INTRODUCTION
Le spiritisme est venu projeter un jour nouveau sur le problème de la nature de Tâme. En faisant intervenir Texpérimentation dans la philosophie, c'est-à-dire dans une science qui n'employait comme instrument de recherche que le sens intime, il a permis de voir l'esprit d'une manière effective, et de se rendre compte qu'il avait été très mal connu jusqu'alors.
L'étude du moi, c'est-à-dire du fonctionnement de la sensibilité, de l'intelligence et de la volonté, fait percevoir l'activité de l'âme au moment où elle s'exerce, mais elle ne nous dit rien sur le lieu où se passent ces phénomènes, qui semblent
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n'avoir d'autre relation entre eux que celle de la continuité. Les récents progrès de la psychologie physiologique ont, cependant, établi qu'il existe une étroite dépendance entre la vie psychique et les conditions organiques de ses manifestations. A tout état de Tâme correspond une modification moléculaire de la substance cérébrale, et réciproquement. Mais là s'arrêtent les observations, et la science est incapable de nous expliquer pourquoi la matière qui remplace celle qui est détruite par l'usure vitale conserve les impressions antérieures de Tesprit. L'expérience spirite vient à point pour combler cette lacune : elle nous prouve que Tûme n'est pas une entité idéale, une substance immatérielle sans étendue, mais qu'elle est pourvue d'un corps subtil, dans lequel s'enregistrent les phénomènes de la vie mentale et auquel on a donné le nom de périsprit. De même que, dans l'homme vivant, il faut distinguer l'esprit de la matière qui l'incorpore, de même il ne faut pas confondre le périsprit avec Tâme. Le moi pensant est tout à fait distinct de son enveloppe, et ne pourrait pas plus s'identifier avec elle que le vêtement avec le corps physique; cependant, il
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existe, entre Tesprit et le périsprit, les plus étroites connexions; 6ar ils sont inséparables, comme nous le verrons plus loin.
Est-ce à dire pour cela que nous avons trouvé la véritable nature de Fâme î Non, car elle nous demeure encore inaccessible, aussi bien d'ailleurs que Tessence de la matière; mais nous avons découvert une condition, une manière d'être de Tesprit, qui explique une quantité de problèmes insolubles jusqu'alors.
Les conceptions sur la nature de Ta me humaine ont évolué, au cours des âges, depuis la matérialité la plus grossière jusqu'à la spiritualité absolue. Les travaux des philosophes, aussi bien que les enseignements religieux, nous ont habitués à considérer l'âme comme une pure essence, une flamme immatérielle.
Ces vues si diff'érentes tiennent à la manière dont on envisage l'âme. Si on l'étudié objectivement, en dehors de l'organisme humain, pendant les apparitions, elle paraît parfois aussi matérielle que le corps physique. Si on l'observe en soi, il semble que sa seule caractéristique soit la pensée. Toutes les observations de la première catégorie ont été réléguées parmi les
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superstitions populaires et Tidée d'une âme sans corps a prévalu. Dans ces conditions, il devenait impossible de comprendre par quel procédé cette entité pouvait agir sur la matière du corps ou en recevoir des impressions. Comment imaginer qu'une substance sans étendue, et par conséquent hors de l'étendue, puisse agir sur rétendue, c'est-à-dire sur des corps matériels?
En même temps que sa spiritualité, on nous enseigne l'immortalité de Tâme. Comment s'expliquer que cette âme conserve des souvenirs ? Ici-bas, nous avons un corps défini par la forme de notre enveloppe physique,un cerveau qui paraît enregistrer les archives de notre vie mentale ; mais quand ce corps meurt, quand ce sub stratum physique est détruit, que deviendront les souvenirs de notre existence actuelle, où donc se localiseront lés acquisitions de notre activité psychique sans lesquelles il n'est pas de vie intellectuelle possible? L'âme est-elle destinée à se fondre dans l'erraticité, à s'évanouir dans le grand Tout, en perdant sa personnalité ?
Ces conséquences sont rigoureuses, car l'âme ne saurait subsister dans l'espace sans une forme
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qui l'individualise. Une goutte d'eau dans l'océan est indiscernable de ses voisines, elle ne se différencie des autres parties du liquide que si elle est contenue dans quelque chose qui la délimite, ou si, isolée, elle prend la forme sphérique, sans quoi elle se perd dans la masse, et n'a plus d'existence distincte.
Le spiritisme nous fait constater que l'âme est toujours inséparable d'une certaine substantialité matérielle; mais affectant une modalité spéciale, infiniment raréfiée, dont nous chercherons à définir l'état physique. Cette matière possède des formes variables d'après le degré d'évolution de l'esprit, et suivant qu'il habite sur la terre ou dans l'espace. Le cas le plus général est que l'âme conserve , après la mort, le type qu'avait le corps physique icibas. Cet être invisible et impondérable peut parfois, dans des circonstances déterminées, revêtir un caractère suffisant d'objectivité pour affecter les sens et impressionner la plaque photographique, laissant ainsi des traces durables do son action, ce qui met hors de cause toute tentative d'explication de ce phénomène par l'illusion ou Thallucination.
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Notre but, dans ce volume, est de présenter quelques-unes des preuves que Ton possède actuellement de l'existence de cette enveloppe, à laquelle on a donné le nom de Périsprit (de péri, autour, spiritus, Tesprit).
Pour cette démonstration nous ferons appel, non seulement aux spirites proprement dits, mais aussi aux magnétiseurs spiritualistes et aux savants indépendants qui ont commencé à explorer ce domaine nouveau ; en même temps, il nous sera possible de constater que la corporéité de Tâme n'est pas une idée neuve, qu'elle a eu des partisans nombreux depuis que l'humanité se préoccupe de la nature du principe pensant.
Nous verrons d'abord que l'antiquité, presque tout entière, admit plus ou moins cette doctrine ; mais les connaissances que l'on possédait sur ce corps éthéré étaient vagues et incomplètes. Puis, à mesure que se creusait le fossé entre l'âme et le corps, que les deux substances se différenciaient davantage, une foule de théories cherchèrent à expliquer leur action réciproque. Ce sont les âmes mortelles de Platon, les âmes animales et végétatives d'Aristote, Vochenia des
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oostituent une série de documents grande valeur, mais qui ne nous incore une preuve matérielle ; aussi irons que les spirites ont fait tous our fournir cette expérience inattal'ils y sont parvenus. Les photoiprits désincarnés, les empreintes ux dans des substances molles ou noulages de formes périspritales ives authentiques, absolues, irrél'existence de l'âme unie au pénombre en est si grand aujourdoute n'est plus possible, le possède véritablement une enve- , être possible d'en constater la Qt la vie terrestre. C'est effectivelieu. Les phénomènes de dédouêtre humain, que l'on nomme par- Sité, nous ont mis sur la voie. On ils consistent. Un individu étant
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à Paris, par exemple, son image, son double, peut se montrer dans une autre ville, de manière à être reconnu. Il existe, à l'heure actuelle, plus de deux mille faits bien constatés d'apparitions de vivants. Nous verrons, dans le cours de notre étude, par quels caractères spéciaux il est possible de s'assurer de l'objectivité de ces curieuses manifestations psychiques.
Les chercheurs ne se sont pas bornés â l'observation pure et simple de ces phénomènes, ils sont arrivés à les reproduire expérimentalement. Nous constaterons, avec M. de Rochas, querextériorisatiôn de la motricité est, en quelque sorte, l'esquisse de ce qui se produit complètement pendant le dédoublement de l'être humain. Enfin, nous arriverons & la démonstration physique de la distinction entre l'ôme et le corps, en photographiant l'âme d'un vivant, en dehors des limites de son organisme matériel.
Pour tout chercheur impartial, ce colossal ensemble de documents établit solidement l'existence du périsprit. Mais là ne doit pas se borner notre ambition. Nous devons nous demander de quelle matière ce corps est formé.
(TALE DE L' m MORT ALITE
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siologie psychologique transcendante inciter les savants à scruter ce merveilleux domaine I Si nos travaux ont pour résultat d'amener quelques esprits indépendants dans nos rangs, nous n'aurons pas perdu notre temps; mais, quel que soit le résultat de nos efforts, nous sommes assurés que le temps est proche où la science officielle, forcée dans ses derniers retranchements, sera dans l'obligation de s'occuper du sujet qui fait l'objet de nos recherches. Ce jour-là, le spiritisme apparaîtra ce qull est réellement : c'està-dire la Science de l'Avenir.
Gabriel DELANNE.