DANS LA CONDUITE DES AMES
Toutes les voies du Seigneur, disait le Prophète, ne É sont que miséricorde et que vérité, Universæ viæ Domin: misericordia et werilas (2). Aussi le même prophète demandait-il instamment à Dieu de lui faire connaître la sainteté de ses voies, Vias tuas, Domine demonstra mihi (3). Faisons la même prière ; si Dieu daigne l'exaucer, ce sera une grâce qui deviendra pour nous la source de mille auires grâces.
1° Rien de si grand, de si saint, de si admirable que ls voies de Dieu sur les âmes, et le chemin par lequel illes conduit pour les faire arriver à leur fin.
D (1) Psal. cxxx1x. — (2) Ibid. — (3) Ibid.
Admirables par leur sainteté : la sainteté même de Dieu en est le principe, le modèle et le terme.
Admirables par leur sublimité : qu’elles sont élevées ! qu’elles sont ineffables ! aulant que le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant les voies de Dieu sont-elles élevées au-dessus de celles des hommes.
Admirables par leur incompréhensibilité : : Dieu seul peut en concevoir la hauteur, la profondeur, l'étendue.
Admirables par la variété: Dieu a une infinité de voies
différentes pour conduire les âmes, les conduisant néanmoins loutes au même terme, faisant admirer en cela l’abondance et la variété de ses dons.
Admirables par les grâces qu’elles attirent, par le: les délices qu'elles
effets qu’elles produisent, par renferment, par les prodiges qu'elles opèrent, Ah! si on pouvait voir ce que Dieu opère et produit dans une âme ! non, je necrains pas de le dire, Dieu est grand dans la beauté, l’ordre, la magnificence de ce monde visible ; mais il est encore plus grand et plus adorable dans la conduite d’une âme que dans la conduite de cet univers.
2° Parmi les voies générales de Dieu sur les âmes, È
chaque âme en particulier a la sienne, par laquelle Dieu veut la conduire, et dans laquelle elle doit marcher pour aller au ciel : c’est. la trace qui lui est marquée, c’est le chemin qui lui est ouvert : chacun a le sien : l’un est conduit par celui-ci, l’autre par celui-là. La grâce, à l'entrée de ces voies ‘différentes, appelle les à âmes, el leur fait entendre sa voix : Venez et marchez, voici le chemin que vous devez prendre. Dieu vous attend au terme: dans tout autre, vous risquez de vouségarer.
Si une âme entre dans cette voie ; sielle a le bonheur de la suivre, et d’y marcher fidèlement, quelles grâces abondantes lui sont préparées ! à quelle sublimité de vertu ne sera-t-elle pas élevée ! quels progrès ne fera-
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t-elle pas dans les voies de la sainteté ! à quel degré de gloire n'est-elle pas destinée! Rien de si constant,
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levées ! comme rien de si consolant ; si une âme est fidèle st élevé à suivre l'attrait, à marcher dans la voie que Dieu lui nt-elles a marquée, elle avancera plus dans un jour par ce chemin
que par toutes les autres pratiques d'oraison, de mortificajieu seul tion, de zèle, de pénitence durant des années entières. étendue. 3° Par une raison toute contraire, quel égarement, de volés À quel malheur, si elle vient à manquer la voie qui lui est nt néan- D destinée, ct à s'éloigner du chemin qui doit la conduire! cela l'a- ư Combien d'âmes cependant ont ce malheur, et mettent
des obstacles aux desseins de Dieu sur elles ! Quoi donc! y par es | D qu'ilsoit vrai de le dire, qu’il y a des âmes dont toute la ” qu'elles A vie est une espèce de combat contre Dieu, une résisnt. Ah! tance continuelle à sa grâce, une opposition constante à duit dans D tous ses desseins. Toute leur vie Dieu est à la porte de cest grand À leur cœur, sans que jamais il y trouve entrée : il les e monde D appelle, ‘il les sollicite, il les presse ; il n’a pour elles que lus adort Æ bonté, que tendresse, el il ne trouve dans elles qu’oppopnduite de WE sition et que résistance.
A Dieu avait sur certaines âmes les plus grands desseins, L si elles eussent marché dans la voie qu’il leur avait marquée : telle âme, selon les vues de Dieu, devait vivre dans un recueillement continuel, dans la retraite, le silence et l'esprit intérieur ; Dieu l’avait choisie pour en
les âmes, uelle Dieu cher pour le, c'estle
: l'un SE fire son temple, son sanctuaire, et cependant toute sa grâce, à À vie se passe dans la dissipation, dans l'illusion, dans la es, et leul vanité, les inutilités, les curiosités ; toute sa vie elle conle "chemin triste l’esprit de Dieu.
au terme:
Telle autre, dans les vues de Dieu, devait marcher dans les voies du renoncement, de la ioridéatiét de ses sens, de la mort à elle-même et à tout ; elle devait exprimer dans elle une image vivante de Jésus-Christ crucifié, et présenter les traitset la ressemblance de l’homme de douleur : telle était sa voie. Dieu la lui aurait adoucie par
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l’altrait de ses grâces; pour cela Dieu l'avait choisie ; et, par une voie toute contraire, elle s'écoule, elle se snit, elle se satisfait en Lout, ne se contraint, ne se gène en rien; elle se livre à ses inclinations, à ses goûts, et cela malgré la voie de la grâce, le témoignage de sa conscience, contre les lumières de Dieu. Quel état! quel malheur pour elle! quel éloignement de la voie de Dieu !
Telle autre, dans” les desseins de la Providence, étail appelée à un détachement absolu de tout ; dénûment de cœur, dégagement d’affection, séparation intérieure d'amis, de connaissances, de liaisons ; elle seule, et Dieu seul ; telle était sa voie; et cependant celte âme forme des amitiés, des attaches, des liaisons : rien peut-être en cela d’absolument criminel; mais toujours attaches, amusements, occupalion et parlage de cœur. Depuis longtemps Dieu lui demande ce sacrifice ; il ne lui parle et ne lui fait entendre que détachement, éloignement, solitude, séparation : elle l'entend, elle le voit, elle se le dit : et malgré cela, elle résiste, elle refuse le sacrifiee, elle persiste dans les liaisons et dans les attaches. Qu'’estce que cet élat ? Rien que d'innocent peut-être aux yeux ordinaires, mais élat terrible aux yeux d’un Dieu jaloux, Îl voulait votre cœur, et tout votre cœur ; il voulait être à vous, et que vous fussiez out à lui : pour telle autre il y aurait moins de danger ; pour vous il y a tout à craindre : en négligeant votre perfection, vous mellez en danger votre salut même. :
Telle autre, dans les vues de Dieu, et selon l'attrait de la grâce, était appelée à une dépendance totale et à un saint abandon entre les mains de Dieu: docilité, sow mission, conformité entière à ses volontés adorables : cl loule sa vie elle fait sa volonté, elle suit ses vues, elle dispose d'elle-même, elle se forme le plan et le système de sa conduite; c'est-à-dire, toute sa vie elle résiste à Dieu,
elle se soustrait au domaine de Dieu, elle s’arrache à 1: R
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Providence, elle se rend arbitre de son sort. Ame infdèle, comment osez-vous vivre dans eet état ? comment ne craignez-vous pas d’y mourir? ce serait mourir hors des voies de Dieu. 11 vous én avait tracé une, vous l'avez manquée : celle que vous suivez, où peut-elle vous conduire? Quelques pas que vous aurez peut-être faits sur des fleurs, et à la fin de la course, un abîme funeste : juste, mais terrible punition de vos résistances !
Ce n’est pas que ces âmes, en s’écartant ainsi des desseins de Dieu, et en se soustrayant à ses vues, soient tranquilles dans leur opposition et leur résistance : que de doutes, que de peines, que de remords n'ont-elles pas à essuyer! En vain cette âme veut-elle s’enfuir devant Dieu, et se soustraire à ses justes reproches, Dieu la poursuit partout, et ne lui lâisse point goûter le fruit de ses résistances ; souvent même elle est forcée de se dire à elle-même : Je sens que je résiste à Dieu, que je ne suis pas ce que je devrais être. Quel aveu ! et un jour quelle condamnalion ! |
En quoi consiste donc le malheur de cette âme, le danger, l'illusion, le crime de son état, si elle y persiste ety meurt? Le voici : malheureuse par les infidélités et les péchés qu’elle commet ; malheureuse par les remords de conscience dont elle est déchirée ; malheureuse par les dangers où elle s'expose ; malheureuse par les grâces dont elle abuse ; malheureuse par les alarmes et les terreurs qu’elle se prépare à la mort ; malheureuse par le jugement redoutable qu’elle subira ; malheureuse enfin par les illusions où elle vit dans le temps et par les regrets dont l'éternité sera peut-être suivie.
4° Mais enfin le mal est-il sans remède? et une âme une fois sortie des voies de Dieu, n'’a-t-elle plus le moyen d'y rentrer? Il en est deux ; le regret sincère du passé, et un abandon absolu pour l'avenir entre les mains de Dieu.
Regret intérieur qui afflige, qui pénètre, qui brise le cœur, si souvent, si longtemps, si volontairement infidèle envers Dieu: s’il a été rebelle à la grâce, qu'il se rende docile aux remords.
Regret universel de tant d’oppositions aux desseins de Dieu, de tant de résistances à la grâce, de tant de lumières éleintes, de tant de remords étouffés, de tant de fautes accumulées, de tant d'égarements dans la véritable voie.
. Regret constant, qui dure autant que la vie: âme infidèle! gémissez, ne vous consolez jamais d’avoir si longtemps été opposée à Dieu, d’avoir résisté à Dieu, combattu contre Dieu.
Regret vifet amer, proportionné à la grandeur des in+ fidélités et des résistances. |
Le regret: voilà l'appareil à la plaie du passé: mais pour l'avenir, un abandon total et sans réserve entre les mains de Dieu, une docilité inviolable à sa voix, une fidélité constante à marcher dans la voie qui vous est ouverte. Assez longtemps vous avez résislé; vous vous êtes égarée, désormais laissez-vous conduire ; contentez-vous de marcher : abandonnez-vous entre les mains de Dieu, et laissez-le maître de votre sort. |
A ce prix, et dans ces sentiments, vous rentrerez dans les voies de Dieu, dans la grâce de Dieu, dans le cœur de Dieu. Dieu des miséricordes, il est assez bon pour oublier le passé, pour vous recevoir encore comme si vous ne l'aviez jamais quitté ; pour vous aimer comme si vous ne lui aviez jamais déplu ; pour vous conduire, comme si vous ne vous éliez jamais égarée. Adorez sa bonté, rendez-lui grâces de ce qu’il a bien voulu vous rappeler dans la voie; priez-le de vous y soutenir : marchez-y fidèlement, généreusement, constamment ; vous aurez encore le bonheur d’arriver an terme.
estime,
Le Ja fait :
une cr et qui homme blesse i approu condam devant
Selon humain est l’op} une ser cipe, da ime im fait rou;
Servi servile, dépenda ses actio de pense lumière:
d'approt le mal, « de n’ose même, !
ni liber
(1) Isaïe
ai brise rement e, qu'il
seins de umières à fautes le voie.
me inavoir si à Dieu,
r des in+
sé: mais ntre les ane fidéouverte.
pus êtes tez-vous de Dieu,
rez dans cœur de oublier vous ne vous ne mme Si 3 bonté, rappeler archez-y s aurez