‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 99 sur 109 · op. ct7.,p · texte numérisé non relu

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journaux catholiques et autres du Nord agitent Ibrteinent une question qui pourrait bien causer une investigation de lâ part de Rome ou du moins donner du tracas aux évoques : C'est la question des Italiens au point de vue religieux. Comment se fait-il que les Italiens soient négligés jusqu'au point de n'avoir ni églises, ni prêtres de leur nationalité? Sont-ils des chiens ou des chrétiens ^ Sans doute on ne peut pas dire qu'ils soient bons chrétiens, mais ce n'est pas une raison pour les abandonner; le Bon Pasteur courait après h\ brebis égarée. D'où vient que les évéques les ont entièrement méconnus ?

« lo De ce que les It h'ens dont beaucoup ont peu d'instruction, ne parlent que leur langue et que les évêquesde l'Eglise américaine ne veuleni parler que l'anglais. Il aurait fallu importer des prêtres italiens, or, ils n'y tenaient pas et ils n'y tiennent pas encore;

« 2» En Amérique, il faut de l'argent pour construire des églises et entretenir des prêtres. D'où sortir cet argent ? De la poche des Italiens ? Ils sont pauvres et ont de la peine à vivre. Lorsqu'ils ont acquis quelque avoir, ils ne donnent pas, étant habitués à recevoir de la main du prêtre en Italie et non à lui donner... Les Italiens ici sont presque autant négligés qu'au Nord et il faudra beaucoup de labeur et beaucoup de zèle pour les ramener au bercail. L'œuvre sera d'autant plus ardue que l'argent sera rare. Ce sera presque une mission comme en Chine ».

Les Polonais, ne possédaient l'année dernière que 370 prêtres de leur nationalité.

L'avenir de l'église catholique aux Etats-Unis sera-l-il sacrifié au rêve d'anglicisation d'un certain nombre d'évêques, à la satisfaction de leurs instincts tyranniques? Nous ne le croyons pas, car depuis l'époque où les apôtres parlant toutes les langues s'en allèrent évangéliser les nations, il a été constamment dans la tradition des autorités romaines, de donner aux fidèles, autant que possible, des prêtres se trouvant en parfaite sympathie avec eux. Et ça été aussi la tradition américaine, à l'époque coloniale, ainsi que nous l'avons vu plus haut.

Les avis émis jusqu'à présent par Rome qui devra décider en dernier ressort, ont été conformes à sa tradition. Voici les derniers faits parvenus à la connaissance du public ; ils constituent un argument puissant, fourni par les Irlandais eux-mêmes à rencontre de la cause soutenue par l'épiscopat irlando- américain. Le 18 mai dernier (1899), la dépêche suivante faisait le tour de la presse américaine:

« East St-Louis (Illinois) (1). Des gardes ont été placés autour de l'église Saint-Patrice et du presbytère, hier soir, pour empêcher le vicaire général, M. l'abbé Cluse,nommé par Mgr Janssen, curé de la paroisse, d'en prendre possession.

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