‹ L'âme américaineChapitre 59 sur 113 · IG · texte numérisé non relu

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L'époque coloniale avait été une époque de germination. Des forces fécondes pour Fa venir s'étaient développées au sein de la vie mesquine et renfermée qui avait été celle des pionniers. Au cours d'un siècle et demi de luttes obscures, de travail et d'austérité, des trésors d«3 vigueur et d'énergie s'étaient accumulés qui allaient maintenant se révéler au jour.

En 1776, la population des treize provinces vivait encore presque toute entière à la campagne « ce laboratoire ou s'élaborent les forces du bien (1) ». C'est dire que la santé physique entretenait chez les Américains de ce temps, la santé morale, et qu'en eux jusqu'alors, destlmes saines s'étaient transmises dans des corps sains. Jefferson qui fut l'un des principaux ouvriers de la constitution américaine avait bien entrevu les perspectives heureuses qui s'ouvraient de ce fait pour ses compatriotes. « En général, disait-il, la proportion dans laquelle se trouvent toutes les autres classes de la population d'un Etat vis-à-vis des cultivateurs, correspond aux parties avariées d'un corps vis-à-v^s des parties saines et c'est un excellent baromètre pour mesurer le degré de corruption d'un pays. La corruption des mœurs chez la masse des cultivateurs est un phénomène dont aucun peuple et aucune époque n'ont donné d'exemples » (2).

i, Montesquieu.

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