‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 262 sur 263 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

vez menti! Pour provoquer une hémorragie pareille, il a fallu qu'il fasse des efforts immenses! J'ai la sensation qu'il a voulu se tuer!...

Je ne savais pas... j'étais folle d'émotion!... Nous lui avons obéi comme des insensés!... Sauvez-le... Au secours!...

Le pouls

BLOND EL, teriifié.

PRAVIELLE

Aidez-moi... Comme ceci... les tractions...

BLONDEL, bas.

Mais le pouls m' effraie!...

MADAME BOUGUET Laurent!... Laurent!... (Grand silence. Elle se rapproche.)

Mais vous ne voyez pas qu'il est mort... Je vous dis qu'il est mort!...

PRAVIELLE

Allez- vous en... madame... je vous en conjure.

MADAME BOUGUET

Laurent !

{Bouguet fait un mouvement convulsif.) PRAVIELLE

Il ne respire plus. Le sang l' étouffe...

MADAME BOUGUET, éperdue, crie au iiasard; elle s'élance sur les portes.

Au secours... Au secours!... (Des têtes apparaissent aux deux portes. Personne n'ose entrer. Elle se rapproche ensuite, pcureu-

ssment, pas à pas.) C'est fini, n'est-ce pas?

(Alors, elle pousse un grand cri, les mains devant le visage, et reste ainsi, immobile, Tigce, les làvres remuées.)

BLONDEL, à genoux contre le canapé, sanglote.

Pardon... Pardon... Pardon...

(Par la porte ouverte, Hervé se glisse.)

PRA VIELLE, bas à Hervé.

J'ai peur pour elle, maintenant. Elle m' effraie... Regardez- la!... Qu'est-ce qu'elle va devenir ! (EUe demeure

toujours ainsi. Puis elle a l'air do sortir tic cette stupéfaclioii et s'avan&e vers le corps de Bouguet. Elle touche les yeux, le front. Ensuite, elle prononce tout bas : « Chéri 1... x Parles portes ouvertes, des élèves, attirés par les cris de secours, sont arrivés. Talloires et les autres. Ils se glissent, un à un, en proie à la plus grande émotion. Pra vielle, vivement :) r ermeZ

la porte. Fermez, voyons!

MADAME BOUGUET, se redressant tout à coup, dans un sursaut extraordinaire.

Non... Tous! Tous, qu'ils entrent! laissez-les! dis

entrent, les uns ea blouse, les autres en veston.) Votre maître

vient de mourir, messieurs!... voyez, voyez! (sur la

pointe des pieds, tête nue, ils se sont avancés. Quelques-uns se mettent à genoux. On entend des sanglots de tout3 part.) G eSt fini!... Ce

beau front ne pensera plus... Ces lèvres ne parleront plus!...

(Elle défaille, presque extatique, Hervé la soutient. Pendant ce temps, un mouvement hostile à Blonde! se produit. Certains vont jusqu'à le menacer, à voix basse. On le pousse.)

HERVÉ, bas.

Votre place n'est pas ici, monsieur. Sortez...

TALLOIRES

Oui... Qu'il sorte... l'assassin!...

(Blondel, inerte, pleurant, ne répond pas. Il se laisse presque faire et pousser des épaules vers la porte.)

MADAME BOUGUET, qui allait s'évanouir, se redresse et les arrête d'un geste solennel. Surhumaine, dressée en statue livide, eile parle.

Messieurs... la dernière pensée de votre maitre

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