L'Ambre jaune chez les Assyriens
Parmi les substances précieuses employées à Tornementation des bijoux, Tambre jaune a joué un grand rôle dans Tantiquité. Dès les temps les plus reculés, le succin fonnait un objet de commerce très recherché : les efforts qu'on faisait pour se le procurer ont })ui8samment aidé à porter les premiers germes de la civilisation dans des régions qui, jusque là, étaient restées hors de contact avec la culture du monde '. Sans le commerce de Tambre, les anciens navigateurs, surtout les Phéniciens, n'auraient jamais entendu parler des mers occidentales où cette substance prend son origine, et si quelques assertions, répétées souvent, semblent être dénuées de preuve, il est évident que le désir d'employer l'ambre jaune a fait connaître au rest« de l'univers les rivages de la Baltique.
Dès Homère, l'ambre paraît comme un article de commerce dont les Phéniciens tiraient un grand profit. Dans le quinzième chant de FOdyssée (XV. 460), des navigateurs phéniciens font admirer les bijoux en or et en électron:
yp'jTSCv cpiACV s'/wv [jLcTà $V,Aé/.Tp5'.(7iv espTO où, sans contredit, l'ambre est entendu, non le célèbre mélange d'or et d'argent qui portait chez les Grecs le même nom d'fjXsxTpov, et dont la citation la plus ancienne parvenue à nous est celle de Sophocle, dans l'Antigone (v. 1035). Mais en même temps, Hérodote parle de \ électron qui comme l'étain « nous provient de l'Europe septentrionale » (HI, cxv, . . . t%|jlTv çsiTà). Le père de l'histoire dit, qu'à l'embouchure d'un grand fleuve qui se jette dans la mer du nord de l'Europe, on trouve la substance; il nomme le fleuve Eridan, appellation vague et mythologique par laquelle les Anciens, avant d'avoir exploré l'Europe, désignaient tout grsind fleuve de l'ouest et du nord de l'Europe. La fable et la tragédie s'emparèrent de l'ambre et de r Eridan, comme lieu de sa i)rovenance. Les peupliers en lcs(iuels les sœurs de Phaëthon étaient métamorphosées, pleurent leur frère, et les lannes qu'elles versent pour le fils d'Apollon hardi et malheureux, sont les morceaux d'ambre provenant de cet Occident
1) Letronxe, dans ses loçcms au Collùpe de France, a sipialé déjà les effets cî\ili8atcur8 «pra exercés le commerce de l'ambre i)ar terre et par mor.