ACTE PREMIER
BOUGUET
Je suis confus de cet honneur.
MADAME BOUGUET, radieuse.
Et moi, très fière pour toi, Laurent. (Eiie lui serre la
main.)
Ce qui me parait inappréciable, c'est que l'événement précède la séance de lundi. Ma Icommunication à l'Institut Pasteur apparaîtra une réponse sérieuse à l'honneur qu'on me fait.
BLOND EL^ se précipitant sur la main de Madame Bouguet»
Ma chère et bonne camarade.
MADAME BOUGUET
Mais je suis heureuse d'un autre bonheur aussi... qui vient s'ajouter en même temps à celui-ci... C'est donc vrai que vous aimiez cette enfant! (Elle sourit, attendrie
maintenant, et ne pensant plus qu'à la joie.) BOUGUET
Jeanne! Jeanne! il ne faut pas précipiter le bonheur des autres. Parlons de nous. Soyons égoïstes aujourd'hui... Nous le pouvons.
MADAME BOUGUET
Je ne suis jamais égoïste. Blondel, ne trouvez- vous pas comme moi cette journée merveilleuse? Et comme il est bien que ces choses mutuelles se soient précipitées, confondues!... On dirait une intervention de la providence !
BLONDEL
Mais je crois rêver, en vérité... Edwige vous a bien dit franchement qu'elle souhaitait ce...
MADAME BOUGUET, se tournant vers le corridor.
La voici, tenez, avec les autres, qui arrive pour féliciter le maître. Elle va vous faire part de sa décision.
Non, non, je vous en supplie... Je ne vais jamai» oser lui parler, je suis timide comme un enfant. Pas un mot de cela... pour l'instant! Occupons- nous de féliciter celui que nous aimons de tout notre cœur et qui devrait vous en vouloir de nous occuper d'un autre que de lui-même.
(Entrent trois élèves. Edwige se dissimule derrière eux. Ils parlent ensemble.)