Op. cit. p
2. La guerre infâme qu'on laisse se poursuivre contre les Boers nous prouve qu'en 1900 l'opinion publique européenne est moins susceptible.
quents de leurs droits méconnus ; ils ont écrit ou prononcé de vive voix des plaidoyers vibrants en faveur de la tolérance, de la pitié, de la justice. Tous ceux parmi les Nègres qui ont quelque instruction n'ont pas d'autre pensée que celle de faire cesser l'ostracisme dont ils sont les victimes. On les a cantonnés, pour ainsi dire, dans un champ unique de production intellectuelle, le plaidoyer pro domo. Ils sont comme le forçat qui n'applique toutes les ressources de son intelliligence qu'à trouver le moyen de s'évader, de recouvrer sa liberté.
Plusieurs des plus brillants orateurs de l'Union sont des hommes de couleur.
Il a été constaté plusieurs fois par des professeurs enseignant dans des écoles d'enfants nègres que, jusqu'à l'âge de dix ou douze ans, ces enfants paraissaient réellement plus brillants et apprenaient plus rapidement que les enfants blancs, mais qu'après cet âge, ils devenaient lourds et nonchalants. Un évêque de couleur, M. Hillery, expliquait ce fait à Henry George (1). « Nos enfants sontaussiintelligents que les enfants blancs, disait-il, mais aussitôt qu'ils deviennent assez grands pour apprécier leur situation, pour comprendre qu'on les regarde comme appartenant à une race inférieure et pour voir qu'ils ne peuvent pas espérer devenir autre chose que