‹ L'Amateur d'autographesChapitre 112 sur 175 · POUR PARIS ET LES DÉP · texte numérisé non relu

POUR PARIS ET LES DÉP

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PIÈCES INÉDITES

Voici une lettre de Henri IV bien curieuse, bien singulière, adressée « A Mrs le provost des marchans 1 et eschevyns de ma vylle de Paris « et portant en tête cette mention : Reg. XV, fol. 30 v° 10 octobre 1598, cotte C, ire liasse. Celte pièce avait donc été transcrite sur les registres de l'hôtel de ville, comme on avait coutume de le faire. Elle devait, par suite, se trouver dans la publication des Lettres de Henri IV faite par les soins de Mr Berger de Xivrey, membre de l'Institut. La lettre en question étant fort piquante, nous eûmes la curiosité de consulter le recueil dont nous venons de parler; mais, malgré nos recherches, nous n'avons pas trouvé trace de cette pièce. Cependant dans une lettre du roi adressée de Monceaux, 9 octobre 1 598, à Sully, on trouve ces mots : t Pour la lettre très expresse que vous demandés au prevost des marchands et eschevins de ma ville de Paris pour leurs registres je vous envoyé un blanc que vous ferés remplir par Clairville qui est à Paris, comme vous le luy commanderés et comme je le luy escris. » » Le surlendemain 1 1 Henri IV écrit encore à Sully : « Pour ceulx de la maison de ville je suis de votre advis : aussy ne veux-je que l'affaire en demeure là et je vous ay envoyé un blanc, aflin de le faire remplir par Clairville, comme

* Le prévôt des marchands était alors Jacques Danès, seigneur de Marli-la- Ville, président des comptes.

• Lettres de Henri IV, t. V, p. 45.

vous adviserés 4. » ** Ge n'ost point de la lettre que nous avons sous les yeux qu'il peut être question : celle là est entièrement écrite de la main du roi : il le dit lui-môme : * Voilà pourquoy je vous fay cette-cy de ma propre maki. » Elle est signée sur la marge, ce qui n'aurait pas eu lieu pour un blanc ou le roi n'apposait que sa signature, laissant à un secrétaire le soin de remplir le corps de la lettre. Du reste, quel secrétaire, môme Dupin, le plus habile à contrefaire récriture de son maître, eut osé mettre : Je vous fay cette cy de ma propre mayn ? — Autre question : la pièce est-elle sur les registres de l'hôtel de ville ? c'est un point à vérifier. Si elle y est, comment se fait-il que Mr Berger de Xivrey ne l'ait pa» publiée, car elle en valait bien la peine? Si elle n'y est pas, — ceci est une pure hypothèse, — comment expliquer sa disparition f Que signifie aussi le blanc dont parle Henri IV et qu'esl-il devenu? C'est une énigme qtie nous laissons à de plus habiles le soin de deviner, et nous nous contentons pour le moment de mettre au jour la pièce, pensant qu'elle est inédite, quitte à faire plus tard des recherches pour l'expliquer.

Mr* le Prévost des marchans et eschevyas, ayant eu avys qu'yl a quelque tans quyt se commeUoyt des abus an larécepte des nouvelles ymposvtvons qui se lèvent dans Parys, je commanday à aucuns Conceyllers dé ïua Cour des aydes et esleus de la dite vylle dau fayre la véryfycatyon à quoy procedanssuyvant leur commyssyon yls auroyenl esté ainpescnés par le refus que leur avés fayl des regystres de l'hostel de vylle sur quoy j'auroys anvoyé des lettres closes pour vous fayre anlaudre sur le fayt mon yntantyon ausquelles néanmoins nauryés randu aucune obéyssance, manquant an cela à votre devoyr, ce que je ne vous puys céler avoyr trouvé fort mauvés, pryncy paiement estant chose où yl y va de mon autoryté, du byen de mon cervyceet du soulagement de mon peuple que je désyre sur toute chose. Voylà pourquoy je vous fay cette cy de ma propre maya par laquelle je vous commande et enjoyus sur autant que vous craygnes mon yndygnatyon que sans user d'excuse remise ou delay vous ayes aussy tost la prêtante reçue mettre es mayns du sr de Rosny tous les dys regystres quy vous seront par luy demandés, à quoy m assurant que vous obéyres aussy tost je pryeray Dieu quyl vous tyene an sa saynte garde. Ce Xme octobre, à Monceaux.

Henry.

GOUPILLEAU DE HOIVTAIGU

Lettre très-curieuse écrite à un de ses amis, député au Conseil des 500. Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Mon laigu était sorti de ce corps le 20 mai 1797, et s'était retiré dans sa ville natale. Goupilleau, républicain convaincu et désintéressé, s'était d'abord associé aux Thermidoriens, puis élevé contre la réaction royaliste. Il avait conservé pure et intacte sa haine contre la tyrannie et surtout contre les prôlres. Aussi la motion d'un nouveau député aux 500, de Camille Jordan, lancée au milieu de la séance du 29 prairial an V (17 juin 1797), tendant à rétablir entièrement les

«Lettres de Henri IV, t. V,p. 49

usages du culte catholique et à révoquer les lois portées contre les prêtres réfractaires, l'indigna-t-elle vivement. Ce sont ses sentiments sur celte matière qu'il expose dans cette lettre qui fait partie du bulletin n° 149 que prépare Mr J. Charavay aîné.

Montaigu, 13 messidor aa V (1- juillet 1797).

Ta m'as envoyé, mon cher ami, deux avis pour retirer de la poste une lettre chargée pour moy, je te les renvoyé et je te prie de la retirer ; quoiqu'il soit mis en notte, qu'il faut, lorsqu'on est absent, donner une procuration par devant notaires, je n'en ai cependant rien fait, parce que je me rappelle que j'en ai retiré pour des collègues absents et qu'on ne m'a fait à cet égard aucune difficulté. Si on la fait tu me le marqueras.

Je t'avais prévenu et tu devais Pestre que tu serais écrasé de travail. Je sais par expérience que le métier que tu fais est rude pour un homme qui veut s'en acquitter ; mais je t'en conjure, au nom de l'amitié que j'ai pour toi, ne te charges jamais de rapports d'affaires qui peuvent tourner au préjudice de patriotes et par conséquent de la République. Tu ne saurais dire combien l'affaire du lot t'a tait de tort et d'ennemis, tu dois te rappeler que je t'en parlai la dernière fois que je dinai chez toi. Marbot que lu ne connais pas et que je désirerais que tu connusses, est un des citoyens les plus estimables de la République. — Quant à Ion opinion sur le divorce, je pense comme toi qu'il peut résulter beaucoup d'abus, en l'admettant dans notre législation ; mais d'un autre côté, il en résulterait encore plus de ne pas l'admettre. Il était en usage chez les peuples leg

I)lu8 anciens et renommés les plus sages ; soutenez le principe, réformez es abus et je crois qu'il ne peut en résulter qu'un bien pour la société.

Mais évites tout pas rétrograde, si tu veux bien te rétablir dans l'opinion publique et faire disparaître les préjugés qu'on a contre toi. Soutiens tout ce qui est fait, ne Bouffres pas qu'on porte atteinte aux lois rendues contre les émigrés et les prêtres réfractaires aux lois ; ce sont des pestes publiques, incorrigibles dans leurs opinions et sans cesse occupés d'anéantir le nouveau régime pour lui substituer l'ancien.

Les prêtres ont dans tous les siècles fait le malheur du monde; les druides comme l'abbé Maury vivaient de leurs impostures et ne croyaient pas un mot de ce qu'ils disaient aux peup'es pour les subjuguer à leur despotisme. J'ai conlr'eux une haine qui me suivra jusqu'au tombeau ; je suis ici dans un pays où par eux, pour eux, par leurs infernales séductions trois cent mille hommes ont perdu la vie ; je ne vois autour de moi que ruines et que cendres, et au-dessus des tombeaux, comme des décombres, il me semble voir voltiger les ombres de ces scélérats, se réjouissant encore de tous les malheurs sur lesquels nous pleurerons jusques dans les générations les plus reculées.

Ce ne sont pas seulement des ombres, ce sont encore des prêtres vivants qui, au loin, ont trouvé le moyen de survivre à tant de calamités, revenus parmi nous, pour en faire naître de nouvelles. Vois-les, mon ami, depuis surtout la nouvelle session du Corps Législatif, rayonnants de joie, triomphants et conspuant ouvertement les lois de la République et ceux qui leur sont attaches.

C'en est fait d'elle, ou du moins elle ne triomphera de nouveau qu'après avoir détruit la moitié de la population actuelle, si vous conliuuez à attaquer le gouvernement, si vous favorisez les émigrés, leurs parents, et si vous ne vous empressez pas de repousser par la question préalable l'abominable projet de Camille Jordan.

Tu as l'air de te plaindre des nouvelles réunions patriotiques qui se

forment ; mais il le faut bien pour déjouer les projets contre-révolutionnaire des coquins qui se réunissent à Glichy, que Louis XVIH appelle son comité et qui cependant à la honte de la France, au grand scandale des nations, dirigent tous les mouvements, touttes les résolutions du conseil des 500.

Quelle honte ! et toi tu restes tranquille, de sang-froid ; avec tous les moyens que tu as, tu ne t'opposes pas à ce débordement contre-révolutionnaire : tu ne dis. tu ne rais rien pour prévenir l'orage, pour écarter les maux incalculables qui vont résulter de cette effroyable réaclioo. Crois-tu donc que les six cenl mille hommes de nos armées, tous les acquéreurs des biens nationaux, le Directoire, les membres patriotes de touttes les assemblées nationales, tous les républicains de la France se laissent égorger sans se défendre? Je vois peut-estre mieux que toi le danger qui nous menace, je ne le crains pas pour mon compte, et je suis bien sûr que dans cette nouvelle secousse qui s'apprête, nous triompherons encore ; mais je suis pénétré de douleur de voir que tant de malheurs ne seront dûs qu'au Corps législatif qui par des bonnes et sages mesures aurait pu les empescher.

Rappelles-toi bien, mon ami, tout ce que je t'ai dit, rappelles-toi que je ne me suis jamais trompé sur les événements de la Révolution. Je la croyais finie, le Conseil des 500 ne l'a pas voulu, malheur à lui ; je me félicite bien de n'y estre plus, je te plains d'y estre.

Ne douttes jamais, mon cher ami, de mon sincère attachement pour toi.

Pm.-Ch.-Ai/ Goupilleau.

La révolution du 18 fructidor dut calmer les craintes de Goupilleau sur le sort de la République, Les députés royalistes, les clichiens, comme on les appelait, Camille Jordan entre autres, furent déportés. Goupilleau rentra au Conseil des 500 en mars 1798, mais la journée du 18 brumaire vint dissiper à tout jamais ses illusions, et la loi du 19 de ce mois l'exclut du Corps législatif.

Ktienne Charavay.

LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE l lt \\< \[Hl-

DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR

Belle-Isle (Charles-Louis-Auguste Fouquet, comte, puis duc de), maréchal de France, ministre de la guerre, né à Villefranche (Rouergne), le 22 septembre 1684, mort le 26 janvier 1761. Il succéda, en 1749, àAmelot de Chaillou, prononça son discours de réceptiou le 30 juin de la même année, et fut remplacé par l'abbé Trublet. (1er fauteuil).

Belloy (Pierre-Laurent Buirette de», poète dramatique, auteur du Siège de Calais, né à Saint-Flour (Puy-de-Dôme), le 17 novembre 1727, mort le 5 mars 1775. Il succéda, en 1771, au comte de Clermont, prononça son discours de réception le 9 janvier 1772, et fut remplacé par le maréchal de Duras. (32* fauteuil).

Benserade (Isaac de), poète et bel esprit, né à Lyons-la-Forôt (Bure), en 1612, mort à Geutilly le 19 octobre 1691. Il succéda, eu 1674, à Chapelain, prononça son discours de réception le 17 mai de la même année, et fut remplacé par Pavillon. |3» fauteuil).

Bergeret (Jean- Louis), avocat-général au parlement de Metz, secrétaire de la chambre et du cabinet du roi, né à Paris, mort le 9 octobre 1694. 11 succéda, en 1685, à Géraud de Cordemoy, prononça son discours le 2 janvier de la même aunée, et fut remplacé par l'abbé de Saint-Pierre. (8e fauteuil).

Bernis (François- Joachim de Pierre, cardinal de), diplomate, ministre des affaires étrangères, poète et bel esprit, archevêque d'Albi, né à Saint- Marcel (Ardèche), le 22 mai 1715, mort à Rome le 2 novembre 1794. Il

le 29 décembre de la même année, et fut remplacé, en 1797, par François de Neufchâteau. (7« fauteuil).

Berrver (Pierre-Antoine), célèbre avocat et orateur parlementaire, né à Paris, le 4 janvier 1790. Il fut élu le 12 février 1852 en remplacement du O de Saint-Priest et prononça son discours de réception le 22 février suivant. (39* fauteuil).

Bezons (Claude Bazin, seigneur de), avocat- général au grand conseil, intendant du Languedoc, traducteur du Traité de la paix de Prague, né à Paris, vers 1617, mort dans la même ville le 20 mars 1684. 11 succéda, en 1643, au chancelier Séguier, prononça son discours de réception le 3 février de la même aunée, et fut remplacé par Boileau-Despréaux. (36* fauteuil).

Bignon (l'abbé Jean-Paul), prédicateur, bibliothécaire du roi, érudit, protecteur de Tournefort, membre honoraire de l'Académie des Inscriptions, né à Paris, en septembre 1662, mort à Ile-Belle (Seine et-Marne), 12 mai 1743. Il succéda, en 1693, à BussyRabutin, prononça son discours de réception le 15 juin de la même année, et fut remplacé par Jérôme Bignon. (12e fauteuil/.

Bignon (Armand- Jérôme), intendant de Soissons, bibliothécaire du roi, prévôt des marchands à l'époque du mariage de Louis XVI, membre honoraire de l'Académie des Inscriptions (1771), né le 27 octobre 1711, mort le 8 mai 1772. Il succéda, en 1743, à sou oncle l'abbé Jean- Paul Bignon, prononça son discours de réception le 27 juin de la même année, et fut remplacé par Bréquigny. (12e fauteuil).

Bigot de Préameneu (Félix-Julien-Jean, comte), jurisconsulte, constituant, un des rédacteurs du Code civil, né à Rennes, le 26 mars 1747, mort le 31 juillet 1825. Il succéda, le 26 décembre 1799, à Lemierre (mort en 1793), et fut remplacé par Malhieu de Montmorency. (37e fauteuil)

Biot (Jean-Baptiste), illustre physicien et géomètre, auteur de savants ouvrages, membre de l'Académie des sciences (1808), né à Paris, 21 avril 1774, mort dans la même ville au collège de France, le 3 février 1862. Il fut élu le 10 avril 1856 en remplacement de Charles Lacretelle, prononça son discours de réception le 5 février 1857, et fut remplacé, en 1863, par le comte de Carné. (5* fauteuil).

BistY (Claude de Thiard, comte de), lieutenant-général, gouverneur du Languedoc, auteur d'une traduction des Nuits d Young, né à Paris le 13 octobre 1721, mort a Pierres le 26 septembre 1810. H succéda, en 1750, à l'abbé Terrasson, pronouca son discours de réception le 29 décembre de la même année, et fut remplacé par Esménard. (5* fauteuil).

succéda en 1744, à l'abbé Gédoyn

discours de réception

Boilrau (Gilles), poète satyrique et traducteur, né à Paris le 22 octobre 1631, mort le 10 mars. 1669. Jl succéda, en 1659, à Golletet, et fut remplacé par P. de Montigny. (19* fauteuil).

Boileau-Despréaux (Nicolas), le célèbre poète satyrique, frère du précédent, né à Paris, le \* novembre 1636, mort dans la môme ville le 13 mars 171 1. Il succéda, en 1684, à Bazin de Bezons, prononça son discours de réception le 3 juillet de la même année, et fut remplacé par le maréchal d'Estrées. (36e fauteuil).

Boileau (Charles), abbé de Beaulieu, prédicateur, auteur de Panégyriques estimés, né à Beauvais, mort à Paris, en 1704.11 succéda, en 1694, à Goibaud Dubois, prononça son discours de réception le 19 août de la mêrne année, et Tut remplacé par Gaspard Abeille. (25« fauteuil).

Boisgelin (Jean de-Dieu-Raymond de Cucé de), évéque de Lavaur, archevêque d'Aix, puis de Tours, cardinal, orateur distingué, néàRennes (Ileet-Vilaine^, le 27 février 1732, mort à Angervilliersle22 août 1804.11 succéda, en 1776, à l'abbé de Voisenon, prononça son discours de réception le 29 février de la même année, et fut remplacé par Dureaude La Malle. (17« fauteuil).

Boismont (Nicolas Thyrel de), prédicateur du roi, orateur distingué, né à Rouen vers 1715, mort à Paris, le 20 décembre 1786. Il succéda, en 1755, à Boyer, évéque de Mirepoix, prononça son discours de réception le 25 octobre delà même année, et rut remplacé, en 1787, par Rulhières. (408 fauteuil).

Boisrobèrt (François Le Metel de), littérateur et bel esprit, favori du cardinal de Richelieu, né à Gaën, en 1592, mort le 30 mars 1662. Il était un des membres fondateurs de l'Académie, et un de ceux qui avaient le plus contribué à son établissement. 11 fat remplacé par Segrais. (it« fauteuil).

Boissat (Pierre de), comte palatin, poète latin et littérateur, confident de Gaston d'Orléans, né à Vienne (Isère), en 1605, mort dans la même ville le 28 mars 1662. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Furetière. (29e fauteuil).

BoiSsy (Louis de), poêle et auteur dramatique, connu par sa comédie de YHomme du jour, né à Vie le 26 novembre 1694, mort le 19 avril 1758. Il remplaça, en 1754, Destouches, prononça son discours de réception le 25 août de la même année, et fut remplacé par Lacurne de Sainte- Palaye. (11* fauteuil).

(La suite au prochain numéro).

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