‹ L'ame est immortelle: démonstration expérimentaleChapitre 79 sur 99 · LES FAMILLES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

LES FAMILLES CHIMIQUES

C*est en faisant l'analyse de toutes les substances terrestres que les chimistes sont arrivés à reconnaître qu'elles étaient dues aux combinaisons innombrables d'environ (2) 70 corps simples, c'est-à-

(1) Moutier, Thermodynamique.

(2) Le nombre des corps simples n'est pas encore définitivement arrêté ; chaque jour en fait découvrir de nouveaux, principalement à l'état gazeux : Vargon, le m^étargon, le krypton^ ^ 3:énon, le néon, etc.

3S8 DÉMONSTRATIOIC EXPÉaiMBNTALB DE l'IMMORTALITÉ

dire de 70 éléments que Ton n'a pu décomposer. Il semblerait donc qu'il y a autant de matières diflérentes entre elles qu'il existe de corps simples ; mais c'est là une illusion qui n'est due qu'à notre impuissance à rôduire ces corps en une matière plus simple, qui en serait la base. C'est ce que pensaient Proust et Dumas au commencement du siècle en cherchant, au moyen de la loi des proportions définies, quelle était la substance unique, c'est-à-dire celle dont les équivalents des corps premiers sont les multiples exacts. Dumas est arrivé à montrer que ce n'était pas l'hydrogène, comme on le croyait jusqu'alors, mais une substance encore inconnue, dont l'équivalent, au lieu d'être l'unité, en serait la moitié, 0,5.

Les physiciens partisans de la théorie de l'éther — et ils le sont tous aujourd'hui — vont encore plus loin que les chimistes. La matière inconnue, par cela qu'elle a 0,5 pour équivalent, serait pondérable, même pour les instruments dontl'horame dispose; or, l'éther qui remplit l'univers est impondérable; il s'ensuit que la substance hypothétique des chimistes, laquelle pèserait moitié du poids de l'hydrogène, serait tout au plus l'une des premières condensations ou l'un des premiers groupements de Téther. La matière unique, qui, selon les physiciens, constituerait tous les corps, serait donc l'éther.

« L'étude de la lumière et de l'électricité, dit le père Secchi, nous a conduits à rega^rder cooaame infiniment probable que l'éther n'est autre que la matière elle-même, parvenue au plus haut degré

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de ténuité, à cet état de rareté extrême que Ton appelle l'état atomique. Par suite, tous les corps ne seraient, en réalité, que des agrégats des atomes mêmes de ce fluide » (1).

Ces vues théoriques sont déterminées par un certain nombre de faits chimiques qui sont les suivants ;

P II existe de véritables familles naturelles dans les corps simples ;

2"* Un corps composé, dont on connaît les éléments, peut jouer le rôle d'un corps simple; un corps dit simple peut être décomposé ;

3° Des corps formés exactement des mêmes éléments, unis dans les mêmes proportions, ont cependant des propriétés différentes ;

A'* Knfin l'analyse spectrale révèle l'existence primitive d'une seule substance dans les étoiles les plus chaudes, généralement l'hydrogène.

Examinons rapidement ces faits si intéressants.

Si Ton jette un coup d*œil attentif sur les difï'érents corps simples, on demeure convaincu que leurs divergences ne sont pas d'ordre fondamental, car on peut les grouper en séries de familles naturelles. Cette division, fondée sur des analogies manifestes que certains d'entre eux présentent les uns par rapport aux autres, ofire un avantage que Ton ne saurait méconnaître, car l'étude du corj s le plus important étant faite d'une manière approfondie, l'histoire des autres, sauf quelques faits de détail, s'en déduit naturellement. Cette similitude

(1) Unité des forces physiques, p. 604,

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dans la manière de se comporter montre que ces matières présentent des analogies de composition, donc qu'elles ne sont pas aussi dissemblables qu'elles paraissaient l'être au premier abord.

Cette individualité que présentent les corps simples ne leur est pas particulière, il existe des corps composés, comme le cyanogène, — formé par la combinaison du carbone avec l'azote, — qui jouent dans les réactions le rôle d'un corps simple ; il est clair que si l'on n'avait pu séparer les éléments constituants du cyanogène, on l'aurait classé, lui aus i, parmi b< corps simples. D'ailleurs, avec les méthodes perfectionnées de la science, telles que l'analyse spectrale, on peut déjà se rendre compte quo le fer, par exemple, est formé d'éléments plus simples, bien qu'on n'ait pas réussi jusqu'alors à isoler ceux-ci. Mais ce qu'on n'a pu faire c onr le fer a été réalisé pour Tyttrium par William Crookes. Nous pouvons donc prévoir une époque prochaine où cette démarcation entre les corps simples disparaîtra. La même pui^^sance d'analyse qui a ramené l'innombrable multitude des substances naturelles, minérales, végétales et animales à quelques éléments seulement, nous conduira certainement à la découverte de cette matière unique de laquelle toutes les autres dérivent.

Ce qui nous affirme encore dans ces vues, ce son les phénomènes d'allotropie et l'isomérie.

l'isomérie.

Il existe des corps simples, comme le phosphore, qui présentent de3 propriétés diflérentes, sans

l'unité de la matière

qu'on leur ait ajouté ou retranché la plus petite parcelle de matière. Chacun sait que Je phosphore ordinaire est blanc, vénéneux et très inflammable ; si onTexpose pendant quelque temps à la lumière, dans le vide, ou qu'on 'le chaufle en vase clos, il change de couleur et devient d*un beau rouge, dans cet état il est inoflensif au point de vue de la santé, il ne prend plus feu par le frottement ; cependant l'analyse la plus sévère ne peut reconnaître aucune différence dans la composition chimique du phosphore rouge ou blanc. Le charbon qui peut affecter la forme de diamant ou de graphite ; le soufre avec ses modifications caractéristiques suivant son état; l'oxygène qui devient de l'ozone, tous ces états différents du même corps ont été appelés allotropiques.

Ces caractères si opposés que peut présenter la même substance sont dus à des changements qui se produisent dans son intimité. Les molécules se groupent différemment, en même temps que leurs mouvements se modifient. De là ces variations qui se produisent dans les propriétés.

Ceoi est si vrai que des corps très différents les uns des autres par leurs propriétés, tels que les essences de térébenthine, de citron, d'orange, de romarin, de basilic, de poivre, de persil, sont cependant formés tous par la combinaison de seize équivalents d'hydrogène avec vingt équivalents de carbone.

Cet ordre spécial des particules associées, nommées molécules, est rendu visible par la cristallisation .

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Lorsque Ton songera que tous les tissus des végétaux et des animaux sont formés, principalement, par les combinaisons variées de quatre gaz seulement : Thydrogène, Toxygène, le carbone et Tazote, auxquels s'ajoutent de faibles quantités de corps solides en très petit nombre, on comprendra l'inépuisable fécondité ddla nature et les ressources infinies dont elle dispose par le groupement des atomes pour en faire des molécules, celles-ci pouvant à leur tour s'assembler entre elles avec la même diversité.

Si on complique ces dispositions par les mouvements de translation et de rotation que possèdent atomes et molécules, il devient possible de concevoir que loutes les propriétés des corps sont liées intimement à ces arrangements si divers, si variés et si différents les uns des autres.

L'astronome Normann Lockyer, dans une série de mémoires très remarqués, a fait observer que l'analyse spectrale du fer contenu dans l'atmosphère solaire permet de conclure avec certitude que ce corps n'est pas simple. C'est un groupe complexe dont un métal encore inconnu est la base. Mais il faut les hautes températures de la fournaise ijrdente de notre astre central pour que cette dissociation devienne apparente; aucune température terrestre ne serait capable de la produire.

Cet éminent chimiste des espaces stellaires a étudié les spectres des étoiles, depuis les plus chaudes jusqu'à celles près de s'éteindre, et il a montré que le nombre des corpy simples augmente

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à mesure que la température diminue ; c*est donc qu'ils prennent successivement naissance, puisque chaque masse est isolée dans l'espace et ne reçoit pas de matière de Textérieur.

En somme toute, Tidée d'une matière unique, dont tout ce qui existe dérive nécessairement, est admise aujourd'hui parles savanls, et les esprits qui nous l'ont préconisée sont en accord avec la science contemporaine. Nous verrons si la suite de leur enseignement est aussi vérifiable que leurs premières assertions.

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GHAPITKE III inonde spirituel et les fluides.

E : Les forces. — Thcone mêcaoîque delà chaleur. — rvalioD de l'cneii^ie. — Le inonde spiritueL — L'énergie lluides. — Elude di'tuillée sur les lluides : états solides, ;, gazcuNS, radiant s et ultra -radiants ou lluidique. — Loi ilinuité des étais physiques. — Tableau des rapports de iêre et de l'énergie. — Etude sur la' pondérabilité.

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