‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 26 sur 99 · UNE APPARITION · texte numérisé non relu

UNE APPARITION

Dans le cas suivant, il est impossible d'attribuer l'apparition à une idée préconçue, car l'Esprit qui s'est manifesté était complètement inconnu de la dame qui l'a vu. Ce n'est que par suite de circonstances diverses qu'on a pu savoir qui il était, et vérifier son identité. Nous allons laisser la parole à l'auteur de cette narration (1) ;

(1) Pierrart, Revue spiritualiste, 1862, p. 180.

TÉMOIGNAGES DES MÉDIUMS BT DBS BSPRITS 415

Eeich, le l" juin 1862.

Monsieur,

Ma femme ne croyait nullement aux Esprits, et moi je ne me préoccupais pas de cette question. Elle disait parfois : « Je crains les vivant*, mais je ne redoute en aucune façon les morts. Si je savais qu'il y eût des Esprits, je souhaiterais d'en voir, car ils ne pourraient me faire de mal et je puiserais dans cette apparition la confirmation du dogme chrétien qui assure que tout ne s'éteint pas avec nous. *

Nous vivions à la campagne; notre chambre est située au nord, et depuis que nous l'occupions il s'y étaitsouvent produit des bruits singuliers, que nous nous efforcions d'attribuer à des causes naturelles. Une nuit du mois de février de l'année dernière, M"* Mahon fut réveillée par un attouchement très sensible aux pieds, comme si, dit-elle, on lui eût appliqué deux petites tapes. Elle me dit aussitôt: « Il y a quelqu'un ici I > Puis, comme elle était tournée du côté gauche, elle entrevit dans un angle obscur de la chambre quelque chose d'informe qui se mouvait, ce qui lui fit répéter : ^ Je t'assure qu'il y a quelqu'un. »

Je couchais alors dans un lit placé près du sien, je lui répondis : « C'est impossible. Tout est bien fermé et je puis t'afiirmer qu'il n'y a personne parce que, depuis dix minutes, je ne dors point et je sais qu'il règne un profond silence. Tu te trompes. »

Cependant, comme elle se tournait du côté

lONSTRATION EYPËRIHENTALE SE l'iMHOHTAUTË

elle vit distinctement, entre le lit et la , un homme grand, mince, vêtu d'une sorte lucorps à raie et tenant la main droite ;onime un signe de menace. 11 se détaans une demi-obscurité. En présence de parltion, elle éprouva un certain saisisseupposant toujours qu'un voleur s'était indans la maison, et elle me répéta pour la le fois ; « Si, si, il y a quelqu'un ici ! » En temps, et sans perdre de vue un seul

l'apparition, qui conservait son imraobie se mit en devoir d'allumer la bougie.

is le dire, j'avais une telle conviction que ne se trouvait sous l'empire d'une illusion,

quelque rève;.i'étais si bien persuadé que îrsonne étrangère ne pouvait avoir péné- ( l'appartement, où d'ailleurs mon chien e avait fait sa ronde accoutumée, après le 3s domestiques ; le silence était si profond non réveil que, bercé par ma pensée, je eai même pas à ouvrir les yeux. Si ma m'eût dit : « Je vois quelqu'un », c'eiit érent, j'eusse immédiatement regardé ; l'en fut rien. Il fallait probablement que es se passassent ainsi.

qu'il en soit, tout le temps qu'elle mit à

la bougie, l'apparition fut présente devant ec la lumière, elle s'évanouit. Je me levai t détaillé qui me fut fait. Je visitai tout, le regardai ma montre, il était quatre

s lors, divers faits étranges se sont pro-

duits dans l'appartement : bruits inexplicables, lumières vues du dehors par moi aux fenêtres du premier étage lorsque tout le monde était en bas ; disparitions soudaines de pièces de monnaie entre mes mains mêmes ; coups frappés, etc., etc. Mais l'apparition ne se renouvela plus. Il est vrai de dire que nous avions conservé une lampe de nuit.

Dernièrement, étant à Paris, M^^^ Mahon demanda à la lucide de M. Cahagnet si elle pouvait lui faire connaître quel était TEsprit qui s'était manifesté à elle. Voici la réponse qui lui fut faite :

< Je le vois... C'est un homme qui porte une robe de juge avec de grandes manches. > Ma femme objecta qu'il ne s'était point montré ainsi devant ses yeux, à quoi la lucide répliqua : < Il importe peu. Je vous dis que c'est lui que je vois. Il a pris le costume qui lui convenait. Il était juge de son vivant, très processif par nature. Au moment de sa mort, cet homme avait la raison troublée par un procès injuste qu'il était sur le point de perdre. Il s'est alors suicidé aux environs de votre maison. Il est errant. Vous avez parfois dit que vous vouliez voir un Esprit..., il est venu. »

Cette explication ne satisfit que médiocrement M"*'' Mahon, pour qui tous ces détails étaient nouvpanx. Peu de jours après son retour a Luxemb^uirg, étant un soir chez des personnes auxquelles elle racontait la réponse de la lucide, tout le monde s'écria : € Mais c'est M. N... qui s'est noyé dans Tétang tout auprès, il y a plusieurs

JNSTRATION EXrËRiaBHT.tLB DE I.'lS MORTALITÉ

Il était juge..., d'un caractère morose. Il ■ le point de perdre un procès contre l'un eveux... il s'agissait de rendre des comptes le... la tête s'est pei-due... il s'est suicidé. » ament ce qu'avait dit la lucide.

vous cache point quo l'impression fut a sur tous les assistants. .. Je ne dois pas de vous dire que M™' Mahon ignorait, ainsi , cette histoire du fieur N..., et que par ent la lucide n'a pu lire dans son esprit les i précis qu'elle a donnés, is livre !e fait et vous autorise à le publier, ui touche son exactitude, je l'aflSrme sous tie de ma parole.

Edgène Mahon,

ïice-consul de Fraoce.

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