LES HOLLANDAIS. LES QUAKERS. LES HUGUENOTS
I. Elablissement de la Nouvelle-Hollande. — Conquête par l'Angleterre. — La Nouvelle-Suède. — New-York, Albany.— 11. La conception religieuse des Quakers. -— Leurs lois. — La liberlé des cultes établie en Pennsylvanie. — Progrès rapides de la province. — III. Statistiques de l'immigrulion huguenote.— Fusion des Huguenots en Amérique. — La déportation des Acadiens.
Le 11 octobre 1614, les Etats généraux de Ja Hollande accordèrent pour trois ans à la Compagnie unte des marchands, le monopole du commerce sur tout le territoire qui se trouve compris entre le 40° etle 4% degré de latitude nord, c’est-à-dire entre la Virginie et la Nouvelle- France, territoire qui reçut le nom de Nouvelle - Hollande. Malgré leurs efforts, les marchands ne réussirent à fonder aucun établissement durable et cédèrent, en 1621, leurs droits à la « Compaqgnie Hollandaise des Indes occidentales » qui fut incorporée, avec le privilège exclusif du commerce dans la Nouvelle-Hollande, pour vingtquatre ans et commença à y transporter des colons, en 1623.
Lespremières familles d’immigrants s’établirent au fort Orange et au Fort Nassau ; c’étaient des protestants, pour la plupart d’origine wallonne, et fugitifs des provinces belges. En 1628 la population de la colonie était de 270 âmes et elle augmenta rapidement les années suivantes, se recrutant dans toutes les classes de la société, cultivateurs, artisans, mécaniciens, ouvriers, boutiquiers, négociants ; elle s’accrut encore, principalement à Manhaitan, aujourd’hui New-York, d’une assez forte émigration étrangère composée de Huguenots français échappés de la Rochelle et de colons anglais du Connecticut.
Comme, à cette époque, les Hollandais étaient puissants sur les mers, la Nouvelle-Hollande devint rapidement un centre commercial important, en même temps qu’une colonie agricole fort prospère, et ses habitants poussèrent leurs établissements, le long du Delaware, jusqu'aux confins de la province qui fut, plus tard, la Pennsylvanie, L'avenir semblait rempli de promesses, mais les Anglais qui,de touttemps,avaient protesté contre l’occupation des Hollandais et revendiqué comme leur propriété le territoire qu’occupaient ces derniers, souiinrent leurs réclamations par les armes, ct en 1664 la Nouvelle-Hollande se rendit à la flotte anglaise. Le roi d'Angleterre nommaun gouverneur général pour administrer sa conquîte, en même temps que pour soumettre la Nouvelle- Angleterre et la contraindre à l’obéissance,
Neuf ans plus tard, la Nouvelle-Hollande fut reprise par une escadre de la République, qui battit la flotte anglaise dans les eaux américaines, puis, de nouveau et définitivement, rétrocédée à l’Angleterre, qui la divisa en trois provinces, le New-York, le Delaware ct le New-dersey.
Dans l'intervalle, les Suédois avaient fondé sur les bords du Delaware, une petite colonie à laquelle ils avaient donné le nom de Nouvelle-Suède. Les Hollandais avaient protesté, prétendant que le terrain leur appartenait, et en 1655, sous la conduite de Stuyvesant, s’étaient emparés des établissements des sujets de Gustave-Adolphe, Ces derniers, au nombre d’environ sept cents, conservèrent leurs terres et continu:rent à prospérer. Leurs descendants comptent aujourd’hui parmi les plus riches familles du Delaware.
Le naturaliste suédois, Kalm, qui visita (1) les colonies américaines en 1749 et 1750, mentionne brièvement l'établissement de ses compatriotes et les revendications des Hollandais. « Les Suédois se battirent, dit-il, et eurentle dessous, mais les Hollandais ne profitèrent pas longtemps de leur victoire ; en effet, quelques années après, les Anglais se sont emparés du pays à leur tour, et en ont gardé, depuis lors, la propriété incon-