Lüher, op. cit
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Des sociétés fondées surtout parmi les Allemands, à New-York, Philadelphie et Baltimore, pour venir en aide aux émigrants finirent par remédier à cet état de choses. Puis les conditions de l’émigration comme tout le reste, se sont améliorées. En 1838 Samuel Cunard inaugura la première ligne de transatlantiques ; des groupes d'individus de même rationalité se formèrent un peu partout et grâce à eux, les émigrés retrouvaient bientôt sur le sol américain, un peu de la patrie absente.
Aujourd’hui, qu'ils viennent d'Allemagne, d’Irlande, de Suède ou d'Italie, les passagers d’entrepont des transatlantiques sont presque tous certains de rencontrer, en arrivant, quelques-uns de leurs nationaux, sinon des parents et des amis. La spéculation et l’exploitation éhontées d'autrefois ne sont plus possibles.
Ils est encore pénible cependant l’aspect d’un de ces navires mouillant en rade de New-York ou de Philadelphie.
Pendant les huit ou dix jours de traversée, les pauvres émigrants se sont amusés entre eux, ont chanté des chansons du pays natal, dansé gaiement au son d’un accordéon ou d’une guitare :
mais voici la terre de l'exil, l'inconnu... La foule:
qui encombreles quais se montre peu sympathique en général et très souvent hostile ; eux, attristés maintenant, l'air craintif y cherchent une figure de connaissance, quelquefois en vain ; ils consta-
tent que leur costume jure avec celui de leurs nouveaux compatriotes,ils saisissent sur les figures des sourires et des regards méchants à leur adresse, ils entendent faire dans une langue étrangère, des observations qu’ils devinent être cruelles ou moqueuses.... i’eut-être se trouve-t-il au milieu de ces gens qui débarquent chargés de leur humble paquet de linge et de vieux habits quelque individu qui sera un jour un des puissants de la terre, un roi du blé, du pétrole, ou de l'or...
Je vous assure qu’à ce moment là, il n’a pas l'air d’un conquérant.