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sîou et au mépris de tout ce qui ne se trouvait pas dans leur sphère de compréhension : nombreuses étaient parmi eux les inimitiés et les haines. De même que les personnages de la Bible qui parlent constamment de leurs ennemis, chaque Puritain avait l'es siens.
Les non-conformistes étaient généralement appelés par eux des « profanes », des « infidèles» et des « suppôts de l'Ante-Christ ».
Ainsi donc, si purs et si vertueux qu'ils fussent, les Puritains n'étaient rien moins que sympathiques. La vertu réglementée par la discipline perd son caractère de noblesse et de beauté, la sainteté devenue une institution presque gouvernementale, et comme telle astreinte à des règles, n'a plus le charme qui séduit et qui attire.
Dès 1631, une loi fut votée statuant que nul homme ne saurait devenir citoyen de la colonie et avoir droit aux franchises électorales, s'il n'était membre d'une église, c'est-à-dire s'il ne soumettait sa conduite à la surveillance étroite que les théologiens avaient établie, et s'il ne réglait sa vie sur les préceptes rigides qu'ils avaient édictés.
A partir de 1631, le contrôle de ce cens électoral d'un nouveau genre devient la préoccupation dominante dans tous les milieux puritains. Pas une année ne se passe sans qu'il y ait plu-
sieurs individus punis, pour avoir tenu des propos séditieux ou hérétiques, manqué à Tobservance du dimanche ou entretenu des opinions non orthodoxes. Les discussions théologiques font rage; mais alors qu'en Europe l'intolérance a été une force destructive, proroquant à la spo. liation et au crime, ruinant les industries naissantes, réduisant les populations à la misère, elle est devenue en Amérique une force créatrice. On lui doit la fondation de nombreux établissements et l'extension de la colonisation. Beaucoup de territoires, dans la Nouvelle-Angleterre et dans le Sud, ont été établis par des colonies de dissidents chassés de villages puritains ou épiscopaliens.
Dans toutes les circonstances difficiles, lorsqu'il y avait une décision importante à prendre» c'est à la Bible que l'on avait recours.
En 164?, De La Tour, gouverneur de l'Acadie, l'une des colonies françaises, étant venu demander des secours aux Puritains contre son rival d'Aulney, les membres de la législature et le gouverneur Winthrop (1) discutèrent sur l'opportunité et la convenance d'accorder ces secours, en se basant sur les textes bibliques, ainsi que le rapporte Winthrop lui-même. Les uns arguaient que, dans l'histoire juive, une alliance avec des idolâtres avait toujours été considérée comme un crime. Les autres contestaient l'argument, en