TALMA
Talma a été l'un des plus grands tragédiens qui aient existé : chacun le sait, personne ne le conteste. Mais ce que quelques-uns ignorent peut-être, c'est que Talma étaitun homme très-instruit, un esprit sérieux et cultivé, et qu'il faisait des comédies, voire même des vers. Des vers de Talma, c'est une chose assez curieuse. Eh ! bien oui la vente du 28 février contient des brouillons autographes de Tillustre tragédien, parmi lesquels se trouvent des vers. Nous n'avons garde de laisser échapper l'occasion d'en reproduire quelques-uns comme spécimen du talent poétique de Talma :
Ot toi qui n'es plus, toi qu'un cruel souvenir Me rappelle sans cesse à ton dernier soupir Que la mort vint frapper au printemps de ton âge Comme un faible roseau brisé par les orages. Oh ! ces jours de bonheur écoulés près de toi Sans espoir de retour sont donc perdus pour moi. Tout à mon cœur flétri montre ici ton image, Ces vepgers, ces vallons, ce ruisseau, ce bocage. Là-bas. je m'en rappelle, auprès de ces buissons Ton cœur de la vertu me dictait les leçons. Je me plais à nourrir ma triste inquiétude ; Je pleure, eh ! bien pourtant j'aime la solitude, Seul étant dans ces bois, du moins dans ma douleur, De mes pleurs retenus je soulage mon cœur.
Je crois te voir marcher à mes côtés ; je crois Entendre dans les airs gémir encore ta voix. Ah! pour moi désormais il n'est plus de repos. Le veuvage du cœur est le plus grand des maux.
A nos lecteurs scrupuleux nous rappelerons que ce n'est qu'un simple brouillon, et que Talma n'aurait sans doute pas laissé subsister, en se relisant avec attention, six rimes masculines de suite. Ce fragment n'en est pas moins curieux pour cela. Sur une autre feuille sont quelques autres vers qui ont l'air de faire partie de la môme pièce.
A ces deux fragments se trouvait jointe une préface, avec ratures et corrections, pour une histoire d'Ecosse, qu'il voulait sans doute entreprendre et qui est restée en projet. Nous y voyons Talma, devenu érudit, disserter sur l'origine des Pietés et rechercher comment les Scythes avaient pu donner leur nom aux parties les plus septentrionales de la Germanie. « L'auteur, dit-il, résolu de ne rien laisser d'obscur .et de douteux sur cet objet, et sachant que sans fouiller dans toute la profondeur d'un sujet tel que celui-ci, on ne donne que des lumières vagues et incertaines, prit le parti de lire tous les ouvrages qui pouvaient lui donner des éclaircissements sur la population primitive de l'Europe... » Après avoir djt quelle peine il avait eu pour condenser son travail, il termine par ces mots : « On auroit pu en composer un gros volume en beaucoup moins de temps qu'il n'en a fallu pour le réunir ici, mais on acquiert de grands avantages dans le progrès des sciences, lorsqu'on parvient à concentrer dans un seul foyer un nombre considérable de rayons dispersés; l'erreur disparait alors à cette vive lumière. Plût à Dieu que nous eussions beaucoup moins d'in-folios et beaucoup plus de livres abrégés. Quel avantage n'aurions-nous pas si nos écrivains suivaient l'exemple de Tacite, qui, comme Montesquieu l'observe, abrégea tout parce qu'il vit tout. » — Ce passage, comme on le voit, montre Talma sous un jour tout nouveau. Du reste, le grand tragédien avait refait entièrement le cinquième acte de ManUm, et on en a retrouvé le manuscrit dans ses papiers.
Nous ne saurions mieux terminer ce petit article qu'en reproduiduisant quelques passages d'une lettre de Peignot, du 24 août 1814, où le célèbre bibliographe raconte un entretien qu'il eut avec Talma. Cette lettre fait partie d'une correspondance dont nous parlerons tout-a -l'heure. En voici des fragments curieux en ce qu'elles font voir en Talma l'homme instruit auquel nuls sujets ne semblent étrangers :
« Il est fort instruit ; il m'a raconté une partie de sa vie : il a été élève de l'abbé Delille; il m'a cité une ode d'Horace qu'il a traduite en vers français. Fort lié avec Champfort, il a reçu ses derniers soupirs lorsque ce malheureux s'est coupé la gorge.\. Quantau talent de lire, il met Ducis au-dessus de tous... Je lui ai demandé son âge; il n'a jamais voulu me le dire, mais a prétendu être mon aîné !, quoiqu'il paraisse avoir trois a quatre ans moins que moi... 11 m'a
* Talma est né le 15 janvier 1763 et Peignot le 15 mai 1767.
parlé de ses goûts en littérature et de sa bibliothèque ; il déteste les romans; il ne recherche que l'histoire, les antiquités à cause des costumes et les voyages (le théâtre va sans dire). 11 est très-fort sur les costumes et m'a* cité ceux, de chaque règne de notre monarchie. Il connait les manuscrits à merveille. Le malin il avait relevé deux à trois fois le bibliothécaire de Dijon t qui ne connaissait pas l'âge de quelques manuscrits et faisait des anachronismes... Il a la vue très-basse ; je l'en plaignais ; félicitez-moi plutôt, m'a-l-il dit, ma vue basse me sert beaucoup ; quand je suis en scène, je ne vois personne, je n'ai aucune distraction, je suis tout à mon roile... Sa voix est agréable dans la conversation ; mais la monte-t-il au ton tragique, il fait vibrer le plafond... 11 nous a aussi beaucoup parlé de Buonaparle, maison galant homme. Je l'aime, a-t-il dit, et je le dis parce qu'il m'a comblé de bienfaits; lui-môme s'est précipité dans l'abîme ; il est malheureux, mais non pas haïssable, surtout pour ceux à qui il a fait du bien ; Louis est sur le trône ; il est notre roi, et je me sacrifierais pour empêcher qu'on lui lit du mal et pour le défendre... »
PEIGNOT (Gabriel)
Le catalogue du 28 février renferme une correspondance fort intéressante de G. Peignot avec M. Baulmont *, contrôleur des postes, puis maire devesoul, comprenant 167 lettres, de 1813 à 1845 inclus, et six cahiers de notes de 1824 à 1848. Cette correspondance nous révèle la vie intime de Peignot, et Ton pourrait retracer, à l'aide de la correspondance et des cahiers susdits, les faits et gestes du célèbre bibliographe.
Nous ne voulons pas parler avec détail des lettres dont la plupart ont été publiées. Nous nous bornerons à citer les plus curieuses. Une lettre du 30 mars 1814 montre l'état des esprits pendant ce moment de crise : « Le trône existe encore, dit Peignot, mais si l'on en croit les murs qui parlent, il est bien ébranlé. La charpente craque de loutcôté, et combien de mains y mettent la cognée! S'il vient à s'écrouler, quel fracas! et que sorlira-t-il de ses débris? une ombre de cette puissance jadis glorieuse et devenue trop gigantesque. » Dans la même lettre il dit : « Il y a peu d'amateurs de livres; ils courent après les livres de poste, ue vieux chinons de 20 ans de ce genre qu'on ne ramasserait pas avec des pincettes ils les payent 6 et parfois 12 fr. Gela n'avait pas coûté 5 sous aux bouquinistes. » — Sa
1 Ce Baulmont a publié un annuaire comme nous l'apprend Peignot dans une lettre du 19 février 1841. « A propos, dit il, j oubliais de vous dire que j'ai été un peu surpris de trouver dans la Littérature contemporaine, Paris, 1841, tomel", p. 195, l'article suivant :
« Baulmont (N.-D.) — Avec M. L. Suchaux : Annuaire historique et statis « tique du département de la Haute-Saône, pour l'année 1827. Vesoul, Bobillier, 1827, in-12 (5 fr.) » Pas un mot de plus.
« Où diable Quérard a-t-il puisé cette note? C'est sans doute dans le journal officiel de la librairie de l'année 1827. Ce Quérard fouille partout. Cette Littérature contemporaine fait suite à sa France littéraire, xi vol. in-8° qu'il donne pour la modique somme de 165 fr. 11 m'y a fourré, et cette fourrure est si ample qu'on ferait de l'article un vol. in-8°. Nous voilà donc tous deux couchés dans les vastes élucubrations bibliographiques de M. Quérard, •
lettre du 24 août 1 81 4 est une des plus curieuses du recueil, il raconte une conversation avec Talma, qui donnait alors quelques représentations à Dijon. Nous en avons reproduit quelques fragments dans l'article précédent. — Dans d'autres lettres, il rapporte des anecdotes sur le comte d'Artois, le duc d'Orléans, etc. — Le 7 octobre 1821 il donne une chanson d'Armand Gouffé, alors sous-chef au ministère des finances. « Voici à quel sujet elle a été faite. La Foudre avait demandé une chanson à Gouffé, le Miroir lui en demandait une en même temps : il était difficile de contenter à la fois ces deux extrêmes. Mais l'auteur n'y a pas mieux réussi par les couplets que je vous envoie, car aucun des deux journaux n'a voulu l'insérer, et il reste en portefeuille. » La chanson, qui a pour titre : La gauche et la droite, a cinq couplets. Voici le dernier :
Du vrai bien la voie est étroite :
Qui de nous la découvrira?
Elle est à gauche, elle est à droite ;
Le temps seul nous en instruira.
Ce vieux sorcier qui toujours fauche, . *
Fauche en courant grands et petits :
11 lauche à droite, il faucbe à gauche,
Et fauchera tous les partis.
— Le 13 juin 1827 il parle d'autographes1. « Les autographes dont je vous ai parlé se sont trouvés dans mon sac de nuit en arrivant à Dijon ; je les ai regardés de près : ils ne sont pas tout-a-fait aussi précieux que je les croyais d'abord. Les scènes de Zaïre sont des rôles copiés par Voltaire qui jouait ses pièces sur le théâtre de Mmc Du Châtelet ; il y a aussi dos scènes de comédies. Il y a beaucoup de commissions militaires données aux Du Ghâ-telet signées par les rois Louis XIII, Louis XIV et Louis XV ; il y a une lettre de cachet donnée par ce dernier roi, un ordre de Henri IV signé par lui, etc. etc. Mais tout cola est très vermoulu. » — Beaucoup de lettres sont relatives aux recherches qu'il faisait pour son Choix de testaments anciens et modernes, publié on 1829. — Sous la date du 26 mai 1833, il raconte une Aventure bibliographique. A Chaumont, il a visité la bibliothèque d'un banquier, laquelle était située dans un grenier. « Le propriétaire m'a fait mille excuses de l'espèce de désordre où sontses livres : cependant il meditqu'il lésa classés, mais que, comme il est banquier et non bibliographe, il a pu faire quelques erreurs. En effet, le diable ne se serait pas reconnu dans ce fouilli. Eh bien, mon cher ami, j'ai trouvé là, en manuscrits en vélin, en éditions du xv* sièclejes choses les plus curieuses et les plus précieuses. Cola a coûté 44,000 fr. à ce riche banquier, qui a réuni tout cela, ?ans y connaître, mais parce qu'il sait que cela a de la valeur. » — Nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur celte correspondance où Peignot s'épanche dans le sein d'un de ses vieux amis.
Parlons maintenant des cahiers de notes, qui ne sont pas dénués d'intérêt. C'est là que Peignot marquait jour par jour ce qu'il faisait.
* Peignot a publié, en 1837, des Recherches sur les Autographes et sur Y autographie.
Rien n'y manque : l'heure à laquelle il se levait — c'était généralement six heures —ce qu'il faisait dans la journée, avec qui il dînait, à quelle heure il se couchait (dix heures). Se faisait-il raser, écrivait-il ou recevait-il une lettre, donnait-il quelque argent à un pauvre, tout est consigné dans ces agendas. On y trouve Je nom de toutes les personnes avec qui il était en relation ; les envois de livres qu'il faisait à ses amis, enfin des notes bibliographiques et historiques. En un mot, c'est la vie intime de Peignot depuis 1824 jusqu'en 1848, année qui précéda sa mort.
Le catalogue renferme aussi un opuscule publié par Peignot, et qui est assez rare. En voici le titre : « Lettres facétieuses de Fontenelle, qui n'ont jamais été imprimées dans ses œuvres. L'une renferme la Relation de l'île de Bornéo, ou Histoire de Méro et Enegu, avec un supplément qui continue cette histoire jusqu'à nos jours. L'autre, écrite au marquis de la Fare, est relative à la résurrection; elle a également un supplément. Ce recueil amusant est terminé par le Pot pourri de la Création. — Bagdad, mcccccccciix. » Le recueil tel qu'il est n'a été tiré qu'à 60 exemplaires. La relation de l'île de Bornéo (1807), a 47 pages in-12. La lettre de Fontenelle au Mis de La Fare 1 1807), a 20 pages. La Création et le Paradis perdu, pot-pourri, par un Bourguignon, a aussi 20 pages in-12. — Quérara ne fait que citer ces opuscules sans les décrire, ce qui nous a conduit à en donner le titre et le nombre de pages.
L'abondance des matières nous force à renvoyer à notre proprochain numéro la suite de la Liste des Hérétiques nouvellement convertis.
CHRONIQUE
Le bulletin n° 8 de Mr. G. Charavay vient de paraître. Les seules pièces que nous y ayons remarqué sont : Clerfayt (le comte de), Delavigne (Casimir), Napoléon Ur, 1. aut. sig. B. à son oncle Fesch, Rétif de la Bretonne et Saint-Simon, l'auteur des Mémoires.
— Le vendredi 26 janvier l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres a procédé à 1 élection d'un membre pour remplir le vide fait dans son sein par le décès de Mr. Victor Leclerc. Mr. d'Avezac a été nommé: son concurrent était Mr. Guessard, le savant philologue. Avezac-Camaya (Maric-Armand-Pascal d1), né à Bagnères de Bigorre, en 1799, est un de nos géographes les plus distingués. 11 est l'un des fondateurs de la Société ethnologique de Paris, et membre directeur de la Société de Géographie.
— Mr. Jurien la Gravière a été nommé membre de l'Académie des Sciences en remplacement de Dupcrrey, le 29 janvier, par 49 voix sur 56 Mr. Jurien la Gravière (Jean-Pierre-Edmond), né le 19 novembre 1812, marin fort distingué, est vice-amiral et aide de camp de l'Empereur. Collaborateur de la Revue desDeux Mondes, il a publié une histoire des Guêtres Maritimes sous la Ré-publique et l'Empire, et un Voyage en Chine pendant Us années 1847-50.
— Les excentricités de toutes sortes, les ridicules de la mode, — curiosités et indiscrétions littéraires, petits faits ignores, — bizarreries de la statistique et de l'annonce, — documents pour servir à l'histoire des contemporains, — anecdoctes drôlatiques et mystérieuses, et une série d'articles fort curieux sur l'intérieur de quelques gens de lettres et d'artistes, etc., etc., — voilà le domaine de la Petite Bévue (ancienne Revue anec4otique)fôont\e VIIIe volume de trimestre vient de paraître. — Nous le recommandons comme la plus amusante lecture et la plus intéressante distraction. (Envoyer 3 fr. en timbres-poste a l'éditeur René Pincebourde, 78, rue Richelieu. — Abonnement 5 fr. par semestre.)
Un livre ayant appartenu a Marie -Antoinette: Tout ce qui concerne Marie-Antoinette est recueilli avec soin et on y attache autant de prix que nos pères en attachaient aux reliques. Aussi tout volume qui lui a appartenu est-il vivement disputé par les amateurs. Le catalogue Radziwill renfermait,sous le n°824,un choix de chansons, mises en musique par MT. de la borde. Cet exemplaire était magnifiquement relié par Deromc, et orné des dessins originaux de Moreau, de le Bouteux et de le Barbier. Mais ce qui le rendait vraiment précieux et unique, c'est que, d'après une tradition conservée dans la famille Raziwill, cet exemplaire serait celui de Marie-Antoinette, à qui le livre a été dédié lorsqu'elle n'était encore que dauphine. Sans cette circonstance jamais l'ouvrage n'aurait atteint le prix énorme de 7050 fr. que l'a payé Mr. Potier sans doute pour un bibliophile qui a un culte pour l'infortunée reine de France.
Manuscrits Hébreux : Voici une intéressante nouvelle que nous empruntons à YUnion. MM. Tarworth et Pizzicani, en faisant pratiquer des fouilles en Syrie, ont découvert une habitation juive tout entière, dont la construction remonterait à deux siècles avant l'ère chrétienne. Dans les salles de cette antique demeure, meublée à l'égyptienne, on a trouvé sept livres : les cinq livres de Mcïse, les Psaumes de David et un autre livre contenant un choix de poésies hébraïques complément inconnues. Ces précieux manuscrits ont été envoyés à la Société asiatique de Londres.
Nécrologie : Nous avons une bien triste nouvelle à apprendre à nos lecteurs. Mr. le Marquis de Fiers est mort ces jours derniers a Bruxelles, où il s'était retiré, en 1863. Mr. de Fiers était un célèbre amateur d'autographes,qui laisse une collection précieuse, commencée dans le bon temps. Nous perdons en lui un ancien client, que nousconnaissionsdepuisplus de vingtcinqans,et un abonné fidèle. Nous prenons une part bien vive à la douleur de sa famille et de ses amis qu'une mort si imprévue a dû plonger dans la désolation ! — Nous donnerons prochainement une notice biographique sur Mr. de Fiers.
Le Directeur-Propriétaire : Jacques CH ARA VA Y. Abbeville, - Imp. P. Briez
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Sunt-Pbtersbourg : M. Jacques Issahoff.
Moscou : MM. Gauthier.
New- York : MM. Bossange et C*, 94, Beekmann Street.
Les demandes d'abonnement et toutes los communications relatives au Journal doivent ôtre adressées, franco, à M. Jacques CHARAVAY,rue des Grands- Augustins, 26.
PIÈCES INÉDITES
Nous croyons qu'il ne sera pas déplacé au commencement de cet article d'entretenir un moment nos indulgents lecteurs de nos projets peur l'avenir. Des communications sont venues. Un amateur de Lyon, M. Rubaltel, nous a envoyé une curieuse lettre de Gérard de Nerval, que nous insérerons prochainement. M. Paul Lacroix nous promet plusieurs articles, que nous attendons et qui seront pour nous une bonne fortune. Nous pouvons annoncer aussi quelques lettres de Bcrangcr, des épitres de Racket, une charmante lettre de Casimir Delavigne, une lettre de Rabelais et une roquétede Molière que veut bien nous promettre M. Jacob, bibliothécaire de Metz, etc., etc. — En attendant nous donnerons aujourd'hui trois pièces, tirées la de collection Dubois.
LAMOTTE (la Comtesse de)
Voici unelettredela comtesse àjoindre à celles que l'on connaîtdejà et qui contient de curieux détails sur l'état de dénûment où elle se trouvait. Elle demande des secours et parle des bontés que Madame (Marie-Joséphine-Louise de Savoie, femme du comte ae Provence) a pour elle. Ce n'était pas la première fois, du reste, qu'elle écrivait dans ce même but, car M Feuillet cite, dans l'intéressant article qu'il a consacré à l'affaire du Collier (Louis XVI, Marie-Antoinette, etc., 1er vol., p. 157), une lettre de la comtesse, de Paris, 16 mai 1783, au ministre de la Maison du roi où elle se plaint « de ce qu'on laisse dans une affreuse misère une parente du Roi, qu'il a reconnue lui-môme. » Nous trouvons, dans le catalogue Duplessis, une autre lettre, du l*r mars 1783, où elle expose son état de misère âM.d'Or-
messon, envoie les reconnaissances d'objets déposes par clleauMontde-Piété et demande instamment un secours.
La lettre qui nous occupe ne porte pas de suscription. Peut-être est-elle adressée à la Marquise de Boullainvilliers, femme du prévôt de Paris, qui touchée par les larmes et les infortunes de la comtesse, attira sur elle les bontés de la cour ?
Madame ,
Les malheurs que j'éprouve et l'état affreux dans lequel je suis réduite m'engage à vous supplier de vouloir bien vous intéresser en ma faveur et engager Monsieur Dormesson à me secourir dans ma détresse. Je suis descendante de Henry deux et reconnue pour telle. Madame qui a des bontés pour moy a prié plusieurs fois Monsieur le contrôleur-général de m'accorder une grâce qui me mette à même de vivre selon mon état. Je n'ai pas encore été assez heureuse pour voir effectuer les promesses qu'il a bien voulu faire à Madame. J'ai toujours continué mes sollicitations, et les dépenses que j'ai été forcée de faire pour suivre mon objet m'ont réduite au point qu'il ne me reste pas même de quoy exister. La majeure partie de mes effets est au Mont de-Piété : le peu qui me reste et mes petits meubles sont saisis, et si jeudv je ne trouve pas six cents livres je serai réduite à coucher sur la paille. Voilà, Madame, au plus vrai, ma position. Elle est d'autant plus pénible que je ne l'ai point méritée. Si le Roy était instruit de mes malheurs et de mon peu de fortune, assurément il ne souffrirait que la descendante d'un Koy qu'il a reconnue soit exposée à traîner son nom et à mourir de misère.
Je viens d'écrire à Monsieur Dormesson. Je vous supplie, Madame, de l'engager à m'accorder une gratification en attendant qu'il décide avec Madame quel est le sort qu'il conte me faire. Si je n'obtiens pas cette grâce il ne me restera d'autre partyà prendre que de mourir.
J'ai l'honneur d'être avec un respect infini, Madame,
Votre très-humble et très- obéissante servante,
O»8 de Valois de Làmotte.
Rue Neuve S* Gilles au Marais.
Paris, le 6 octobre 1783.
La lettre de la comtesse ne resta pas sans réponse : M. D'Ormesson 1 lui envoya le lendemain un secours de 48 livres, dont elle donna un reçu, daté du 7 octobre 1783, lequel faisait partie de la collection Duplessiset était joint à la lettre du l«rmars 1783, dont nous avons fait mention plus haut.
BO\APARTE
Lettre autographe signée, écrite au chevalier de Lance, maréchal des camps. Nous la tirons de la collection Dubois, qui contient une autre lettre autographe signée de Bonaparte comme lieutenant-colonel. Il n'était encore que lieutenant en second dans la compagnie des bombardiers du régiment de La Fère, charge qu'il avait obtenue le 1er septembre 1785. En 1789, au mois de septembre, il partait
! Ormesson (Henri-François de Paui Le Fèvre d'), né le 8 mai 1751, mort en 1807. En 1783, Louis XVI le nomma contrôleur général des finances. Comme d'Ormesson remontrait au roi qu'il était trop jeune pour occuper un emploi si important, le roi lui répondit : « Je suis plus jeune que vous, et j'occupe une plus grande place que celle que je vous donne. »
pour la Corse : c'est de là qu'il écrivit cette lettre pour demander une prolongation de congé motivée par le besoin de rétablir sa santé. Bonaparte avait sans doute aussi d'autres raisons, car en juin 1790 il lança un manifeste fameux contre le député de la noblesse, Matteo Buttafoco. Peu de temps après il revint en France et fut nommé le t«r avril 1791 lieutenant en premier au régiment d'artillerie de Grenoble.
Seigneur général,
Une sanlé délabrée ne me permet point de joindre le régiment avant la seconde saison des eaux minérales d Orezza, c'est à dire avant le quinze octobre.
La bonté que vous eûtes il y a deux ans * d'intercéder pour moi me mit à même alors de proffiter de ces eaux qui rétablirent sinon entièrement, du moins en partie, ma santé. J'espère qu'elle achèvera entièrement de reprendre le dessus après les prochaines eaux de cette année. C Ja me fait solliciter un congé de quatre mois et demi. J'en adresse te mémoire, avec les pièces justificatives, à Votre Seigneurie, ne faisant aucune autre démarche, espérant dans sa justice.
Je suis avec respect, Seigneur général,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
BU ON APARTE.
Ajaccio, le 16 avril 1790
11 y a quelques mois, on posait de nouveau dans l'Intermédiaire, une question bien controversée, à savoir si Beaurepaire, le commandant de Verdun, s'était réellement brûlé la cervelle, ou bien s'il avait été. assassiné. Nous ne voulons pas aujourd'hui revenir à fond sur cette question , que M. Léon de la Sicotiére, notre trop rare collaborateur, a discutée dans le N° 21 de l'Amateur d'Autographes, avec cette conclusion que la mort de Beaurepaire avait été le résultat d'un crime. En examinant sérieusement les faits, les documents aulheutiques, les récils bien divers des historiens et des témoins oculaires, nous croyons qu'il est difficile de ne pas être de cet avis. Néanmoins, comme il n'existe pas de preuves matérielles, on ne saurait trop, dans l'intérêt de la vérité historique, recueillir toutes les pièces qui pourraient jeter quelque jour sur cet événement si obscur. Voilà pourquoi nous mettons aujourd'hui sous les yeux de nos lecteurs, une lettre de Beaurepaire lui-même, écrite quelques jours avant sa mort au général Ligniville, et relative à ses craintes pour la sûreté de la ville qu'il commandait. En effet Longwy s'était rendu presque sans résistance, le 23 août, aux Prussiens qui se dirigeaient maintenant sur Verdun.
Verdun, le 24 août 1792, l'an iv de la Liberté.
Mon général,
Je reçois à l'instant votre lettre en date de ce jour : Le bruit court ici que Longwy s'est rendu hier à 6 heures du soir après une faible défense;
1 En janvier 1788, Bonaparte avait obtenu un eongé pour se rendre en Corse doù il revint au mois de mai. (Voir, dans la biographie Didot, l'article NapolOon 1er. par M. Rapetti, si autorisé ea pareille maUôre).
j'en reçois la confirmation par un officier du 4me bataillofi des volontaires des Ariennes qui m'annonce qu'il se rend prisonnier sur parole à Reims et que, , n'ayant pu loger à Marvillc, ils venoient pour loger à Verdun. Comme il est onze heures et demie du soir, je n'ai pas cru devoir les introduire dans la place, sans en conférer avec les corps administratifs demain ; cet événement malheureux a mis la ville en allarmeet les campagnes dans la consternation. Tous fuyenl leurs maisons pour se retirer ici ; vous connaissés nos faibles moyens en artillerie, ainsi qu'en trouppes a^guéries pour nous défendre ; malgré cela vous pouvés compter sur notre fermeté et notre courage. En attendant le secours des armées, je crois indispensable de donner Tordre à toutes les gardes nationales armées de district de Verdun et du département de se réunir à nous. Gomme je ne doute pas que vous u'approuviez ce projet dans un moment aussi critique que celui-ci, je vous prie de m'en envoyer l'ordre aussitôt le reçu de la présente, le temps étant infiniment précieux.
Le poste de Consen voye a 155 hommes de garde citoyenne et les redoutes sont déjà commencés. Le poste de Villosne aura 100 hommes du district de Clermond. Le 26 je n'ai pas encore eu de nouvelles de celui de Dun. Les troupes légères de l'ennemi ont été jusqu'à Marchienne et les ardes nationales de ce cantou sont dispersées dans le bois pour s'en éfendre.
D'après tous ces détails, je ne doute pas crue Verdun ne soit incessamment attaqué ; j'ai fait fondre des balles de $2 à la livre pour en envoyer aux postes de la Meuse. Dans le cas où la ville serait assiégée, je vous prie de m'autoriserà faire sortir les ciuq dépots de gardes nationaux qui sont ici et de les renvoyer sur les derrières, n'étant ni instruits ni armés ; j'attends l'honneur de votre réponse par la plus prochaine ordonnance. Le commandant militaire de Verdun,
Beaurepaire.
Les craintes de Beaurepaire étaient fondées : l'ennemi se présenta devant Verdun le 30 août : le lendemain la ville fut bombardée et sommée de se rendre. Les remparts étaient en fort mauvais état *, et la garnison ne s'élevait pas à plus de 3,000 hommes. Beaurepaire était résolu à s'ensevelir sous les ruines de Verdun plutôt que de capituler. Mais les habitants et les magistrats, qui craignaient les horreurs qui accompagnent toujours un siège, et certains officiers,
S lus disposés à- la trahison qu'à la défense, paralysaient les elforts u commandant et demandaient à se rendre. Ils avaient sans doute aussi avec eux ces gardes nationaux que Beaurepaire traite si mal dans sa lettre et que cette résolution de les renvoyer sur les derrières n'avait pas dû disposer en sa faveur. C'est dans ces circonstances que Beaurepaire se serait brûlé la cervelle, chez lui, dan3 la nuit du 1" au 2 septembre, et non dans la salle du conseil comme on s'est plu à le répéter. Cette mort n'eut pas de témoins : nul n'a su ce qui s'était passé dans cette nuit. On ne sait qu'une chose, c'est que les personnes accourues au bruit de la détonation trouvèrent le commandant la tète fracassée et deux pistolets à côté de lui. Cette mort si subite n'aurait-elle pas été le résultat d'un assassiuat commis à l'instigation des officiers municipaux qui n'avaient pu, la veille, le décider à s'associer à leur lâcheté et à leur trahison? On peut
* Jomini, Guerres de la Révolution, t. Il, p. 102.
citer, à l'appui de cette opinion ces quelques lignes du général Lcmoine *, qui avait pénétré des premiers dans la chambre de Bcaurepairc. « J'interroge, ^i'-il, \c r rélaire, le domestique qui était à sa porte au moment de la détonation du pistolet ; ce dernier me déclara qu'il avait entendu marcher sur la terrasse et ouvrir la porte de la chambre où reposait le commandant, et, après la détonation, il entendit encore fermer cette même porte et marcher sur la terrasse avec précipitation en se dirigeant vers l'appartement où étaient en permanence les membres de la municipalité. » M. de La Sicotière, qui cite ce passage, démontre bien l'intérêt qu'ont eu les officiers municipaux et les membres de la Convention à consacrer un acte d'héroïsme, qui ranima les ames et remplit tous les cœurs d'une haine ardente contre les traîtres qui avaient livré Longwy et Verdun aux Prussiens.
Un dernier mot. L'assassinat de Beaurepaire n'est pas un fait unique et sans précédent. Sans citer le général Théobald Dillon et le colonel Berthois massacrés par leurs troupes à Lille, nous rappellerons que quelques jours avant, à Longwy, un magistrat, nommé Philippe Courtois, ayant refusé courageusement de signer la honteuse capitulation qui couvrait d'opprobre ses lâches collègues, vit sa maison brûlée, et n'échappa à la mort que par une espèce de miracle. Après cela, qui déclarera inadmissible que Beaurepaire ait pu être assassiné à l'instigation des officiers municipaux qu'il gênait par son énergie et sa persistance à vouloir se défendre?
Etienne Charavay.
LA VEKTE RADZIWILX.
La vente de la bibliothèque du prince Sigismond Radziwill a eu lieu le 22 janvier et les dix jours suivants par les soins de notre habile confrère M. Potier. Tous ces beaux livres se sont élevés à des prix fabuleux, toutes ces magnifiques reliures ont été disputées chaudement par les bibliophiles. La première vacation a été la plus faible (4862 fr. 50) : mais à partir de la cinquième le chiffre obtenu par soirée ne fit que s'accroître pour atteindre son apogée à la dernière vacation (2 février) qui à elle seule a produit 30,1 10 fr. 50 c. Le total de toute la vente s'élève à 130,100 fr. 75 c. Nous pensons être agréable à nos lecteurs en donnant les prix des principaux articles de ce catalogue. Le nom du relieur se trouve entre parenthèses, car on ne saurait oublier que les reliures sont pour beaucoup dans les prix qu'ont atteint la plupart des ouvrages. N° 11: Novum Jesu Christi Testamenlum, 1649, aux armes du - Comte d'IJoym, 360 fr. — N° 17 : L'histoire du Vieux et du Nou-
« Le général Lemoine était, avec Marceau, l'un des plus braves défenseurs de Verdun. Après la reddition de la place, ils se renfermèrent tous deux dans la citadelle où ils soutinrent un bombardement de quinze heures. Le général n'en voulut sortir qu'à la condition qu'on lui laisserait ses armes, ses bagages, deux pièce3 de canon et un fourgon pour transporter le corps de Beaurepaire.
veau Testament, représentée avec des figures par le sieur de Royauraont, 1670, in-4, rel. mar. (Du Seuil), 1420 fr. — N° 19 : Histoire du Vieux et du Nouveau Testament par D. Martin, exemplaire en grand papier, 600fr. — N° 28 : Dictionnaire historique, par Dom Calmet, exemplaire en grand papier, 350 fr. — N° H : La journée du chrétien sanctifiée par la prière et la méditation, 175i, in- 12, aux armes de la Marquise de Pompadour, acheté 401 fr. par M. le baron Pichon, président de la société des Bibliophiles français. — 43: Consiliorum omnium generalium et provincialium côllectio regia, 1644, 37 vol. in-fol. rel. aux armes de France, 545 fr. — N° 54 : Lettres de St-Jérôme, traduites en français par Guillaume Roussel; 1704-1707, 3 vol. in-8, rel-mar. (Padelo.tp), 1405 fr. — N° 56 : Les Confessions de St-Augustin, trad. par Dubois, 1688, 2 vol. in-8, 290 fr. — N° 64 : Les Provinciales de Pascal, Cologne, 1659, 2 vol. in-8. rel-mar. (Du Seuil), 330 fr. — N° 68: Sermons du Père Bourdaloue publiés par Bretonneau, 1704-34, 16 vol. in-8, 220 fr. — N° 69: Sermons de Massillon, 1745, in-12, rel-mar. (Padeloup), 155fr. — N° 122: Observations sur un livre intitulé: de l'Esprit des Lois par Claude Dupin; 1757-58, 3 vol. in-8, rel. mar. ci tr. {Derome). Cet ouvrage est fort rare, toute l'édition ayant été saisie et mise au pilon, à la requête de la famille de Montesquieu. Cet exemplaire s'est vendu 310 fr. - N° i?0 : Conslitutiones bocietatis Jesu, 1583, pet. in-8. Ce volume avait une reliure à mosaïque de mar. bleu, vert et citron, chef d'œuvre de Padeloup: il a été payé 1060 fr. — N° 195: La logique de Port Royal, 1664, in-12, rel. mar. (Du Seuil), 106 fr. — N° 220: Essais de Montaigne, 1580,
2 vol. pet. in-8, rel. mar. (Derome), édition originale fort précieuse, 2060 fr. — N° 221 : Les Mêmes, 1595, in-folio, 195 fr. — N° 222 : Les Mômes, 1659, 3 vol. in-12, 151 fr. — N" 228: Les Mêmes, 1783,
3 vol. in-8, 141 fr. — N° 256: Joannis Lodovici Vivis Valentini, de Concordia et discordiain humano génère ad Carolum V, lîbri quatuor, 1529, petit in-8. Exemplaire de Thomas Maioli, avec une riche reliure, vendu 1510 fr.— N°262 : La Mesnagerie de Xénophon,1572, in-8, exemplaire de J.-A. De Thou, 655 fr. — N<> 295 : L'Utopie, de Th. Morus, 1550, pet. in-8, rel. mar. (Derome), 255 fr. — N° 373: Histoire naturelle des oiseaux par Buffon, édition de l'imprimerie impériale, 1781-86, 10 vol. in-fol., exemplaire avec les planches enluminées, 700 fr. — N° 382 : Papillons exotiques, par Cramer, 1779, 4 vol. in-4. rel. mar. (Derome), 305 fr. — N° 385 : Locupletissimi rerum naturalium Thesauri accurata descriplio, par Seba, 1734-65, 4 vol. in-fol., 425 fr. — N° 461 : Campagnes du duc de Luxembourg, en 1690-94, 2 vol. in-folio. Cet exemplaire vendu à la vente du maréchal de Richelieu 513 fr., n'a été payé que 410 fr. — N° 497 : Recueil d'Estampes gravées d'après les tableaux du cabinet du duc de Choiseul, par Basan, 1771, in-4, 351 fr. — N° 51 1 : Recueil d'architecture par deNeufforge, 6 vol., 205 fr.— N° 524 : Architecture française par Blondel, 1752-56, 4 vol. in-fol. Acheté 745 fr. par un liuraire de Londres, M. Toovey — N° 526 : Essai sur la musique par De La Borde, 1780, 4 vol. in-4. rel. mar. (Derome)»
250 fr. — N° 543 : Les quatre livres de la Vénerie d'Oppian, poète grec, traduction en vers français par Florent Chrestien- Paris, Robert Estienne, 1575, in-4 w 1. Aux ;i« . es de J. A. De Thou. Vendu 1110 fr.— N« 545: Le Roy Modus, 1560, pet. in-8, 250 fr. — N' 546; La Vénerie de Jacques Du Fouilloux, 1573, in-4., 375 fr. — N° 555 : La Fauconnerie de F. Jan de Franchières; Poitiers, 1567, 1 vol. in-4, 800 fr. — N° 556: La fauconnerie de Ch. d'Arcussia, 1605, in-8, 1850 fr. — N° 557: Le Miroir de fauconnerie, 1623* petit in-8, 200 fr. Cet ouvrage et les deux précédents ont été acquis par M. Giraud de Savine, dont le cabinet est un des plus précieux de la capitale. — N° 649 : Catulle, Tibulle et Properce, avec notes de Scaliger, 1577, in-8, exemplaire de J. A De Thou, 810 fr. — N° 682 : Les Métamorphoses d'Ovide, trad. de l'abbé Banier, figures de B. Picart, 1 vol. gr. in-fol., 500 fr.— Nu683 : Mes Mômes, avec Ogures d'Eisen, 4 vol. in-4, 409 fr. — N° 717: Marci Hieronymi Virlœ Cremonensis, Albœ episcopi, Christiados libri sex, 1535, pet. in-4. Superbe exemplaire de J. Grolier, adjugé 2210 fr. a M. Potier. — N° 738 : Poésies du roi de Navarre, 1742, 2 vol. pet. in-8, relmar. (Padelowp), 360 fr. — N° 742: Œuvres d'Alain Chartier, 1529, pet. in-8, 405 fr. - N° 747 : OEuvres de Ronsard, 1623, 2 vol. in-fol., 570 fr. — N° 754 : OEuvres de Lafontaine, 1726, 5 vol. in-4, rel. mar. {Padeloup), 385 fr. — N8 756, OEuvres de Boileau, 1747,5 vol. in-8, 480 fr.— N° 757 : Les Mêmes, rel. mar. (Ztemme), 400 fr.
— Nn 773 : La Henriade de Voltaire; Londres, 1728, in-8. Exemplaire avec une reliure, véritable chef d'œuvre de Padeloup, adjugé 4500 fr. à M. Potier. — N° 798: Fables de La Fontaine, 1688-94, 2 vol. pet. in-8. (Derome), 325 fr. — N° 800 : Les Mêmes, 1755-59, 4 vol. in-fol, fig. d'Oudrv, 305 fr. — N° 810: Contes et Nouvelles de La Fontaine, 1683, in-12, rel. mar. {Demme), 430 fr. — N° 811 : Les Mémos, Paris, Barbou, 1762, 2 vol. in-8. fig. d'Eisen, 340 fr. — N°824 : Choix de chansons mises en musique par M. De La Borde, 1773,4 vol.gr. in-8, superbe reliure ae Derome. Exemplaire unique qui aurait appartenu, parait-il, à Marie- An toi nette, acheté 7050 fr. par M. Potier. — N° 825 : Les Mêmes, 360 fr. — N° 830 : Roland furieuxderArioste, 4 vol. in-8, flg. d'Eisen, 450 lr.— N°878: OEuvres de Molière, 1734, 6 vol. in-4, rel. mar. (Padeloup), 655 fr.
- N° 880 : Les mêmes, 1773, 6 vol. in-8, 245 fr. — N° 91 1 : Vita et Fabellœ /Esopi, édition donnée par les Aide, pet. in-fol, acquise 230 fr. par M. Didot. — N° 957 : OEuvres de Rabelais : 1741, 3 vol. in-4, fig. de B. Picart. Exemplaire en grand papier, relié par Padeloup, acheté 1525 fr. par M«\ Potier. — N° 958 : Les Mêmes, 1610 fr. au même. - N* 962 : Le Grand Cyrus de M11* de Sudéry, 1654, 10 vol. pet. in-8, acheté 410 fr. par M. Toovey. — N° 963 : délie, 1660, 10 vol. pet. in-8, 550. fr. au même. — N° 972 : Zayde par Segrais; 1670-71, 2 vol. pet. in-8, rel. mar. {Padeloup). Exemplaire aux armes du comte d'Hoym, vendu 2050 fr — N° 976 : Recueil de romans historiques publié par Lenglet Du Fresnoy, 1746, 8 vol. pel. in-12, 310 fr. — N° 985 : Le diable boiteux, de Lesage ; 1756» 3 vol. in-12, aux armes de Madame de Pompadour, 1800 fr. —
N° 1007. : Cabinet des fées, 41 vol. in-8, 500 fr.— iV 1008: Voyages imaginaires et Histoire des Naufrages, 39 vol. in-8, 395 fr. - N° 1013: Les nouvelles de la reine Marguerite, 1780, 3 vol. in-8. rel. mar. viol. (Derome), 450 fr. — N° 1015: Les nouvelles françaises par Segrais, 1656,2 vol. pet. in-8, 360 fr. — N° 1031 : Le Décaméron de Boccace, 1757-61, 5 vol. in-8, lîg. de Gravelot, 240 fr.— N" 1034: Les Aventures de Don Quichotte, Madrid, 1780, 4 vol. in-4, rel. mar. (Derome), 700 fr. — N° 1091 : Le grand dictionnaire des Précieuses; 1661 , pet. in-8, reliure mar. (Derome), 640 fr. — N° 1 1 19 : Lettres dé Cicéron, trad. par l'abbé Prévost, 1745, 6 vol. in- 12. Exemplaire en grand papier rel. par Derome, 320 fr. — N° 1131 : Œuvres de Plutarque, trad. parAmvot, 1507-74, 14 vol. in-8 rel mar. (Derome), 1010 fr. — N° 1132": Les Mômes, 1566-74, 13 vol. pet. in-8, 940 fr. — N° 1133 : Les Mêmes, 1783-87, 22 vol. in-8, 340 fr. — N° 1137 : Œuvres de Gicéron, édit. desEIzévirs, 10 vol.
rit. in-12, 270 fr. — N° 1148: Œuvres du sieur de La Chapelle, 1700, vol. in-12, 305 fr. — N° 1154 : Œuvres de Fonlenelle, 1728, 3 vol. in-fol. fig. de B. Picart, aux armes de Madame de Pomdadour, acquis 300 fr. par M. Toovey. — N° 1208 : Voyage pittoresque en Sicile par l'abbé de St-Non; 1781-86, 5 vol. grand in-fol., 315 fr. — N° 1231 : Peregrinaçam de Fernam Mendez Pinto; Lisbonne, 1614, in-fol. Superbe exemplaire aux armes de Do Thou, acheté 900 fr.par Mr. Giraud de Savine. — N° 1246 : Voyage au Brésil par Jean de Léry, 1585, pet. in-8. Exemplaire aux armes de J. A. De Thou, acheté 400 fr. par M. le baron Pichon. — N° 1249 : Discours sur l'Histoire Universelle, par Bossuet ; Paris, Cramoisy,1681, in-4., rel. mar. (Du Seuil), 550 fr. — N° 1259 : Cérémonies et coutumes reli-
fieuses de tous les Peuples et Superstitions anciennes et modernes, i vol. in-fol. rel. mur. (Derome), acheté 1560 fr. par M. L'Ecureux.— - N° 1292 : L'Alcoran des Cordeliers, 1734, 2 vol. in-12, reliure charmante de Padeloup, 305 fr. — N° 1324: Hérodote, trad. par Saliat, 1556, in-fol. Exemplaire avec la signature de Ballesdens sur le titre, vendu500fr. — N° 1356: La conjuration deCatilina; M.idrid, Harra, 1772, in-fol., reliure par Derome Cet exemplaire provenant de la vente de D'Hangard, où il avait été payé 619 fr., ne s'est vendu que 375 fr. — N° 1357 : Le Même, 250 fr. à Mr Toovey. — N°1368 : Tacite, avec notes de Brotier, 1771, 4 vol. in-4, rel "mar. (Derome), achetés 4:>0 fr. par M. Toovev. — N° 1396: Description de la France par De La Borde, etc.; 1782-87, 10 vol. in-fol., 335 fr. — N° 1412 : Mémoires de Philippe de Comines, 1747, 4 vol. in-4. exemplaire en grand papier, acheté 485 fr. par M. Labitte. — N" 1426: La vie et faits notables de Henry de Valois,1589, pet.in-8, rel. mar. {Derome), 330 fr. — N° 1438 : Mémoires de Villeroy, 1665, 4 vol. in-12, rel. mar. vert. (Derome) , 300 fr. — N° 1455 : Choix de Mazarinades, 8 vol. in-4, rel. par Derome, 905 fr. — N° 1457 : Mémoires du card. de Retz, de Guy Joly et de la D*** de Nemours; 1731-38, 7 vol. in-8. rel. mar.tffcrome) , 5591V. — N° 1459: Les mômes, 350 fr. — N° 1465 : Négociation d Antoincde Courtin; 1673- 77, 4 vol. in-fol., 650 fr. - N* 1468: Mémoires sur M™- de Main-
tenon; 1756, 15 vol. in-12, rel. par Derome, 500 fr. — N° 1472 : Mémoires de la régence du duc d'Orléans, 1736,3 vol. in-12, rel. par Derome, 335 fr. — N° 1488: Recherches curieuses des monnaies de France par Cl. Bouteroue; 1666, in-fol. rel. mar. (Pasdcbup), 345 fr. — N° 1502 : Histoires de Nimes, par Ménard; 1850-58, 7 vol. in-8. Exemplaire en grand papier, vendu 500 fr. — N° 1518 : Des magistrats et République de Venise par G. Conlarin; 1544, pet. in-8, aux armes du comle d'IIoym, 365 fr. — N° 1621 : Dictionnaire de la noblesse par Lachenâye des Bois, 12 vol. in-4, 260 fr. — N° 1623 : L'antiquité expliquée et représentée en figures et Les Monuments de la monarchie française par B. de Montfaucon, 20 vol. in-fol. rel mar. i Derome). Exeriiplaire en grand papier, acheté 2550 fr. par M. Potier. — N° 1638 : Antiquités étrusques, etc. tirées du cabinet de M. Hamillon; Naples, 1766-67, 4 vol. infol. acheté 400 fr. par M. Toovey. — 1 655 et 1656: Dictionnaires de Bavle et de Chaufepié, 650 fr. — N° 1658 : Jean Boccace deCertald; 1483, pet. in-fol., 310 fr. - N° 1664: L'Europe illustre par Dreux Du Radier; 1755, 6 vol. in-4. Exemplaire en grand papier, rel. par Derome, payé 1900 fr. — N° 1669:~Les Hommes Illustres par Perrault; 1696-1700, 1 vol. in-fol. rel. par Derome, 955 fr. à M. Porquel. — N° 1689 : Bibliographie instructive par De Bure, et supplément, 10 vol. in-8, rel. par Derome, 395 fr. — N° 1690 : Catalogues des imprimés et des manuscrits de la bibliothèque royale, 1838-50, 10 vol. in-fol. aux armes de France, achetés 120 fr. pour la Bibliothèque Impériale. — N° 1703 : Les Bibliothèques françaises de La Croix du Maine et Du Verdier, 1772-73, 6 vol. in-4., 355* fr. — N° 1707: Encyclopédie de Diderot et de D'Alembert; 1751-77, 35 vol in-fol. Exemplaire en grand papier, relié par Derome, vendu 700 fr.