‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 86 sur 119 · LE BIEN · texte numérisé non relu

LE BIEN

r, mon sOouà une sainte loyé sur moi > ma part, je ours à VOUS, ipendront de nce. Voici en et de consarez-moi dans , aidez-moi

la prière. Je ion des plus } VOS grâces :

personne ne peut la mériter dignement; tous doivent la demander ardemment : je vous la demanderai tous les jours de ma vie, je vous la demande dans ce moment même dans toute l'étendue de mes sentiments. C'est une grâce que je ne puis recevoir que de vos mains, accordez-la à mon humble prière. Vous m'ordonnez vous-même de vous la demander : c'est une marque que vous désirez plus ardemment de me l'accorder que moi-même de l'obtenir. Je la regarderai comme la plus grande des grèces, le plus précieux des trésors, le bonheur qui me prépare un bonheur suprème. Exaucez ma prière, vous comblerez mes désirs.

Deuxième moyen. Je ferai les réflexions les plus sérieuses et les plus solides pour m’animer à la persévérance; je me dirai à moi-même : Les motifs qui m'ontengagé à me donner à Dieu, à revenir à lui, ne sont-ils pas toujours les mêmes ? Le Dieu que je sers n'est-il pas toujours également grand, également bon, également saint et parfait, également digne de mon cœur et de mes hommages? L’'Evangile que je professe n'est-il pas toujours la loi sainte, la règle assurée qui doit m'éclairer et me conduire jusqu’à la fin? Les grandes vérités qui m'ont touché ont-elles changé? Les ombres de la mort qui m'environnent sans cesse, les terreurs d’un jugement redoutable où je puis être appelé à tous les instants, une éternité de bonheur ou de malheur, où je dois un jour aboutir, tous ces grands objets ne doivent-ils pas être toujours présents à mes yeux, et diriger constamment (ous mes pas dans les voies du salut? J'espère que des réflexions si solides m'aflermiront dans le bien et m'armeront contre ma faiblesse et mon inconstance : Memorare novissima tua (1).

Troisième moyen. La vigilance sur moi, sur mes sens, sur mon cœur, sur mes mauvais penchants, sur mes passions malheureuses, sur toutes mes démarches, sur toutes les actions de ma vie, sur les illusions, les tentations du démon, de peur que cet ange de ténèbres ne se déguise en ange de lumière. Je sais que j'ai tout à craindre de moi, des ennemis de mon salut; sans une attention continuelle sur moi, je serais dans un continuel danger de perdre la grâce de mon Dieu et de me perdre moi-même à jamais. Sainte vigilance, vous ouvrirez Sans cesse mes yeux sur tous ces dangers, et à la faveur de vos divines lumières je tâcherai d'éviter les piéges qui me sont tendus de toutes parts pour me perdre : Vigilate et orate (2).

(4) Eccle., var, — (2) Matth. xxvi.

Quatrième moyen. La fuite des occasions : ce moyen est absolument et indispensablement nécessaire pour moi. Une triste expérience a dû me faire connaître, me faire craindre ma propre faiblesse, Oui, mon Dieu, je le comprends, je le sens, je Le vois, malgré toutes mes promesses, mes résolu- Lions, mes propos, si je m'expose à l'occasion, l’occasion me perdra, parce que, d’une part, l'occasion me présentera toujours les mêmes objets, et, de l'autre, j'aurai toujours dans moi le même fonds de misères. Ainsi les mêmes objets feront à peu près les mêmes impressions, et-les mêmes impressions ms précipiteront dans les mêmes malheurs. Oui, fussions-nôus aussi sages que Salomon, aussi forts que Samson, dans l’occasion nous succomberons. Hélas! les plus fortes colonnes ontété ébranlées. Tremblons pour nous, faibles et Limides roseaux; et soyons assurés que, surtout dans certaines occasions, il n’est que la fuite qui puisse soutenir et mettre à couvert du danger : Qui amat periculum peribit in illo (1).

Cinquième moyen de persévérance. Me mettre au -dessus des jugements, des discours, des mépris du monde. Funeste respect humain, à combien d'âmes n’as-tu pas fait faire un déplorable naufrage! À certains moments où la grâce parle au cœur, On régi de le monde d'un œil de mépris; on dit avec l'Apôtre . dans l'abondance de son cœur, que ni Îles discours, ni les railleries, ni les persécutions du monde, ni toutes les créatures conjurées ensemble ne pourront nous arracher à la grâce : Certus sum (2). Hélas ! il n’est pas nécessaire que toutes les créatures se liguent contre moi : un mot, une raillerie, un rien, c'en est souvent assez pour arrêter, pour ébranler tous mes projets de salut. Monde pervers, jusques à quand par de fausses terreurs ébranleras- Lu la constance des enfants de Dieu ? Adorable Sauveur, vous l'avez dit : Si quelqu'un rougit de moi devant le monde, Je rougirai moi-mème de lui devant mon Père céleste. Le monde est votre enneini : puis-je ne pas m'en défier et ne pas le craindre?

Sixième moyen. La fréquentation des sacrements. Oui, mon Dieu, c’est là la source salutaire où j'irai puiser les forces qui me sont nécessaires. C’est l'unique moyen, ou du moins le moyen le plus eflicace pour me soutenir. Si l'on se néglige en ce point, on risque de se démentir en tout. On attend d’un jour à l'autre, d’un mois à un autre : plus on ditière, plus on veut ditlére er; et, quand on a ditféré un cer-

(4) Eccli., xx. — (2) Rom., vus.

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ain temps, on ne peut presque plus se déterminer, En attendant, privé de ce secours et livré à sa propre faiblesse, on en éprouve bientôt les tristes effets, La ferveur se ralentit, la vigilance sur soi diminue, les mauvaises inelinations se réveillent; et, s'il survient quelque occasion malheureuse, on est en danger de tomber dans quelque nouvel abime, pour ne s’en relever peut-être jamais, O mon âme, ne vous cloignez plus de ces sources de salut et de vie, de peur de vous priver des secours que la grâce vous y prépare, el de vous livrer comme sans défense aux ennemis conjurés contre vous. Nourrissez-vous de ce pain de vie, du pain mème des anges, si vous voulez vivre de la vie de Dieu.

Septième moyen. La dévotion à Marie, à la Reine des anges: O mon âme, comment pourriez-vous jamais manquer à ce doux sentimentde confiance enversla plus tendre des mères? vous en avez si souvent éprouvé les salutaires ellets, Or, si jamais vous avez eu besoin de réclamer sa puissante proteclion auprès de Dieu, n'est-ce pas surtout pour obtenir par son intercession la grâce des grâces, celle d'une sainte persévérance jusqu'à la fin? Demandez-la tous les jours de votre vie; demandez-la à cette tendre et divine mère avec la plus vive instance et dans toute l’ardeur dont vos sentiments sont capables; elle vous ouvrira les entrailles de sa miséricorde, elle vous tendra une main secourable, elle vous obtiendra l'abondance des secours célestes. Animée des sentiments de cette vive confiance, dès ce moment même donnez-lui-en des marques; demandez par son intercession cette sainte persévérance qui fait l’objet de vos réflexions et de vos désirs.

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