IMBECILLITE OU FAIBLESSE I) ESPRIT
il se ruine souvent, lui et sa famille, par des entrejtéisos'et des spéculations insensées, dans lesquelles il devient la proie do tous les exploiteurs aux aguets de pareille aubaine.
L'imbécillité du sentiment se trahit par l’apathie, par l'indifférence et avant tout par l’absence de sens moral, en particulier de sympathie et de sentiment du devoir (de conscience morale). Cela s’allie souvent avec des appétits égoïstes, brutaux et éminemment antisociaux. Dans cette catégorie des imbéciles purement ou principalement amoraux (surtout dans celle des idiots moraux complets), il faut ranger les criminelsnés et toutes les autres variétés d’animaux féroces à forme
humaine, pour l’égoïsme effréné et passionné desquels la société des hommes n’est qu’un champ d’exploitation. Douésouvent d’une ruse raffinée, l’idiot ou l’imbécile dans le domaine moral sait se draper dans une vertu de façade, accompagnée de belles phrases et souvent môme d’actes humanitaires hypocrites, cachant ses appétits criminels égoïstes sous le manteau d’une charité feinte. L’amoralité peut souvent môme se joindre à un haut degré d’intelligence. C’est ce qu’on voit chez les grands monstres et criminels que l’histoire nous fait connaître. Plus ordinairement, l’imbécillité morale peuple les maisons de force et de correction, ainsi que les maisons de prostitution, de récidivistes dont les passions égoïstes résistent autant à la bonté et à l’éducation qu'aux châli ments, et les pousse toujours invinciblement de nouveau au crime, ou tout au moins aux conflits avec la société. Plus fréquente encore est l’imbécillité moins accentuée du sentiment, dans laquelle on observe simplement une tendance irrésistible à des actes méchants et pervers et une prépondérance anormale des passions communes et basses.
Dans le domaine de l’esthétique, l'imbécillité est représentée par l’absence totale du sens artistique, absence qui, certes, n'est pas rare. Il existe, pa> - exemple, des idiots musicaux qui ne distinguent pas un son musical d’un bruit.
L’imbécillité de la volonté s’exprime, comme son idiotisme,
l68 MALAOIES OU ANOMALIES MENTALES ET NERVEUSES
par l’aboulie cl l'impulsivité. Si l’aboulique ou l’impulsif est à côté de cela normalement ou même bien doué dans le domaine de l’intellect et du sentiment, ces dons ne lui servent de rien ou de presque rien. La paresse et le flegme de l’aboulique l’empêchent d’une façon générale de travailler et de s’intéresser à quoi que ce soit. Quant à l’impulsif, fils de l’instant et de ses caprices, ses actes sont si incohérents, faute de la persévérance la plus élémentaire dans l’accomplissement de ses résolutions, qu’il gâche et détruit tout ce qu’il fait, à mesure qu’il le fait.
Dans la plupart des cas, l’imbécillité se porte sur plusieurs domaines à la fois et livre à notre société un nombre immense d’individus incapables ou de non-valeurs humaines. Néanmoins, beaucoup d’individus dont la faiblesse mentale n’est qu’intellectuelle ou qui sont seulement apathiques et, du reste, bons enfants, peuvent être utilisés à de simples travaux mécaniques agricoles ou autres, et s’y montrer fort utiles, si leur volonté et leur amour du travail sont suffisants, et si leurs passions sont modérées.
Il existe encore une faiblesse de développement ontogénique, l 'asthénie ou faiblesse irritable , qui se combine à toute sorte de troubles nerveux, à la tendance aux convulsions, à l’hyperesthésie, aux paresthésies, aux angoisses, à une précocité anormale dans divers domaines, etc., et qui entrave le développement de l’enfant. Il s’agit, là plutôt d’une faiblesse mentale fonctionnelle, combinée à une irritabilité héréditaire extrême des centres nerveux. Une saine éducation peut beaucoup corriger en pareil cas.
On observe aussi chez les enfants de véritables psychoses ou maladies mentales, analogues à celles des adultes. Elles mettent très fréquemment en danger le développement mental subséquent. L’épilepsie et l’hystérie jouent ici un rôle prépondérant, parfois aussi l'hypochondrie.
Dans le domaine des centres nerveux subordonnés et des nerfs périphériques s’observent aussi des faiblesses eldesano-
IMBÉCILLITÉ OU FAIBLESSE d'f.SPBIT
malies du développement ontogéniquc ([ui entravent ce dernier et ses fonctions. Citons ici certains défauts périphériques de l’articulation du langage, des centres et des nerfs moteurs en général, certains troubles des organes des sens, la surdimutité, le daltonisme, bref toute sorte d’infirmités et d’infériorités des fonctions nerveuses qu’on peut observer sur soimême et sur ses connaissances, et qu’il serait trop long d’énumérer ici.
Quand un individu se montre constamment maladroit de ses mains, est incapable de tout travail artistique, de tout exercice physique, c'est son grand cerveau qui est malade.