‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 2 sur 78 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

L'âme et l'activité du cerveau vivant sont une seule et même chose. Sans doute, on ne peut le prouver par des syllogismes, et les gens qui n'osent regarder les faits en face, de même que ceux qui jurent sur l'autorité, en profitent pour prétendre qu'il s'agit là d'une question métaphysique insoluble, et pour se mettre à cheval sur une équivoque appelée parallélisme psycho-physiologique. Or il ne s'agit pas de métaphysique, puisque le globe terrestre fourmille de cerveaux-âmes, tous à la portée de notre observation. Chacun ne peut observer, il est vrai, sa propre introspection, sa propre psychologie, sa propre âme, sa propre conscience, son propre subjectivisme (tous ces termes signifient à peu près la même chose) que sur lui-même. Mais, grâce au langage, la « monnaie » de la pensée, et aux observations biologiques des actes des autres, on arrive par analogie à se rendre plus ou moins exactement compte de l'état d'-âme de ses semblables et même de celui des animaux supérieurs. Or la méthode d'induction ou de raisonnement par analogie est précisément la méthode scientifique.

Nous avons le droit d'affirmer aujourd'hui avec Copernic que la terre et les planètes tournent autour du soleil, et que ce ne sont pas les planètes, le soleil et les étoiles qui tournent autour de la terre. Cependant la chose n'est pas prouvée avec l'absolutisme du syllogisme mathématique. On peut encore, avec Ptolémée, dire le contraire. Seulement les faits observés

concordent avec la théorie de Copernic, tandis qu'il faut inventer les échafaudages de mouvements les plus invraisemblables des astres, en particulier des planètes, pour maintenir la théorie de Ptolémée. A.vec celle de Copernic, on peut, on outre, prédire à coup sur les événements astronomiques el même découvrir de nouveaux satellites avant de les avoir vus, en observant les aberrations les plus infimes dans les mouvements des astres.

Eh bien ! il en esl de même en ce qui concerne l'hypothèse du dualisme qui considère lame et l'activité cérébrale comme deux choses, el celle du monisme scientifique ou hypothèse de l'identité, qui les considère comme une seule el même chose. Le dualisme, c'est la théorie de Ptolémée qui conduit à d'absurdes contradictions et exige de- croyances mystiques sans aucun fondement scientifique, dès qu'on veut vérifier les faits à son aide. A l'aide du monisme, au contraire, tout s'explique clairement et sans contradictions, comme le mouvement des astres avec la théorie (\i- Copernic. On peut même souvent calculer et prédire les réactions psychologiques. Voilà pourquoi nous sommes en droit d'admel I re le monisme comme démontré, jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on ail prouvé qu'il existe de- âmes sans cerveau el des cerveaux vivants sans âme.

Donc notre psychologie, el par conséquent aussi dos sentiments moraux el noire volonté, sont l'expression ou le reflet interne de la vie de notre cerveau. Pour ces raisons si sim pies, que le mysticisme religieux s'est efforcé de compliquer a plaisir, nous sommes obligés de considérer tous les phénomènes de la psychologie humaine connue du domaine de l'hygiène du système nerveux, c'est-à-dire du cerveau qui en esl le grand centre. En particulier les question'- d'hygiène sociale ou d'hygiène de la race sonl en même temps de- questions de morale.

L'hygiène populaire doit mettre toute personne douée d'une certaine <\><-'- d'éducation el de bon sen^ en étal d'éviter

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