‹ L'âme et le corpsChapitre 1 sur 44 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

2 Baie mire as ZE es nd

= Qt eo le à

# ‘4 ne!

Ce volume est un recueil d’études publiées successivement depuis quelques années dans des Revues périodiques. S’il n’a pas l’unité de la forme, il a cependant celle du sujet.

Deux sciences ont spécialement pour objet la connaissance de l’homme. La physiologie étudie avec les yeux la structure de nos organes corporels, les fonctions qu'ils accomplissent, la vie, principe ou résultat de ces fonctions. La psychologie analyse par la réflexion tous ces faits invisibles et non moins certains qui constituent l’homme un être moral, elle cherche à

connaître et les lois qui les gouvernent et la nature

Il AVANT-PROPOS.

de leur principe. Il est impossible que ces deux sciences se confondent, parce que dans l’alliance de l'âme et du corps chacun conserve sa nature et sa destinée. Mais il ne se peut pas non plus qu’elles marchent toujours séparées et indépendantes l’une de l'autre, parce que, malgré la diversité de leur essence,

le corps et l’âme sont étroitement unis et dépendants.

Dans la plus grande partie de son domaine chacune de ces deux sciences est souveraine absolue, elle a le droit de l’explorer à sa façon, selon sa méthode exclusive, d'affirmer ou de nier sans se soucier de l’approbation ou de la critique de l’autre. La psychologie n'a point à contrôler une théorie de la digestion, ni la physiologie une théorie du raisonnement. Mais il est aussi comme un terrain vague où flottent indécises les limites communes; cette région mitoyenne n’appartent en propre ni à la physiologie, ni à la psychologie; elle constitue le domaine d’une science intermédiaire qui doit réunir, au lieu de les diviser, la psychologie et la physiologie, dont l’une et l’autre doivent fournir les éléments et revendiquer les conquêtes, dont les artisans doivent être les esprits modérés, impartiaux et conciliateurs en qui l'habitude. d'inspecter les organes et d’en disséquer la substance

n'a pas émoussé la vue des choses de l'esprit, à qui la

AVANT-PROPOS. TT spéculation métaphysique n’a pas inspiré un mépris ignorant des choses corporelles. Cette science a pour objet les rapports de l’âme et du corps; elle est le complément nécessaire de la psychologie et de la physiologie, et mériterait même plutôt que l’une ou l’autre le nom de science de l’homme, L'homme, en effet, n'est ni ce corps sans âme que la physiologie fait sous nos yeux respirer et digérer, ni cette âme en peine dont la pure psychologie visite la solitude imaginaire ; ce n’est ni un cerveau sinueux, ni une substance pensante; c'est un esprit qui pense par un cerveau et souffre de la migraine, qui soumet à sa volonté le monde physique, et qui perd la raison et la Kberté

par la fièvre, l'ivresse ou le sommeil.

Nous ne donnons pas ce volume comme un traité des rapports du corps et de l’âme ; mais nous ferons remarquer que les ouvrages où la physiologie et la psychologie sont associées pour l'étude de ce sujet aussi difficile qu'intéressant ne sont pas nombreux encore. Outre que la balance n'y est pas tenue d’une main impartiale entre les deux sciences psychologique et physiologique, ces rares ouvrages ne sont eux-mêmes que des discours détachés, comme le livre de Cabanis, ou des considérations générales et incom-

plètes, comme celui de Maine de Biran. Si les esprits

Er

Lt DT BST dos dt

Er

ani EPRET ARLES SF 2E = 4h ja pugie - d = Œerm © 4 = |

Lo.

+ Ta

iv | AVANT-PROPOS.

les plus distingués n’ont encore fait que des ébauches, il sera bien permis au plus obscur de ne pas remplir tout le programme, d'éviter la forme didactique et d'étudier seulement quelques questions particulières soulevées par des publications récentes ou suggérées

par les caprices de la méditation personnelle.

Page 1