‹ L'ame de l'adolescentChapitre 46 sur 234 · Id · texte numérisé non relu

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5. Voir sur ce point Coéducation, a séries of essays by various authors, publié par Alice Woods, Londres, 1903.

6. Aussi semble-t-elle perdre du terrain même en Amérique. — M. Compayré, tout en reconnaissant les avantages de la coéducation, craint que « dans ce contact quotidien et incessant des deux sexes l'un ou l'autre ne soit trop attiré dans la sphère de l'autre, que les jeunes filles, prenant des allures garçonnières, ne se virilisent trop, ou que par contre les jeunes hommes ne se laissent amollir et efféminer. » Rev. phil., LXI, 1906, pp. 582 sqq.

7. D'après St. Hall, II, 621. Et encore les néo-pubères n'admettent-ils pas volontiers les jeunes filles dans leurs sociétés, — qui, spontanément organisées, expriment bien leur état d'esprit. Id., 427.

plaît la sensibilité naissante, et deviennent parfois une source de désenchantements. L'adolescent d'habitude pense peu au mariage, mais davantage quand il fréquente les jeunes filles. Or, si par l'accoutumance et par une familiarité rendant difficile une cristallisation ultérieure, il devient moins sensible a leur influence, il risque d'être immunisé quand son heure viendra, et de se faire célibataire avant la lettre1. Théodate L. Smith2 déclare que parmi les nombreuses liaisons formées dans une High School pendant une période de quatre années, deux seulement aboutirent au mariage, et encore l'une d'elles finit-elle par le divorce. Il n'en est pas de même quand les liens de sympathie se nouent à l'Université ou même au « Collège » entre étudiants et étudiantes qui se connaissent pendant de longues années et peuvent de la sorte s'apprécier exactement : Des statistiques établies par certaines Universités ont révélé que la presque totalité des mariages ainsi contractés avaient été heureux, qu'il en était résulté de forts bons ménages et des familles très unies3.

Ainsi, le début et la fin de l'adolescence différeraient à la fois par l'objet et la qualité propre du sentiment affectueux. Dès la puberté, garçons et filles deviennent plus circonspects, ils tendent d'instinct à s'écarter les uns des autres, chaque sexe s'affirmant par ses qualités propres jusqu'au moment où les fonctions nouvelles auront acquis leur maturité. Dans l'ordre affectif, le plus voisin pourtant des processus organiques, l'évolution mentale semble devancer l'évolution physiologique, puisque l'amour précède la sexualité et que le sujet est capable d'en ressentir toutes les émotions bien avant de les systématiser en vue de la fin qui lui apparaîtra plus tard comme leur explication et leur raison d'être. Aussi les amitiés amoureuses entre adolescents du même sexe ont-elles la même fréquence en Amérique qu'en Europe, comme l'atteste entre autres documents l'enquête faite par Théodate L. Smith auprès divers correspondants. Des

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