‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 63 sur 112 · IS JOUR · texte numérisé non relu

IS JOUR

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es ; elles ne pèche es fautes se même les ; mais ertante, ependant avec plus dont on

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qui vous survient ; tantôt en vous livrant à des vivacités et des impatiences ; tantôt en vous laissant aller à des vanités, des curiosités, des légèretés : tantôt à des dissipalions, des distractions, des pensées inutiles et étrangères ; tantôt à des railleries, des badinages qui peuvent blesser les autres et les affliger ; en un mot, à des résistances, à des infidélités à la grâce.

Or c'est à l'égard de ces fautes, et autres semblables, dont vous devez gémir, à la vérité, mais dont je dis qu’il ne faut point vous laisser abaitre et décourager : ce serait ajouter un mal à un autre mal, et aigrir une plaie par une autre plaie. L'usage salutaire qu'il en faut faire, c'est de vous en humilier devant Dieu, et de reconnaître votre faiblesse et votre néant ; c'est de gémir, et de les déplorer dans le fond du cœur. Est-il surprenant qu’un si grand fonds de misères produise des misères nouvelles? S'il n'y en a pas de plus grandes, n'est-ce pas un pur effet des miséricordes de Dieu et du secours de sa grâce ?

Qu'arrive-t-il cependant trop souvent? c’est qu’à la vue de ses fautes on s'inquiète, on se décourage, on se laisse abattre : et en conséquence on se néglige, on perd

la confiance en Dieu, on se dégoûte peut-être de la piété,

on s’imagine être dans un mauvais état; on croit qu’on | ne se corrigera jamais de ses imperfections et de ses délauts, qu'on ne pourra jamais se soutenir dans le bien et arriver à la perfection où l’on aspirait ; et mille autres semblables idées et appréhensions qui jettent l’âme dans la pusillanimité et dans la langueur ; et de là on n’ose presque plus se présenter devant Dieu, ou l’on ne s’y présente qu'avec une fausse honte, dans la défiance, dans le tremblement et la crainte qu'il ne s’éloigne, parce qu'on lui a manqué. Ainsi en s’inquiétant tant d’une faute souvent légère, on risque de tomber dans mille autres plus grandes ; on perd le temps dans mille retours de réflexions

inutiles sur soi et sur sa faute. On veut examiner si elle a été volontaire, si on y a pleinement consenti; et cependant plus on s’y arrête, plus on réfléchit, moins on s’entend soi-mêrie. D'un troubie on tombe dans un autre;

d’une imperfection dans une imperfection plus marqnée ; £

l'inquiétude, le chagrin s'emparent d'une âme abailue, la livrent à des agitations et à des perplexités intérieures qui la rendent incapable de tout.

Qu'est-ce que tout cela devant Dieu? quelquefois humilité, douleur, repentir sincère ; et souvent orgueil secret, dépit d’amour-propre, illusion du démon. Est-ce un remède que l’on à pris, ou un nouveau poison que

l'on a jeté sur la plaie? On fait comme une personne À

blessés qui est à chaque instant à considérer sa blessure, à la toucher, et par là même à l'aigrir et à l'envenimèr: ou comme une äutre qui est tombée, et qui, au lieu de se relever, s'arrete à considérer comment elle à pu tomber, et ce qui a occasionné sa chute. Levez-vous el marchez ; prenez garde que le trouble et l'agitation où vous êtes ne vous occasionnent une nouvelle chute encore plus dangereuse.

J'en dis de mêine de l’âme qui est tombée dans quel-, que fauter : relevez-vous, humiliez-vous,et reprenez votre chemin sans délai; © est l unique remède qu’il faut apporter au mal. Ainsi doit-on revenir à Dieu, avec lequel on se réconcilie bien plus aisément par un humble et amoureux relour, que par cette désolation, cette affliction quelquefois tout humaine : par ce découragement, cet abattement plus coupable peut-être que la faute même dont on s’afflige. En tout cela se trouve souvent bien plus d’amour-propre que d'amour de Dieu.

Jedis plus : ce retour simple d’humilité et de confiance honorera plus Dieu que votre faute ne l’a offensé ; parce que dans la faute il y a eu souvent de la surprise, de l’madvertance, de la fragilité ; au lieu que dans le retour

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humble et sincère, la volonté est entière, et la résolution pleine et absolue.

Prenez donc, dit un grand Saint, et suivez invariablement cette règle : tout autant de fois que vous serez tombé en quelque manquement, fût-il encore plus grand, ne vous Jetez point dans un trouble rempli d’amertume et d'enaui; ne vous arrêtez point à d’inutiles et scrupuleux exatvens; mais à l'instant, reconnaissant avec sincérité votre fante, et gémissant avec humiliation de votre fragilité, tournez-vous amoureusement vers Dieu, comme «un énfantvers son père; dites-lui humblement : Seigneur, mon Dieu! j'ai fait ce qu’une âme faible, un pécheur tel que moi, pouvait faire ; et que pouviez-vous attendre de moi, que ces fautes, et d'autres encore plus grandes? J'i-

-rais bien plus loin, sans votre bonté qui me soutient et

qui me relève sans m’abandonner. Je vous rends grâces des fautes dont vous m'avez préservé, et je vous demande pardon de celles que j’ai commises. Ayez encore pitié de moi; et donnez-moi une nouvelle assistance, afin que je ne vous offense plus, et que rien au monde ne me sépare

de vous, que je veux aimer et servir avec plus de fidélité . que jamais.

Cela étant fait, ne perdez point de temps à vous inquiéter, à vous décourager, ou à craindre que Dieu ne vous ait pas pardonné; mais avec paix, avec confiance, reprenez votre route comme si vous ne vous en étiez point écarté. Fussiez-vous tombé mille fois (ce qu’à Dieu-ne plaise), mille fois revenez à Dieu, et avec plus de confiance ; après la dernière faute comme après la première, jetez-vous entre ses bras, avec promesse de ne plus vous éloigner. +

Ainsi honorerez-vous la bonté de Dieu en concevant d’elle une si grande idée. Ainsi ferez-vous triompher sa grâce en la rendant supérieure à toutes vos misères; ainsi tournerez-vous le poison en remède en le faisant servir à

votre guérison; ainsi serez-vous plus élevé peut-être après votre chute que vous ne l’éliez au moment où vous

êles tombé. Bonté de Dieu ! patience de Dieu, que vous |

êtes grande et ineffable, de vous servir de nos misères mêmes pour nous rendre des monuments plus éclatants de vos grandes miséricordes !

Ce n’est pas, après tout, qu’il ne faille éviter les fautes avec toute la fidélité et la vigilance que doit nous inspirer la crainte de Dieu, et plus encore son saint amour. Ce serait une illusion bien grande, ou plutôt un aveuglement bien marqué, de penser que parce qu'on peut meltre un appareil à une blessure, il faille se laisser blesser ; et tom-

ber volontairement dans unt maladie parce qu’il y a un

remède qui peut la guérir.

De là il est aisé de voir comment, avec la grâce d: Dieu, nous pouvons tirer avantage de nos fautes mêmes et comment ces fautes journalières, loin d’abattre notre courage et notre confiance, doivent au contraire ranimer notre vigilance et notre ferveur.

Nous le devons, d’abord par reconnaissance envers Dieu, qui veut bien, par un effet de sa miséricorde inef. fable, nous pardonner et nous recevoir de nouveau. Nous le devons par esprit de pénitence, pour réparer autant qu'ilest en nous, la faute commise et le mal que nous avons fait. Nous le devons par motif de fidélité, parce que, sans celte vigilance, nous serions exposés à tomber bientôt dans quelque nouvelle faute qui serait bien plus triste et plus affligeanté que la première. Nous le devons, pour avancer de plus en plus dans la voie et compenser le temps que nos infidélités et nos fautes nous ont fait perdre par le passé. Nous le devons pour nous meltre plus en état de glorifier Dieu, à qui nous avons eu le malheur de déplaire.

Allez donc, âme pénitente, et continuez votre course. Déjà tout est réparé devant Dieu. L'édifice s’élève plus

haut s précau déploré fait mi confian dire de elle-mé elle-mê sens, he grâce

commis n'est pa moins d:

crets el d'autre celle qu mal, y :

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1, Craig les, humil 2° Toute secret, ce nous-mêm 3° Au su patienter, hunibleme 40 Devar un moindr( dont on n propre.

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haut sur ses propres ruines ; l'ouvrage se consolide par précaution. En serait--on là, si par la faute commise et déplorée on n'avait mieux connu son néant; si on ne s’élait mis en garde contre sa faiblesse ; si on n’avait mis sa confiance et sa force en Dieu seul? Et ne peut-on pas dire de cette faute avec proportion, ce que l'Eglise dit elle-même, felix culpa ? Elle est triste et affligeante par elle-même et par la misère de l’homme : mais, dans un sens, heureuse et salutaire par la grâce el les fruits de la grâce qui en sont occasionnés. Après tout, la faute est commise : et une fois commise, s’il y a un remède, ce n'est pas dans le décou:agement et la défiance, encore moins dans le désespoir, ce ne peut être que dans les regrets et dans la douleur. Dieu même ne peut en exiger d'autre ; et l’homme estincapable d’autre satisfaction que celle qu'offre la pénitence ; toute autre, loin de réparer le mal, y mettrait le comble, en ôtant l'espérance du pardon et fermant la voie du retour.

Avis salutaires.

1, Craignez de commettre des fautes. Sont-elles commises, détestezles, humiliez-vous, recourez à Dieu, et soyez plus fidèle.

2° Toutes nos fautes nous sont utiles, si elles nous Ôtent cet orgueil secret, ce funeste ‘levain d’amour-propre, cette maudite confiance en nous-mêmes.

3 Au sujet des fautes, il ne faut ni se flatter, c’est illusion ; ni s’impatienter, c’est dépit ; ni se décourager, c’est faiblesse ; mais recourir humblement à Dieu : c'est l'unique asile.

4v Devant Dieu une imperfection dont on s’humilie avec sincérité est un moindre mal qu’une prétendue vertu qu’on goûte avec satisfaction, dont on nourrit sa vanité et peut-être sa présomption el son amourpropre.

MÉDITATION SUR LES SACRIFICES JOURNALIERS, Il n’est point de jour dans la vie où il n’y ait quelque

sacrifice à faire ; et souvent chaque jour en présente plusieurs à offrir, Si nous savions en profiter, quel fonds de

mérites ne pourrions-nous pas acquérir. Faudrait-il autre chose que ces sacrifices journahers pour nous rendre saints, et grands saints ?

Je viens vous les offrir, à mon Dieu ! et vousdemanderla grâce de vous les offrir d’une manière digne de vous. Ap. prenez-moi à puiser dans cette source abondante de mé: rites. Je n'en ai négligé la pratique que parce que je n’en connaissais pas le prix.

PREMIER POINT

Que d’occasions de mérites ne nous ménagez-vous pas, à mon Dieu, dans le cours de la journée ! vous nous offrez à tous lesinstanis des trésors, et nous les perdons, et nous permettons que notre négligence vienne nous les ravir.

Dansle cours ordinaire de la vie on a des chagrins à essuyer, des croix à porter. Parmi ces chagrins il y en à de si vifs, de si sensibles, de si douloureux, qu’ils sont toujours présents, qu’ils répandent une amertume continuelle dans l'âme: qu’ils font passer tous les jours de la vie dans la tristesse et le deuil. Mon Dieu ! si on savait les mettre à profit pour le ciel, et vous les offrir à mesure qu'ils se présentent, que de sacrifices de bonne odeur s'élèveraient chaque jour jusqu’à vous !

On est dans un état, et dans chaque état il y a chaque jour des devoirs à remplir ; parmi ces devoirs il y ena de pénibles, de gênants, de bien onéreux. Il y a'des bienséances à garder, des soins à prendre, des attentions à donner, des visites à recevoir et à rendre ; mille occupations, mille assujettissements, autant d'inquiétudes et d’embarras. Îl faut rompre sa volonté, contrarier ses in-

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faire de ce qu'on voudrait ; tout cela inquiète, souvent

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Dans la société et le commerce de la vie, on a à vivre, à traiter avec des caractères, les uns raisonnables et faits pour la douceur dela société; mais les autres, faits pour exercer la patience, et rendre la vie onéreuse, Cependant il faut vivre avec tous, et avec tous conserver la paix et la charité. Or pour en venir là, que n’en coûte-t-il pas, et que ne faut-il pas prendre sur soi chaque j jour : que de violences à se faire! que de sentiments à réprimer : : que de choses à dissimuler ! que de mauvaises manières à essuyer ! en un mot, que de sacrifices à faire, d'autant slus pénibles, que ce sont des sacrifices de chaque jour, souvent de toute la vie!

Vous le permettez, d mon Dieu ! que nous nous exercions les uns les autres, que nous soyons mutuellement notre croix, que nous nous rendions la vie triste, les jours pénibles : dans les vues de votre providence, tout cela devrait servir à notre sanclification; et par le mauvais usage, ou plutôt par l’abus que nous en faisons, tout cela ne sert qu’à notre tourment et à notre condamnation. Les ans sont la croix journalière des autres; et tous conlribuent à se rendre également malbeureux et criminels tous les jours de la vie, par cela même qui pourrait les rendre saints et heureux.

Et sans sortir de nous, sans chercher au dehors des occasjons de sacrifice, combien n'en trouverions-nous pas dans nous-mêmes! combien d’épines naissent chaque jour dans notre propre fonds ! dans combien d'occasions n'arrive-t-il pas qu'il faut s’armer contre soi-même, contre sa vanité, sa vivacité, sa sensibilité ; se taire quand on voudrait parler, parler quand on voudrait se taire; renoncer à ses goûls, vaincre ses répugnances, dominer son humeur, arrêter ses saillies, soumettre son jugement : en un mot, se gêner, se captiver, se contrain-

dre ? On a des incommodités habituelles, des infirm't: journalières; pourquoi se plaindre à tout le monde, à tous les instants, jusqu’à ennuyer, à fatiguer, et à se rendre insupportable à soiet aux autres ? Pourquoi ne pas vous les offrir, à mon Dieu ! et les souffrir entre nous et vous? vous y compaliriez, vous les soulageriez; au lieu que dans les autres on ne trouve souvent qu’une indifférence qui les augmente et une insensibilité qui les aigrit.

On a souvent des inquiétudes intéricures, des croix se. crèles qui affligent l’âme, des chagrins personnels dont on ne peut faire part à personne ; qu'il faut renfermer dans soi, et dévorer dans le secret de son cœur. Si on savait vous en faire la confidence, à mon Dieu ! à vous seul, vous les offrir, s’entretenir avec vous, que ne trouverailon pas dans vous de secours, et pour soi de mérites et de consolations ? |

On se trouve quelquefois dans des états de découragement, d'abattement, de dégoût et d'ennui. On ne sait ce qui inquiète, et on est souvent inquiet ;-on ne sail ce qui

trouble et agite, et on est tout agité, tout troublé. Voilà:

bien les moments, Ô mon Dieu ! où il faudrait recourir à vous, vous offrir le sacrifice de sa peine et de son état, et sans en chercher ailleurs la cause, en trouver en vous le remède. Manque-t-il d'occasions dans la vie et dans li journée de vous faire de pareils sacrifices ? que ne mériteraient-ils pas pour le ciel ?

Tel est mon état, Ô mon Dieu! tel est mon aveuglement et mon malheur. Toute la journée j’ai en main ces trésors, et je les laisse échapper. Ce seraient autant de talents que je pourrais faire valoir au centuple, autant de pas que je pourrais faire vers le ciel, autant de pierres précieuses que je pourrais mettre à ma couronne, et je laisse dissiper tous ces trésors, enfouir tous ces’talents, perdre toutes ces occasions, ravir toutes ces couronnes; et après avoir eu chaque jour mille moyens d'entasser des

richesse née, à que des For lion gé avez été lâcheté, de votre saisisse les voies oucasio se prése profiter,

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VINGT-CINQUIÈMR LECTURE. 263

richesses immenses, je me trouverai à la fin de la journée, à la fin de la vie, les mains vides, ou n'ayant amassé que des trésors de colère.

Formez, d mon âme! formez aujourd’hui une résolulion généreuse et constante d’être aussi fidèle que vous avez été négligente, armez-vous de courage contre votre lâcheté, contre la répugnance de la nature, contre les cris de votre amour-propre ; imitez ces âmes généreuses qui saisissent avidement loutes les occasions de s’avancer dans les voies de Dieu ; soyez-lui désormais plus fidèle. Mille occasions de mériter ont été négligées; mille occasions. se présentent encore de tout réparer, le tout, c'est d’en profiter, et de seconder la grâce qui nous les présente,

SECOND POINT

Mais ces sacrifices, pour les rendre dignes de Dieu, de quelle manière faut-il les faire, et par quels motifs devonsnous les offrir ? Voici, mon Dieu, les sentiments que je prendrai, et dans lesquels je tâcherai de vous les consacrer. Je me dirai à moi-même : Hélas! tous les jours je his des fautes, je commets des péchés ; c’est une grâce que vous me faites d’avoir quelque chose à vous offrir pour les expier ; tous les jours vous m’accordez de nouvelles grâces, vous me comblez de nouveaux bienfaits; quel bonheur pour moi d’avoir tous les jours quelque chose à vous présenter! Tous les jours je suis si attentif à mes commodités, à mes aises, à me procurer des satishctions toutes naturelles ; n'est-ce pas un avantage pour moi d’avoir occasion de me faire quelque violence, de pratiquer quelque mortitication ? je ne les cherchais pas de moi-même: c'est bien le moins que je les reçoive quand vous me les ménagez. Tous les jours je dois avancr dans les voies du salut; vous m'en procurez les moyens, serai-je assez infidèle pour les rejeter et en abuser? Tous les jours, en qualité de chrétien, je dois me

renoncer moi-même, me vaincre, et mourir à moimême. |

Mais surtout, tous les jours je dois vous aimer, et vous donner quelque gage de mon amour. Ne suis-je pas heureux que vous daigniez agréer de si faibles marques ? et ne serais-je pas un ingrat, bien injuste, bien coupable, de vous les refuser ? Quels motifs, et que de motifs! y seraije insensible?

O mon âme! quelle abondante moisson de mérites que Dieu vous présente! soyez attentive à la recueillir. Formez-vous un plan de conduite nouveau ; prenez la résolution sincère de profiter désormais des occasions de sacrifices que vous aurez: chaque jour vous en offrira ; les devoirs, les occupations, les entretiens, les affaires : tout deviendra pour vous une source de sacrifices et de mérites. Tenez pour maxime constante qu'il vaut mieux prendre mille fois sur soi que de prendre une seule iois sur les autres; qu'un léger sacrifice fait à propos peut faire éviter mille fautes et autant de chagrins ; que si on

voulait tout relever, tout prendre dags la rigueur, il fau- :

drait tous les jours en venir aux éclats ; qu'après tout, ou de gré, ou de force, il faudra bien des sacrifices; si on ne les fait 5as à la grâce, il! faudra les faire à la nécessité ; si on ne les fait pas à Dieu, il faudra les faire au monde,

c’est-à-dire, en avoir toute la peine, et en perdre tout le mérite.

PRATIQUES

Point de jour où l’on ne puisse faire quelque sacrifice, offrir quelque rmortification. Dans le repas, se priver de queique chose sans qu’on s’en aperçoive : on y à peut-être fait tant d'excès !

Dans le repos, retrancher quelque chose de son sommeil, si souvent et trop longtemps prolongé.

Hans les habillements, les parures, fairele sacrifice de quelques ornements ; on a tant donné à sa vanité !

On voudrait jeter un coup d'œil; arrête: ses regards.

Un bon mot qu’on voudrait dire ; le supprimer.

Une partie de plaisir où l’on est invité ; trouver un honnête prétexte

nur s’en motion d qu'on no qu'on no cher ! qu cela auta

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VINGT-SIXIÈME LECTURE. 265 sur s’en dispenser. Une parole piquante qu’on nous dit ; réprimer l’émotion de son cœur, et mettre un frein à sa langue. Une indifférence, qu'on nous témoigne, une ingratitude qu’on nous marque, un service qu’on nous refuse ou qu’on nous reproche ; que de paroles à retrancher ! que de sentiments à étouffer ! que de curiosités à réprimer! Tout cela autant de sacrifices, autant d’occasions de mérites,

PRIÈRE

Je le reconnais, à mon Dieu! si on savait souffrir les peines ‘de la journée, de l’état, on trouverait dans chaque état, dans chaque journée sa péntence, son purgatoire, son martyre : sa pénitence à offrir, son purgatoire à souffrir, son martyre à essuyer. C’est à quoi je m’appliquerai désormais ; à ne laisser passer aucune occasion, à faire tous les sacrifices qui s’offriront, à me dédommager par ma fidélité de toutes les fautes que j'ai faites par ma négligence, à devenir aussi vigilant, aussi attentif dans la suite que j'ai été indifférent et infidèlerpar le passé.

J’offrirai ces sacrifices par motif d'amour : rien ne coûte quand on aime ; ou s’il coûte, l’amour le fait porter avec joie. Je penserai qu’au moment où j’offre quelque sacrifice, il est marqué dans le livre de vie. Quel sentiment, quand on pense que le plus léger sacrifice aura une récompense éternelle ! Je me rappellerai que par le passé j’ai fait si peu de chose pour vous, qu’il me reste peut-être si peu de temps à vivre, et beaucoup d'ouvrage à faire. N’est-il pas nécessaire de profiter de tous les instants pour me préparer par des sacrifices légers au dernier et au grand sacrifice ? j’unirai tous les sacrifices que je pourrai faire aux souffrances et aux sacrifices de Jésus-Christ. Toute sa vie n’a été qu'un martyre continuel. Je tâcherai de faire de la mienne un continuel sacrifice.

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