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Dans une lettre-circulaire adressée aux gouverneurs des Etats, au moment où Tarmée est congédiée, le 8 juin 1783, Washington rappelle Toeuvre accomplie en commun, les circonstances favorables dans lesquelles la nation a conquis son indépendance et fait entrevoir les perspectives heureuses qui s'ouvrent pour Tavenir. « Nous n'avons pas jeté les fondations de notre empire, dit-il, aux âges ténébreux de l'ignorance et de la superstition, mais à une époque où les droits de 1 humanité sont mieux compris et plus clairement définis qu'à aucune époque précédente. L'esprit humain a consacré de longs efforts à la recherche du bonheur social ; les trésors de science accumulés par les travaux des philosophes, des sages et des législateurs à travers une longue succession d'années nous sont ouverts, et nous pouvons appliquer leur sagesse collective à l'établissement de notre système de gouvernement...
Les Etats-Unis vont faire leur noviciat politique; les regards du monde entier sont tournes vers eux, voici le moment d'établir ou de ruiner irrévocablement leur caractère national. Il y a quatre conditions qui, dans mon humble opinion, sont indispensables au bien-être el je dirai même à l'existence des Etats-Unis comme puissance
indépendante. Ce sont : 1° une union indissoluble des Etats sous un gouvernement fédéral ; 2^ un respect absolu des droits publics ; 3** Tadoption d'une armée sur le pied de paix ; 4° le développement entre les citoyens des Etats de sentiments amicaux et pacifiques qui leur feront oublier leurs préjugés et leurs rivalités locales.»
Washington traite ensuite en détail plusieurs de ces points et il appuie fortement sur l'obligation de faire honneur aux engagements contractés par la nation. « Notre chemin est tout tracé, rhonnêteté est la meilleure et la seule vraie politique. Nous pourrons nous en rendre compte dans toutes les circonstances. En tant que nation soyons justes, exécutons les contrats publics que le Congrès avait certainement le droit de passer dans le but de soutenir la guerre, avec la même bonne foi avec laquelle nous nous croyons tenus de remplir nos obligations particulières. »