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reuse que sa devancière; elle perdit en quelques mois,440 hommes sur les 500 qu’elle avait expédiés en Amérique; mais lord Deiaware qui remplaça le capitaine Smith, réussit à réconforter les survivants, à stimuler leur énergie,et la colonie se maintint, bien qu’en Angleterre on considérât cette entreprise comme téméraire, ridicule, vouée à l’insuccès, et qu’on s’en moquât.
Les membres de la Compagnie de la Virginie, en majorité des marchands de Londres et des spéculateurs, avec quelques hauts fonctionnaires, tenaient surtout à ce que l'affaire fût d'un bon rapport. Quelques-uns d’entre eux cependant payèrent de leur personne et se rendirent dans la colonie en qualité de membres du Conseil d'administration.
La Virginie ne fut, selon l’expression des écrivains du temps, « ni une plantation religieuse, ni une plantation politique, maisune plantation commerciale ». La plupart des ouvriers qui y furent
amenés appartenaient à la classe des vagabonds
et des indigents de Londres, des prisonniers pour dettes et desrepris de justice. Je trouve dans les Archives coloniales l’un des avis que la Compaqnie faisait répandre et afficher afin de recruter des colons. Après l’énumération des avantages qu'offre la Virginie, il y est dit que « l’Angleterre regorge de vagabonds, lesquels, n'ayant pas de moyens de travail pour sortir de leur misère, s’abandonnent à des pratiques basses et vilaines,
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a 0 don de telle sorte que si on ne s’occupe pas de leur trouver de l'emploi à l'étranger, ilfaudra bientôt bâtir de nouvelles prisons et inventer de nouveaux châtiments ».
En 1610, Thomas Dale débarqua sur les bords de la James river, avec 300 de ces particuliers.
« Ce sont des profanes, écrivait-il lui-même à Londres (1), et si remplis d'esprit de mutinerie que la plupart d’entre eux ne sont chrétiens que de nom; leurs corps sont tellement couverts de maladies et pourris que c’est à peine s’il s’en trouve soixante qui soient capables de travailler ».
En 1611, trois cents autres colons arrivèrent avec John Gates. Dans la seule année 1614, Îa colonie reçut plus de douze cents personnes, la moitié en qualité de colons indépendants et de serviteurs de ces derniers, les autres envoyés aux dépens de la Compagnie.
Les terres étaient distribuées aux membres de la Compagnie, proportionellement à leur mise de fonds, et aux colons libres. Ceux-ci recevaient cinquante acres gratuitement, plus cinquante acres additionnels pour chaque serviteur ou esclave blanc qu’ils amenaient à leurs frais; ils étaient,en outre,exemptés d'impôts pendant sept années, à la seule condition qu’ils fissent défricher trois acres par année sur chacun de ces