‹ L'âme américaine (volume 2)Chapitre 88 sur 96 · De « V Indépendant » de Fall River · texte numérisé non relu

De « V Indépendant » de Fall River

€ La paroisse se coruDOse exclusivement d'Irlandais ou d'Irlando-Américains qui ne veulent pas être desservis par un prêtre allemand.

« Il y a quelque temps le curé, un Irlandai?^, rendait IMme. Ses ouailles demandèrent à Tévêque de lui donner pour successeur, le vicaire M. l'abbé Downing, (un autre Irlandais). Mais Mgr Janssen refusa et nomma M. Tabbé Cluse. « On constitua un comité chargé de protester auprès de Mgr Martinelli (nonce du pape) qui se trouvait, alors, en visite à Notre-Dame (Indiana). Le comité revint lundi, disant que Mgr Martinelli écrirait à Mgr Janssen, pour le prier de suspendre la nomination jusqu'à ce que les deux parties aient été entendues.

« Cependant hier après-midi, on reçut de Belleville, la nouvelle que M, l'abbé Cluse accompagné de Mgr Janssen arriverait dans la soirée pour prendre possession de l'église et du presbytère. De là, des assemblées dans lesquelles il fut résolu de placer les gardes dont il est question plus haut.

« Le diocèse de Belleville est peuplé presque exclusivement d'Allemands ; on dit que sur les quatre>vingtparoisses qui le composent, soixantequinze sont desservies par des prêtres allemands».

Quatre jours plus tard était publiée une autre dépêche ainsi conçue :

« Saint-Louis, 22 mai. — On apprend que Mgr Martinelli, le délégué apostolique a recommandé

à Mgr Janssen d'éviter un scandale dans le choix du curé de l'église Saint-Patrice. Cette église est constamment sous la garde de paroissiens irlandais, afin que Tabbé Cluse, le nouveau curé allemand n'y puisse pénétrer. Les chefs de l'opposition à la nomination de celui-ci disent que la nouvelle venant de Washington est pour leurs amis un gage de victoire. Les paroissiens sont plus décidés que jamais à ne pas laisser le vicaire général Cluse entrer dans l'église. Le nombre des gardes a été augmenté. Ils sont payés par les paroissiens».

Quelques mois plus tard, après de longs débats et plusieurs scènes de désordre, les paroissiens irlandais obtinrent qu'un curé irlandais leur fût donné. L'Indépendant, de Fall River (1) à qui j'ai emprunté le texte de ces dépêches, rappelle qu'un autre fait du même genre s'est produit en Australie, il y a quelques années, alors que les Irlandais catholiques d'un diocèse de la Commonwealth s'opposèrent à la nomination d'un évêque anglais « Les Irlandais australiens », prétendaient et non sans raison, que le progrès du catholicisme dans ce lointain pays exigeait la nomination d'un évêque capable de comprendre parfaitement leur caractère, leurs qualités et leurs défauts. Si nous avons bonne mémoire, on finit par obtempérer à leur demande et l'évêque anglais ne fut

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