ACTE DEUXIEME
HERNEBT
Je ne sais pas si je Tai reçue. En tout cas, on ne me l'a pas donnée ici. Au fait, je réfléchis même que je ne l'ai pas vue.
HERVÉ
Tenez, la voilà.
(Quatre ou ciuq personnes se rapprochent. Heniert regarde, sous 1» iHniière qui Tient de l'orangerie.)
HERNERT
C'est très bien. Autant qu'une médaille peut être bien. Puis, c'est une plaisante idée du sculpteur de l'avoir doucement appuyé sur le visage de Madame Bouguet. On ne sait pas quel est celui qui reflète l'autre... On dirait deux grands fronts qui absorbent toute la lumière..,.
HERVÉ
Comme c'est vrai, monsieur, ce que vous dites! D'ailleurs, Madame Bouguet adore passionnément la lumière. Figurez-vous qu'il n'y a pas de rideaux à ses fenêtres et elle se coiffe résolument en arrière.
(Madame Bouguet descend de l'orangerie.)
Vous parliez de moi? Vous vous moquiez de ma coifl'ure?
HERNERT
Au contraire. Nous admirions votre front que le sculpteur a fait très ressemblant. Nous disions : un front qui absorbe toute la lumière.
MADAME BOUGUET
On m'a assuré que Victor Hugo avait l'habitude quand il voyait le front d'une femme embroussaillé, de lui rejeter tous les cheveux en arrière. Il avait raison : le front, c'est le visage de l'intelHgence... Je ne dis pas ça pour moi!
UN ELEVE, du perron de l'orangerie.
Mesdames, messieurs, Mlle Mériel, de la Comédie- Française, veut, avant que nous nous séparions, vous dire un sonnet qu'un des nôtres, un jeune élève de l'Institut Claude- Bernard, a écrit en l'honneur de notre maître. Mlle Mériel le dira, appuyée au soele de la vieille statue de Pomone, ici à droite...
PÉLISSIER
Excellente idée. Il faisait si chaud à l'intérieur.
CORMEAUX
Et ce sera beaucoup plus décoratif. Elle eet si décorative !
MARCELLE, s'empressant et désignant le fond du jardin.
Si VOUS voulez tourner... à droite... c'est la statue qui est presque au pied de l'escalier.
(On se diiijje en niasse dans lo fond à droite, 11 ne reste plus sur la scène que Madame Bougiiet, Herncrt, Hervé. Edwige à ce moment sort de l'oiaiigerie et passe en se dirigeunt rers sa maison.)
MADAME BOUQUET, l'apercevant.
Edwige, tu ne viens pas?
EDWIGE
Non. Je vais me coucher. Je n'en peux plus!
MADAME BOUGUET
Tu n'attends pas la fin?
EDWIGE
Je suis prise d'un véritable étourdissement. Je monte dans ma chambre. Excusez- moi et à demain.
MADAME BOUGUET
Tu n'as besoin de personne?