‹ L'Amateur d'autographesChapitre 134 sur 175 · ROI DE HONGRIE · texte numérisé non relu

ROI DE HONGRIE

Au moment oûie représentant des Habsbourg en Allemagne vient de recevoir la couronne de St-Etienne, il ne sera peut-être pas sans intérêt de meltre sous les yeux de nos lecteurs une charte dans laquelle nous trouvons le nom du fondateur de cette illustre maison, Rodolphe, à côté de celui d'un roi de Hongrie, LadislaslV le Cuman. Ce monument est d'autant plus intéressant que les actes sortis de la chancellerie Hongroise sont peu nombreux en France, surtout dans un état de conservation aussi parfaite que celui dont nous allons parler.

Monté sur le trtne de Hongrie en 1272, Ladislas marcha d'abord sur les traces de son père Etienne IV dont l'habileté couronnée de

succès avait élevé la Hongrie au premier rang des puissances de l'Europe. Il aida Rodolphe de Habsbourg dans sa conquête de l'Autriche et ce fut à lui que l'empereur dut le succès de la journée de Markfeld (26 août 1278), où la mort d'Oltocar, roi de Bohème, lui assura définitivement la couronne Impériale. C'est précisément peu de jours avant cette victoire, à Javarin (Javrinum), ville de la Basse Hongrie, que fut donnée la charte qui suit:

Nos Ladislas, Dei gratia Ungarie et Dalmatie, Croatie, Rame, Servie, (iallicie, Lodoniene, Cumanie, Bulgarieque Rex, significamus omnibus quibus expcdit pres'.'ntium per lenorem quod Otioni juniori de Haslow, nd inslanciam pctitionis illustris domini Hodolli, Régis Romanorum semper augusti, patris et arairi noslri karissimi, et ob sponsiones, lidelilates el fidei [sic) ejusdem Ottonis, bona quedam seu redditus in nostris terminis situatis, que Ditiïcus de Rozow ex concessioue regalis nostre gralic in usum a nobis detinehat, que post mortem ipsius nobis vacare ceperunt, predictoOlloni et suis heredibus proximiset sequentibus secundum jus Theutonicum et secundumquod per alios dominos in Austria aliis bonis est infeodatus predicta bona seu redditus tytulo contulimus feodali, dantes eidem Ottoni et suis heredibus prenolalis super eo nostras litteras sigilli noslri karactere communitasin evidens testi mon m m et cautelam. Daluni Javrini dominicodu' proximo anteoctavas ]»eaii Jacobi apostoli, anno Domini M. CC.septuagesimo octavo(31 juillet 1278)*.

Cette pièce est scellée en cire jaune sur lacs de soie verts et violets. L'empreinte conservée en partie nous offre d'un côté un type de Majesté où le roi est représenté assis, et au revers la croix patriarcale de Constanlinople adoptée par l'Empereur et les autres princes d'Orient. Les Archives de l'Empire ne possèdent pas le sceau de Ladislas IV dans leur riche collection : ce qui donne à cette pièce une valeur encore plus grande.

Ladislas appelle l'Empereur son père ; le chroniqueur Pierre de Reva nous en donne la raison : ut arctiori quodam sibi vinculo conjungeret Rudolphus eum in filiurn adopta vit, nous dit-il, mais Rodolphe oublia dans la suite que si le titre de père procure des? jouissances,il engendre aussi des devoirs,et quand il vit les Cumans envahir la Hongrie, il abandonna lâchement ou si l'on aime mieux habilement son ancien allié. Ladislas les vainquit d'abord, et Thwrocz raconte que, dans un combat livré autour du lac Hood contre leur chef Oluamur, Dieu envoya une pluie si épaisse à la face des païens qu'ils en furent aveuglés et se retirèrent du combat. Mais le Seigneur ne combattit pas toujours pour lui. Bientôt une seconde invasion de Cumans le fit trembler jusque dans les murs do Pesth, les villes furent dévastées, les campagnes ravagées au point qu'on vit fréquemment les hommes s'atteler eux-mêmes à la charrue pour labourer la terre. De là date le fameux proverbe Hongrois . les charrues de Ladislas.

* Cette pièce est une concession faite, à la prièrede Rodolphe, roi des Romains, par Ladislas IV, roi de Hongrie, à Oltion de Haslow, le jeune, de certains biens et rentes situés dans ses domaines.

La Hongrie commence alors à déchoir de son ancienne splendeur, et bientôt, maigre les valoureux efforts des Huniade et des Corvin, elle va tomber aux mains de cette maison d'Autriche dontelle a préparé la gloire. La couronne de St-Étienne, la sacrée couronne, comme on l'appelle, remise, prétend-on, par un ange à Silvestre II, était souillée par les débauches de Ladislas. Devenu à son tour le serviteur des barbares, il se plongea sans honte dans toutes les turpitudes. En vain le pape envoya son légat pour lui rappeler ses devoirs de roi et de chrétien : Ladislas refusa de reprendre sa femme légitime et préféra continuer son honteux commerce avec les filles Cumanes. Mais il paya cher son attachement pour cette nation. Ces mêmes Cumans conspirèrent contre lui et l'assassinèrent dans son château de Kereczeg le 19 juillet 1290.

A. deV.

FABERT (Abraham).

L'illustre maréchal n'était pas moins distingué par sa bravoure et ses talents militaires que parla noblesse de son caractère. Fils d'un imprimeur, il était parvenu par son seul mérite au plus haut grade auquel un soldat puisse prétendre. C'est en 1658 que Louis XIV, voulant couronner dignement la brillante carrière de Fabert, le nomma maréchal de France et gouverneur de Sedan. Dès lors l'illustre guerrier vécut dans la retraite, s'occupant activement de la défense de la ville confiée à ses soins, s'accoulumant à l'idée de la mort, et entretenant avec Arnauld d'Andilly une correspondance où l'àmede Fabert se reflète tout entière. Notre Bulletin n° 151 contient une lettre du maréchal au solitaire de Port-Royal, épllre fort remarquable par le fond comme par la forme, et dans laquelle il parle de la mort du cardinal Mazarin.Le lout-puissant ministre de Louis XIV avait rendu le dernier soupir dans la nuit du 8 au 9 mars, laissant une immense fortune au duc et à la duchesse de Mazarin qu'il institua ses légataires universels. Le cardinal avait été un des plus zélés protecteurs de Fabert et Ton conçoit que celui-ci donne quelques regrets à sa mort: on ne peut aussi qu'applaudir à la justesse de ses réflexions sur les héritiers de Mazarin qui ne lui surent en effet aucun gré de toutes les richesses qu'il leur avait léguées.

Voici maintenant le texte de la lettre :

Le 13 Mars 1661.

L'esprit ne peut eslre plus soubmis qu'il Test, le corps n'est pas de mesine: je sens mon cœur serré et dedans l'estomac des choses que je ne saurois dire qui me font bien cognoistre que la volonté ne Kiuroil les chasser noniplus que d'empescher la iaiin ou le someil. Je ne demaudeà Dieu ny cousolatiou ny qu'il finisse ma douleur : je veux bien la soufrir autant qu'il luy plaira et mesme qu'il l'augmente cy cella peut servir à oster de la peine a ce que soufre peutestre la personne que j'ay pei due. Voilla, Monsieur, le vérilable estai auquel je suis ; les gens de cour atribueront a foiblesse desprit l'afliclion où mon cœur se tient. Moy je croy que cella urocèded'un naturel tendre et qui peut se lier à un autre, mais quoi que 1 on en croye, je ne m'en soulcie guère, et je veux conduire ma

volonté félon vos bons ad vis dont je vous rends mille grâces,et quand au corps le laisser comme s'il avoit la fièvre ou une autre maladie à laquelle mon esprit ne sauroit aporter de remède par résignation ou autrement. Pardonné-mot, Monsieur, sii vous plaît, mes faiblesses; ie devrois par respect vous les cacher et je me sens forcé de vous ouvrir mon cœur, àussytost qne je commence à vous parler : par l'adveu de mes deffauts j'espère voua faire chpngef l'opinion que vous avei de moy ; ma misère vous doit faire pitié comme elle me fait eognoistre que je ne suis propre à rien* Nous avons sceii la mort de Son Eminence et hier l'on luy fistun service. L'on parle de ses richesses comme d'une chose qui va mettre ses héritiers en grande division. Sy cella arrivoit qu'elle luy auroyent esté pernicieuse, car ayant beaucoup plus qu'il n'avoit de besoin durant sa vié ellène luy ont de rien servy et peut estre après sa mort le compte en ést rude. Pleust à Dieu qu'il en eust peu laissé, lieux qui en jouyrontluy en sauront bien moins de gré qu'on ne petit croire et Dieu veuille qu'ils ne prenne pafc par elle subjetde parler contre sa mémoire: ce double me fait avoir pitié de la condition humaine. Ce grand homme quisembloit estre l'âme des estais qui font lé christianisme, sestre veu mourir six ou sept mois durant sans pouvoir trouver aucun remède et peust estre et Je le croy quasy que d'en avoir cherchez ést cause qu'il ne vist plus. S'il est en paradis comme j'en prie Dieu que je le tiens heureux. H y a desjà plus de six ans que je considère le monde avec un désir d'en sortir, qui fait que pensera la mort, est le 6eul repos que j'ay trouvei.

L'illustfe maréchal ne vécût pas plus d'un an après cette lettre : il mourut à Sedan le 17 mai 1662, et l'on dit, — ce qui n'aurait rien d'étonnant si l'on considère le caractère de Fabert, — que, sentant sa fin prochaine il demanda un livre de prières et qu'il expira à genoux, tenant son livre ouvert au psaume Miserere mei, Deus.

VEIUU§ (le père Antoine).

Le Père Verjus, frère de Verjus de Crécy, diplomate habile et académicien, naquit à Paris le 22 janvier 1632. Après avoir professé les humanités en Bretagne il consacra sa vie à la conversion des infidèles et devint directeur des Missions du Levant. Il mourut à Paris le 15 mai 1706. Le père Verjus avait fait plusieurs ouvrages; oû remarque entre autres la Vie de Michel Le Nobletz et la vie de Saint François de Borgia 11 était en relation avec tous les beaux esprits de son temps. Ses lettres sont très-bien tournées : celle que nous allons publier est adressée à M«"« de Scudery. On y trouve jointe une note sur le Père Verjus qui rapporte le jugement que portait sur sa correspondance une femme fort distinguée. « La princesse Marie Eléonore de Rohan, abbesse de Malnoue, disoit quelquefois que dans les lettres des personnes de sa connaissance qui écrivaient le mieux il luy sembloit voir tout d'un coup ce qu'ils avoient d'esprit, mais que d ans celles qu'elle recevoil du Père Verjus, elle apercevoit comme én éloignenient et en perspective un fond d'esprit en réserve qui alloit incomparablemeni au delà de ce qu'il en vouloit faire paroitre.» — Voici maintenant le texte de la lettre dont nous avons parlé plus baut et qui fait partie de notre proebaiu Bulletin.

A Versailles, le 25 novembre.

Le billet, Madcmoirelle, que vous me listes l'honneur de m'écrire il y a 3 jours a eu une trop bonne fortune pour me permettre de vous la laisser ignorer. Comme tout le monde n'a pas le même don que moy de déchifrer ce que vou.s escnvez, je fis un extrait de mémoire de tout ce ui regarde la maladie du Roy sur le dos mesmedu billet, afin que leR. Y. e La Chaize en pust faire plus aisément la lecture à Sa Majesté, ce qu'il a fait il n'y a que deux heures en piésenee de M« de Main tenon qui dit d'abord que eonnoissant vostre zèle comme elle le connoissoit elle s'estonnoit qu'on n'eust encore rien veu de vous sur ce sujet, et cet extrait ayant esté leu ensuite fut estimé et aplaudi autant que je le dêsirois et sans doute beaucoup plus que vous ne l'espériez. Je n'ay pas cru devoir différer de vous eu rendre compte parle plaisir extiéme quej'ayde pouvoir vous donner dans le* ocasion> les pelittes marques dont je suis capable de mon respect infini pour votre mérite et de mon zèle extrême pour voslre très-humble service.

Verjus J.

COUTHOW (Georges)

Minute d'une lettre à ses concitoyens du Puy de Dôme au moment de l'insurrection fomentée par les Girondins dans les départements.

22 juin (1793).

J'ai vu le ministre de l'intérieur relativement à nos besoins, je lui ai peint la situation de notre pauvre pays comme je l'ai sentie, c'est-à-dire bien vivement, et j'ai fini par lui demander, par le presser de m'accorder un nouveau secours pour mes frères souffrants, de 6000 quintaux de grains. Le ministre a été pénétré, et quoiqu'il soit accablé de demandes du même genre, il m'a promis qu'il se ferait représenter dans le jour même, l'état des grains arrivés depuis peu de jours à Nantes, à Marseille, ou à Cette, pour le compte du gouvernement, et qu'il me donnerait le maximum de son pouvoir. Nous devons nous revoir aujourd'hui sur les 2 heures pour finir. Je compte et vous pouvés compter sur 4000 quintaux. Après avoir obtenu du ministre de l'intérieur l'assurance d'un secours, je songeai au moyen de vous le faire parvenir le plus prompteuient possible. J'appris que le ministre de la marine avait des grains à Orléans : j'allai le trouver, et je lui proposai d'avance de m'échanger ceux que son confrère me donnerait à prendre à Nantes, à Marseille ou à Celte, contre une même quantité prise à Orléans : ce ministre y consentit obligeaient ; ainsi vos grains seront pris à Orléans, et afin que les conducteurs n'éprouvent pas de difficultés en route, je remettrai au comité du département comme j'ai remis aux 1CTI, une lettre du comité du salut public pour toutes les autorités constituées qui seront expressément chargées de favoriser le transport.

Je yous mandais dans ma dernière lettre, que beaucoup d'administrations trompées sur les événements de Paris revenaient de leur erreur. Il nous est encore arrivé hier plusieurs adresses du même genre parmi lesquelles on a remarqué celle d'un district du département de l'Eure qui a vu naître le faux Pélion, une autre d'un district de la Meurthe, pays de Salles, et une de toutes les autorités constituées de Dijon, même de l'adminislrationdu département que l'on sçait bien chez nous, avoir agi pour la coalition. 11 n'y a que les départements des Isnard, de Barbaroux, de La Source, de Buzot, de Vergi.iaud et autres infâmes conspirateurs

qui résistent. Je n'ignore pas que daus le nôtredes malveillants marqués ont cherché à travailler sourdement les esprits et à les soulever contre ce qui a été fait, mais je sais aussi qu'ils sont suivis de près par de bons surveillants qui ne les perdront pas de vue et quelle que soit leur perfidie je leur prédis qu'ils ne parviendront pas à égarrer l'opinion et à compromettre la réputation civique du bon peuple du Puy de Dôme. Et par qui donc, mes chers concitoyens, et par qui certains MM. qui jouent les

Satriotes s'enflament-ils si fort pour des nommes qui s'étant établis les ictateurs de l'opinion publique à l'aide di s trésors que Rolland leur prodiguait, ont tout fait pour perdre la patrie, et qui avaient l'audace encore de se représenter comme des vertus par excellence? Mais qu'on examine donc la conduite actuelle et qu'on juge par là de leurs desseins: les uns séduisent leur garde, et s'évadent comme des lâches pour allumer partout le feu de la guerre civile, les autres fabriquent de faux passe ports pour aller soulever la Suisse après nous avoir donné pour ennemies toutes les autres puissances de l'Europe ; les autres enfin, après avoir augmenté dans leur département le no- bre des rebelles de la Vendée, se retirent dans le Calvados et s'y font proclamer les chefs de la contre révolution. Car il faut que vous sachiez que Buzot, Gorsas, Barbaroux et Henry Larivierre tiennent déjà lieu à Rouen des anciens duc de Normandie. Supposons qu'ils aient été les sujets de la persécution la plus horrible, je le demande, s'ils eussent été ce qu'ils devaient être, auraient-ils cherché à perdre la France pour se venger d'une punition particulière : que leurs partisans répondent s'ils l'osent. Pour moi, mes chers concitoyens, je les regarde comme des scélérats consommés, dont le but. je ne cesserai de le dire, était d'asservir de nouveau les Français. Les monstres accusaient la Montagne, et ils savaient bien que c'était une calomnie, mais il y avait à la Montagne un Marat et quelques autres êtres vils et méprisables qui leur fournissaient le prétexte de nous diffamer tous, et ils en profitaient habillement. Plût au ciel, mes chers concitoyens, que la France put lire dans touttes les âmes ; elle verrait combien ces hommes sont noirs, et jusqu'à quel point ils l'ont trompée. Je répète ici ce que j'ai dit dans diverses autres occasionsque je n'ai jamais vu de plan dans la Moutagne. Si j'y en eusse remarqué un le premier dénonciateur % de la Montagne eut été moi, et je l'eusse poursuivie avec l'acharnement, il m'est permis à moi de prononcer le mot, avec l'acharnement d'un homme de bien. De l'autre côté au contraire j'ai vu un sislême liberticide bieu suivi, et bien combiné, et malheureusement les événements prouvent que je ne me suis pas trompé.

Je n'indiquerai pas aux autorités constituées, ny aux patriotes ce qu'ils ont à faire dans les circonstances présentes: c'est à leur conscience et à leur amour pour la patrie à les diriger ; mais ce que je dois dire, puisque je le pense, c'est que la franchise republicanie ne permet pas qu'on compose avec soi-même et qu'on évitte, comme quelques personnes en place

Adieu, mes chers concitoyens, je vous embrasse tous du fond de mon âme.

Monsieur le Marquis de Fiers a bien voulu, avec sa gracieuseté ordinaire, nous envoyer une copie de la dernière lettre des deux jumeaux de la Réole. il en possède l'original dans sa collection.

FAUCHER (le» frère»)

Cette lettre a été écrite le 27 septembre 1815, une heure à peine avant leur exécution. C'est au moment de mourir que Constantin Faucher traçait ces lignes louchantes et que les deux frères apposaient au bas leur signature. Cette pièce est presque une relique, car il n'est personne qui ne s'intéresse au sort des deux jumeaux de la Réole, de ces infortunées victimes de la terreur blanche. C'est à Marel, duc de Bassano, qu'est adressée la lettre qui suit:

Monsieur le Duc,

Dans une heure nous ne serons plus. Nous allons être fusillés. Vous nous aimâtes. Versés cet intérêt sur les jeunes Faucher, nos neveux, nos héritiers et enfants d'adoption; qui ont appris de nous à apprécier ce que nous vous devons et ce que vos bontés doivent leur faire espérer. Ils nous continuent dans tous nos sentiments, et ceux qui nous attachent à vous seront notre dernière pensée.

Nous sommes avec respect,

Monsieur le Duc,

Vos très-humbles et très obéissants serviteurs,

Constantin de Faucher. — César Faucher.

Bordeaux, 27 septembre 1815.

\\ i LU hi i v (Itictiurd)

Lettre très-piquante de Richard, marquis Wellesley, homme d état anglais, frère de Wellington, ré à Dublin, en 1760, mort en 1842. Ce n'est qu'une traduction, bien pale sans doute auprès de l'original, que nous adresse un de nos correspondants de Londres.

Belmont House, 16 août 1828. Dimanche.

Mon cher Monsieur,

Depuis que M. Jobnston vous a écrit pour vous remercier de la venaison de Conholt, nous nous sommes amusés à visiter Dawlish, Exmouth, Exeter, etc.; et à tirer aux pigeons, aux lapins, aux moineaux, aux bergeronnettes, aux traquets, aux mouettes, aux linottes, aux pinsons et aux martins.

Un grand événement s'est passé ; nous avons vu milady Rolle, épouse du Grand Rolle. La tigresse royale est moins féroce, et il y a moins de danger à l'approcher. Elle réside ordinairement à Windsor, et elle appartient à la tribu populairemet appelée Royally Binding ; elle appelle la eour Nous et la cité Ceux de là-bas. (Them there). « Elle ne parle jamais que d'empereurs, de rois et de princes, ou de leurs épouses, de leurs familles et de leurs maltresses; elle dit: la chère Reine, le pauvre cher Roi, la charmante princesse Elisabeth, le ravissant Landgrave de Hesse; nous nous assemblons tous chez la princesse Sophie, aujourd'hui chez la chère Reine, à Kew ; cette bague-ci est un cadeau que m'a fait la uès-rhêre princesse Augusta; la princesse Elisabeth m'auiait dtnné une améthyste ans6i grosse que le pouce de

lord Rolle, mais celle-ci était plus que je ue pouvais porter sur ce doigt-ci de sorte que je ne pus l'accepter, t

Tel fut notre passe- temps avant et pendant le dîner, avec un mélange curieux de phrases les plus vulgaires, avec un accent du Devonshire, et en affectant de parler précipitamment et d'estropier les mots comme à la cour. Elle s'en prit impitoyablement à son pauvre mari (qu'elle appelle toujours John), en l'accusant de tous les défauts possibles ; et surtout of omilting, from insolvency, the payment of her conjugal dues. John usa de représailles avec cent pour cent d'intérêt ; à notre amusement infini ; à la fin ses répliques, provoquées par les attaques de sa femme, devinrent si triviales, si grossières, qu'elle débarrassa le champ de bataille de sa laide personne, entraînant avec elle une jeune fiancée sur laquelle elle s'était efforcée d'attirer l'attention avec l'intention évidente d'effectuer par anticipation le déshonneur du fiancé qui assistait à la féte. Tout cela réussit assez bien; et tout en louangeant violemment son chien aussi hideux que hargneux, je m'en tirai passablement, jusqu'à ce que nous rejoiguiuies nos dames après le vin. Alors elle insista pour que je partageasse son admiration pour la poésie et la prose deWaller Scott; je résistai ; elle devint véhémente; je me jetai à pleins ridicules sur les mots usés de clair de lune, <te la brise, des frimas, des lances qui s'agitent, des pleurs qui sourient, des lacs, des fougères, etc. Voilà qu'elle te mit eu colère, et qu'elle m'adressa celle question : « Que lisez- « vous donc, mon Dieu! si vous ne lisez pas Walter Scott? • Bientôt après cette boutade, nous décampâmes en la laissaut en fureur tandis que son mari faisait semblant de dormir. Nous partîmes sans venaison ni lapins ; je n'attends rien de plus, tant qu'elle restera dans Devonshire; ce qui est plus, nou* craignons que Rollen'osera plus nous inviter, môme à chasser de nouveau. Quant à dîner une seconde fois avec sa femme, j'aimerais beaucoup mieux dîner chez l'olito, avec sa hyène. Les lionnes et les ligresses sont de charmantes princesses, comparées à elle, et la guenon lui est fort supérieure en beauté, en voix, en manières, voire en odeur.

M. Johnston et moi nous espérons anxieusement recevoir des nouvelles favorables de votre santé et assurons Madame Medons de nos sentiments les plus respectueux.

Je suis pour la vie, cher Monsieur,

Votre sincèrement dévoué,

Wellesley.

LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MKMBRES DE I/ACADÉMIE I U \\( A1HI DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR ALBERT BAKCK et KTIKWNK CHABAVA1

Les articles suivants compris entre Dubos et Duval (Alexandre), qui devaient se trouver dans le n9 130, ayant été omis, nous les plaçons ici pourquoi n'y ait pas de lacune "dans notre travail.

Dubos (Jean-Baptiste), abbé de Ressons, savant historienet critique judicieux, né à Beauvaie (Oise), le 21 décembre 1670, mort à Paris le 23 mars 1742. Il succéda, en 1720, à l'abbé Genest, prononça son discoure de réception le 8 février de la même année, et fut remplacé par l'abbé Du Resnel. (39. fauteuil).

Du Chastelet. V. Hay.

Ducis (Jean-François), poète dramatique, né à Versailles (Seine-et-Oise), le 22 août 1733, mort dans la môme ville le W avril 1816. Il succéda, en 1779, à Voltaire, prononça son discours de réception le 4 mars de la même année et fut remplacé par de Sèze. (31e fauteuil).

Duclos (Charles Pineau), savant littérateur et historien, né à Dinan (Côtes-d a-Nord), le 12 février 1704, mort à Paris, le 26 mars 1772. Il succéda, en 1747, à Monlgault, prononça son discours de réception le 26 janvier de la môme année, et fut remplacé par Beauzée. (25« fauteuil).

Dupaukë (Jules-Armand Stanislas), éloquent avocat, ministre sous Louis-Philippe et en 1848, né à Saujon (Charente- Inférieure), le 4 décembre 1798. Il fut élu, le 23 avril 1863, en remplacement du duc Pasquier, et prononça son discours de réception le 7 avril 1864.

Dupanloup (Félix-Anloine-Philibert), évôque d'Orléans, éloquent prédicateur et publiciste, né à Saint-Félix (Savoie), le 3 janvier 1802. Il fut élu, le 18 mai 1854, en remplacement de Tissot, et prononça son discours de réception le 9 novembre suivant.

Dupaty (Louis-Emmanuel-Félicité Charles Mercier), littérateur et auteur dramatique, né à Blanquefort (Gironde), le 30 juillet 1775, mort à Paris le 29 juillet 1851. Il succéda, le 18 février 1836, à Lainé, prononça son discours de réception le 10 novembre suhant, et fut remplacé, en 1852, par Alfred de Musset

Dupin (André-Marie-Jean -Jacques), éloquent avocat et savant jurisconsulte, procureur général près la cour de cassation, membre de l'Académie des sciences morales et politiques (1832), né à Varzy (Nièvre), le 1er février 1783, mort à Paris, le 10 novembre 1865. Il succéda, le 2t juin 1832, à Georges Cuvier, prononça son discours de réception le 30 août suivant, et fut remplacé par M. Cuvillier-Flcury. (35* fauteuil).

Doprè de Saint-Maur (Nicolas-François), érudit, traducteur du Paradis perdu de Milton, né a Paris, vers 1*695, mort le l,r décembre 1774. Il succéda, en 1733, à Gondrin d'Antin, prononça son discours de réception le 29 décembre de la môme année, et fut remplacé par Malesherbes. (38e fauteuil).

Duras (Emmanuel-Félicité de Durport, duc de), maréchal de France, commandant en Bretagne, gouverneur de la Franche-Comté, né le 19 décembre 1715, mort a Versailles le 6 septembre 1789. Il succéda, en 1775, a de Belloy, prononça son discours de réception le 15 mai de la même année, et fut remplacé par (32« fauteuil).

Du k eau de la Malle (Jean-Baptiste-Joseph-René), érudit et traducteur estimé, né à Saint-Domingue le 21 mars 1742, mort à Laudres (Orne), le 19 septembre 1807. D succéda, en 1804, au cardinal de Boisgeliu, pro-

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nooça son discours de réception le 30 avril de la même année, et fut remplacé par Picard. (i70 fauteuil.)

Ou Resnel (Jean -François du Bellay, abbé), érudit et littérateur, élégant traducteur de Pope, membre de l'Académie des Inscriptions, né à Rouen (Seine-Inférieure), le 29 juin 1692, et mort à Parié le 25 février 1761. Il succéda, en 1742, à l'abbé Dubos, prononça son discours de réception le 30 juin de la même année, et fut 'remplacé par Saurin. (39e fauteuil). v

Du Ryer (Pierre), poète dramatique et traducteur fécond, historiographe de France, né à Paris, en 1606, mort dans la même ville, le 6 novembre 1658. Il succéda, en 1646, à Faret, et fut remplacé par le cardinal d'Estrées. (9« fauteuil).

Duval (Alexandre-Vincent PineuI, auteur dramatique, né à Rennes (Ile-et-Vilaine), le 6 avril 1767, mort à Pari* le 9 janvier 1842. Il succéda, le 8 octobre 1812, à G. Legouvé, prononça son discours de réception le 15 avril 1813, et fut remplacé par Ballanche. (10e fauteuil).

Ici réprend ce qui fait suite aux articles publiés dans le numéro précédent :

Granier (Auger .de Mauléou, sieur de), littérateur, qui publia les Mémoire de ViUeroi et de la reine Marguerite et les lettres du cardinal d'Ossat, né en BresSe, mort vers 1650. Il fut reçu à l'Académie le 26 février 1635, et en fut exclu le 14 mai suivant pour avoir, dit-on, abusé d'un dépôt à lui confié. M. Livet lui donne pour successeur, en 1630, Balthasar Baro. (38« fauteuil).

Gratry [le Père Auguste- Joseph Alphonse), théologien et moraliste, ré à Lille (Nord), le 30 mars 1805. Il fut élu le 3 mai 1867, en remplacement de M. de Barante. (31» fauleuil).

Gresset (Jean-Baptiste Louis), célèbre poète. nu leur de Vert-Vert, né à Amiens (Somme), le 28 août 1709, mort dans la morne ville le 16 juin 1777.11 succéda, en 1748, à Danchet, prononça son discours de réception le 4 avril de la même année, et fut remplacé par l'abbé Millot. <2e fauteuil).

Gros. V. Boze.

Guibert (Jacques- Antoine-Hippolyte, comte de), général, un des meilleurs tacticiens et écrivains militaires de son temps, né à Monlauban (Tarn-et-Garonne), le 11 novembre 1743, mort à Paris le 6 mai 1790. Il succéda, en 1786, à Thomas, prononça son discours de réception le 13 février de là même année, et fut remplacé par (34« fauteuil).

Guihauo (Pierre-Marie-Thérèse-Alexandre, baron), poète et auteur dramatique, né à Limoux (Aude), le 24 décembre 1788, mort à Paris le 24 février 1847. Il succéda, le 11 mai 1826, au due de Montmorency, prononça son discours de réception le 18 juillet suivant, et l'Ut remplacé par M. Ampère.

Guizot (François-Pierre-Guillanme), historien et homme d'État, né à Nîmes (Gard), le 4 octohre 1787. Il succéda, le 28 avril 1836, à Destutt de Tracy, et prononça son discours de réception le 22 décembre suivant.

Habert (Philippei, commissaire de l'artillerie, littérateur et bel esprit, auteur du Temple de la Mort, poème composé pour M. de La MeUleraye, né a Paris, vers 1605, mort par accident au siège d'Bmcrick (Hainaul), en 1637. Membre de l'Académie dès sa fondation il fut remplacé par Jacques Esprit. (4e fauteuil).

Habert (Germain), abbé de Cerisy, frère du précédent, poète et littérateur, auteur d'une Vie du cardinal de Bèrulle et de V Oraison funèbre du cardinal de Richelieu, né à Paris, vers 1615, mort en 1655, à Paris, ou à Marcé, près Argentan. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par l'abbé Gotin. (5e fauteuil).

Habert (Henri-Louis), sieur de Montmor, conseiller du Roi, ami et exécuteur testamentaire de Gassendi dont il publia les Œuvres, auteur d'un poème de rerum natura, cousin «les précédent*, né a Paris, mort dans la même ville le 21 janvier 1679 Membre de l'Académie dès sa, fondation, il fut remplacé par l'abbé de L ivau. (35« fauteuil).

Harcourt (François-Henrj, duc d'), commandant militaire de la Normandie, gouverneur du Dauphin, fils atné de Louis XVI, auteur de quelques pièces de théâtre et poésies diverses, né le 12 janvier 1726, mort à Stainc le 22 juillet 1802. Il succéda, en 1788, au maréchal de Richelieu, prononça son discours de réception le 26 février 1789, et fut remplacé par Lucien Bonaparte. (30, fauteuil).

Hardion (Jacques), êrudit et historien, né à Tours (lndre»et- Loire), le 17 octobre 1686, mort à Versailles le t*r octobre 1766. Il succéda, en 1730, à P. de La Rivière, prononça son discours de réception le 28 septembre de la même année, et fut remplacé par Thomas. (34* fauteuil).

Hardouin de Bbaumont de Pérépixe.. V. PÉRÉF1XE.

Harlay-CHanvallon (François de), archevêque de Rouen, puis archevêque de Paris, un des orateurs les plus éloquents de son temps, né à Paris le 14 août 1625, mort à Gonflans le 6 août 1695. Il succéda, en li»7l , à Hardouin de Pérélixe, prononça son discours de réception le 3 février de la même année, et fut remplacé par André Dacier. (33e fauteuil).

Hay (Paul), sieur Du Chastelet, avocat-général au Parlement de Rennes, conseiller d'Etat, né à Laval (Mayenne), en 1592, mort à Paris le 6 avril 1636. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Perrot d'Ablancourt. (12e fauteuil).

Hay (Daniel), abbé de Ghambon, frère du précédent, né à Laval (Mayenne), le 23 octobre 1596, mort dans la même ville le 20 avril 1671. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Bossuet. (37« fauteuil).

Hénault (Charles-Jean-François), célèbre historien et littérateur, né à Paris le 8 février 1685, mort dans la même ville le 24 novembre 1770. Il succéda, en 1723, au cardinal Dubois, prononça son discours de réception le 23 décembre de la môme année, et fut remplacé par le maréchal de Beauvau. i33° fauteuil).

Houdar. V, Lamotte.

Houtteville (Alexandre-Glaude-François, abbé), théologien et littérateur, né à Paris, en 1686, mort dans la même ville le 8 novembre 1742. IL succéda, en 1723, à l'abbé Massieu,prononçi son discours de réception le 25 février de la môme année, fut nommé secrétaire-perpétuel le 27 février 1742, et remplacé par Marivaux. (14» fauteuil).

Huet (Pierre Daniel), évéque d'Avraoches, nn des hommes les plus savants de son temps, ué à Caen (Calvados), le 8 Février 1630, mort à Paris le 26 janvier 1721. Il succéda, en 1674, à Gomberville, prononça son discours de réception le 13 août de la même année, et fut remplacé par J. Boivin (20* fauteuil).

Hugo (Victor-Marie, vicomte), un des plus grands génies poétiques du xix« siècle, né a Besançon (Doubs), le 26 février 1802. Il succéda, le 7 janvier 1841, à Népomucène Lemercier, et prononça son discours de réception le 3 juin suivant.

Jay (Antoine), historien et publiciste distingué, né à Guitres (Gironde), le 20 octobre 1770, mort à Chambreville le 9 avril 1854. 11 succéda, le

15 mars 1832, à l'abbé de Montesquiou. prononça son discours de réception le 19 juin suivant, et fut remplacé par M. S. de Sacy.

Jour (Victor- Joseph Étienne, dil), littérateur et auteur dramatique, né à Jouy, près Versailles (Seine-ei-Oise), le 19 octobre 1764, mort au château deS'-Germain cn-Laye le 4 septembre 1846. Il succéda, le 11 janvier 1815, à Parny, et fut remplacé par M. Empis.

La Bruyère (Jean de), l'illustre auteur des Caractères, né à Paris le

16 août 1645, mort à Versailles le 11 mai 1696. 11 succéda, en 1693, à Pierre de La Chambre, prononça son discours de réception le 15 juin de la même année, et fut remplacé par l'abbé Fleury. (27e fauteuil.)

La Chambre (Marin Cureau de), médecin habile, écrivain distingué, membre de l'Académie des Sciences (1666), né au Mans (Sarlhe), vers 1591, mort à Paris le 29 novembre 1659. Membre de l'Académie dès 1635, il fut remplacé par Regnier-Desmarais. (34e fauteuil.)

La Chambre |Pierre Cureau de), curé de Saint-Barthélémy, littérateur, fils du précédent, né à Paris, en 1631, mort dans la même ville au mois d'avril 1693. Il succéda, en 1670, à Racan, prononça son discours de réception le 24 mars de la même année, et fut remplacé par La Bruyère. (27e fauteuil.)

La Chapelle (Jean de), littérateur, poète dramatique, né à Bourges (Cher) le 24 octobre 1651, mort à Pans le 29 mai 1723. Il succéda, en 1688, à Furetière, prononça sou discours de réception le 12 juillet de la môme année, et fut remplacé par l'abbé d'Olivet. (29e fauteuil.)

La Chaussée (Pierre-Claude Nivelle de), auteur dramatique, né à Paris, en 1692, mort dans la môme ville le 14 mars 1754. Il succéda, en 1736, à Portail, prononça son discours de réception le 25 juin de la même année, et fut remplacé par Bougainville. (22e fauteuil.)

LaCondamine (Charles-Marie de), voyageur et mathématicien, écrivain distingué, membre de l'Académie des Sciences, né à Paris le 28 janvier 1701, mort dans la même ville le 4 février 1774. Il succéda, on 1760, à Vauréal, prononça son discours de réception le 12 janvier 1761, et fut remplacé par l'abbé Delille. (19e fauteuil.)

Lacohoaire (le Père Jean-Baptiste-Henri), éloquent prédicateur et écrivain distingué, rénovateur de l'ordre des Frères Prêcheurs, né à Receysur-Ource (Gôte-d'Or), le 12mars 1802, mort à Sorèzele 21 novembre 1861.

11 succéda, le 8 février 1860, à ni. de Tocqueville, prononça son discours de réception le 24 janvier 1861, et fut remplacé par le prince Albert de Broglie.

Lacretelle (Pierre-Louis), jurisconsulte, littérateur et publiciste, né à Meiz (Moselle), le 9 octobre 1751, mort à Paris le 5 septembre 1824. Il succéda, en 1803, à La Harpe, prononça son discours de réception le 5 mars 1804, et fut remplacé par Ùroz. (20e fauteuil.)

Lacretelle jeune (Jean-Charles-Dominique de), historien et publiciste, frère, du précédent, né à Metz (Moselle), le 3 septembre 1766, mort à Maçon le 26 mars 1855. Il succéda le 22 août 1811 à Esménard, prononça son discours de réception le 7 novembre suivant, et fut remplacé par Biot. (5e fauteuil.)

Lacuée (Gérard-Jean), comte de Cessac, général, ministre, un des conseillers les plus intègres de Napoléon Ier, auteur de quelques ouvrages sur l'art militaire, né à Saint-Just, près Agen, le 3 octobre 1753, mort à Paris le 14 juin 1841. Il fut élu eu 1803, et fut remplacé par M. de Tocqueville.

Lafaye (Jean-Francois Leriget de), poète, littérateur et diplomate, né à Vienne (Isère), en 1Ô74, mort à Paris le 11 juillet 1731. 11 succéda, en 1730, à Valincour, prononça son discours de réception le 16 mars de la même année, et fut remplacé par Crébillon. [17e fauteuil J

La Fontaine (Jean de), notre inimitable fabuliste, né à Château- Thierry, le 8 juillet 1621, mort à Paris le 13 avril 1695. Il succéda, en 1684, à J.-B. Colbert, prononça son discours de réception le 2 mai de la môme année, et fut remplacé par Clérambault.(l4e fauteuil.)

La Force (Henri Jacques Nompar de Caumont, duc de), vice-président du Conseil des Finances, membre du Conseil de Régence, protecteur de Law, né le 5 mars 1675, mort le 20 juillet 1726. Il succéda, en 1715, à Brulart de Sillery, prononça son discours de réception le 28 janvier de la même année, et lut remplacé par Mirabaud. (3e fauteuil.)

La Harpe (Jean-François de), célèbre critique et littérateur, né à Paris le 20 novembre 1739, mort dans la môme ville le 11 février 1803. 11 succéda,eu 1776, à Colardeau, prononça son discours de réception le 20 juin delà même année, et fut remplacé par Lacretelle aîné. (20e fauteuil.)

Laine (Joseph-Henri-Joachim, vicomte), député, président de la Chambre introuvable, ministre de Louis XVIII, pair de France, né à Bordeaux (Gironde), le 11 novembre 1767, mort à Paris le 17 décembre 1835. 11 fut élu par ordonnance royale du 21 mars 1816, et remplacé par Dupaty.

Lally-Tolenoal (Tfophimc Gérard, marquis de), littérateur et homme politique, né à Paris le 5 mars 1751, mort dans la même ville le 11 mars 1830. Il fut élu par ordonnance royale du 21 mars 1816, et remplacé par M. de Pongerville.

La Loubère (Simon de), littérateur et voyageur, né à Toulouse (Haute- Garonne), en mars 1642, mort au château de La Loubère, en Languedoc, le 26 mars 1729. Il succéda, en 1693, à l'abbé Fr. Tallemant, prononça son discours de réception le 25 août de la môme année, et fut remplace par l'abbé Sallier. (15« fauteuil.)

Lamartine (Marie Louis-Alphonse Prat de), célèbre poëte, né à Màcon (Saône-et-Loirr), le 21 octobre 17CJ0. 11 fut élu, en 1829, en remplacement du comte Daiu, il pronoiça fon difconiB de reeeptien le 1er avril 1*30.

La Mesnardièrb (Hippolyte-Jules Pilet de), poète et littérateur, né à Loûduh (Vienne), en 1610, mort à Paris le 4 juin 1661 II succéda, en 1655, à Tristan l'Hermite, prononça son discours de réception la même •nnée, et fut remplacé par le duc de Saint-Aignan. (22« fauteuil»)

La Monnoye (Bernard de), poëte, érudit et philologue, né à Dijon (Côte-d'Or), le 15 juin 1641, mort à Paris le 15 octobre 1728. 11 succéda, en 1713, à Régnier- Desmarais, prononça son discours de réception le 23 décembre de la môme année, et fut remplacé par Michel de La Rivière. (34e fauteuil.^

La MrrflE Le Vayer (François de), écrivain et philosophe, né a Paris, en 1588. mort en 1672. Il succéda, le 14 février 1639, & fiachet de Méziriac, et fut remplacé par Racine. (17e fauteuil.)

La Motte (Antoine Hoddart de), poète, fabuliste, auteur dramatique et critique, né à Paris le 17 janvier 1672, mort dans la même ville le 26 décembre 1731. Il succéda, en 1710, à Thomas Corneille, prononça son discours de réception le 8 février de la même année, et fut remplacé par Bussy-Rabutin, évéque de Luçon. (18e fauteuil.)

Languet de GergY (Jean- Joseph), évéque de Soisaons, archevêque de Sens, auteur de la Vie de la bienheureuse Marie Alacoque, né à IMjon (Côte-d'Or), le 25 août 1677, mort 'à Sens le 3 mai 1751 H succéda, en 1721, à René d'Argeusou, prononça son discours de réception le 18 août de la même année, et fut remplacé par BuITod. (36e fauteuil.)

Laplace (PieTre-Simon, marquis de), illustre savant et écrivain, membre de l'Académie des Sciences (1785), né à Beaumont-en-Auge (Calvados), le 23 mars 1749, mort à Arcueil le 5 mars 1827. Il fut élu le 11 avril 181b, et remplacé par Royer-Collard.

Laprade (Pierre-Marin-Victor-Richard de), poète, né à Montbrison (Loire), 1* 13 janvier 1812. Il succéda, le 11 février 1858, à Alfred de Musset, et prononça son discours Je réception le....

La Rivière (Michel Poncet de), évéque d'Angers, prédicateur éloquent, connu par Ses Oraisons funèbres, ué vers 1672, mort au château d'Eventard (Maine-et-Loire), le 2 août 1730. Il succéda, en 1728, à La Monnoye. prononça son discours de réception le 10 janvier 1729, et fui remplace par Hardion. (34e fauteuil.)

La Trémoillb (Charles-René- Armand de), duc de Thouars, premier entilhomme du roi, pair de France, gouverneur de l'Ile-de-France, né à ariB le 14 janvier 1708, mort dans la même ville le 23 mai 1741. U succéda, en 1738, au maréchal d'Estrées, prononça son discours de réception le 6 mars de la même année, et fut remplacé 'par Moulazet. (9e fauteuil.)

Laugier (Honorât», sieur de Porchères, poète, né à Forcalquier, mort le 26 octobre 1653. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Pelliston. (32e fauteuil.)

Laujon (Pierre), chansonnier et auteur dramatique, né à Paris le 3 janvier 1727, mort le 13 juillet 1811. Il succéda, en 1807, à Portalis, prononça son discours de réception le 24 novembre de la môme année et fut remplacé par Etienne.

LaUREAULT. V. FONCEMAGNE.

Lavai iLouis Irland, abbé de), littérateur, garde des livres du cabinet 'du roi, né , mort le 1" féviier 1694. 11 succéda, tn 1679, a Habèit

de Montmor, prononça son discours de réception le 4 mai de la même au née, et fut remplacé par l'abbé de Caumartin. (35e fauteuil.)

La Ville (Jean-Ignace de); diplomate et littérateur, né vers 1690, mort le 15 avril 17Ï4. Il succéda, en 1746, à Moogin, prononça son discours de réception le 15 septembre de la môme année, et fut remplacé par Suard. (16e fauteuil.)

Laya (Jean-Loui?), auteur dramatique, né à Paris le 4 décembre 1761, moil à Bellevue le 25 août 1833. Il succéda, en 1817, aù comte de Gboiseul Gouffier, prononça son discours de réception le 30 novembre de la même année, et fut remplacé par Gbarles Nodier.

(La suite au prochain numéro.)

MANUEL t>E L'AMATEUtt DMUÏOGHAPHES

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