Sàcrificium Deo spiritus contribula
tus : cor conlrilum et humilialum Deus non despicies.
Mais, non, je sais que le sacrifice que vous demandez de moi, ce n'est pas uniquement celui d'une vie périssable que je perdrai bientôt, d'une vie que j'ai profanée par mes crimes. Vous demandez le sacrifice de mon cœur ; c'est la victime qui doit vous être immolée , et l'holocauste qui doit vous être offert. C'est le cœur qui a péché, c'est le cœur qui doit être sacrifié.
Eh bien, mon Dieu ! je vous l'offre, ce cœur, prenez-le , il est à vous , à vous seul, et à vous pour toujours : non , ni le monde, ni les créatures n'y auront pins de part ; j'en fermerai l'entrée à tout ce qu'il y a de créé ; il ne vivra désormais que pour vous. Lfl grande grâce que je vous demande.
rocn Dieu , c'est d'étouffer cfans mon vtenr tout sentiment qui ne respirerait pas pour vous seul ; formez vous-même clans moi ce cœur contrit et humilié, pénétrez-le d'une «omponclion sincère; inondez -le d'un océan d'amertume ; détachez-le du monde, de toutes les choses périssables ; élevez-le au-dessus de la terre , des sens , de luimême ; rendez-le tout céleste et divin , faites-en un cœur selon votre cœur , digne de-' vous être offert à présent , et de brûler à ■jamais des flammes de votre saint amour. 18. Bénigne fac , Domine : in bona voluntate tua Sion : ut œdificentur mûri Jérusalem.
Aidez-moi , ô mon Dieu ! à vous bâtir un temple sacré, un sanctuaire intérieur dans moi-même , où votre grâce règne , où votre empire s'établisse à jamais : mes mains profanes ne sauraient élever cet édifice saint et sacré , formé sur le modèle de la céleste Jérusalem ; c'est l'ouvrage de votre grâce et de votre puissance , je l'implore dans toute l'étendue de mon cœur et de mes sentiments ; j'y travaillerai de toutes mes forces ; j'y consacrerai tous mes soins, tous mes vœux : heureux, mille fois heu-
reux que vous daigniez encore les agréer, après qu'ils ont été si long-temps profanés. 19. Tune acceptable sacrificium justïtiœ ,
oblationes et holocausta : tune importent
super altarc tuum vitulos.
C'est alors que vous agréerez les sacrifices de louanges, des sacrifices dignes de vous : non , ce ne sera plus le sang des victimes, l'immolation des animaux qui vous seront offerts , mais le sacrifice d'un cœur pénitent, d'un cœur contrit et humilié , d'un cœur brisé de douleur et embrasé d'amour ; puissc-t-elle, cette douleur, puisse-t-il , cet amour , durer autant que ma vie , m'accompagner jusqu'au tombeau, devenir le dernier soupir de mon âme, quand à ma dernière heure je la remettrai entre vos mains , pour être reçue , comme je l'espère , dans le sein de votre miséricorde. Ainsi soit-il.