‹ L'âme américaineChapitre 68 sur 113 · Voir appendice V · texte numérisé non relu

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tances, un dévouement, une abnégation admirables, cependant, et c'est là Tun des faits les plus propres à étonner un homme de mentalité latine, après la guerre lorsqu'on lui offrit une somme d'argent considérable pour rémunérer les inappréciables services qu'il avait rendus à l'Union, il ne refusa pas absolument. Il refusa le cadeau, mais il fit le calcul des dépenses qu'il avait supportées au cours de l'exercice de ses fonctions et en accepta le remboursement. Qu'il ait ainsi résisté au désir de faire un beau geste, selon l'expression qui a cours depuis quelques années, en songeant qu'il n'avait pas le droit de priver sa famille de ce qui lui revenait légitimement, c'est ce que beaucoup d'entre nous ne comprendront guère. Et je me demande s'il ne faut pas voir là, encore, une manifestation de cette santé morale parfaite, de cet équilibre mental supérieur que rien ne pouvait ébranler dont Washington donna des preuves toute sa vie.

Le marquis de Chastellux, élevé dans l'atmosphère de scepticisme qui était celle de la haute société française, au dix-huitième siècle, ne dissimule pas l'infini respect que lui inspira le héros américain lorsqu'il le rencontra pour la première fois. « Bientôt, dit-il, je me trouvai à mon aise près du plus grand et du meilleur de tous les hommes » (1).

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