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Mais aussi sûre qu'est la traduction de la première ligne^ aussi peu Test la version de la seconde : il est possible que le mot ku§m révèle un autre sens. Le sens peut être que de l'alcove peut souffler les vents changeants, tantôt ceux de Tamour, tantôt ceux de la haine, et cela n'est pas en désaccord avec la teneur du passage qui reproche à Istar son inconstance envers ses nombreux amants.
Les 1m§^i pourront être les moussons, les ivr^T.oa des Grecs, et la Mer des Moussons la mer de l'Inde jusqu'à l'entrée du Golfe Persique.
On y péchait des dalpi, littéralement des «gouttes», c'est-à-dire des perles. Nous rattachons dulpi à la racine ^\ dégoutter, stUlare. L'enchaînement des idées n'a rien qui surprenne, le mot germanique même « Perle » indique la chute des gouttes, comme les mots français perler, l'allemand perlen, l'attestent encore. Les pêcheries de perles à Tylos ( Bahrein) et Ormuz à l'entrée du Golfe Persique sont peut-être moins désignées ici que celles de l'Inde, qui arrivaient à travers la Perse. Les Assyriens avaient, comme tous les Sémites, un nom appartenant à leur famille de langues : les Grecs eurent le leur par l'intermédiaire des Perses, d'où le nom perse [/ap^apï^Tr^, margarita. Ce mot de la langue de Darius s'est conservé dans le persan mervârld ; il rappelle un perse margaraita ', excrément d'oiseau 2.
Cest des caravanes envoyées vers le Golfe Persique et vers la côte de la Mer des Indes que le passage entend parler.
Quelle est maintenant la seconde mer, et quel est le produit qu'elle envoyait?
La désignation est bien plus claire que dans le premier cas. C'est la mer où culmine l'étoile polaire, où, en conséquence, on ne peut plus se diriger.
Le verbe est napcHj, nfî3. J'ai à m'accuser moi-même de la confusion que mes disciples ont suivie. L'île de Tilvun ou Tylos, Bahrein d'aujourd'hui, est située dans la mer du nlpih du soleil, et, dans un autre passage, elle est nommée celle du levant du soleil. De là, j'ai conclu que nipif^ devait être l'orient. C'était complètement erroné : quand, dans un passage, on place St. Pétersbourg à l'est de Paris, et dans un autre au nord, il ne s'ensuit pas de là que nord et est soient des synonymes. Cest pourtant ce que j'ai affirmé, jusqu'à ce qu'un ensemble de faits m'ait démontré mon erreur.
J'avais déjà été frappé, longtemps avant de m'occuper de ce passage, de voir que le verbe napahi se trouvait quelquefois, dans des endroits où le sens d'orient serait déplacé, quelque peu considérable qu'on estimât la science géographique des Assyriens. Sargon raconte que laman, roi d'Asdod s'enfuit vers la Libye (Milutti), ©t qu'il prit le chemin des Arabes du soi-disant lever dû Soleil. Aller par l'Oman et Mascate à Tripoli, quand on vient de la côte de Syrie, me semble un détour trop caractérisé surtout pour quelqu'un qui s'enfuit et qui doit aller vite. C'est à tel point, que je m'étais demandé, si le verbe napatL ne signifiait pas « se coucher » ^ ? Il ne me venait pas à l'idée que le sens sud irait bien mieux.
Teglathphalasar et Sargon parlent souvent des Arabes yiipHi samsi : une reine Samsie réside là; pour désigner sa demeure on trouve (Layard) mazaz samsi, ce qui indique encore mieux le zénith du soleil. En outre, il y avait des passages, où le sens de lever était purement inacceptable.
1) Ce n'est pas kuééu vulva.
ii) Comp. le sanscrit rêtas.
3) Journal as. 1871, tome II, p. 477.
connaissance peu développée des Ninivites les reportait au nord plus qu'il ne fallait. Nous invitons les personnes qui seraient tentées de regarder nos cartes, d'examiner celles qui furent dressées, d'après Strabon et Ptolémée, bien supérieurs pourtant comme géographes aux rois de Ninive. Mais le mot salant samsi ne peut pas non plus signifier l'ouest dans l'esprit des rois de Ninive.
Bennirar IV (857 à 829) dit qu'il régna de la grande mer du sud (napaJi) jusqu'à la grande mer du nord (salam samsi), c'est-à-dire depuis le golfe Persique jusqu'au Pont Euxin. Et cela ne peut pas être la mer de l'ouest, ou la Méditerranée, parce qu'il dit en toutes lettres à un autre passage, que nous avons traduit dans YExpéditton de Mésopotame (t. I, p. 333) et dans V Histoire de Chaldée et d'Assyrie (p. 131), qu'il régna:
«Des rives de l'Euphrate, de Syrie, de Phénicie dans son ensemble, de Tyr, de » Sidon, jusqu'à la grande mer du nord (salmu samsi), »
Ici le mot salmu samsi ne pouiTa se rapporter à la Méditerranée, la mer de l'ouest, puisqu'il prend justement les bords de cette mer pour point de départ; la mer du salam samsi a donc été mal traduite par grande mer du couchant.
Comme napali samsi est la culmination du soleil, salam samsi est « l'achèvement, le repos complet» de l'astre, l'endroit le plus bas, où, à minuit, le soleil se repose et à i)artir duquel il recommence son mouvement ascendant.
Ajoutons que la racine napaJ^ se retrouve en arabe avec cette même acception: -p ô%j et à la 8® forme ;^JjCil, se disent du soleil quand il approche du méridien, et l'infinitif
-^Làxjl indique précisément la même chose que notre mot nipHi ou napalji. Car, lorsque le
soleil est près du méridien, il varie peu dans sa hauteur azimuthale et ne change i)resque plus, comme les sinus des arcs rapprochés de 90®.
Fixons donc les quatre expressions:
Sit samsij l'est.
Erïb samsij l'ouest.
Napal} ou nipHi samsi, le sud.
Salam samsi, le nord.
Quand Sargon parle des pays d'Ambanda et d'Agazi, des Mèdes du napai^ du soleil, ce sont les Mèdes rapprochés du Tropique, de la Cambadène, située non loin du Beloudjistan d'aujourd'hui : mais il ne parlait pas des Mèdes du levant du soleil, car toute la Médie est située à l'est de l'Assyrie.
Comme nous l'avons dit, l'idée «se lever», n'est jamais exprimée par le monogramme V; niais par uddu pour le soleil et la lune, et par le mot très correct de namar au niphal « être visible » pour le lever héliaque des étoiles. Ainsi le mois d'Ab est qualifié du mois nanmurti Mul'Ban, «de la levée du Sirius», et au mois de Nisan se «voit» l'étoile Dilgan, L'idéogramme V veut dire culminer, et culminer à minuit, quand une éi)oque de l'année est citée pour ce phénomène : on pourrait encore conclure cela de différents passages des textes assyriens.
D'ailleurs, le document qui nous occupe, se refuse à l'interprétation erronée du mot nipih, et c'est ce que, au surplus, nous montrerons.
Quelles pouvaient être les étoiles fixes, visibles dans les terres australes et cachées aux Assyriens, qui auraient prêté, aux mers sur lesquelles elles se levaient, une désignation
Esse diias Arctos, quarum Cynosura petatur Sidoniis, Helicen Graia canna notet.
Et dans les Tristes (IV, 3, 1):
Magna minorque ferœ quarum rcgit altéra Graias, Altéra Sidonias, utraque sicca, rates.
Une liste, en caractères cunéiformes, nomme, parmi les étoiles consacrées à la Phénicie, celle qui nous occupe.
L'étoile que nous nommons aujourd'hui Polaire, a maintenant une déclinaison boréale de 88® 49', arec une ascension droite de 18® 11'; elle s'approchera du pôle pendant trois siècles environ. Mais à l'époque du roi assyrien, elle était encore loin du colure d'été qui aujourd'hui passe assez près d'elle, et sa latitude de 66®, très rapprochée du cercle dans lequel se meuvent autour du pôle écliptique le pôle céleste, n'empêchait pas qu'alors elle était éloignée du pôle de l'époque environ de 17® : elle avait une déclinaison de 73®. La grande Ourse, dont la grande étoile a aujourd'hui une déclinaison de 62® 23', avait alors une position plus polaire de 12®, et pouvait à titre égal, rendre des services à la navigation : elle était même un peu plus rapprochée, que ne l'était la Polaire, du pôle qui se ti'ouvait dans la queue du Dragon. Cette circonstance explique pourquoi les Grecs ont accepté pour étoile d'orientation la grande Ourse, et non l'autre astre qu'ils connaissaient assez bien^ et qui a l'avantage de s'isoler de ses voisines par sa grandeur. Aujourd'hui, le terme d'0\ide, vtraque sicca, ne serait plus exact : car l'Helicé se couche à une latitude de 37® 37', à celle de Catane et de Sparte.
J'avais pensé, un instant, que les mers en question pourraient bien être celles où la Tramontane se couche, et je m'étais demandé, si le verbe nfî3 ne signifiait pas « se coucher » : ce serait les mers de l'Inde. Mais si un même pays eut à la rigueur être, en même temi)s, au midi et à l'est, il ne saurait être, à la fois, à l'Orient et à l'Occident.
Le sens est donc prouvé, autant qu'une question assyriologique peut l'être : et toutes celles, que l'on croit quelquefois résolues, ne le sont pas au même degré. Le membre de phrase a le sens:
« Dans les mers, où la Tramontane culmine (c'est-à-dire, est près du zénith). »
A Ninive, à une latitude de 36® 19', et à une hauteur polaire égale, le Sukun, pour employer le terme assyrien, pouvait descendre jusqu'à 19® au-dessus de l'horizon, et remonter à 53®. L'esprit du roi était frappé de la description d'une mer, où le guide céleste était près du zénith, et où, conséquemment, on ne pouvait plus se diriger. C'est là l'interprétation naturelle, et nous disons même la seule : car le fait qu'une étoile ordinaire était au zénith dans un pays quelconque ne pouvait pas l'étonner.
Il s'ensuit de là qu'il s'agit d'une mer très septentrionale, et il n'y a, parmi celles qui rentrent dans le cercle des connaissances géographiques d'alors, qu'une seule, à laquelle on puisse appliquer cette qualification : la Baltique, et la partie de cette mer, située contre les régions de la Prusse et de la Courlande qu'on appelle le Samland. Ces côtes sont à une latitude de 56® nord. A l'époque dont nous parlons, le a de la petite Ourse pouvait s'élever jusqu'à 17® du zénith dans les parages sarmates : il pouvait donc par là être difficile de trouver la direction. Les marchants exagéraient aussi les phénomènes : ainsi Pythéas, regardé comme menteur par Strabon et Lucien, rappoitait que le soleil ne se couchait pas aux
D'ailleurs le passage des syllabaires (R. II^ 39) qui cite la valeur (Hëru donnée au cuivre ', applique la même valeur à'erû à un minéral appelé tak lyir iar. Or, 4^^ a la valeur de ^DP! lier, astreindre, tirer (d'où iubtdlu ce qui lie, le gage) de sorte que le mot êru peut signifier « la pierre attractive >. Qu'on ne m'objecte pas que le même signe -4^^ signifie aussi une pierre nommée semir, qui est la smyris des Grecs, le "TtotT hébreu (dans lequel quelques-uns ont voulu voir le diamant), probablement l'émeri, ou une sorte de verre. Le même signe exprime aussi l'idée de collier et de bracelet. Tout cela ne prouverait pas précisément contre ce que j'avance, que le mot Bru cuivre, peut 'à lui seul avoir eu la signification de l'ambre jaune.
Si quelqu'un doutait de la possibilité d'une pareille application du même terme en double, je lui opposerais de suite le mot grec -îiXsxTpov, qui d'abord désigne le mélange d'or et d'argent, surtout employé en Lydie, et qui certainement en est la signification la plus antique. Les nations de l'Ionie et de la Grèce connaissaient assurément le mélange d'or et d'argent avant le succin : le mot pourrait être hellénique, à moins qu'il ne soit méonien ou lydien. Mais quoi qu'il en soit, le même terme d'f/Aexxpov sert pour désigner deux matières qui n'ont absolument rien de commun, et déjà Homère en connaît les deux acceptions. Dans Hésiode {Bouclier, 1. 142), il sera difficile d'entendre l'ambre, et il faudrait penser à l'électrum métallique. Plus tard, le sens du succin a empiété de beaucoup sur l'autre ; quand Hippocrate {Épidem. IV, 38) parle des déjections à la couleur d/électrum (xoiXtV^ç Tapa/Yj t^XsxtpwSy;;), il s'agit du succin, aussi bien que dans le Timée, où Platon, mentionne la merveilleuse qualité du minéral (c. 37 Ta ôoupiaÇéfjLeva TQXéxtpwv Tcepi îijç iXÇewç %a\ xûv *HpaxXetu>v Xiôwv). Par contre, le passage de l'Antigone de Sophocle où il est question l'électrum de Sardes, indique clairement que le poète entend parler de la composition métallique.
D'ailleurs, l'ambre jaune a eu rarement un nom à lui dans l'antiquité. Le mot de glcemm par lequel, selon Pline et Tacite, les Germains désignaient cette substance, semble indiquer le verre, glas en allemand^. Nous ne savons pas les noms aryens : les termes sanscrits tjmamani « joyau de paille >, trnagràhin « attirant la paille » doivent leur origine à la quaUté spéciale de l'ambre, celui de çukapûU ne désigne peut-être pas cette substance. L'arabe n'a pas un terme propre, les mots ^y^ kahreb, Lv^^ kahreha sont persans, et signifient «attirant la paiUe». Buttmann a voulu voir dans le mot grec également la trace du mot êX^cç, attraction, dont parle Platon; à tort, à ce que nous croyons. Le mot ambre, arabe wlA-t, ne s'emploie dans cette langue que de l'ambre gris, au moins généralement : je ne crois pas qu'on dise ^â^I jjJ^ ; quelquefois ^JJiil >aâ^; ambre de la force. Mais le mot ^.xJLft désigne aussi le safran, certainement à cause de l'odeur un peu semblable, comme celle du succin brûlé rappelle également les feuilles du crocus consumées par le feu.
Nous ne connaissons pas sûrement le terme phénicien, à moins que ce ne soit le bûtrn, hasmal d'Ezéchiel. Les rabbins, en coupant le mot, l'expUquent par un métal : mais
1) ^^ ^TT» ^® Q^® ^- Sayce dans sa grammaire ne semble pas avoir vu, est le signe de cuivre avec le ^T inscrit, «matière cuivrée».
2) Le mot allemand Bemstein vient de Brennstein, ce qui en ancien norwégien veut dire souffre, hrermUteinn, De ce terme allemand vient le suédois bemsten et le polonais boraztyn. Un autre mot germanique est agêtein ou agtatein, «pierre d'agate». Le vrai mot Scandinave est raf, en danois rav, qu^on a comparé au pays de Baunonia, cité à cette occasion par Pline : c'est un mot original, comme le lithuanien gantaras, russe yantar.