‹ L'âme du criminelChapitre 6 sur 53 · Félix Alcan, édit · texte numérisé non relu

Félix Alcan, édit

Il est vrai, cependant, qu’un bon cerveau perçoit non l’unité de sa Personne, mais la bonne harmonie des parties qui la conslituent. Cette conscience lui vient de ce que toutes les parcelles les plus infimes de son corps sont unies au cerveau par des nerfs de sensibilité, et aussi de ce que toutes les régions de l’écorce grise sont reliées entre elles par ces innombrables neurones d’association, dont nous avons déjà si fréquemment invoqué le fonctionnement : leur présence assure partout la « synergie fonctionnelle », et c’est de cette synergie que nous avons le sentiment. De tous les temps les philosophes spiritualistes ont voulu faire du Moi un roi souverain, le monarque absolu de la Conscience et de la Volonté, qui sont tout simplement des républiques où régnent seules les lois de la concurrence vitale. Je ne vois que les fous pour avoir un cerveau royal, parce que leur personnalité entière se concentre sur une idée fixe, dominatrice, unique.

D’ailleurs, depuis le jour où M. Ribot publia sa magistrale ébauchejdes Maladies de la Personnalité , depuis l’époque où M. Pierre Janet fit connaître le résultat de ses recherches sur l'Automatisme psychologique 1 et sur l’État mental des hystériques 1 2, voire depuis le temps, déjà lointain, où M. Azam raconta l’ histoire de Félida et du dédoublement de

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