ACTE PREMIER
tement et uniquement le devoir lui-même... Le devoir! il n'y a pas autre chose en question, Ginette! C'est vous seule que j'entendrai... que je lise dans votre voix la vérité nécessaire... Si je m'en vais, si je vais me battre et à plein cœur, si je reviens — et je reviendrai — avec les autres, après la victoire, dites, dites, verrai- je dans vos yeux éclater l'assentiment, la fierté! Verrai-je dans votre sourire ce quelque chose de plus et qui ne sera pas de l'amour — mais qui me remplira de bonheur, d'orgueil, qui voudra dire simplement cela... « C'est bien! c'était ça qu'il fallait faire... Je suis contente... » Je sacrifie le foyer, l'amour, même légitime, s'il restreint la conscience et je serai heureux de céder à celui qui vous entraîne, pour laplîis belle des causes, loin de la vie humble, fade et dépérissante... Ginette! verrai-je cela... un jour... Ginette, est-ce cela que vous me direz un jour?
(Elle le regarde avec une émotion indicible. Leurs yeux se fixen t dans une intensité effroyable. Grand silence.)
GI?«ETTE
Ouil
PIERRE, se redressant dans un grand mouTement de joie.
Alors!,..
(U se pre'cipite sur son chapeau et sort précipitamment.)