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les restrictions apportées au commerce et à l'industrie équivalaient à une prohibition, mais personne dans le pays ne songeait au commerce ou à l’industrie. Les marchands anglais fournissaient aux colons tous les objets de consommation et d’habillement que leur sol ne produisait pas et qu’ils n'avaient pas le droit de fabriquer eux-mêmes. L’Angleterre était le marché unique des provinces du Sud, et beaucoup des grands planteurs considéraient la métropole comme leur 4ome. La terre très fertile étant coupée de cours d’eaux et de rivières qui facilitaient le transport des produits à la mer, dans la plus grande partie des cinq provinces, on n’avait pas songé à construire de villes ou de ports.
Le commerce de la Grande-Bretagne avec ses colonies employait, au moment de la querre de l'Indépendance, 1.100 navires et 29.000 marins. Les intermédiaires des échanges étaient, pour le plus grand nombre, des employés de maisons de Londres. Les Anglais voyant qu’ils n’avaient pas dans les gens du Sud,de rivaux pour leur trafcet que les États à esclaves leur achetaient tout ce dont ils avaient besoin, ne poussaient pas trop loin l’ingérence, relativement à l'occupation et à la translation de la propriété ; chaque rolon était
la Virginie paie aux douanes, seulement pour le tabac importé en Angleterre, 150.000 livres sterling, et que cette somme, dans quelques années, s'élèvera à 250.000 livres.
pour eux un client, et ils avaient intérèt à ne pas entraver la mise en valeur du sol.
Le grief le plus sérieux que le Sud eut à faire valoir contre l’Angleterre fut de lui avoir imposé l'importation des esclaves, de lui avoir légué ce problème dont la solution devait coûter tant de sang et d'argent, accumuler tant de ruines, et qui, à l’heure qu'il est, reste encore menaçant. Il est vrai qu’à cette époque, le grief n’élait ressenti que par la partie la plus éclairée de la population et que la masse des planteurs bénéficiait sans remords de lasituation privilégiée que lui faisait l'esclavage.
L'Angleterre forçait pour ainsi dire, ses colonies, à acheter des Nègres. Dans l’une des Antilles,la terre des domaines publics n’était concédée aux colons qu’à la condition qu'ils garderaient quatre esclaves pour chaque lct de cent acres. Dans les provinces du Sud, le commerce des Noirs était activé par tous les moyens. «De 1620 à 1776, dit Bancroft, l'Angleterre n’a pas transporté moins de 300.000 esclaves dans l'Amérique du Nord, elle savait que son commerce n’aurait jamais rien à redouter des Nègres, tandis que les émigrants blancs pourraient devenir artisans, négociants, marins, créer des fabriques et des comptoirs » (1).
1, Hist. of the Unred slates, VOLIIT, p. 402,
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L'esclavage eut, avec beaucoup d’autres inconvénients, celui de maintenir cette classe oisive, grossière et tapageuse des Petits Blancs,anciens criminels et vagabonds, qui auraient pu se réhabiliter par le travail, se constituer des patrimoimoines et devenir d’excellents citoyens dans un pays où le travail eût été considéré et où ils eussent pu utiliser leurs bras (1).
1. Tout s’est transformé en Amérique, le Petit Blanc seul est resté immuable. M. Sidney Andrews, que j'ai déjà cité, écrivait en 1866: «Le Nègre de la campagne est généralement paresseux, vicieux, imprévoyant, négligent et incapable de voir à ses propres intérèts..., et malgré tout, il vaut autant que la moyenne des Blancs de la campagne, dans les Etats du Sud ». (South since /he war p. 22).
« Dans la Caroline du Nord, les Nègres sont supérieurs aux Petits Blancs.
Ceux-ci n’ont pas, en général, de domicile fixe ou d'occupation définie, ils sont à peine vêtus, leurs habitations sont de simples huttes ; ils sont absolument ignorants, et les habitudes de plusieurs d’entre eux sont celles des bêtes: Peu de familles possèdent en biens meubles ou immeubles, pour une valeur de plus de 50 dollars. Les hommes vivent la plus grande partie du temps dans les bois, ils possèdent généralement un fusil bon marché et un ou deux chiens. Les femmes sont malpropres et n’ont aucune notion de décence ; elles cultivent un peu de maïs et parfois quelques carrés de pois et de pommes de terre ; tous ces gens sont extrêmement bigots et superstitieux, ils croient wénéralement aux mauvais esprits, mais rarement à Dieu.
ls sont paresseux, preferent la mendicité au travail et soat inférieurs comme valets de ferme aux pires des Nègres (ut, p. 177).
L'habitant de la Caroline du Nord, qui avant la guerre,
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possédait 5 ou 6 Nègres, est ignorant, malpropre, vit comme un paysan oriinaire, et ne possède pas un seul livre. Tout le monde fume et chique, les hommes et beaucoup de femmes boivent du whisky. Dans 14 Caroline Cu Sud, le langage des gens de la basse classe est un mélange d’anglais et d’africain.
Les Petits Blancs des Carolines et de la Géorgie sont inferieurs aux Nègres, en ce que ceux-ci ont, au moins, le désir d'améliorer leur situation. (Mème ouvrage, passim).
M Laird Clowes qui a fait.ern 1891, une étude très élaborée sur l'état des populations du Sud, écrivait ce qui suit : « Il y a dans le Sud, une classe de Blancs qu'on ne rencontre nulle part ailleurs, aux Etats-Unis. « Je veux parler de la classe pauvre, paresseuse et sans pudeur des Petits Blancs. Ces gens-là ne veulent pas s'occuper de travaux manuels, parce qu'ils croiraient se placer ipso facto au même niveau que le Nègre. Le Blanc du Sud,en général,est ou un « Boss » (un patron) ou un vagabond ; le Boss est souvent un »on citoyen, le vagabond est toujours un mauvais sujet. Il vit aux dépens de ses concitoyens, blancs et noirs, et croit plus digne de sa « blancheur » d’être un joueur, un aventurier politique corrompu, un pilier d’estaminets de bas étage, que de gagner sa vie par un humble, mais honnête travail. Assez souvent le Blanc qui n'est pas un vagabond, mais un « Boss » n’est lui-même qu’un « Boss » infime, propriétaire de quelques arpents de terre aride ; et il ne l’est q'ie pour des raisons de race, parce qu’il se trouve trop fier pour aller chercher du travail dans les Etats du Nord-Ouest, où ji! serait nécessairement valet de ferme, mais où il vivrait beaucoup plus à l'ase que dans la Géorgie et le Mississipi (Black America, p. 149 (Londres 1891).