‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 118 sur 119 · ORAISON UNIVERSELLE POUR TOUT CE QUI REGARDE LE SALUT · texte numérisé non relu

ORAISON UNIVERSELLE POUR TOUT CE QUI REGARDE LE SALUT

Mon Dieu, je crois en vous, mais fortifiez ma foi; j'espère en vous, mais affermissez mon espérance; je vous aime, mais augmentez mon amour; je me repens d’avoir péché, mais redoublez mon repentir.

Je vous adore comme mon premier principe; je vous désire comme ma dernière fin; je vous remercie comme mon bienfaiteur perpétuel ; je vous invoque comme mon souverain défenseur.

on Dieu, daignez me régler par votre sagesse, me contenir par votre justice, me consoler par votre miséricorde , me protéger par votre puissance.

Je vous consacre mes pensées, mes désirs, mes paroles, mes actions et mes souffrances, afin que désormais je pense à vous, je soupire après vous, je parle de vous, j'agisse selon vous, et je souffre pour vous.

Seigneur ! je veux ce que vous voulez, parce que vous le voulez, comme vous le voulez, et autant que vous le voulez.

Je vous prie d'éclairer mon entendement , d'embraser ma volonté , de purifier mon corps et de sanctifier mon âme.

Mon Dieu, animez-moi à expier mes offenses passées, à corriger les passions qui me dominent, à pratiquer les vertus qui me conviennent, et à fuir les vices qui me déshonorent.

Remplissez mon cœur de tendresse pour vos bontés, d’aversion potes défauts, de zèle pour le prochain, et de mépris pour le monde.

Qu'il me souvienne, Seigneur, d'être soumis à mes supérieurs, charitable envers mes inférieurs, fidèle à mes amis, et indulgent à mes ennemis.

Venez à mon secours, pour vaincre la Fous per la mortification, l’avarice par l’aumône, l'ambition par l’humilité, la paresse par le travail, la colère par la douceur, et la tiédeur par la dévotion.

Mon Dieu, rendez-moi prudent dans les entreprises, courageux dans les dangers, patient dans les traverses, modeste dans les succès.

Ne me laissez jamais oublier de joindre l’attention à mes prières,

la A rm à mes repas, l'exactitude à mes emplois, et la constance à mes résolutions.

Seigneur, inspirez-moi le dessein d’avoir toujours une conscience droite, un extérieur décent, une conversation édifiante et une conduite régulière.

Que je m'applique sans cesse à dompter la nature, à seconder la gràce, à garder la loi, et à mériter le salut.

Mon Dieu, découvrez-moi quelle est la petitesse de la terre, la grandeur du ciel, la brièveté du temps, et la durée de l’éternité.

Faites que je me prépare à la mort, que je craigne votre jugement, que j'évite l’enfer,et que j’obtienne le paradis par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il,

CONCLUSION

Trois grands sujets d'étonnement sur la conduite et l'aveuglement des hommes. Chacun .en particulier peut se les appliquer soi. meme.

A0 Sujet d’étonnement et de douleur. Je ne suis venu au monde que pour servir et pou aimer Dieu ; et je n’ai presque vécu que pour l’offenser. Quelle à été ma vie jusqu'à présent? à quoi ai-je pensé ? Depuis que je suis sur la terre, à qui ai-je donné mon cœur et mes sentiments? Qu’ai-je fait pour Dieu, pour l’auteur de mon être, mon premier principe et ma fin dernière? Quelle ardeur, quel EE ai-Jje eus pour son saint service, quel zèle pour sa

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ë Hélas! au contraire, que n’ai-je pas à me reprocher envers lui! que d'’infractions à sa loi, que d'’infidélités à ses grâces, que de résistances à ses volontés, que d’oppositions aux desseins de sa providence! loin de le servir, toute ma vie s'est passée à l’offenser et à lui déplaire.

Etait-ce pour cela que Dieu m'avait créé et mis sur la terre ? A quoi devais-je employer mon esprit, qu'à contempler, à adorer ses grandeurs? À quoi nd consacrer les affections de mon cœur, qu'à aimer ses beautés ineflables? A quoi devais-je donner tous mes soins, qu'à le servir et à me sauver? Je ne devais vivre que pour lui, et peut-être n'y a-t-il pas eu un seul jour de ma vie où je l’aie véritablement aimé, où je ne l’aie malheureusement offensé.

Cependant, bientôt peut-être il me faudra aller paraitre devant lui pour lui rendre compte de ma vie et de toutes mes actions: que pourrai-je lui présenter ?

O Etre suprême, auteur de mon être, arbitre de mon sort! quand vous m'avez mis au monde, que les desseins de votre miséricorde étaient grands dans vous, et qu'ils pouvaient être consolants pour moi ! mais, hélas! que j’ai mal répondu à vos desseins adorables ; et en voyant la manière dont j'y ai répondu, puis-je ne pas être étonné de moi-même et des égarements de mon cœur”?

20 Sujet d’étonnement. Est-il possible qu'ayant recu de Dieu tant de grâces, des grâces si précieuses, je sois encore Ce que je suis envers ce Dieu de bonté, toujours si tiède, si lâche, si languissant,

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en un mot, si coupable et si peu digne de lui? Si des infidèles, des idolâtres avaient recu les grâces que j'ai recues, ils seraient devenus de grands saints ; si des pécheurs, et les plus grands pécheurs, avaient été comblés des mêmes faveurs, ils auraient fait pénitence sous le cilice et la cendre.

Quand je me rappelle tout ce que Dieu a fait pour moi dans tout le cours de ma vie, tant de dangers dont il m'a préservé, tant d'occasions où il m'a soutenu, tant de malheurs qui auraient pu m'arriver, et où j'aurais dù périr mille fois, mais surtout tant de grâces intérieures et personnelles dont il n’a cessé de me {avoriser : vives lumières, sentiments touchants, remords salutaires, reproches amers quand je m’éloignais du sentier, cette voix secrète qui ne cessait de me poursuivre et de me rappeler à la fidélité que J'avais promise, tant d’autres traits d’une providence marquée, d'une miséricorde spéciale sur moi: toutes ces faveurs, quels sentiments doivent-elles exciter dans mon cœur?

J'ai recu ces grâces, j'en ai été comblé: quel usage en ai-je iait? quels fruits en ai-je retirés? Quand Dieu me montrera d'une part tout ce qu’il a fait pour moi, et que de l’autre il me demandera l'usage que j'en ai fait, qu'aurai-je à lui présenter? Quid potui facere vineæ meæ, et non feci? me dira-t-il : Qu'aije pu faire en ta faveur que je n’aie fait? et après tout ce que j'ai fait, que n’avais-je pas droit d'attendre de toi? Est-il de vertu que tu n’eusses dù pratiquer? est-il degré de sainteté où tu n'eusses

ù aspirer? et cependant, dans quel état parais-tu à présent à mes yeux ?

Ces grâces ne t'ont pas été données en vain; tu savais le compte que je t’en demanderais un jour? Ce jour est venu, rends compte à ma justice de tout ce que ma miséricorde a fait pour toi dans tout le cours de ta vie : Redde rationem.

Hélas! Seigneur, Dieu de bonté! que puis- je répondre, et que dois-je faire, si ce n’est de me prosterner à vos pieds, de gémir amèrement devant vous, d’implorer encore la même miséricorde dont j'ai abusé, de vous conjurer de ne pas me priver de vos dons, comme je l’aurais mérité, de ne pas transporter ailleurs le flambeau en me livrant à mes funestes ténèbres, qui deviendraient pour moi le comble de l’aveuglement et de tous les malheurs?

3° Sujet d’étonnement et de juste douleur. Je savais que je n'étais sur la terre que pour peu de temps, qu'une éternité sans bornes m'’attendait après ce court espace de temps, et je n'ai vécu que pour le temps passager, en perdant de vue cette éternité permanente ? |

Je savais que quelques jours, quelques années finiraient bientôt ma course, que mille ans n'auraient pas été trop longs pour me préparer à l'éternité où je pouvaisentrer à chaque moment; et ce peu de temy: que j'ai eu, je ne l’ai employé qu'à des inutilités, à des amuseriouits. à des riens: et voià ce *emps qui va disparaitre à mes yeux, et l'éternité qni va s'euvrü sous res pids pour m'ensevelir dans son sein. +

Sera-c+ uns étenié d2 borheur, ou de malheur, pour moi? qu'ai-je tait pour sa méritor heuréuse? Q temps! 0 éternité ! à

aveuglement déplorable de l’homme! quatre jours à passer en ce monde, et une éternité tout entière dans l’autre : et ces quatre jours attirent tous mes soins! et cette éternité est comme oubliée! Où est la foi? où est la raison ?

Mais un sujet d'étonnement plus grand peut-être encore que tous les autres, c’est que ce Dieu de bonté, ce Dieu oublié, ce Dieu outragé, est encore prêt à me recevoir, si à ce moment je reviens sincèrement à lui: oui, quelque grands péchés que j'aie commis contre lui, quelque mépris que j'aie eu pour sa sainte loi, quelque mauvais usage que j'aie fait de ses grâces, il est prêt à me les pardonner, si mon cœur les déteste; quelque criminel abus que j'aie fait du temps, il me laisse encore espérer une éternité de bonheur,

0 Dieu saint! Dieu miséricordienx! est-il possible que vous portiez la bonté à ce pote j'ose dire à cet excès, envers une créature si ingrate, si infidèle, si coupable envers vous? est-il possible que vous jetiez encore des regards de miséricorde sur elle ?

Et moi, serait-il possible que je négligeasse une gräce à laquelle je n'aurais jamais dû m'attendre après une vie si coupable? Non, Dieu de bonté, je n'abuserai pas jusqu’à cet excès de vos dons : j'admirerai vos grandeurs, mais j'adorerai, je bénirai éternellement votre ineffable miséricorde. Dès ce jour, oui, dès ce moment, je he commencer, pour continuer tout le temps que je serai sur a terre.

Recevez donc, Dieu de toute bonté, recevez l'hommage que je vous rends; je reconnais que ma vie n’a été qu'aveuglement et qu égarement; je reconnais que tout n’est que néant et que vanité

ans la vie, que tout n’est qu'illusion et qu’aveuglement dans le monde , qu’il n’y a de vrai contentement et de solide bonheur que dans vous, à vous servir et à vous aimer, et à s'attacher à vous en se détachant absolument de tout.

C'est vous seul que l’on trouve à la mort; c'est à vous seul que l'on doit s'attacher dans la vie. Quelle grâce que celle que vous me faites de me donner encore quelques moments pour ouvrir les yeux sur mon aveuglement et pour prévenir mon malheur! Hélas! J'y courais a grands pas, et peut-être étais-je au moment de m'y précipiter à jamais.

Aussi ne veux-je vivre désormais que pour déplorer les égaremeptsde ma vie, pour observer votre sainte loi, pour profiter de

J'ÈES y âces, pour me préparer enfin à cette éternité bienheu- * AW d aduelle vous voulez bien encore me réserver une place : p «

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