillage, mais par le travail, qu'une instruction bien distribuée rendroit plus fécoud ; je voudrois qu'on brisât les barrières que, de tous côtés, on élève autour de lui comme pour l'emprisonner dans une indige nce éternelle. Et c'est ici que je dirai ce que j'appelle le peuple. J'appelle peuple cette classe malheureuse, déshéritée en partie des droits communs, celle classe souffrante, quinepossède rien et ne possédera rien, aussi longtemps que des lois odieuses lui enlèveront toute faculté réelle d'acquérir, de se créer à la sueur de son front une propriété ; cette classe méprisée, repoussée des autres et qui forme cependant les 86 centièmes de la race humaine, car telle est partout à peu près la proportion des pauvres aux riches, et j'entends par pauvre celui qui, vivant de son travail, a besoin d'ôlre assisté pendaut une partie de sa vie, et meurt sans laisser de quoi se faire enterrer. Certes, en Angleterre, comme en France et ailleurs, la charité apporte quelque adoucissement à ces maux ; mais ce qu'elle fait est peu de chose, et il est impossible qu'elle fasse plus, parce qu'elle n'est destinée à remédier qu'aux maux qui sont dans la nature, et qu'elle est impuissante à réparer ceux que l'homme se fait à lui-même, à ceux qui naissent des vices de la société faussement constituée, faussement gouvernée, faussement administrée. Je n'entreprendrai point de vous exposer ici des vues à ce sujet ; le temps et l'espace me manqueraient. Je dirai seulement qu'il existe un type social, et que, bien qu'il ne doive jamais être parfaitement réalisé sur la terre, ne doit néanmoins toujours le présenter aux hommeset aux peuples comme le but auquel ils doivent tendre; c'est mal raisonner que de dire : cette perfection n'esl pas de ce monde .
It est vrai qu'elle n'est pa? de ce monde, mais soyez tranquille, on en rabattra toujours assez, et le moindre mieux obtenu n'est qu'un pas fait vers le terme qu'on n'atteindra jamais. Il ne s'agit pas d'arriver, it s'agit d'approcher, en avançant toujours dans la môme direction. J'aurois encore, mon cher ami, une infinité de choses à ajouter ; mais c'estassez, pour aujourd'hui, vous fatiguer de mes discours. Je; viens de lire votre article sur l'ouvrage de M. Lacordaire. Vous traitez sévèrement ce pauvre jeune homme, je Uv plains, moi, sincèrement, ne pouvant, quoiqu'il fasse, oublier les relations que nous avons eues ensemble. Au reste, ce que je remarque, dans ce que j'ai lu de vous depuis un an, c'est un immense progrès de style; notre I^ÉMe vous esl devenue tout-à-fait familière, vous en avez saisi le géntèref maintenant elle obéit docilement a votre pensée et se prête sans>éffort au mouvement poétique de votre belle et riche imagination. 1
Tout à vous ilé cœur, F. DÉ la Mennais.
Certifié la présente copie conforme à l'original en ma possession.
J. Holle.
a VCOm LES LETTRES DE RABELAIS '
Nous recevons la lettre suivante que nous insérons avec la réponse de M. Gabriel Gharavay.
Monsieur,
Je vous prie et, au besoin, je vous requiers de publier dans le prochain numéro de V Amateur d'Autographes ma réponse au Factum anonyme, qui a paru contre moi dans le numéro du 16 novembre dernier.
Maître Jacdb (c'est ainsi que me qualifie l'auteur de ce Factum) sera toujours prêt à donner une leçon à Maître Renard, qui s'avise de lui tenir ce langage.
J'ai lu, avec une surprise, que vous auriez dû partager, ce réquisitoire, assez peu convenable dans la forme, où l'on a osé reprendre la défense de ces faux autographes qui sont jugés et condamnés, sans appel, depuis dix-neuf ans. C'est là (pour me servir d'une expression polie) de l'imprudence au premier chef.
Il ne me convient plus de me battre contre ces moulins à vent. J'ai dit leur fait, en plus de trois mots, à l'une de ces quatre ridicules lettres attribuées à Rabelais, lesquelles, fabriquées à l'aide des Annales ecclesiastici d'Odorie Rinaldi, que l'auteur du Factum ne regarde pas comme une histoire de seconde ou troisième main, et transcrites par un scribe ignorant qui les a émaillées de fautes grossières, ne soutiennent pas môme la discussion historique et paléographique.
Je ne reviendrai pas sur cette discussion, quoique la loi m'autorisât à vous contraindre de réimprimer in extenso !a dissertation que j'ai publiée en 1847 sur ladite lettre, où l'on trouve le cardinal de Brindes (cardinalis Brundusinus) nommé Brundesy, et la ville de Vicence métamorphosée en Vincène. 11 faut avoir plus que du courage pour essayer de faire passer ces aneries.
Au reste, on s'était bien gardé de répondre, quand il m'a fallu, forcé et mis en demeure d'entrer en lice, courir sus aux faux autographes et leur donner du premier coup, le coup de gràee. Je possède encore 50exemplaires delà dissertation que je fis imprimer alors et qui ne rencontra pas un seul adversaire : je me ferai un véritable plaisir d'adresser gratuitement ces exemplaires aux amateurs et aux curieux qui voudront bien me lés demander.
Après avoir lu cette dissertation, dans laquelle je n'ai pas un mot à retrancher après dix-neuf ans de réflexion, on comprendra que je ne veuille rien ajouter à ma polémique de 1847, si ce n'est l'adhésion spontanée de deux des hommes les plus instruits et les plus compétents dans la question.
Voici la note qu'on lit à la fin de l'excellente édition de Rabelais, publiée par MM. Burgaud des Marets et Rathery (Paris, Firmin Didbt, 1856-1858, 2 volumes in-12) ; . , ;.• t -v, . . .
» iVous aurions pu grossirce recueil trop. peu nombreux des lettres île Rabelais, en insérant ici quatre pièces inédites provenant des papiers de d'Hozier et qui se trouvent dans les mains de divers amateurs. Mais, il faut le dire, les objections produites contre leur authenticité nous ont paru d'un gravité telle, que nous avons dû nous décider à les rejeter. Ces lettres sont datée de Rome, de Plaisance, etc, à une époque (1538) où nous avons vu [Notice biograph ique, p. xxxvn) l'auteur de Gargantua professe l'aûatoœfe à Montpellier. Le français en est des plus médiocre et l'orthographe absolument fantastique : inquontinant, requammander, quontiuuoit, etc. On y parlait du cardinal Brundesy envoyé à Vincène pour principier le concile. Or, eh recherchant dans le continuateur de Barô(nius, Raynaldi, Annales ecctrs., xui, 473, à la date correspondante, on trouve que le pape envoya à Vie nec le cardinal de Blindes pour ouvrir le concile : « Cardinalem Brundusinum misit, ut Vicentiaî concîlio prsesideret. » D'où la conclusion, malheureusement trop justifiée, qu'un faussaire maladroit s'est amusé a taire du Rabelais avec Raynaldus et les lettres authentiques publiées par les frères de Sainte-Marthe. »
Quant à l'origine des faux autographes vendusà M. Charron le 1er octobre 1846, nous aimons à croire que l'auteur du factum anonyme n'en sait
Î)as plus qu'il n'en dit, car, à coup sûr, il se serait bien gardé de remuer es cendres encore chaudes de ce déplorabte épisode de l'histoire des faux autographes. Il parait même avoir ignoré qu'une instruction judiciaire avait été commencée à celte époque et que l'un des individus incriminés, qui était venu chez moi me menaor de m'assassineii, si je continuais à traduire les faussaires devant le tribunal de l'érudition, dis purin toùt-àcoup, quitta la France sans attendre le mandat d'amener décerné contre lui et alla mourir misérablement en Allemagne.
Je n'abuserai donc pas de mon droit de défense personnelle, pour discuter tous les faits, étranger à la cause, que renferme le factum anonyme. Je n'ai pas d'ailleurs la prétention d'être infaillible, comme le pape. Un homme d'esprit qui a pu se tromper loyalement et consciencieusement doit avouer son erreur ou du moins ne pas y persister.
Il ne s'agit ici que des faux autographes de Rabelais, et mes yeux tombent sur ce passage du Factum : « Les quatre lettres sont datées de Rome et de Plaisance, et se rapportent bien positivement à l'année 1538. Prouver que Rabelais n'avait pas mis les pieds en Halie cette année là eut été pour M. Paul Lacroix un grand triomphe. » Eh bien ! monsieur, ce grand triomphe, auquel on me défie uniquement de prétendre, j'eppère^ l'obtenir, je l'obtiendrai. Ce me serait chose plus facile si j'avais sous les" yeux les notes manuscrites d'Astruc que m'avait communiquées naguère* avec tant d'obligeance le savant docteur Piron, mais, cependant, j'arriverai à mon but, avec d'autres éléments de critique, avec d'autres preuves irréfragables. .
Mon les trois fausses lettres qui ont été publiées dans Y Amateur d'Autographes, avec un peu trop de complaisande et d'aveuglement, Rabelais étaiU Rome le 23 mars 1538 et à. Plaisance les 13 et 23 avril de la même année. ,/.. / '
Il n'y a plus à reculer, messeigoeurs. Moi, je m'engage à prouver, par undocumeul contemporain, que Rabelais était à Paris, au mois d'avril, sinon au mois de mars 1538.
Agréez, monsieur, P. L. Jacob,
Bibliophile.
Paul Lacroix.
Voilà une réponse à notre article du 16 novembre, mais non une réfutation : l'honorable Bibliophile ne croit pas qu'il en soit besoin, et il se contente de reproduire quelques-uns de ses anciens arguments, san3 avoir égard aux nôtres. Que faire donc? Renvoyer, pour le fond de la question, au lecteur, qui est le souverain juge, et nous borner à quelques observations de détail sur l'épUre que l'on vient de lire.
D'abord, il était inutile de requérir au besoin, M. Paul Lacroix sachant que nous nous sommes montré toujours très-empressé à insérer ses communications, et que celle-ci. tout particulièrement, ne pouvait manquer de recevoir bon accueil.
Pourquoi parler d'anonyme ? 11 n'y a rien dans ce journal qui ait ce caractère, puisque, comme nous l'avons déclaré, tous les articles sans signature sont du directeur. Or, celui du 16 novembre, est dans ce cas.
L'expression de maître Jacob a été amenée par cerlaines ardeurs de la brochure que j'examinais, et puis peut-être par le pseudonyme familier sous lequel M. Paul Lacroix écrit depuis longtemps. Je conviens toutefois que ce mot n'est pas du meilleur goût, etje le retire, avec d'autant plus d'empressement qu'il a paru déplaire.
Notre adversaire trouve qu il y a de l'imprudence à reprendre la défense de ces faux autographes condamnés sans appel depuis 19 ans. Imprudence en quoi? 11 ne peut arriver que de deux choses l'une : où nous aurons prouvé que vous vous êtes trompé, ou vous établirez que vous aviez raison. La vérité y gagnera, et si vous triomphez, non-seulement nous le reconnaîtrons, mais nous le proclamerons. Si nous sommes rentré dans la lice, c'est par pure occasion. Une des quatre lettres de Rabelais allait se vendre ; une petite rumeur se faisait autour d'elle: nous qui sommes convaincu de son authenticité, nous avons déduit nos raisons, et nous nous sommes livré à l'examen sommaire d'une brochure publiée dans le temps à ce sujet.
Vous supposez, ce qui est douteux, que la loi vous autorise à nous contraindre à l'insertion in extenso de cette brochure de 1847. Si vous y teniez absolument, vous n'auriez pas besoin d'user de papier timbré : nous vous réimprimerions, mais alors nous examinerions en détail .
Vous dites que votre brochure ne .rencontra, lors de sa publication, aucun adversaire. Aucun, c'est beaucoup dire ; mais quand cela serait? A-t-on le droit de se proclamer vainqueur parce qu'on n'a pas été combattu ?
Vous faites aussi appel à l'autorité des adhésions. Mais il est bien rare, dans une discussion, que les deux parties ne puissent en pro-
duire d'également imposantes: c'est précisément le cas du débat actuel.
Nous avons dit que ce serait pour vous un grand triomphe cTôtar blir gue Rabelais n'avait pas mis le pied en Italie en 1 538 ; aujour-
des lettres en question : ce serait un plus grand triomphe encore ! Attendons.
Gabriel Charavay.
(farnbsb-fauveau)
farnèse (Alexandre), duc de Parme, fils et successeur du précédent, un des plus grands capitaines du xvi« siècle, n. 1546, m. 3déc. 1592.
1. — L. s., avec la souscript. aut., à la princesse de Florence et de Sienne ; Parme, 10 sept. 1566, l p. in-fol., trace de cachet. — 20 f. (n- 110, Latande, 1844) ; 5 f. 50 (n° 290, D'Hunolstein, 1864).
2. — L. s. aux échevins, bourgeois, soldats et manants Ae la ville de S1 Orner; camp de Bourges, 10 oct. 1578, 3 p. in-fol., cachet. - 7 f. (n- 189, J. Charavay, 1854); 25 f. (n* 212, Esterhazy, 1657.)
Notification de la mort de Don Juan d'Autriche, dont il fait le plus grand éloge.
3. - L. s. ; 19 déc. 1578, 2 p. in-fol. - 7 f . (n- 256, Fossé Darcosse, 1862.)
Relative A la maladie de don Juan d'Autriche et à sa mort t vraiment à regretter pour la perte que Sa Majesté, la chrétienté et le pays ont faite de lui. •
4. — L. s. au cu de Mansfeld, capitaine général de l'artillerie du roi Philippe H; Hédel, 22 sept. 1579, 2 p. in-fol., sceau. — 32 f. avec la lettre du 3 mars 1586 (n- 176, Trémonl, 1852.)
Détails importants sur les opérations de la guerre ; il lui recommande principalement de se mettre en garde centre les eaux, pour que les inondations ne lui portent, pas dommage, de faire endiguer le pays, € afin de, parce moyen, réprimer les courses des gens de guerre. »
5. - L. s. à l'abbé de S* Wast : Valenclennes, 14 sept. 1580, l p. 1/2 in-fol., cachet. — 15 f. (n° 302, A. Dinaux, 1865.)
L'archevêque de Cambrai l'ayant instamment prié de l'aider à recouvrer sa ville, que les rebelles occupent, le duc convoque l'abbé à venir à Arras le 25 du présent mois pour adviser, avec les trois états d'Artois, aux moyens de réussir dans cette entreprise.
6. — 1*. L. a. s. au comte de Mansfeld ; camp devant Messine, 24 sept. 1582, 1 p. 1/4 in-fol. — 2# L. a. s. au même; Valenciennes, 25 nov. 1592, 1 p. in-fol. — 13 f. (n»241, Biganl. 1X60J
7. — L. s. au sieur de La Conte; Bruxelles, 3 mars 1586, 1/2 p. in-fol., cachet. — 32 f. avec la lettre du 22 sept. 1579 (n° 176) Trémont, 1852); la même pièce seule : 12 f. (n- 284. Raffaeli, 1863.)
Ordre de convoquer les trois états du pays et comté d'Artois, • Pour oyr et entendre ce que, de la part de Sa Majesté (Philippe II) et la nostre leur sera propose.
8. — L. s à M. de La Motte, commandant de l'artillerie ; Meaux, 22 août 1590, 1/2 p. in-fol., cachet. - 10 f. 50 (u° 240, J. Charavay, 1860.)
Il lui annonce qu'il est arrivé le matin dans cette ville avec toutes ses troupes, et le requiert de venir l'y rejoindre. € Comme la ville de Paris est en telle nécessite que si ne la secoure promptement et sans délay, elle est en danger de se perdre. » (Il venait au secours des Ligueurs.)
On trouve encore dans les catalogues une douzaine de lettres ou pièces signées, vendues en moyenne 6 f .
FAnxftsiî (Ramice H, doc de Parme, fils et successeur du précédent, n. 1569, m. 1622.
Quelques lettres signées; en moyenne, 5 f.
fak.vèSf (le cardinal Alexandre), fils aîné de Pierre-Loufê, ar~« cbeveque d'Avignon, prélat illustre, qui ût .de vains efforts pour concilier François I«r et Charles-Quint, n. 7'oct. 1520, m. 2 mars
Qunfre lettres signées. De 7 à 10 fr.
FAiXHE-iîOREi, (Lpuis). agent secret des Bourbons pendant l'émigration, auteur de MéiÀàires, H. à Nenlchatel, 1762, m. 7 sept. 1829. Une vingtaine de lettres. Prix moyen 3 f.
i ai i in i: (César et Constantin), généraux, surnommés les Jumeatéx de la Réole, n. 20 mars 1759, fusillés à Bordeaux, 27 sept.
■ L. a. s. de Conilanlin, sig. aussi par César, (au ministre de la ■?); Paris, pranil hôtel Richelieu, 2 mars 1815, 3 p 1/2 iu-fol. - Il f. (ir 290, D'Iiunoktem, 1854.)
Lettre fort curipuse, dans laquelle ils rédament du gouvernement de Louis XVIII, la confirmation de leur gFado de maréchal de camp, auquel ils ont été promus on 1793, sur le champ de bataille. Est-ce leur fauto si leur nomination a eu heu sous le Comité «Je Salut public, alors roi. et si on a négligé de leur donner des brevets réguliers. Ils espèrent que le duc de Daim tie \mXr* de la guerre) no les r. nverra pas au duc de Wellington, ni au lord d iluluusie, qui a voulu les faire fusiller comme ayant enlevé ses postes et retardé l'invasion de l'arrondissement de la Réole. En terminant, ils ajoutent a leur demande celle delà décoration.
2. — L. a. s. de Constantin, sig. aussi par César, au ministre de la guerre ; Paris, 4 mars 1815, 3 p. iu-fol., papier au filigrane de Louis XVIII. — 10 f. (n« 249, Lajarriellc 1860.)
Belle et très-cur euse pièce. Ils sollicitent d'être mis sur le tableau des maréchaux de camp, € pour demander ensuite une décoration avec le grade de lieutenants-généraux honoraires. • On leur conteste le titre de généraux de brigade ; mais ils établissent, par leurs états de service, qu'ils ont été promus à ce grade depuis le 11 octobre 17i»3. Dès \T.Yî, ils organisaient un corps franc. Trente-cinq ans de service et 28 blessures leur donnent droit à la faveur qu'ds sollicitent.
3. — L. a. s. de Constantin, signée aussi par César, au maréchal Davout ; Paris, 18 avril 1815, 2 p. pl. in-fol. — 16 f. (n' 121, Charon, 1845); 5 f. (n» 186, Brissot-Thivars, 1854); 10f.50(n- 256, Fossé -Darcosse, 1862.)
Us rappellent les services qu'ils ont rendus à la patrie en 1814. et demandent do nouveau h être employés dans les départements qui s'étendent de Bordeaux à Toulouse «... Si nous sommes coin mandants ou gouverneurs des deux départements limitrophes, jiotre action simultanée en aura d autant plus de force, et produira un plus grand bien. Nous prouverons ainsi d'une manière digne de nous, notre dévoûment sans réserve à la patrie et au prince qui sont confondus dans nos cœurs. »
4. - - L. a. s. de Constantin, signée aussi par César, au ministre de la guerre ; Paris, 27 avril 1815, 2 p. in-fol. — 20 f. (n° 124, Charon, 1M5),
Ils rappellent que. durant les quatre mois qui viennent do s'écouler, ils ont donné bien des preuves de dévouement, de lidéhté à l'Empereur, et d'amour pour là patrie ; ils réclament de Sa Majesté le commandement de deux départements contigus. — «Lors des événements de 1814, nous montrâmes notre influence dans la 11 «division militare : avec les seules ressources que nous fournissait l'affeciion du pays, nous harcelâmes l'année anglaise, nous enlevâmes ses postes, nous coulâmes bas ses embarcations, et nous retardâmes l'occupation de la rive droite ne la Garonne. Le lord d'Halousie nous Ut arrêter et voulut nous faire fusdler. »
5. — L. a. s. de César, signée aussi par Constantin, au ministre de la guerre ; Paris, 2 juin 1815, 2 p. in-fol. - 18 f. (nu 107, Charon, 1844.)
Us demandent, d'après l'intention prononcée de sa majesté impénale, à être employés dans leur grade de maréchaux de camp; ils rappellent leurs services, leurs
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blessures et ajoutent : « En t8jî nous repoussâmes les Anglais avec les seules forces du pays .. Les Au-lais triompheront par U trahison, le lord d Halousie nous fit arrêter et voulut nous faire fusiller pour avoir fait enlever ses postes. Des événements possibles, probable peut-être, amenant les ennemis dans nos contrées, nous les combattrons avec les paysans seuls que nous saurons armer ; mais, eu ce cas pour que nous ne courions le "risque pas d être fusillés o;: t eudus, ■ . v
6. — L. a. s. de Constantin, signée aussi par César, au maréchal Marmont ; fort du Hâ, à Bordeaux, 27 sept. 1815, t p. iu-fol. - Retirée (a° 181, J. Charavay, 1853.»
«.. Dans une heure nous ne serons plus; mon frère et moi al'ons être fusillés par une de ces erreurs que justifient les exaltations populaires. Nous ne pouvons pas sortir de la vie sans adresser un dernier adieu et rappeler notre reconuaissainHJ à un des nommes qui nous l a rendue la plus chère par ses bontés digues d une âme grande et noble. Nous allons mourir et notre pensée se repose sur vous... » Ils recommandent, ensuite leurs neveux au maréchal.
Quelques autres lettres, de 4 à 5 f.
fauchet (Claude), premier président de la cour des monnaies, historien et érudit, n. 3 juill. 1530, m. 1601.
Trois quittances signées. Eu moyenne 3 f.
fauche H (Léon), célèbre publiciste et économiste, ministre, de l'Institut, n. à Limoges, 1803, m. 14déc. 1854.
Ses autographes se vendent en moyenne 3 f.
fauciiet (Claude), prédicateur du Roi, conventionnel, accusé de complicité avec Charlotte Cordav, n. à Bornes (Nièvre), 1744, décapité le 31 oct. 1793.
1. — L. a. s. à Bernardin de S1 Pierre ; Paris, 18 avril 1775, 2 p. in-4°, cachot. - 20 f. (u° 110, Lalunde, loi4) ; L2 f. (u° 123, Cliaron, 1845.)
Il l'entretient longuement des efforts do M. d'Alemhert. d<; l'abbé Magnan et des siens, pour lui faire obtenir la place qui doit enfin le fixer parmi eux et ajouto : « J'ai fait mon coup d'essai à la cour, il a eu tout le sucrés que je. pou vois désirer. Je suis revenu de ce pays là fort routent d'y avoir été, de pouvoir y retourner et de n'y rester jamais. Ces gens sont fort honnêtes, mais Dieu garde un pauvre homme de llxer son séjour parmi eux. Les complimenta ne leur coûtent rien, mais des vertus il n'en est pas question. L'ennui siège lu au milieu du faste et le sentiment y est étouffé par la politesse. Vive la nature, la siraplesse, la candeur et l'amitié. »
2. - L. a/ s. au même ; Paris, 18 mai 1775, 2 p. in-4-, cachet. — 5 f . 50 (n°191, Lamoureux, 1855.) T . ...
•Son style est sain comme son cœur, et sa prose belle comme son âme : « Si votre génie m'eut inspiré en composant le discours que je dois prononcer devant le roi, il aurait sûrement tous les bons effet* que vous voulés bien prévoir... Nous avons lu votre relation, trop courte pour notre avidité, avec l'intérêt qu'inspire votre personne et vos écrits. Les moindres objets s'embellissent sous vos couleurs. Vous êtes homme à rendre plus intéressants les usteneiles déménage du pays deOaux qu'un autre peintre les diamants île la couronne. Saint ami de la nature, jouisaés de ces innocentes délices, nagés avec joie dans les flots de cet air pur que respira votre enfance, foulés avec un doux frémissement ce sol natal qui fut le témoin de vos premiers jeux, parrourés d'un regard attendri ces sites charmants qui vous rappellent diieurouxsouvenirs, etc., etc. »
3. - L. a. s. au même; 20 mai 1788, 4p. in-4° - 56 f. (n° 2iG, Lajarielle, 1 860) . -
Épître des plus piquantes. — Éloge des Étude» de h nature, de B. de Saint-Pierre, ui .reproche le refroidissement de son amitié et l'orgueil avec lequel il a refusé l'offre qu'iliui faisait de lui abandonner la pension qu'il tenait d'une première faveur du roi. « Jo laurais bien reçue île vous, et i en aurais été plus glorieux que de l'abbaye (de Montfort) dont le roi a* depuis amplifié ma fortune. » Quoiqu'il no soit plus son ami, il lui fait maintenant une autre proposition, qui pourra lui paraître étrange 1 celle de lui donner sa nièce eu mariage. Suit un portrait phvsique et moral, trèsséduisant, de lajeuuo personne, qui est dans sa dix-huitième année. « Je pense qu'il importe à un l^omme d'une sensibilité comme la vôtre, à quelque âge qu'il veuille se donner une compagne, de la recevoir Immédiatement des mains de la nature, avant que la société l'ait contournée à ses méthodes... t Elle est sans fortune, mais il pense
lui donner son patrimoine à lui, gui est de 900 livres de renies. « Peut-ôtre est ce une chimèro, et cela n'entre-t-il nullement dans vos vues; mais je vous aurai toujours donné la plus grande marque d'estime et d'intérêt que je puisse donner à qui que ce soit au monda. •
4. — L. a. s. aux Amis de la Constitution ; Paris, 3 mai 1791, 1 p. in-4». - 10 fr. [Même catalogue.)
Les témoignages de leur estime lui sont bien doux (il venait d'être nommé évéque). a Vous m'aiderez de toute votre influence, je vous seconderai de tout mon zèle. La religion et la patrie s'embrasseront dans nos âmes : l égalité, la fraternité, l'union, la paix, ne feront bientôt de tous les citoyens qu'une seule famille... •
Quelques autres pièces. Bu moyenne, 5 fr.
faujas saint-fond (Barthélémy), célèbre géologue et voyageur, ami deBuffon, n. à Montélimafd, 1741, m. 18 juill. 1819.
Quelques lettres. En moyenne, 3 fr.
FA uni EL (Claude), célèbre critique et historien, membre de l'Institut, n. à St.-Etienne, 21 oct. 1772, m. 15 juill. 1844.
Ses autographes sont rares, et se vendent de 4 à 6 fr.
fauris de saint- vincbns (Jules-François-Paul), savant archéologue, président au parlement d'Aix, associé de FAcad. des Inscriptions, n. à Aix, 1718, m. 1798.
Ses autographes valent, en moyenne, 3 fr. — Ceux de son fils Alexandre-Jules-Antoine, archéologue et député, se vendent à peu près le même prix.
fauve AU (Félicie de), femme célèbre par son talent pour la sculpture et son dévouement à la duchesse de Berry, dont elle partagea les dangers dans la Vendée en 1832, n. à Florence, 1802.
Quelques lettres ; de 5 à 10 fr.