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euflure, humilité sans bassesse. N'ayant des passicns, que pour les combattre; des plaisirs, que pour les sacrifier ; des devoirs, que pour les remplir ; aimant le bien, et ne le connaissant que pour le pratiquer; méprisant les éloges, et ne sachant que les mériter; craignant de paraitre, presque autant que de pécher, et craignant de pécher , bien plus encore que de mourir. Voilà le chrétien ; son cœur est le sanctuaire de ia vertu ; sa bouche, l'interprète de la vérité; toute sa conduite, l’expression fidèle d’un Hommie-Dieu. Tel est l’homme, s’il est parfait chrétien; s’il n’est pas tel, le christianisme lui reproche ses faiblesses, condamne ses fautes, et le presse de faire ses
* efforts pour ne pas déshonorer sa dignité.
30 Dignité du chrétien; comprenons-la en-
“ core par la noblesse des sentiments que sa reli- " gionluiinspire, en le rendant supérieur à tout.
Elle l'élève au dessus des événements, et de tous les revers. Que tous les maux viennent l’acabler et fondre sur lui ; que ses biens lui soient enlevés ; que ses amis l’abandonnent; que sa fortune chancelle ; que sa santé dépérisse ; que tout lui manque et lui soit ravi; la foi lui reste, il n’a rien perdu. Dépouillé de tout, il paraitra grand par lui-même ; donnant aux yeux le l’univers Île spectacle qu’un païen disait être si digne de Dieu, un homme de bien aux prises avec la fortune.
Elle l’élève au dessus du monde, elle le fait triompher de ses erreurs, sa foi les dissipe ; de ses douceurs , son cœur les méprise ; de ses terreurs, son courage les brave; que pourrait craindre du monde celui qui n’a à craindre que le péché?
Elle l'élève au dessus de lui-même : s’élever au dessus du monde, c’est grandeur d’âme ; mais s'élever au dessus de soi-même, c’est héroïsme. Qu'il est grand de voir un homme s’armer généreusement contre lui-même, se déclarer une guerre implacable ; toujours, le glaive à la main ; couper jusqu’à la racine de ses passions ; retrancher jusques aux moindres rejetons de son amour propre ; offrir de lui-même à Dieu une victime continuelle, immolée sur l’autel de la charité! Tel est le chrétien; il sent ce qu’il en coûte à son cœur, mais il sait ce qu’il doit à sa foi.
Elle l'élève au dessus des tourments, des tyrans , de la mort : quand on ne vit que de sacrifices , il en coûte peu de mourir : et n’estce pas là ce que les païens mêmes admiraient dans les premiers chrétiens , dignes de ce grand nom ? Quel genre d'hommes est donc celui-ci, s’écriaient-ils ? quod genus hoc hominum est ? Si on les défère à notre tribunal , ils s’y présentent d’eux-mèmes ; sion les condamne à la mort, ils rendent grâce , comme d’un bienfaits si on les conduit au supplice , ils y vont en triomphe. Les
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menaçait-on de leur faire essuyer toute l'horreur des tourments? Vous pouvez , disaient-ils ; nous ne sommes hommes que pour mourir, mais nous ne sommes chrétiens que pour mourir en saints ; nous avons un corps qui succombe, mais une foi qui triomphe. Frappez , brülez , déchirez , immolez ; vous croyez nous donner la mort,
(| vous ne faites que nous rendre à une vie plus “heureuse : pour nous ce n’est pas le temps qui “finit , c’est l'éternité qui commence. Quels hom-
“mes ! quels sentiments ! ce n'étaient , après tout,
que de vrais chrétiens.
: 49° Hé ! comment ces généreux athlètes auraient-ils pu se démentir , à la vue des couronnes qu’ilsattendaient , et soutenus par la gran- “leur de leurs espérances ? car , en ce point , uelle est encore la grandeur du chrétien , et sa rééminence sur tous les autres ? Ici, élevons nos pensées et nos sentiments : notre espérance est pleine d’une immortalité glorieuse ; spes illorum immortalitate plena est'. Voilà notre partage, notre héritage; notre sort est dans la religion des vivants. Le beau spectacle que donna autre- % fois une mère généreuse ! elle avait sept en-
4 lants, tous les sept conduits au martyre. Le ty-
ran dictait les arrêts de mort ; les bourreaux
} préparaient les büchers , les feux et glaives tous
1 Sap. 3.