LE TEMPS S
^^ temps, comme l'espace, est un mot défini par lui- ®eme ; on s'en fait une idée plus juste en établissant sa relation avec le tout infini.
y^ temps est la succession des choses ; il est lié à
* éternité de la même manière que ces choses sont liées
* 1 infini. Supposons-nous à l'origine de notre monde, à ^6tte époque primitive où la terre ne se balançait pas encore sous la divine impulsion, en un mot, au com- '"encement de la genèse.
^î le temps n'est pas encore sorti du mystérieux "arceau, et nul ne peut dire à quelle époque de siècles nous sommes, puisque le balancier des siècles n'est pas encore en mouvement.
^ais silence! la première heure d'une terre isolée sonne au timbre éternel, la planète se meut dans l'es- Pace, et dès lors il y a soir et matin. Au delà de la terre, l'éternité reste impassible et immobile, quoique le tempsniarche pour bien d'autres mondes. Sur la terre, le temps ^ remplace, et, pendant une suite déterminée de générations, on comptera les ans et les siècles.
Transportons-nous maintenant au dernier jour de ce ®onde, à l'heure où, courbée sous le poids de la vétusté, la terre s'effacera du livre de vie pour n'y plus l'fiparaître : ici la succession des événements s'arrête ; les mouvements terrestres qui mesuraient le temps s'interrompent, et le temps finit avec eux.
Autant de mondes dans la vaste étendue, autant de temps divers et incompatibles. En dehors des mondes, l'éternité seule remplace ces successions éphémères, et remplit paisiblement de sa lumière immobile l'immensité des cieux. Immensité sans bornes et éternité sans limites, telles sont les deux grandes propriétés de la nature universelle.
L'œil de l'observateur qui traverse, sans jamais rencontrer d'arrêt, les distances incommensurables de l'es-
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pace, et celui du géologue qui remonte au delà des limites des âges, ou qui descend dans les profondeurs de rétemité béante où ils se perdront un jour, agissent de concert, chacun dans sa voie, pour acquérir cette double notion de l'infini : étendue et durée.
Ici encore, la science confirme ces enseignements. Malgré la difficulté du problème, les physiciens, les géologues ont tenté d'évaluer les innombrables périodes de siècles qui se sont écoulés depuis la formation de notre terre, et les plus faibles évaluations montrent combien étaient enfantines les six mille années de la bible.
D'après sir Charles Lyell, qui a employé les méthodes usitées en géologie, — lesquelles consistent à évaluer Tâge d'un terrain suivant l'épaisseur de la couche déposée et la rapidité probable de son érosion, — à la suite de nombreuses observations fiites sur tous les points du globe, plus de triais cents millions d'années se sont écoulées depuis la solidification des couches superficielles de notre sphéroïde.
Les expériences du professeur Bischoff sur le refroidissement du basalte, dit Tyndall (1), semblent prouver que pour se refroidir de 2,000 degrés à 200 degrés centigrades, notre globe a eu besoin de 350 millions d'années. Quant à la longueur du temps exigé par la condensation qu'a dû subir la nébuleuse primitive pour arriver à constituer notre système planétaire, elle défie entièrement notre imagination et nos conjectures (2).
(1) Tyndall, la Chaleur, p. 423.
(2) On sait que le diamètre du soleil était primitivement celui
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st qu'une ride impercep' nense océan des temps.
l'étude de notre planète nseigoements des Esprits