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Il y a une différence importante entre les statistiques anglaises et les statistiques américaines, celles-ci portant sur des chiffres beaucoup moins élevés, mais cette différence s’explique par le fait qu'un grand nombre des émigrants de la Grande- Bretagne se rendent aux Etats-Unis en passant par le Canadaet que des registres d'immigration ne sont tenus qu'aux ports maritimes.
Les autorités du Royaume-Uni tiennent égale ment un registre des retours. Or, depuis 1853, les chiffres placés sous la rubrique « Retour et rapatriement » atteignent à peu près la moitié de ceux de la moyennne annuelle de l’émigration. Ainsi pendant la période septennale 1885-92, 684.481 personnes, dont un bon nombre d’étrangers il est vrai, sont entrés dans les ports britanniques, revenant d'Amérique,
Il se fait un mouvement de va et vient continuel entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis où le capital anglais est placé en d'énormes proportions, plusieurs milliards de livressterling, paraît-il, de sorte qu'il est impossible d’établir exactement le nombre des Anglais et des Ecossais qui traversent l'Océan, dans le but de se fixer aux Etats-Unis, ou qui y vont simplement pour sur veiller l’emploi de leurs capitaux ou enqualité de touristes. Les [rlandais, eux, qui sontrarement capitalistes et gens de loisir, entreprennent . la traversée pour le bon motif et reviennent rarement d'outre-mer.
Voici quelques opinions exprimées à différentes époques, sur l’émigration irlandaise aux Etats- Unis, par des auteurs qui ont dû se renseigner aux meilleures sources : M. Philip Bagenal, dans son excellent ouvrage, l’/rlandais américain (1), cite le tableau de W. J. Bromwell portant à 4,212,624 le chiffre de l'immigration totale aux Etats-Unis de 1819 à 1855. De ces immigrants, 207,491 sont indiqués comme Anglais, 34,559 com. me Ecossais, 747,930, comme frlandais et 1.348.682 simplement comme émigrés de la Grande-Bretagne sans distinction de nationalité. « De ce dernier nombre, dit M. Bagenal, un million devait être composé d’Irlandais, ce qui porterait le chiffre de l’immigration irlandaise de 1819 à 1855, à 1,747,930 ; mais ce chiffre estencore inexact, attendu que pendant les seules années de la famine (1846-48) l’immigration irlandaise a été de plus d’un million... Les immigrants étaient classés, selon qu’ils arrivaient d'Angleterre ou d'Irlande ; la plupart des passagers quittant les ports anglais étaient enregistrés comme Anglais ». J'ai déjà rappelé qu’un grand nombre venaient directement au Canada, d'abord, puis traversaient la frontière sans être signalés comme ceux qui débarquaient dans les ports de New-York, Philadelphie ou Boston.
« De 1820 à 1872, dit le révérend Stephen Byrne (1), on rapporte que le nombre des immigrants