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spectacle! quel !
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entiments? | ne, et animée | sidérez le Saint | it vos péchés, à Non, il ne se
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ver de terre, et devenu l’opprobre des hommes, le mépris et l’exécration de son peuple? Ego vermis et non homo, opprobrium hominum et abjectio plebis. Ah! le Saint mème des saints chargé des péché du monde, immolé pour tous les pécheurs! celui qui règne dans les cieux , qui peut tout sur la terre et dans les enfers | abandonné de ses amis, trahi par ses disciples, livré à la fureur de ses bourreaux, délaissé de son Père, obéissant jusqu’à la mort , et à la mort de la croix ! celui qui tient en ses mains les trésors du ciel, dépouillé de tout et réduit à une extrême indigence! celui qui a dônné l’ètre et la vie aux hommes, crucifié, mis à mort par ceux-mêmes à qui il donne la vie ! ainsi livré à l’excés des afflictions et des humiliations; il souffre avec la douceur de l’agneau ; il souffre comme s’il étoit criminel ; il souffre dans le silence, qu’il n’interrompt que pour prier pour ses ennemis, et pour excuser le déicide qu’ils commettent en sa personne. Pater, dimitte illis.
Grand Dieu, Dieu juste et puissant ! quelle autre vue que celle de la foi, et de la foi la plus vive, la plus humble et ia plus soumise, peut ici nous soutenir ; mais cette foi vive , que doit-elle produire dans nous qu’une vive douleur ?
Douleur d’autant plus sensible, que Jésus-Christ n’a souffert qûe parce qu’il nous aimait , et qu’il
es hommes, uple? Ego ominum el e des saints é pour tous cieux , qui fers , abanples, livré à e son Pere, mort de Îla ; trésors du ne extrême t la vie aux aux-mêmes à s des afflicvec la douil étoit crid'il n’interis, et pour
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int ! quelle foi la plus e, peut ici e doit-elle ar ?
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ÉLEVÉE À DIEU. ait
voulait nous soustraire aux souffrances éternelles que nous avions méritées.
Douleur d’autant plus profonde , que toutes les fois que nous avons péché, nous avons renouvelé les horreurs de sa passion, et nous l’avons crucifié de nouveau dans nos cœurs. Rursum crucifigentes,
Douleur qui doit être d’autant plus amère, que ce n’est que par elle que nous pouvons obtenir le pardon, et avoir part aux mérites de ce Dieu souffrant.
O ! si ce sentiment est bien gravé dans le cœur par la foi , quels effets, quelles impressions n’y produira-t-il pas ! une âme pénétrée de cette vive foi, sensible aux tourments de son Dieu, touchée du regret de l’avoir offensé, inconsolable de ses péchés, s’arme contre elle-même, tourne toute sa haine contre ses crimes, venge sur elle-même tous les outrages qu’elle a faits à son céleste époux ; mon amour, dit-elle , est crucifié : amor meus crucifixus est : et c’est moi-même qui l'ai attaché à la croix , qui ai versé son sang, qui ai contribué à sa mort; et je ne meurs pas de douleur! et si je vis encore, dois-je vivre que pour pleurer et pour souffrir? Heureuse de partager les douleurs de son divin Rédempteur, cette âme affligée se fait une joie de joindre sa pénitence à la pénitence de Jésus-Christ, sa douleur à la dou-
leur de Jésus-Christ, ses larmes aux larmes de Jésus-Christ ; de pouvoir accomplir dans sa chair coupable ce qui manque à la passion et aux souffrances de Jésus-Christ : adimpleo ea quæ desunt ‘passionum Christi.
Ah ! loin d'elle, plaisirs du monde, délices de la vie, satisfactions coupables des sens : vous fütes autrefois sa passion, vous seriez aujourd’hui son supplice. La foi l’éclaire , la grâce la touche , la douleur fait son supplice, fait son martyre ; et ce supplice et ce martyre, elle l’aime , elle le goûte, elle en préfère l’amertume a toutes les douceurs de la vie : calix meus inebrians, quam præclarus est! Dela, dans certaines âmes généreusement pénitentes, cette attention continuelle à mortifier la nature, à dominer l'empire des sens ; delà cette faim, cette soif ardente des souffrances et des austérités ; delà ces saints transports pour la croix : peut-on craindre de trop souffrir, quand on se compare à un Dieu mourant ? Que la nature abattue s’attriste et s’afflige ; que le monde vienne offrir ses charmes trompeurs ; que le démon suscite mille tentations et mille combats ; la foi et l'amour ranimés au spectacle d’un Dieu souffrant, répondent avec saint Augustin : vois dans Dieu souffrant l'effet de tes crimes : vide pendentem, vide morientem. Que des âmes innocentes goùtent quelques plaisirs permis; pour moi qui ai eu
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ÉLEVÉE A DIEU. 213 le malheur de crucifier mon Dieu, que dois-je faire autre chose que gémir, et mourir mên 2, si je le pouvais, au pied de la croix ?
Ainsi ont pensé, ainsi ont agi tant d’âmes chrétiennes ; ainsi vivent encore tant d’âmes justes; ainsi vivront et agiront à jamais tous ceux qui seront animés de l'esprit de la foi.
Non, je ne suis point étonné de ce que tant de saints ont souffert durant le cours de leur vie; de ce que tant de pénitents ont mortifié leur corps; dominé leurs sens , exercé sur eux-mêmes de si excessives rigueurs. Soutenus par la vue, animés par la foi d’un Dieu mourant pour eux , de quoi n’étaient-ils pas capables ? Comment, dit saint Bernard, un cœur pénitent pourrait-il sentir ses blessures, lorsqu’il voit celles de son Sauveur encore toutes sanglantes : Nolo vivere sine vulnere cum te video vulneratum.
O plaies adorables ! par quels charmes pouvezvous rendre des hommes mortels comme insensibles aux atteintes du fer et du feu, si ce n’est parce qu’un feu céleste et plus ardent encore les animait ? L'amour est plus fort que la mort ; la, vue d'un Dieu souffrant pour qui ils combattaient, les rendait victorieux et triompliants dans toutes leurs souffrances et tous leurs combats. Telles sont les glorieuses victoires que remporte la foi de ce grand mystère. Hæc est victoria quæ vincit mundum, fides nostra.
SECOND POINT
Animés de la même foi, considérons Jésus- Christ mourant comme la règle de nos mœurs et de notre conduite. Dans cet état que nous dit-il ? quelles lecons nous donne-t-il ? et quelles lecons peut-il nous donner sur la croix , que des lecons de pénitence, de mortification et de mort ? et une âme fidèle peut-elle y prendre d’autres sentiments que celui de mourir à tout nour se rendre conforme à son Dieu mourant? Vous êtes morts, nous dit l’Apôtre ; et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu : mortui estis, et vita vestra abscondita est cum Christo in Deo. L'entendezvous, Ô mon âme! ce divin oracle? morts au monde , morts à nous-mêmes, c’est là toute la science des saints ; et c’est un Dieu mourant qui nous l’enseigne lui-même. Mortui estis.
10 Morts au moude, à ses pompes, à ses maximes , à ses spectacles; pour une âme chrétienne y a-t-il d'autre spectacle que celui de la croix ? à la vue d’un Dieu mourant pour expier
‘les péchés du monde, concevons enfin ce que doivent être pour nous les plaisirs, les richesses, les grandeurs , les faveurs , le bonheur de ce siècle pervers : comprenons au contraire le bonheur d’une âme qui gémit, qui souffre , qui est
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persécutée ; ne nous croyons pas malheureux lorsque nous serons privés des douceurs empoisonnées du siècle, c’est à dire, lorsque nous aurons part aux souffrances et au calice d’un Dieu Sauveur, lorsque dans le monde nous serons traités comme lui, oubliés comme lui, désapprouvés, condamnés comme lui. Et quand les mondains viendront nous inviter à prendre part à leurs amusements, à leurs fêtes, à leurs parties de plaisirs , disons-nous intérieurement à nousmêmes : non, mon cœur n’entrera point dans ces illusions et ces vanités ; le monde est crucifié pour moi, et Je suis crucifié pour le monde : mihi mundus crucificus est, et ego mundo. A Dieu ne plaise que je trouve d’autre gloire que dans les humiliations de mon Sauveur, d’autres richesses que dans son indigence, d’autres délices que dans ses amertumes : absit mihi gloriari nisi ên cruce Domini nostri.
Ah! s’il a fallu que mon Dieu souffrit pour entrer dans sa gloire , pourrais-je , voudrais-je me frayer un autre chemin? puis-je oublier de quel chef je suis le membre ? et quelle honte ne serait-ce pas que de voir un membre délicat sous un chef couronné d’épines ? toujours je me souviendrai que je suis à la suite d’un Dieu souffrant, et que ce n’est qu'en marchant sur ses traces que Je puis avoir part à sa gloire; jamais
je n’oublierai que le monde est son ennemi, qu'on ne saurait servir deux maitres et qu’il faut nécessairement en abandonner un pour se donner à l’autre ; enfin j’aurai toujours présent devant les yeux , et plus encore: gravé dans le cœur ce divin oracle : vous êtes morts , et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu : mortui esias,
20 Encore pour le remplir dans son étendue et nous conformer à notre Dieu souffrant, n’estce pas assez de mourir au monde ; il faut surtout mourir à nous-mêmes, mourir à nos inclinations et à nos penchants; mourir à nos dégoûts et à nos répugnances.
Mourir à nos sens et à leurs satisfactions cri— minelles ; mourir à notre propre esprit, à sa vanité, à son indocilité, à sa curiosité, à son opiniàtreté.
Mourir à notre volonté, en réprimer les desirs, en rectifier les mouvements, en étouffer les ressentiments, en purifier toutes les affections, et de terrestres et de charnelles qu’elles sont, les rendre célestes et toutes divines.
En un mot, mourir à nous-mêmes et à tout, pour ne vivre plus que de la vie d’un Dieu mourant, seul et unique auteur de la vie véritable, hors de qui tout n’est que moït et mort éternelle.
Grandes vérités, terribles engagements ! d mon
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âme ! ne vous alarmez pas; celui qui vous pré— sente le joug de la croix, saura l’adoucir : il le portera lui-même avec vous. Vous aurez à souffrir, à sacrifier, à gémir à la suite de Jésus- Christ, il est vrai; mais écoutez, méditez attentivement le grand et admirable sentiment d’une âme chrétienne et généreuse; sur le point qu'elle étoit d’embrasser un genre de vie pénible et rigoureux, comme on lui en représentait, on lui en exagérait les peines, les austérités, les rigueurs : je comprends tout cela, dit-elle, et je m’y attends : mais au milieu de tout cela j’aurai un crucifix, et il me suffira. Encore une fois, grand sentiment ! Ce sera le vôtre, d mon âme! dans les moments où la nature troublée, étonnée, sentira ses répugnances et tremblera à la vue des combats qu’elle aura à livrer ; la pensée d’un Dieu souffrant pour vous et avec vous sera votre force, votre soutien, votre consolation; et que ne vous dira-t-il pas ? que n’aurez-vous pas vous-même à lui dire ?
Tantôt humiliée à la vue de votre crucifix, vous rendrez grâces à ce Dieu d’amour qui vous juge digne d’avoir part à ses souffrances, et au calice de son amertume : Calicem salutaris ac-
cipiam.
Tantôt arrosant votre crucifix de vos larmes, vous gémirez, vous pleurerez amèrement sur vos péchés, et vous ne trouverez de consolation que
dans vos regrets et vos sOupirs : : Peccavi in cœlum et coram te.
Tantôt assise aux pieds du crucifix, semblable à Madeleine sur le calvaire, vous vous rassurerez contre la colère d'un Dieu irrité par vos péchés. Oui, justice adorable, à la vue de Jésus- Christ, victime pour moi, vous serez apaisée;
jamais je ne me séparerai de lui et avec lui pour-
rai-je ne pas espérer ? pour venir jusqu’à moi, il faudroit percer le sein de celui qui est mon bouclier : Fiducialiter agam et non timebo.
Souvent embrassant les pieds du crucifix, affligée de votre langueur, de votre tiédeur, vous ranimerez votre confiance, votre amour, tous vos sentiments. Dieu des miséricordes, lui dira votre cœur, après avoir acquis par vos mérites des trésors immenses, voudriez-vous m’en refuser une légère part que je vous demande avec toute l’ardeur dont je suis capable? je ne le mérite pas; mais votre sang, votre amour intercède et la demande pour moi :Dilexit me, et tradidit semetipsum pro me. |
Telle est, d mon âme! la source où vous puiserez le courage, l’onction, la constance qui vous seront nécessaires dans les moments d’angoisses et de combats. La vue de Jésus crucifié vous rendra, je ne dis pas tolérable, mais facile, mais aimable, mais consolant le joug du Seigneur, et
divin prése la foi prése notre que 1 juge.
quoi cérér fix, < mêm le p:
grav.
vi in cœ-
semblable s rassurear vos péde Jésus- , apaisée ; c lui pourà moi, il mon boubo.
‘ucifix, afleur, vous *, tous vos dira votre s des tréfuser une oute l’arérite pas; et la dedit semet-
pus puisequi vous angoisses ifié vous cile, mais gneur, et
tout ce que vous souffrirez en le portant. Ainsi dans tous les temps et toutes les circonstances trouverez-vous en lui un modèle parfait de toutes les ‘vertus qu’il vous faut pratiquer, et en mème temps toutes les grâces et tous les secours pour vous engager à les pratiquer, et à retracer dans vous tous les traits de votre divin modèle : inspice et fac secundum exemplar.
Après tout, Ô mon âme! c’est pour nous une nécessité indispensable de nous conformer au divin exemplaire qu'un Dieu sur la croix nous présente ; disons-nous ce que la raison, ce que la foi nous diront à jamais : Jésus crucifié est à présent notre maitre ; si nous l’imitions, il sera notre Sauveur, mais soit que nous l’imitions, ou que nous ne l’imitons pas, il sera un jour notre juge. Un jour viendra, que ce même crucifix qu’on nous présentera à la dernière et lugubre cérémonie qui terminera notre course, ce crucifix, dis-je, sera la règle de notre jugement; luimême et lui seul il nous jugera. Heureux si en le portant sur notre corps, plus encore en le gravant dans notre cœur, nous nous sommes appliqués à nous y rendre conformes ! car c’est là ce qui, pour nous, décidera de tout : mais s’il ne se trouve alors entre lui et nous une sainte ressemblance : sans autre jugement, nous serons déja jugés, et nous porterons l'arrêt de notre condamnation dans nous-mêmes.
Ilen coûte à présent, il est vrai, de marcher à la suite du Sauveur portant sa croix; mais levous les yeux en haut, et éclairés par la foi, voyons par avance au milieu des airs cette croix éclatante revètue de splendeur et de gloire, elle paroîtra au grand jour du jugement : si sur la terre nous avons porté son ignominie et ses opprobres, elle sera dans le ciel notre gloire et notre couronne.
A cette pensée ranimons notre courage , et dans cette douce espérance, puisons de nouvelles forces dans les fontaines sacrées du Sauveur mourant; marchons constamment après lui, il sera notre modele pendant notre vie, il sera notre re-
fuge à la mort, il sera notre récompense dans l’éternité.
Restez quelques moments au pied de la
croix et consacrez-vous à elle le reste de votre vie.