‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 26 sur 170 · Introduction · texte numérisé non relu

Introduction

LA METHODE 7o

elle son critérium, à savoir l'expérience. Ell(^ ne reconnaît d'antre autorité que celle des faits et de la raison réunis: elle s'affranchit de l'autorité personnelle.

Le respect mal entendu de l'autorité personnelle est de la superstition et constitue un véritable obstacle aux progrès de la science ; c'est en même temps contraire aux exemples que nous ont donnés les grands hommes de tous les temps. En effet, les' grands hommes sont précisément ceux qui ont apporté des idées nouvelles et détruit des erreurs. Ils n'ont donc pas eux-mêmes respecté l'autorité de leurs prédécesseurs. « J'aime Platon, disait Aristote; mais j'aime mieux la vérité. »

D'autre part, un fait réel nesl rien par lui-même ; il ne vaut que par l'idée qui s'y attache ou par la preuve qu'il fournit. Incontestablement les faits sont les seules réalités qui puissent donner un corps à l'idée expérimentale et lui servir en même temps de contrôle; mais c'est à la condition que la Raison les accepte. La croyance aveugle dans un fait brut qui prétend faire taire la Raison est aussi dangereuse que la croyance de sentiment ou de Foi qui, elle aussi, impose silence à la Raison. En un mot, dans la Méthode expérimentale, comme partout, la Raison est souveraine, à la condition qu'elle s'appuie sur les faits et demande aux faits seuls le contrôle de ses conceptions. L'union de la Raison et des Faits doit être indissoluble ^ .

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