‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 41 sur 121 · Op. cit. vol. I, p · texte numérisé non relu

Op. cit. vol. I, p

2. En 1675, le comte de Shaftesbury, l’un des propriétaires des Carolines,recommande au gouverneur et au conseil un groupe de Quakers avec lesquels il a eu des rapports dont il n’a qu’à se louer et prie qu’on leur alloue 12.000 acres de terre). Shaflesbury papers),

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1720 la secte la plus nombreuse et même dans le Massachusetts, où six d’entre eux furent pendus et un grand nombre mutilés et emprisonnés ? Il semble bien qu’au moment où la persécution se déchaîna contre eux en Angleterre, ils aient été enflammés de même que les premiers chrétiens, de la soif du martyre et de la fièvre de l’apostolat, car ils envoyèrent des prédicateurs en France, en Allemagne,en Hongrie, en Autriche et jusqu’à Jérusalem dans le but de recruter des prosélytes et de répandre partout la parole de paix. Leurs efforts ne furent quère couronnés de succès, en dehors de l’Allemagne. Quoiqu’il en soit d’ailleurs, comme toutes les combinaisons religieuses qui s’insurgent contre les coutumes Jénérales et rompent en visière aux habitudes reçues, aux mœurs ambiantes, la secte des Quakers ne pouvait se maintenir au-delà d’une ou deux générations dans l'intégrité de sa conception primitive. L'intérêt et l’hypocrisie finirent sans doute par se substituer à l'enthousiasme de Penn et de ses premiers adeptes « Couvrant du manteau de la religion leur indifférence au bien public, dit Chastellux , à propos d’un vieux Quaker français rencontré à Philadelphie en 1785, ils épargnent le saug, il est vrai: surtout le leur, mais ils escroquent l’argent des deux partis, et cela sans aucune pudeur etsans aucun ménagement. C’est une opinion reçue dans le commerce qu'il faut se défier d’eux, et cette opinion est fondée ».

Le grand économiste Adam Smith lui-même, ne croyait pas à leur désintéressement « Les résolutions prises dernièrement par les Quakers de la Pennsylvanie d’émanciper leurs esclaves noirs doit, dit-il (1), nous convaincre que le nombre n’en estpas considérable ; si les Nègres formaient une partie importante de leurs biens, jamais ils n'auraient pris cette résolution ».

La prédominance, dans leur code pénal, desamendes comme châtiment de la plupart des délits et infractions aux lois, tendrait également à nous prouver qu'ils attachaient une grande importance aux biens de c> monde.

Il convient, dans tous les cas, de leur rendre ce témoignage qu'eux seuls ont su, en Amérique, non seulement établir, mais maintenir la véritable tolérance et la liberté absolue des cultes.

La secte se fondit peu à peu dans le reste de la nation, et il est rarement question des Quakers après la querre de l’Indépendance. Ilen existe encore quelques-uns cependant ; les enfants se les montrent du doigt comme des phénomènes curieux et amusants.

Les premiers Huguenots qui s’établirent dans les colonies anglaises furent amenés par les soins

1, Richesse des nations.

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sh de la Compagnie de la Virginie (1) dès 1621, et h reçurent une allocation de terrain, à Æl{zabeth City ; c'étaient des Français et des Wallons ; les archives coloniales nous ont conservé leurs noms. Ils étaient plus de deux cents, fort habiles dans la culture de la vigne et des vers à soie, ce qui fit qu’on les appela « les vignerons »; malheureusement, l'année qui suivit leur arrivée, la | plupart furent massacrés par les Indiens (2). | Quelques années après le siège de la Rochelle, Hi en 1630, le baron de Rancé, qui avait fui en Angleterre avec un grand nombre de ses coreligionnaires, proposa au gouvernement anglais de s’établir dans la Virginie et d’y transporter quelques centaines de réfugiés. Le gouvernement le : JILRE lui permit, à la condition que ceux qu'il emmènek di rait avec lui seraient des artisans et des marins AE experts, et que leur nombre ne dépasserait pas | fi annuellement cent ou cent cinquante, pendant fl trois ou quatre ans (3).

En 1661, une allocation de terrain fut faite au docteur Touton et à un certain nombre de réfu- Î giés français, dans la province de New-York. | Nous savons que la Nouvelle-Hollande, avant la

| 4. Un demi-siècle auparavant, Coligny avait eu l’idée de fonder en Amérique, une France protestante. Son projet | fut réalisé par l’Angleterre (Seely. Expansion of England (ji p. 136).

jl | 2. Colonial papers.

nou 3. Colonial papers.

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conquête par l’Angleterre, avait reçu un nombre considérable de colons huyuenots (1).

En 1679, faisant droit à une pétition présentée par Jacob Guérard et René Petit, le roi Charles II envoya à ses frais deux navires, avec quatrevingts familles huguenotes, dans la Caroline du Sud et leur accorda une allocation de 4.000 acres de terre « Le roi encourage cette émigration, estil dit dans l’Ordre du Conseil d'Etat qui statue sur l’allocation, parce que les Huquenots sont experts dans la culture de la soie, la faorication du vin, et qu'ils attireront d’autres protestants français aux colonies » (2).

Le 29 janvier 1682, cinquante-cinq Huqguenots arrivèrent en Virginie et s’y établirent.

En 1687, plusieurs familles de réfugiés français se fixèrent dans le canton d'Oxford (Massachusetts), où on leur accorda 11.000 acres de terre, mais à la suite d’incursions des Indiens, ils durent émigrer quelques années après à Boston, à New-York et dans la Virginie (3).

Cent cinquante familles huguenotes s’établirent

1. Plusieurs Huguenots émigrés en Hollande avaient traduit leur nom en hollandais ou lui avaient donné une consonnance hollandaise. Et il se trouvait plusieurs d’entre eux parmi ceux qui passèrent en Amérique, Ainsi un pasteur du non de Dubois qui exerça quelque temps son ministère à Boston, se faisait appeler Van den Bosc.

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