‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiment pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 15 sur 95 · AVEC DIEU · texte numérisé non relu

AVEC DIEU

L peut-être le,

t Sur la conduite de la Providence.

: L'âme. Rien de si vrai, d mon Dieu, à s'en : tenir à ces dehors éclatants que présentent tous vos ouvrages, on est forcé de reconnaitre et d’adorer une providence ; mais permettez-moi, Dieu de bonté , d’ouvrir mon cœur devant vous , de vous

. faire part de mes doutes et de mes perplexités ;

“ de soulager mes peines et mes agitations, en vous . les communiquant. Quand je jette les yeux sur

| ce vaste univers , à la vue detout ce qui s’y passe,

: . je cherche cette ‘providence, elle me parait avoir disparu ; ; son éclat semble s’éclipser. Quand je « vois cette distribution si différente des biens dece + monde; les uns ont tout , et les autres n’ont rien ; « les uns naissent dans l'abondance et prodiguent ; | les trésors, les autres gémissent dans la misère, | et ne se nourissent que du pain de leurs larmes ; les uns semblent être nés pour être heureux , et les autres en naissant avoir porté écrit sur leur front cet arrêt , tu seras maudit. Tous cependant sont enfants de cette providence. Et comment

76 L'AMF.

comprendre cette inégalité si marquée de conditions parmi eux ? pourquoi celui-ci roi et celui-là sujet ? pourquoi celui-cidominant en maitre, et l’autre rampant en esclave? pourquoi étant tous enfants de Dieu , ne pas les rendre tous égaux, et devant tous aboutir au même terme , ne pas les conduire par la même voie ?

Il y a plus encore : non seulement les biens sont inégalement partagés , mais souvent les impies et les méchants sont privilégiés dans cet étonnant partage : s’il y avait quelqu'un à favariser , sur qui devait, ce semble, tomber la faveur? et qui ne serait surpris de voir l’impie donnant la loi, et le juste forcé de la recevoir ? de trouver Job sur le fumier, et Achab dans le sein du palais? Saint Paul sur un échafaud , et Néson sur le trône ? En considérant ce qu’on voit si souvent dans le monde, l’iniquité triomphante, l'innocence opprimée , le vice dominant, la vertu foulée ? à cette vue , la raison troublée, étonnée, n'est-elle pas tentée de s’écrier : où est l’équité ? où est la providence ? où êtes-vous, à Dieu juste | Ô Dieu bon et puissant ? ranimez ma foi, pardonnez le trouble de mon esprit , et daignez calmer les agitations de mon âme.

Le Seigneur. Ame de peu de foi, à quel trouble , à quels excès se livrent vos sentiments égarés ? jJusques à quand jugerez-vous des choses selon vos vues humaines ? je veux bien descendre

de bi

À jusq + en V(

“ unss : et le 1 sez :

de D P'unic Qu’o de g pauv le coi tenir où to com les ét . cessa fonct en q sueul sein tout mag il ol com vers

con c’es

ée de condi- ‘oi et celui-là n maitre, et oi étant tous tous égaux, rme , ne pas

nt les biens ivent les im.

és dans cet u'un à favn- >mber la favoir l’impie a recevoir ?

ab dans le faud , et Néqu'on voit iomphante, nt, la vertu » étonnée, st l'équité ?

Dieu juste !

foi, paraignez cal-

quel trounents égachoses selescendre

… jusqu’à vous, pour vous élever a moi, Vous dites Le

en vous-même : cette inégalité de conditions et de biens est-elle l’ouvrage de la providence ? les uns souverains, les autres sujets ; les uns maitres,

et les autres esclaves ; mais pensez et réfléchissez : dans une parfaite égalité de conditions et

de biens, le genre humain, la société civile, l’union de ces membres aurait-elle pu subsister ? Qu’on établisse deux villes, une toute composée de grands et de riches , l’autre de petits et de pauvres ; celle des pauvres périrait bientôt , on le comprend; celle des riches pourrait-elle sesoutenir ? et dass cette égalité de fortune et de rang, où tous les hommes seraient égaux , également commodes et aisés , qui voudrait prendre sur soi

. les états pénibles et laborieux, et cependant né-

cessaires , tandis que les autres exerceraient les fonctions tranquilles et honorables ? qui voudrait, en qualité de laboureur , arroser la terre de ses sueurs, tandis que les autres vivraient dans le sein du repos et de la mollesse ? Dans une ville, tout serait-il peuple sans distinction , ou tout magistrat sur les lys ? et dans l’univers tout doitil obéir ou tout commander ? ou si personne ne commande ni n’obéit , que serait-ce que luuivers , qu’une tour de Babel ?

De sorte que bien loin que cette inégalité de conditions et de biens soit opposée à la providence, c'est au contraire , parce qu’il y a une provi-

dence , qu’il doit y avoir une inégalité de conditions et de biens. Il était du ressort de cette sagesse qui embrasse tout, d’unir les hommes en tr’eux par les liens de la subordination et de la dépendance, afin que l’heureux consolant l’afiligé, et le riche secourant le pauvre , le pauvre et l’affligé, le riche et l’heureux unissent leurs voix pour célébrer de concert les louanges de la providence qui les gouverne.

L'âme. Mais enfin, Ô mon Dieu ! en supposant la nécessité des conditions inégales, pourquoi du moins , dans cette inégalité , ne pas privilégier les justes préférablement aux impies ? pourquoi ne pas confier aux bons le dépôt de l’autorité et des richesses , dont ils auraient fait un si saint usage , au lieu de les donner aux hommes injustes, qui en abusent et qui les déshonorent ?

Le Seigneur. Reconnaissez encore ici les vues de ma providence, dans celles de ma sagesse. Pourquoi refuser les biens de la terre aux justes ? afin qu’ils ne cessent pas d’être justes : dans l’abondance ils s’élèveroient et ils se pervertiroient. Parce que par là je veux exercer leur vertu et augmenter leur couronne : Jobme rend plus de gloire sur son fumier, que tous les rois sur le trône. Mais, d’une autre part , pourquoi accorder aux pécheurs les biens de ce monde? pour en montrer le néant et la vanité, puisque je les donne même à mes ennemis , pour les gagner ,

À les at relles leur d “en ve core ?

font s turelle donna mains pratiq Cep pas en pas to aurait ne son nerais accord gager que pc provid | tempéi | autres nes L nétrah L'à mais , mon € : condu partic

é de condirt de cette hommes en on et de la ant l’affligé, uvre et l’afleurs voix s de la pro-

1 SUpposant ourquoi du privilégier ? pourquoi autorité et un si saint mes injusrent ?

e ici les na sagesse.

ux Justes ?

: dans l’aertiroient.

r vertu et d plus de pis sur le oi accoride? pour que je les gagner ,

Îles attirer à moi par l'attrait des faveurs tempo- “relles, auxquelles ils sont plus sensibles; pour leur donner le moyen d’expier leurs péchés , s’ils en veulent faire un meilleur usage, Pourquoi en- “core ? pour récompenser le peu de biens qu’ils

font sur la terre. Je récompense leurs vertus naturelles par des biens naturels : c’est ainsi que je donnai autrefois l’empire de lunivers aux Romains, en récompense des vertus morales qu’ils pratiquèrent.

Cependant la conduite de ma providence n’est pas en ce point toujours uniforme. Elle ne refuse pas toujours les biens de la terre aux justes. IL y aurait à craindre qu’on ne pensât que ces biens ne sont pas mon ouvrage , puisque je ne les donnerais Jamais à ceux qui me servent. Elle ne les accorde pas toujours aux pécheurs ; ce serait engager les autres à le devenir quand ils verraient que pour être heureux il suffit d’être impie. Ma providence en dispose autrement , et par le sage

| tempérament qu’elle garde envers les uns et les

autres , elle les contient tous dans les justes bornes qu’elle leur prescrit, et sous les voiles impénétrables du secret qu’elle se réserve.

L'äme. J'adore vos desseins, d mon Dieu !

mais, me permettez-vous de vous ouvrir encore mon cœur sur mes peines personnelles , et sur la

. conduite de votre providence dans la circonstance

particulière où je suis ? Je n’ai rien oublié; ce

{| | À || Fi

Page 1