‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 56 sur 78 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

A. Hérédité et, Blastophthorie. — Autrefois un bavardait beaucoup sur ce chapitre et l'on s'avouail finalement qu'où n'y comprenait pas grand'chose. Peu à peu cependant la science s'en est emparée et a éclairci la question à bien des égards. On peut dire qui- beaucoup de causes agissenl ensemble pour provoquer la pluparl des cas de maladies mentales. (Iliaque fois qu'on examine à fond les causes d'un cas particulier, on en arrive le plus souvenl à trouver que la disposition héréditaire esl la principale. C'est «lu moins le cas de toutes les affections qui ne soûl pas produites directement par des blessures du cerveau, des infections microbiennes ou des intoxications. Mais ce qu'on oubliai! autrefois beaucoup trop de se demander, c'est : « h'<»ù provient la prédisposition héréditaire? Pourquoi tanl d'hommes arrivent-ils au monde avec une finir disposition aux troubles nerveux el mentaux? La réponse : « Parce que leurs parents ou leurs ancêtres étaienl aliénés ou nerveux . ne satisfait pas, car on demande immédiatement : « l)'<>ii pro venait donc la maladie el la disposition des dil> ancêtres .' Il faut bien que la prédisposition morbide ail un début, que quelque chose vienne l'insinuer dans la unième héréditaire normale que les organismes <>nl acquise par l'engraphie el

HÉRÉDITÉ ET BLASTOPHTHORIE 1*J(J

qui a été sélectionnée par le combat pour la vie. On est donc obligé de se demander quelles sont les causes qui, dans un groupe ou une génération donnée d'animaux ou d'hommes, créent ou entretiennent la disposition des descendants à devenir névrosés ou aliénés. Comme seul ce qui modifie ou altère le protoplasma des germes (voir chapitre V) est capable de s hériter, les maladies locales purement acquises du système nerveux ne peuvent comme telles créer de dispositions pathologiques héréditaires. Comme, en outre, les dispositions pathologiques héréditaires ont une tendance à disparaître au bout de quelques générations par ce qu'on appelle la régénération, lorsque les organismes qui en sont atteints vivent dans des conditions saines, une dégénération progressive suppose nécessairement des causes progressives aussi, ou tout au moins des causes agissant toujours à nouveau ; on ne peut pas la construire à la seule aide de dispositions ancestrales pathologiques, héritées à l'infini.

C'est surtout dans les asiles d'aliénés qu'on a étudié l'hérédité nerveuse. Selon les statistiques, on trouve des tares nerveuses chez les procréateurs et les parents les plus proches dans les 4° u &° P- IO° des cas d'aliénation mentale. Ces statistiques reposent néanmoins sur des données si peu exactes et sur des bases si peu sûres, qu'on ne peut pas en faire grand cas. J'ai engagé dans le temps Mlle J. Koller, docteur en médecine (actuellement Mme Thomann), à faire dans sa thèse de doctorat une comparaison soigneuse entre l'ascendance de 4oo aliénés et celle de 4oo personnes normales. Les personnes normales se trouvèrent aussi fortement tarées d'hérédité que les aliénés (surtout sous forme d'affections mentales et nerveuses) dans les lignes collatérales et dans l'ascendance indirecte. L'apoplexie, la démence sénile, la destruction organique du cerveau en général, accusèrent même une fréquence aussi grande dans L'ascendance directe des gens normaux que dans celle des aliénés. Par contre, l'ascendance directe (père et mère) des aliénés se trouva bien plus forte-

ii i«i 1 1 atteinte d'idiotisme, de caractères singuliers, de inaladies mentales et d'alcoolisme. Si l'on réfléchil à ce qui vient d'être dit, on voit que notre statistique n'a pu mettre an jour qu'une seule cause productrice de nouvelles tares mentales et nerveuses chez les germes sains : l'alcoolisme. Il en existe d'autres sans aucun doute. La statistique récente de 0. Diem, basée sur les mêmes principes que celle de .1. I\<>I1<t. arrive au même résultat. 11 existe sans doute d'autres causes, mais elles ne -ont pas assez fréquentes, ou trop peu claires, du moins chez non- en Suisse, pour s'exprimer par «le- chiffres, si nous en exceptons toutefois le crétinisme, endémique dans certaines contrées.

Quoi qu'il en soit, il est déjà suffisamment triste de voir les dispositions nerveuses anormales des procréateurs, acquises préalablement parleurs ancêtres, se transmettre à leurs descendants. Les anomalies qui viennent très tôt au jour, comme l'idiotisme et l'épilepsie, sont d'ordinaire l'expression d'une dégénérescence profonde des engrammes héréditaires du système nerveux. Il eu est de même des psychopathies constitutionnelles ou caractères anormaux notre second groupe). Les chiffres prouvent aussi que ce sont ce- all'ections qui existent le plus soin cul chez les parent- de- aliéné-. L'enseignement fort -impie qui découle de ces faits est que les hommes dont la mentalité cl le système nerveux sont fortement anormaux, cl surtout ceux chez lesquels ils sont de valeur inférieure, ne devraient pas procréer d'enfants. Saut' l'alcoolisme, le- maladies mentales dites acquises tarent un peu moins les descendants ; elles proviennent néanmoins elles-mêmes en majeure partie d'une prédisposition héréditaire, récidivent lie- fréquemment cl disloquent ordinairement la vie «le famille à un Ici point, que quiconque a été aliéné ne devrait jamais procréer d'enfants, à l'exception de certains cas spéciaux «lu- a des causes purement extérieures.

Lien peu de gens comprennent encore pourquoi un indh idu

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déséquilibré ou fou provient parfois de parenls el d'ancêtres apparemment sains, sans que l'alcoolisme de l'un d'eux soit venu créer une nouvelle lare. Et Ion ne comprend guère mieux pourquoi les enfants des fous el des ivrognes ne sont pas tous fous ou déséquilibrés. Ce point mérite un éclaircissement, car de pareils cas sont tout aussi bien le produit de l'hérédité que ceux chez lesquels on reconnaît facilement et directement cette dernière. Jamais deux frères ou deux sœurs ne sont absolument identiques. De même, le fait que par exemple douze enfants des mêmes parents, provenant de races différentes, diffèrent extrêmement entre eux, surtout quand il s'esl produit de forls croisements pendant plusieurs générations dans leur ascendance, prouve indubitablement la variété qualitative des combinaisons mnémiques ancestrales dans la provision des cellules germinatives de chaque individu mâle ou femelle qui viennent à se conjuguer. Certaines de ces cellules contiennent plus d'engrammes ou des engrammes plus forts de tel ou tel ancêtre ou lignée ancestrale que d'autres, chez lesquelles en revanche prédominent les engrammes d'autres lignées.

Il est donc évident que les caractères d'un individu dépendent énormément des combinaisons particulières de la mnème héréditaire de chacune des deux cellules (mâle et femelle) qui se sont par hasard et précisément conjuguées pour lui donner naissance. Or il peut arriver qu'une combinaison malheureuse accumule ou combine précisément les côtés faibles ou les tares pathologiques de certains ancêtres de façon à faire naître une anomalie complète ou une valeur absolument inférieure, tant aussi bien qu'inversement, dancêtres fort ordinaires ou même assez défectueux, peut naître un descendant fort remarquable par une heureuse combinaison et accumulation d'engrammes ancestraux bien choisis. Ce sont là des faits si patents e! si journaliers qu'ils sont indéniables. Nous sommes même obligés d'admettre que les différents organes et les diverses qualités d'un individu sont

combinés en proportions fort diverses d'engrammes de différents ancêtres, et qu'ils les développent ou les ecphorenl très inégalement. Un homme peut par exemple combiner la forme du nez d'un bisaïeul paternel avec l'imagination de sa grand'mère maternelle, el ainsi de >uite. On tomberait néanmoins dans une grave erreur en déduisant de ces faits un dogme métaphysique faisant tout remonter au « hasard » ou au contraire à la « fatalité ». Plus le nombre des facteurs de mauvaise valeur ou pathologiques et de certaines prédispositions néfastes de l'énergie des ancêtres et des procréateurs directs est considérable, plus grande est la probabilité de la naissance de descendants défectueux, anormaux, détraqués ou aliénés. Plus au contraire les ancêtres et les procréateurs directs se composent d'hommes normaux et supernormaux, c'est-à-dire fortement doués à tous les égards, plus le nombre des produits de valeur sera grand. L'hérédité simple en revient donc à un calcul des probabilités. Un cas particulier ne prouve rien du tout. Il s'agit là d'approximation, et l'on peut seulement dire que les descendants de procréateurs normaux et capables à la fois, «piand ces derniers n'empoisonnent et ne maltraitent pas les germes de leurs glandes1 sexuelles, sont composés en grande majorité d'individus normaux et capables, tandis qu'au contraire les descendants de cerveaux décidément inférieurs et pathologiques seront en majeure partie aussi des incapables et des individus pathologiques. Ce n'est qu'an bout de plusieurs générations qu'une vie normale et -aine peut améliorer petit à petit la qualité d'une race ainsi dégénérée.

Il n'est pas difficile de voir que, dans nos procréations el nos mariages contemporains, nous transgressons misérablement les lois naturelle- de l'hérédité, et que les hommes de la pire qualité sont précisément ceux qui souvenl se reproduisent le plus. Nous ne voulons certes pas dire qu'il faille chercher à ne procréer que de- génies! Mai- au moins devrait on s'efforcer de favoriser la procréation d'individus utiles.

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sains, animés de sentiments de sympathie et de devoir, persévérants et travailleurs, en lin doués d'un bon équilibre mental. Dans son histoire de la science et des savants. Alphonse de Candolle a prouvé parles faits que l'esprit scientifique et les hautes facultés mentales en général s'héritent, et combien il est faux de prétendre le contraire. Les descendants d'hommes distingués sont en moyenne bien plus distingués que ceux des imbéciles, et inversement. Notre sélection sociale est déplorable et crée perpétuellement une foule d'individus pathologiques et incapables. Voir aussi Fr. (laiton. Toute influence qui empoisonne ou lèse les germes, et qui vient par conséquent poser la base de la dégénérescence héréditaire dans un groupe vivant jusqu'ici sain, peut être désignée du terme général de blastophthorie (détérioration du germe), et la façon dont elle agit sur ses descendants immédiats, de celui de fausse hérédité. Fausse, parce que ce ne sont pas les qualités préexistantes d'un ascendant qui se transmettent à un descendant, mais parce que, de la détérioration des éléments ou engrammes mnémiques du germe procréateur, naissent pour la descendance des qualités pathologiques ou inférieures, par déviation des déterminantes du germe. Une fois développées, ces qualités, fixées provisoirement dans la ninème, se perpétuent dans les générations subséquentes par hérédité ordinaire ou vraie. La blastophthorie (1) est donc la pire forme de l'hérédité, parce qu'elle donne toujours de nouvelles impulsions tendant à une dégénérescence progressive de l'espèce. En outre elle ne se contente pas de créer des maladies du système nerveux ; elle fait dégénérer tous les organes du corps (voir chapitre Y,

(1) Cotte notion répond à des faits pathologiques. Les expériences de Standfuss et d'autres chez les papillons ont, par contre, fait connaître une transformation physiologique phylogénique de la ninème des germes, transformât ion obtenue à l'aide d'agents physiques comme la chaleur et le froid, et qu'on pourrait désigner, pour la distinguer de la blastophthorie, du terme de « blastométaplasie ». Toute véritable hérédité est blastogène.

Ontogénie). Le type principal dé la blastophthorie dans nos pays civilisés est l'alcoolisme héréditaire, el c'est lui qui est certainement la cause primordiale d'un nombre immense, sinon «In plus grand nombre, des anomalies el maladies mentales. Les preuves expérimentales son! là pour le prouver; citons-en quelques-unes :

i° Diverses sociétés d'assurances sur la vie en Angleterre, en Ecosse et en Australie, assurent les abstinents d'alcool dans une classe spéciale, les séparanl de ceux qui consomment cette substance ; elles n'assurent jamais les buveurs immodérés. Eh bien ! si Ton représente par 100 p. mole nombre des morts prévues par le calcul des probabilités basé sur la mortalité générale, la section 'les abstinents n'accuse que

70 p. 100 de morts, sur 90 p. 100 à 99 p. 1 lans la section

des dérés. Gomme ces sociétés son! mutualistes, il en

résulte que les abstinents reçoivent un dividende qui diminue leur prime à payer du l5 au 20 p. 100. Ce résultai ne varie guère depuis 5o ou 60 ans.

2° Environ la moitié ou les trois quarts des idiots el épileptiques proviennenl de parents ou du moins de pères alcooliques (voir par exemple la statistique de Bicèlre .Je ne répète pas celle de Mlle .1. Koller, docteur en médecine.

3° Les expérience- faites sur les animaux par Hodge, Comberaelle, Marillier el Laitinen prouvent à n'en plus douter que les descendants d'animaux artificiellement alcoolisés se composent en grande partie d'avortons ou d'individus dégé nérés ou non viables (hydrocéphales, rachitiques, mortnés, etc. .

V' Demme, à Berne, et d'autres ont obtenu des résultats semblables en étudiant les descendants de familles d'ivrognes. Demme. médecin célèbre de l'hôpital des enfants de Berne, ;i étudié la postérité de dix familles nombreuses don! le père

et une pallie de> aiicèl res s'étaient ;idoliliés ;'i lu buisson, el

l'a comparée è celle de dix au 1res familles dont l'ascendance, s;in- être abstinente, avait au moins été sobre.

HEREDITE KT BLASTOPHTHORIE 20à

Le premier groupe (buveurs engendra T»j enfants, dont 12 moururent peu après la naissance de faiblesse générale. 8 devinrent idiots, i3 furent atteints d'épilepsie ou d'autres convulsions, 3 de diverses infirmités corporelles, 2 de surdimutité, 5 devinrent ivrognes avec complication d'épilepsie et de chorée, 5 devinrent nains. 9 seulement sur 57 se développèrent normalement, tant de corps que d'esprit. Chez 7 de ces derniers, le père seul avait été ivrogne, tandis que la mère et l'ascendance paternelle n'avaient présenté aucun cas d'alcoolisme. Parmi les 3j enfants dont la mère était buveuse et dont l'ascendance paternelle avait aussi présenté des ea^ d'ivrognerie, 2 seuls demeurèrent normaux.

Le second groupe (gens sobres) engendra 61 enfants, dont 3 moururent de faiblesse générale et 2 de gastro-entérite peu après la naissance. 2 de ces enfants furent atteints de chorée, 2 autres de difformités corporelles, et 2 d'un retard de développement intellectuel, sans cependant être idiots. 5o se développèrent d'une façon entièrement normale.

Ajoutons que les dix familles d'ivrognes ne présentaient pas de tares héréditaires prononcées au point de vue de l'aliénation mentale et des maladies nerveuses. Chez l'une d'elles seule, 2 frères du père étaient épileptiques et un troisième était un homme exalté. Chez une autre 1 frère du père était aliéné. Chez un troisième, la mère se suicida à la suite de l'ivrognerie et de l'inconduite du père. Voilà tout. Nous venons de voir par la statistique Koller que l'ascendance de div familles saines prises au hasard présentera tout autant de tares.

5 Se basant sur les résultats du dernier recensement suisse qui a constaté la présence de 9.000 idiots dans notre pays. Bezzola ;i calculé pour eux deux courts maxima de conceptions, l'un à l'époque «le la vendange et de ses suites immédiates, et l'autre à celle du carnaval, tandis que le maximum général des conceptions normales se trouve en été et dure longtemps. Dans les cantons viticoles, le maximum de-; con-

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ceptions d'idiots est considérable et presque uniquemeni concentré sur l'époque des vendanges. L'époque de la con ception ;i été calculée en remontanl neuf mois eu arrière de celle de la naissance qui esl indiquée sur les cartes de recensement.

6° Le physiologiste von Bunge, à Bâle, a entrepris une sla tistique considérable pour rechercher les causes de l'incapacité croissante des femmes ;ï allaiter leurs enfants. Les résultats en son! frappants, el montrent que l'alcoolisme des parents y joue le rôle principal. lien esl de même île-; résultats «l'une statistique analogue entreprise par lui pour reconnaître les causes de l'aliénation mentale. <le la disposition à la tuberculose, de celle à la carie dentaire, etc. Partout on voit l'alcool tarant les descendants au premier chef.

7° Tout dernièrement, II. -E. Ziegler el M. Fuhner uni prouvé que moins de 1 p. 100 d'alcool éthylique dissoul dans l'eau de mer suffit pour ralentir le développement «les embryons d'oursins, que 2 p. 100 causent déjà des monstruosités et "les arrêts considérables de développement, H que \ p. 100 empêchent tout développement ultérieur «les cellules conjuguées.

8° Enfin les autopsies «If- cadavres démontrent à toul médecin qui veut ouvrir les yeux l'action destructive «!«' l'alcool sur le- tissus du corps, <l«' même que l'étude «l«is malades lui fournil les mêmes preuves sur les tissus vivants. Ajoutons qu'en Suède et en Norvège, pays qui étaient les plu- alcool i ses <-l les plus dégénérés pendant la première moitié «lu dixneuvième siècle, la réforme anti-alcoolique énergique quia eu lieu il y a cinquante ans environ n'a pas eu seulement pour effet d'arrêter la progression «les maladies mentales et de diminuer considérablement le nombre «II'- crimes, maian--!, el spécialement en Suède, où le- deux périodes sont mieux tranchées, de faire augmenter considérablement le nombre des jeunes homme- propre- au service militant'. Ce fait s'est accentué dans le courant «le- dernières années Bur

HEREDITE ET BLASTOPHTHOBIE "<>/

les génération" nées d'hommes plus sobres, depuis la réforme, et cela si bien, que, malgré l'emploi du même étalon, le nombre des recrues inaptes au service, qui était de 29 p. 100 il y a cinquante ans, est. tombé maintenant à 19 p. 100. Dans nos pays de l'Europe centrale, l'augmentation de l'alcoolisme produit au contraire une augmentation du nombre des recrues incapables ou inaptes. La chose se voit plus distinctement encore chez les peuplades sauvages, autrefois robustes, et actuellement dégénérées par suite de l'usage de l'eau-de-vie qui leur a été octroyée par les Européens. Tels sont les Indiens et les nègres d'Amérique, les Malais, etc.

Mais d'autres intoxications, telles que celles de divers narcotiques, de la syphilis, de la tuberculose, etc., peuvent aussi provoquer la blastophthorie des germes. Il en est de même de la vie de fabrique, de l'emprisonnement dans un mauvais air, de la nutrition insuftisante et de tous les genres de vie exclusifs ou malsains. A cet égard, les chiffres concernant spécialement le système nerveux nous font défaut. Ce dernier dégénère toutefois avec les autres organes du corps, tout aussi bien que l'intoxication alcoolique ne se limite pas au système nerveux, mais fait aussi dégénérer les autres tissus.

A propos de l'hérédité des anomalies mentales, signalons encore celle de la disposition au crime, déjà citée au chapitreVIl à proposde l'imbécillité du sentiment et spécialement de l'imbécillité morale. Le célèbre « criminel-né » de Lombroso n'est autre que l'amoral ou imbécile moral à tous ses degrés et dans toutes ses variétés. La majorité de nos civilisés qui commettent des crimes est plus ou moins disposée héréditairement au crime, ce que la jurisprudence ignore encore ou feint d'ignorer le plus souvent dans la pratique, quand même en théorie elle commence à se rendre à l'évidence des faits. Si l'on pouvait rendre la société abstinente d'alcool et empêcher les natures criminelles de se reproduire, on obtiendrait un résultat social bien supérieur à celui de

■>oS CAUSES DES MALADIES MENTALES El NERVEUSES

toute- n<>- lois pénales el civiles. C'est là un fait qui est du ressort de l'hygiène, mais dont l'étude nous mènerait trop loin. Je renvoie donc à mes ouvrages sur la Question sexuelle 1 i el sur le Crime et les anomalies mentales constitutionnelles 2 . ce dernier fait avec la collaboration du professeur Mahaim.

B. Causes générales prédisposantes de l'évolution ontogénique. — L'âge el le sexe comportenl la prédisposition à certains troubles mentaux. L'enfance tend, non- l'avons vu, aux psychoses et aux névroses ontôgéniques r' groupe du chapitre Vil , ainsi qu'à l'épilepsie. Les psychoses el névroses du \ groupe sont au contraire particulières à un âge avancé, tandis que l'âge fort et moyen est surtout disposé à celles du 3e groupe. Mais ce sont principalement certaines causes d'affaiblissement <jui, survenant à certains moments de la vie de la femme, ont la particularité d'éveiller le^ prédispositions héréditaires pathologiques latentes, de les envenimer, ou même de faire éclater des psychoses aiguës. Les couches, la ménopause (l'âge de la cessation des règles , les menstrues elles-mêmes el la grossesse agissent toutes dans ce sens. Beaucoup de psychoses s'exacerbent charpie fois

pendant les règles, ou mê se reproduisent périodiquement

chaque fois à leur retour. La plupart des accès morbides neurocymiques, ainsi causés chez les femmes, sont aigu- el curables. Ceux de la ménopause offrent néanmoins un pronostic ''H somme n n tins lion que les antres, sans être mauvais.

('.. Causes acquises. - i <'.\i ses pi rement corporelli - i i matérielles. — Telles sont :

a Toutes les intoxications (3' groupe C du chapitre Ylh. Dans ce groupe la forme de la maladie dépend directement de sa cause, c'est-à-dire du genre d'empoisonnement. Nous ne

1 1 Paris, < ■. Steinheil, 190a, • édition 1906.

1 îenè\ <•. KUndigi i<i<'.;.

CAUSES ACQUISES 2CKJ

parlons naturellement pas ici des troubles mentaux et nerveux déterminés indirectement chez les descendants d'alcooliques par la blastophthorie dont nous venons de parler, mais seulement de l'intoxication directe du système nerveux, surtout par l'alcool, la morphine, etc., ainsi que par les auto-intoxications. Nous avons déjà signalé l'importance de ce groupe.

b) Infection par des microorganismes. — La syphilis, la fièvre typhoïde, le choléra, la grippe, la rage, les bactéries septiques, la tuberculose, etc., peuvent tous s'attaquer au système nerveux, en particulier au cerveau, et provoquer ainsi des maladies mentales et nerveuses parfois mortelles, fort souvent chroniques et curables, parfois aussi incurables. Nous rappelons l'importance de la paralysie progressive et de l'ataxie locomotrice, dues à la syphilis.

c) Troubles spéciaux de la nutrition. — Je ne signale ici que pour mémoire la goutte, le myxœdème (crétinisme), etc., déjà mentionnés comme groupe nosologique.

c?) Un genre de vie anormal, l'isolement dans de mauvais locaux, les occupations malsaines, les mauvais logements, l'alimentation insuffisante, bref, tout ce qui fait dépérir la santé générale de l'homme et trouble sa nutrition, rend aussi le cerveau moins résistant et prédispose par là indirectement aux troubles mentaux et nerveux. Ce sont néanmoins encore ici les gens tarés d'hérédité nerveuse qui succombent le plus souvent, tandis que les autres dépérissent et meurent bien plutôt à la suite de lésions d'autres organes. On peut comprendre sous le présent chef les psychoses par épuisement (voir chap. VII).

e) Toutes les blessures directes et les maladies organiques locales du cerveau, les commotions, les déchirures du tissu cérébral, les tumeurs, les apoplexies, etc., font, il va sans dire, partie des causes immédiates de psychoses acquises. Mais les blessures fortuites du cerveau n'ont aucune action héréditaire quelconque, ni ordinaire ni blaslophthorique. Elles n'ont aucune action sur les germes, ni par conséquent sur les desi ur.i.L. i'i

•>1<> CAUSES DES MALADIES MENTALES El M.ltVi.i SES

cendants du malade, pas plus qu'elles ne sont elles-mêmes causées par des tares ancestrales.

/ Certains troubles nerveux qui ressemblent à l'hystérie, parfois même à la paralysie générale, mais qui sont l'effet direct de blessures graves el se produisent en particulier à la suite d'accidents de chemin de fer, méritent une mention spéciale. On les appelle névroses el psychoses traumatiques, et la question des dédommagements à payer par les sociétés d'assurances contre les accidents joue souvent un grand rôle dans leurs conséquences; elle influence même parfois sérieusement leur cours. Du reste, il s'agit là quelquefois de cas très graves, et l'on accuse souvent forl injustement le malade de simuler, delà n'infirme naturellement pas la contre-partie. Dans les cas légers surtout, les malades exagèrent souvent et simulent même à dessein certains symptômes, pour obtenir une plus forte prime de dédommagement. Ce qui est plus fréquent néanmoins, c'est que les névroses tiaumaliques s'aggravent inconsciemment par autosuggestion, le malade se frappant sur son état et s'apitoyant sur lui-même.

Les névroses et psychoses traumatiques se produisent assez souvent par simple commotion, sans qu'il y ait d'hémorragie ni de lésion anatomique visible du Cerveau. Mais d'autres fois elles sont dues à des déchirures el à des hémorragies du tissu nerveux produites par contre-coup.

2° Causes purement psvcuioues neurocvmioues). — Nous avons prouvé au chapitre 111 qu'il n'existe rien de purement psychique. Ce qu'on entend par causes psychiques, ce sont des agents irritateurs qui provoquent dans le cerveau des orages neurocymiques fonctionnels, parce qu'ils soûl associés aux pensées, soit directement, s<>il ;'i l'aide des »\ tnboleë des sens, et qu'ils peuvenl ainsi déclancher des émotions profondes ou de longue durée. Je dis à dessein des émotions, car les activités purement intellectuelles ou volontaires û'agjssenl presque jamais ou seulement très exceptionnellement comme causes concomitantes directes d'affections

mentales ou nerveuses. Quand elles agissent, c'est en provoquant des états émotionnels. Les sentiments et les émotions jouent donc ici le grand rôle. Les causes dites psychiques agissent d'une façon purement dynamique, c'est-à-dire neurocymique, par irritation nerveuse. Il s'ensuit qu'elles ne peuvent provoquer d'emblée que des troubles fonctionnels et non des troubles organiques dans le sens indiqué plus haut. Quiconque a saisi la portée des chapitres précédents comprendra en même temps comment de pareilles causes dites psychiques peuvent faire éclore des psychoses ou des névroses.

Je renvoie tout d'abord à ce que j'ai dit au chapitre I sur la suggestion. La suggestion et l'autosuggestion jouent en effet ici un rôle énorme, car, grâce à la dissociation et au monoidéisme qu'elles produisent, l'afflux émotif, associé à une représentation quelconque, est capable de s'enfler d'une façon formidable et non seulement de provoquer ainsi des effets durables, mais encore de demeurer sous forme de trace indélébile et latente, c'est-à-dire d'engramme puissant pendant des années (sous le seuil de la conscience), dans le cerveau où il constitue une « blessure toujours ouverte ou plaie psychique » (plaie de l'âme). Exemple : Un enfant se promenant au crépuscule est épouvanté par un farceur qui se présente à lui sous forme de fantôme ou de diable. L'effroi associé à la représentation du fantôme demeure comme engramme dans la mémoire du pauvre petit, réapparaissant avec elle dans ses rêves. Plus lard, l'enfant est pris de frissons d'effroi ou de terreurs convulsives chaque lois que le plus léger indice ou l'événement le plus banal vient éveiller à nouveau ce souvenir et rouvrir ainsi la plaie. A la suite de pareilles blessures psychiques, on voit se produire des hallucinations, des obsessions, des phobies, des crises hystériques, etc. La vie entière, surtout celle du sentiment, peut devenir malheureuse et l'humeur empoisonnée à la suite d'un seul fait de ce genre. Les rapports sexuels, en particulier les attentats sexuels

et l'excitation de l'imagination erotique sonl mie cause très fréquente de pareilles blessures du sentiment, surtout chez les enfants et les jeunes filles. De simples réflexes digestifs peuvent agir d'une façon semblable, Une indigestion survenue à la suite de l'abus d'un fruit ou d'un mets, surtout dans l'enfance, peut produire un tel effet, que la simple odeur ou même la vue dudit fruit ou mets provoque dès ce moment, et parfois pendant de nombreuses années, un dégoût profond ou même des nausées. Les prédispositions individuelles héréditaires à l'autosuggestion la suggestibilité exagérée, en un mot) jouent encore ici un grand rôle, comme le montrent pour la plupart les cas suivants que j'ai observés moi-même :

Un homme marié devient aliéné (paralytique généra! à la suite de syphilis). Un érotisme dément le pousse au début de sa maladie à faire une tentative de viol sur sa fille de quatorze ans. L'enfant encore innocente n'y comprend rien et ne s'en fait guère de souci. La mère, par contre, s'en excite violemment ; son émotion est telle qu'encore six ans après elle* soutire de graves insomnies, d'excitation mentale violente e d'émotions profondément déprimantes à la suite de celle aventure, tandis que la jeune fille, devenue adulte dans l'intervalle, est demeurée complètement tranquille et gaie, el s'efforce de tranquilliser sa mère. Ce curieux contraste entre la mère el la lille s'explique par deux raisons : a) au moment où l'acte en question se passa, la mère en comprit la portée, la fille pas, ce qui explique l'émotion violente de la première seule : 6) la fille est de par son caractère plus normale que sa mère el possède un meilleur équilibre mental.

A la suite de l'idée de ne pouvoir dormir el de l'effort anxieux l'ail pour s'endormir activement Mine cause fréquente de l'insomnie), une jeune ouvrière souffrit pendant un an cl demi d'insomnie totale. Je réussis à la guérir,à l'aide de la suggestion hypnotique.

Un monsieur se suggère petit à petit que toute émotion lui

occasionne la diarrhée, et la chose devient pour lui une vraie torture ; il n'ose plus aller en chemin de fer, etc. Pour empêcher la chose, il prend journellement de L'opium. L'opium n'arrête, en réalité, que temporairement la diarrhée par paralysie de l'intestin, et, quand on l'emploie longtemps, il finit par déranger la digestion et par provoquer même des selles liquides. Je guéris entièrement et définitivement le malade en combinant la suppression de l'opium avec des suggestions appropriées contre la diarrhée. D'autres personnes s'autosuggèrent, au contraire, la constipation et l'entretiennent en employant perpétuellement des purgatifs qui déshabituent le système nerveux central de déclancher l'innervation normale nécessaire à la défécation.

Beaucoup de troubles des menstrues, de douleurs de la matrice, d'affaiblissements de la puissance sexuelle masculine, d'attaques hystériques et même de psychoses complètes, sont le résultat de simples autosuggestions. Toute une série de troubles nerveux se guérissent par voie suggestive, de même qu'ils se sont, sans aucun doute, produits par suggestion ou autosuggestion. Citons ici une foule de cas d'incontinence de l'urine (enfants qui se mouillent), qu'on attribue souvent à tort à la mauvaise volonté. Une bonne partie de la véritable éducation pédagogique repose sur la suggestion bien corn" prise et exercée au bon endroit ; elle constitue le meilleur remède aux mauvais plis des enfants, mais elle n'est efficace qu'associée à la sympathie et à la confiance, tandis que tout ce qui provoque l'antipathie l'empêche.

Un monsieur me fut amené à l'asile des aliénés parce qu'il avait brisé dans son hôtel toutes sortes d'objets, sur l'ordre que lui avaient donné des voix (hallucinations). Il me déclara être poursuivi par des esprits qui lui donnaient desordresabsurdes, entre autres celui de détruire de l'innocente vaisselle, etc. Il convenait de l'absurdité de ses actes, mais déclarait être obligé de les accomplir pour que les esprits le laissassent tranquille. Ii raconta qu'aux Etats-Unis il avait été dans une société despi-

•?lri CAUSES DES MALADIES MENTALES ET NERVEUSES

rile- el y avait appris à voir cl ;'i entendre des esprits. Comme son jugement était, du reste, forl sain, nous en conclûmes que ce qui paraissait être du délire de persécution lui avait été simplement suggéré par les représentations spirites el s'était ensuite fixé par l'habitude dans son cerveau. Je le fis venir à mon cours d'hypnotisme, et j'hypnotisai devant lui nombre de personnes pour l'impressionner. Finalement, je l'hypnotisai lui même, lui déclarant avec autorité que je chassais Ic< esprits «le son cerveau, que ma puissance était plus grande que la leur, et que. dès maintenant, il n'entendrait plus jamai- di voix et demeurerait en sanlé. Profondément frappé de ce qu'il m'avait vu faire, il tomba immédiatement en somnambulisme el fui guéri en une seule séance ce qui, soit dit en passant, est très exceptionnel .

C'est surtout chez les hystériques qu'on voit îles psychoses complète- éclore par suggestion et autosuggestion et se guérir par la même voie. .l'en ai observé de nombreux cas.

Le docteur S. Freud, de Vienne, a fondé toute une doctrine et toute une méthode thérapeutiques sur l'effet autosuugestif <\e^ émotions. 11 désigne l'effet persévérant et latent ou subconscient d'une émotion violente, cause de blessure psychique (voir ci dessus) du terme d' « ('■motion enserrée ■■ eingeklemmter Aflekt . Il prétend que les malades ont la plupart du temps oublié l'émotion qui fui la cause primitive du mal, el il croit devoir la chercher dantoute sorte de cas où le malade ne se souvient de rien, en lui donnant dans l'hypnose des suggestions appropriées, en cherchant à reproduire la situation primitive, à la faire rêver I nouveau, el à la supprimer ainsi par suggestion tranquille santé. J'accorde pleinemenl la lésion due aux • émotions enserrées . mais je prétends que le malade s'en souvienl le plus souvent à l'état de veille ; que Freud, en exagéran( énormément celle cause <\r maux nerveux et surtout en la généralisant aux cas où le malade ne se souvienl de rien, sug gère lui même souvent à ses malades toute sorte de choses

plus nuisibles qu'utiles, surtout dans le domaine sexuel. Le mécanisme de ces cas n'est pas si simple. Chaque cas (diffère des autres. Il faut individualiser soigneusement, si l'on veut découvrir les conditions psychologiques souvent si complexes et si embrouillées de pareilles affections. Ce qui est certain' c'est que si l'on conquiert peu à peu la confiance entière de pareils malades, on finit d'ordinaire par apprendre la vraie cause de leur trouble nerveux ou psychique. On découvre alors souvent qu'il s'agit, en effet, de l'action suggestive ou autosuggestive puissante d'anciennes émotions, surtout d'émotions pénibles qui se sont nichées et fixées dans le cerveau, influençant et troublant plus ou moins toutes ses fonctions ou du moins plusieurs d'entre elles. Mais on aurait tort de s'y trop appesantir et surtout d'y faire s'appesantir le malade, car alors on renforce l'effet nocif, au lieu de le combattre.

On entend par infection psychique quelque chose qui en revient à une variété de la suggestion. Beaucoup d'aliénés sont souvent si puissamment fanatisés et entraînés par leur délire systématisé, et en même temps si bien doués ou si énergiques, et si suggestifs dans toute leur personne, qu'ils réussissent à inoculer, c'est-à-dire à suggérer leurs idées délirantes à toute une série de personnes saines d'esprit, en particulier à leurs proches. C'est ainsi qu'on voit des gens jusqu'ici raisonnables être contaminés à tel point par les idées délirantes de leur époux, de leur mère, de leur père, de leur frère aliéné, qu'ils croient aveuglément à toutes les absurdités que ceux-ci débitent, en font l'apologie, se mettent à la suite du malade et finissent par se conduire d'une façon aussi folle et aussi inaccessible à toute raison que lui. Dans plusieurs de ces cas, surtout lorsqu'il s'agit de frères et de sœurs, il est difficile de distinguer si les psychoses survenues subséquemment à celle du premier malade doivent être attribuées plutôt à une infection psychique mutuelle, ou si la cause principale ne gît pas plutôt dans les racines communes d'une tare héréditaire fami-

2lG CAUSES DES MALADIES MENTALES ET NERVEUSES

liale. En général alors, les <lcn\ facteurs agissent ensemble el se provoquent l'un l'autre. Los cas dans lesquels le mari contamine sa femme ou la femme son mari, sont, par contre, plus typiques el reposent indubitablement sur une action suggestive. Ils ne sont pas si rares qu'on ne serait tenté de le croire, et l'individu suggéré n'est pas toujours curable. 11 esl curieux d'observer à quel point l'infecté ou les infectés croient, pensent, parlent el agissent sans volonté propre, imitair comme des phonographes les absurdités les plus atroces. La séparation la plus complète et la plus durable, qui esl le seul remède, ne guérit malheureusement pas toujours les victimes de l'infection. Il faut certainement posséder un degré assez fort de prédisposition héréditaire pour pouvoir être infecté de la sorte. On a nommé ces cas « folie à deux, à trois, à quatre, etc. ».

Beaucoup de maladies nerveuses peuvent se propager ainsi par infection ou imitation. C'est, en particulier, le cas des attaques hystériques, de la chorée, des maux de tète, des troubles de menstruation, ete. Il se produit ainsi parfois de véritables épidémies d'affections de ce genre dans certains internats, dans certaines écoles, dans certaines familles, dans certaines villes, etc. Enfin, on voit de temps à autre des popu lations entières être suggérées et entraînées par des aliénés. qui se considèrent eux-mêmes comme les prophètes d'une nouvelle religion. Tel fut dernièrement le cas à Kekskemét, en Hongrie, où un fou entraîna à sa suite une foule de femmes, en leur suggérant les apparitions du Saint-Esprit qu'il voyait dans la fumée de leurs habits bridés dans un fourneau. Les émotions intenses, même gaies, peuvent produire directement et immédiatement des psychoses chez les prédisposés. Fins d'une personne esl devenue folle en gagnant le gros lot ou en voyanl revenir un fils ou un époux qu'elle avait cru mort. Mais c'est bien plus souvent le décès d'un être chéri, une perle subite de fortune, un incendie, etc., qui risquent >\<déterminer l'éclosion d'une psychose. En somme, néanmoins,

tous ces cas sont plutôt rares, et si l'on en parle beaucoup, c'est parce qu'ils produisenl chaque fois une puissante impression. Lorsqu'on les examine soigneusement, on trouve le plus souvent qu'ils ont pour base une assez forte prédisposition héréditaire.

Les excitations du sentiment qui se répètent à chaque instant, ou qui sont de nature persistante, sont plus fréquemment encore la cause de troubles nerveux ou psychiques. Citons les disputes de ménage, les soucis pécuniaires pour la vie de tous les jours, les grandes spéculations, les chagrins d'amour ou de famille, les anomalies et les malheurs sexuels, les plaies d'amour-propre et de vanité, les maladies corporelles torturantes, etc. Mais quand on en arrive au fait el au prendre, il devient en général extrémementdifficile de prouver que l'événement de ce genre mis en avant soit véritablement la cause fondamentale de l'affection mentale ou nerveuse. Lu effet, les phénomènes émotifs dont il s'agit se produisent le plus souvent là où des défauts hérités ou des singularités de tempérament et de caractère (chap. VII, groupe a) viennent leur fournir une base. Dans quelle proportion faut-il alors accuser du mal la disposition héréditaire, et dans quelle autre l'émotion chronique ou aiguë? Cette question est facile à poser, mais il est bien rare qu'on puisse y répondre nettement. Selon ses opinions personnelles, le médecin fera prévaloir plutôt l'un ou plutôt l'autre des facteurs. En général, on est enclin à exagérer l'action directe des états affectifs et à tenir trop peu compte de la prédisposition héréditaire. En effet, un cerveau normal et bien équilibré supporte les émotions les plus violentes, et même les plus répétées et les plus durables, sans en devenir malade. Signalons encore ici de nombreux faux diagnostics établis par des médecins qui ne connaissent pas le cerveau, et qui considèrent des troubles dyspeptiques, menstruels et autres causés par une psychose, comme étant au contraire la cause de cette dernière. Cette confusion entre la cause et l'etîet est malheureusement jour-

•l> CAUSES l>i:s MALADIES MENTALES ET NERVEUSES

nalière el fail qu'on laboure les innocentes muqueuses de l'intestin, de la matrice, <'l<\, pour des maladies dont le siège est au cerveau.

11 est, par contre, hors de doute que certains genres de vie, qui réagissent profondément sur toute l'émotivité humaine. déterminent facilement l'éclosion d'affections mentales. C'est axant tout l'isolement absolu de toute société humaine, tel que l'isolement cellulaire des prisons et la vie d'ermite dans une ferme écartée, dans un déserl ou dans une fond. Par son action nuisible sur le sentiment, une pédagogie exercée à rebours, en donnant à l'enfant de mauvaises suggestions, peut aussi faire grand tort à son système nerveux. Un mysticisme exalté peut de môme faire tomber les prédisposés dans la mélancolie ou dans la folie religieuse systématisée. L'éducation surchauffée de l'intelligence, à l'exclusion de celle des sentiments et de la volonté, qu'on laisse s'atrophier, produit souvent des hommes anormaux, aux idées fausses et malsaines, on laisse au moins dormir les bonnes dispositions et se développer les mauvaises. Nous reviendrons plus lard sur ce point .

.')' Causes psychiques mixtes. — Il y a des facteurs fonctionnels nuisibles auxquels on peut tout aussi bien attribuer le qualificatif de corporels que celui de mentaux. Je nomme par exemple les troubles du sommeil. Le sommeil est un état à la fois psychologique el physiologique. Le cerveau épuisé exige

absolument un état de repos de ses neurones pour se refaire. Pour conserver la santé et se maintenir à l'état normal, il faut donc un sommeil suffisant. Lorsqu'on empêche ou dérange perpétueilemenl le sommeil, lorsqu'on veille très longtemps et qu'on travaille la nuit, on trouble l'équilibre mental, c'est-à-dire l'activité cérébrale, el l'on peut ainsi provoquer de- affections mentales ou nerveuses tenaces. Toute insomnie, qu'elle soit cause ou effet des troubles cérébraux, mut tlonc à la santé de cel organe en l'épuisant. 11 en est de môme de tous le- surmenages cérébraux exclusifs et exa-

CAUSRS ACQUISES 219

gérés, sans entraînement préalable suffisant. Nous en avons signalé quelques-uns.

La vie sexuelle peut nuire aux fonctions nerveuses de différentes façons :

i° En excitant perpétuellement le cerveau d'une façon purement psychique (grand cerveau), à l'aide d'images sexuelles qui finissent par le remplir et devenir de véritables obsessions ;

20 Par une passion exagérée de jouissance sexuelle, qui de son côté peut léser le système nerveux de diverses façons : a )à l'aide d'émotionsvioIentesquis'yassocient,commeramour méprisé, la frayeur des diverses suites de l'acte sexuel, telles que les grossesses, les maladies vénériennes, les scènes dramatiques, les poursuites judiciaires (ces dernières en particulier dans les perversions sexuelles), etc.; b) par l'épuisement du système nerveux et les pertes séminales, suites directes des excès sexuels. Dans la masturbation, des sentiments dépressifs de honte viennent encore s'y ajouter, et il en est de même dans beaucoup d'autres anomalies ou perversions sexuelles.

Enfin, et il faut le déclarer nettement ici, on eonfond souvent les effets indirects de l'acte sexuel, comme avant tout les maladies vénériennes, avec les effets directs de l'acte en lui-même. La vérité est que l'excès sexuel à lui tout seul, même lorsqu'il est dû à un appétit anormal, ne nuit directement que fort peu au système nerveux d'un homme du reste sain. Il ne provoque guère qu'un peu d'épuisement, de fatigue, et quelquefois une sorte d'hébétude. Ce qui nuit le plus, ce sont les malheureux effets sociaux des excès sexuels, les émotions qui s'y rattachent et les maladies vénériennes qui s'ensuivent si souvent. Néanmoins, l'hyperexcitation trop répétée de l'appétit sexuel a. surtout chez l'homme, certains mauvais effets qu'on ne peut nier, quoique les facteurs suggestifs et affectifs qui lui sont associés y jouent le plus grand rôle. Les maladies vénériennes réagissent de leur côté directement en créant des psychoses spécifiques (voir plus haut'

Syphilis . el indirectement en ruinanl la santé corporelle el le bonheur des ramilles, parfois entre autres en causanl l'infection d'un conjoinl par l'autre, puis en provoquant des états affectifs pénibles à la suite de toutes ces misères.

I). Observations générales. — Ce qui vienl d'être <lil fera comprendre la complication énorme des causes des maladies nerveuses el mentales dans chaque cas particulier. Il est fort rare qu'une cause agisse seule. Comme stock principal, nous reconnaissons la disposition héréditaire, el comme cause fondamentale primaire de celle-ci les lésions du proloplasma germinatif, parmi lesquelles les intoxications, avant tout l'intoxication alcoolique, jouent le rôle principal. A cela s'ajoutent d'autres conditions malsaines d'existence, les infections, les blessures et des étals affectifs. Gomme l'hygiène du système nerveux a pour lâche principale d'éliminer les causes des maladies mentales et nerveuses, nous devons non-- demander si des expériences et des statistiques d'une nature générale ne viennent pas nous indiquer le chemin à suivre. Il est certain qu'on ne peut empêcher toutes les causes nuisibles d'agir. On n'évitera jamais les blessures du crâne et du cerveau, suites d'accidents; on n'arrivera pas à supprimer les maladies d'infection, ni les suggestions, ni les émotions. Mais, si nous réfléchissons au fait que la disposition héréditaire morbide du cerveau est la cause fondamentale du mal, ci qu'elle prépare ci favorise énormément l'effet de presque toutes le- autres causes, n<>u- avons le devoir de rechercher ses causes principales, pour les combattre.

Dans presque tous les pays civilisés non- observons une progression effrayante des maladie- mentales et nerveuses. D'après le- documents fournis par le bureau de statistique du canton de Berne, il y existait, en 1871,2.804 aliénés (5 p. 1.000 de la population tandis qu'en îqo-i on en a compté ',. *•'!*'» 8,2p. looo). Et pourtant, dans !<•- deux dénombrements on a procédé d'après les mêmes principes: le second

n'a pas été l'ait plus soigneusement que le premier, à ce que m'assure le chef du bureau de statistique, M. Muhlemann.

Précédemment, on avait déjà constaté une augmentation aussi forte, sinon plus forte, dans le canton de Zurich. Mais ici il faut bien dire que le second dénombrement avait été plus précis que le premier. Dans l'Europe centrale, on observe partout un phénomène analogue. Les asiles d'aliénés et les sanatoriums pour maladies nerveuses poussent partout comme des champignons. Le nervosisme, l'insuffisance intellectuelle, les défauts de caractère, L'impulsivité et la faiblesse de volonté, les troubles nerveux de toute espèce, en un mol, rivalisent à l'envi pour entraver et compliquer notre vie sociale, pour rendre les hommes malheureux, et pour surcharger de travail ceux qui sont encore en bon état. Le nomlire des suicides augmente en conséquence. Les crimes sont loin de diminuer, et leur caractère pathologique devient de plus en plus patent et fréquent. On essaye souvent d'expliquer tous ces faits en disant qu'on prête plus d'attention aujourd'hui aux phénomènes morbides nerveux qu'on ne le faisait autrefois, qu'on soigne mieux les malades, qu'on enferme plus souvent les mauvais sujets, et que par conséquent l'augmentation n'est qu'apparente. Nous ne voulons pas niella justification partielle de cet argument, en particulier poulies maladies mentales, qui étaient autrefois moins comprises. Mais il ne suffit absolument pas pour expliquer les faits, et il faut bien se garder de fermer les yeux aux autres côtés de la question et de les taire.

Autrefois, dans le « bon vieux temps », on ne faisait pas autant de procédure qu'aujourd'hui avec les êtres incapables et mauvais. Un grand nombre d'individus pathologiques, dont l'aliénation mentale n'était pas très évidente, et qui lésaient la société par leurs tendances perverses, leurs crimes el leurs brutalités sexuelles, leur ivrognerie, ou encore par le vol ou l'assassinat, étaient décapités ou pendus haut et court. L'affaire était vite faite, et en un sens couronnée de succès

car ces individus ne pouvaient plus se reproduire, ni infester ultérieurement la société de leurs actes pervers cl de leurs germes dégénérés. D'autres périssaienl de faim, de misère et d'incurie. On tuait et brûlait même les aliénés proprement dits comme sorciers. Tout cela n'est pas si ancien. 11 n'y a pas besoin de remonter à plus de deux siècles, ce qui ne fait pas beaucoup de générations. Notre humanitarisme actuel, partant d'excellentes intentions, mais souvent fort mal appliqué, s'efforce au contraire d'élever soigneusement tout ce couvain dépravé et dégénéré aux frais de l'État cl des gens charitables. Puis il les laisse se marier et se reproduire tant et plu-, tandis (jue les homme- les plus sains, les j,]Us forts, les plus normaux et les plus intelligents sont envoyés à la guerre comme chair à canon, ou immobilisés en temps de paix comme soldats dansles casernes, comme domestiques des gens riches, etc. j ce qui les empêche longtemps de se marier. Beaucoup de pauvres filles sont en outre livrées à la prostitution, et une foule d'hommes bien portants se livrent eux-mêmes à l'alcoolisme, de sorte que, lorsqu'ils se marient plus lard, ils apportent dans le mariage les pire- sources de la dégénérescence à leur postérité. Lorsqu'ils sont attrapés, les plus mauvais compagnons des deux sexe- parmi les criminels se tirent d'affaire avec quelques années de prison, et continuent ensuite à commettre librement leurs méfaits, posant dans tous les coins du monde des enfants illégitimes, qu'ils abandonnent à l'assistance publique, aux orphelinats, aux enfants trouvés, etc. Faut-il encore s'étonner que les produits d'une sélection faite aussi complètement à rebours vienne partout remplir de détraqués dangereux, ou au moins nuisibles, les asiles dont non- parlions?

.Mais le pire de tout, ce qui pousse la mauvaise sélection a sa plus haute puissance, c'esl l'alcoolisation systématique de l'humanité, grâce à une coutume dont l'âge est sans doute très vénérable, mais qui n'en est pas moins devenue une peste suraiguë de la civilisation moderne, par suite de la pro*

duction de l'alcool à des prix dérisoires, à la technique perfectionnée qui permet de le conserver en masse, et an développement du transit qui fait qu'on peut le transporter facilement partout. De ces faits, il est résulté que son usage a augmenté presque partout d'une façon effrayante et l'a rendu accessible aux plus pauvres diables. L'alcoolisme chronique est devenu par là une maladie sociale moderne de tous et de tous les jours, ce qui n'était nullement le cas des orgies occasionnelles de nos ancêtres dans leurs fêtes. Le gain facile que l'État et les capitalistes firent de l'industrie alcoolique, fait que ces deux puissances sont devenues volontairement sourdes et aveugles au mal social qui en résulte. Elles ne voient que leur budget à alimenter et que leur poche à remplir d'or. La sirène du peuple qu'est l'alcool est le moyen le plus commode d'y arriver rapidement, de sorte que la majorité, qui se compose toujours et partout des égoïstes, des indifférents et des lâches, ne se lasse jamais de chanter hypocritement les louanges de l'alcool, ni de se moquer des abstinents qui le combattent. Qu'on veuille bien considérer les effets du monopole de l'alcool en Russie et même dans la petite Suisse, si fière de ses libres institutions. Le peuple russe s'alcoolise à bras renforcés depuis l'institution du monopole, grâce aux efforts hypocrites du gouvernement, qui d'une main jette quelques millions en pâture à l'opinion publique en instituant des maisons de thé et des fêtes sans alcool, tandis que de l'autre main il gagne cent fois plus pour son fisc en poussant le peuple à la consommation de l'alcool. En instituant le monopole de l'alcool, le peuple suisse avait destiné un dixième de son produit à la lutte contre l'alcoolisme dans ses causes et dans ses effets. Mais c'était là une manœuvre, peut-être inconsciente, des inventeurs du monopole. En fait, et sous des prétextes aussi futiles qu'hypocrites, la plupart des gouvernements cantonaux emploient même ce dixième presque en entier dans leur intérêt fiscal, le détournant de son but légal et primitif à l'aide de prétextes sophistes.

•2\l\ CAUSES DES MALADIES .MENTALES ET NERVEUSES

( )n s'en serl pour bâtir des asiles de fous et des prisons, pour soigner les ouvriers de passage, pour faire l'éducation de l'enfance abandonnée et pour boucher tant et tant d'autres trous des budget s cantonaux, en choisissant naturellement ceux qui font le moins mauvais effet. Quelques louables exceptions ne font que confirmer la règle ! Là où il y a eu amélioration dans l'emploi de cette dîme, cela a été dû à l'action privée îles sociétés d'abstinence et à leur pression morale. Mais, surtout dans certains cantons à vignoble, particulièrement dans le canton de Vaud, les personnages officiels, même ceux qui sont préposés à l'hygiène publique, n'osent pas affronter les intérêts de la viticulture, ni ceux des marchands de vin et des cabaretiers qui « font » les électeurs. Pour flatter ces industriels, qui vivent de 1 empoisonnement du peuple, on affecte ostensiblement de se moquer des abstinents, de les traiter d'exagérateurs et de fanatiques, au nom même de l'hygiène, et l'on refuse sous de fallacieux prétextes tout subside de la dîme alcoolique aux sociétés d'abstinence, qui seules combattent sérieusement l'alcoolisme. Voilà ce que sont les motifs inavoués ou si l'on veut les lâchetés des officiels. Dès lors, qu'attendre d'eux!

Que dil la statistique, là où elle est capable de parler honnêtement? Je renvoie à ce que j'ai dit dans le présent chapitre sous la lettre A. La diminution énorme de l'alcoolisme en Norvège, en Finlande el même en Suède depuis cinquante ans a eu pour effet de faire cesser l'augmentation des maladies mentales el de faire accroître, au contraire, le nombre des recrues aptes au service militaire. Ce fait est corroboré par le fait inverse, qui nous montre partout la dégénérescence mentale et nerveuse de la population augmenter le plus fortement dans les pays où l'on boit le plus. Que veut-on de plus clair? Qu'on consulte la carte de France établie par Claude, • les Vosges, et dans laquelle on \<>il les départements où il se commet le plus de crimes s'appliquer presque comme un moule sur ceux où la consommation de l'alcool est la plus

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forle, à l'exception delà Corse où la « vendetta » crée une situation particulière. On fait la même observation partout en Amérique, quand on compare les communes qui onl prohibé l'alcool avec celles où on peut le boire librement. Ce qui se constate le plus rapidement et de la façon la plus éclatante, c'est l'augmentation des crimes, là où la consommation alcoolique augmente, et leur diminution, là où elle diminue. Il en est de même des suicides. Or la fréquence des crimes et des suicides est en même temps un baromètre de la dégénérescence nerveuse de la société, quoique l'alcoolisme aigu joue ici un rôle tout particulièrement important. D'autres causes, comme l'entassement du prolétariat dans les grandes villes, dans de misérables logements, avec une nourriture insuffisante et des occupations malsaines, sont, sans doute encore, des causes qui font dégénérer le système nerveux. Mais, je le répète, il est difficile de les fixer par la statistique, et encore plus difficile de les séparer complètement de la mauvaise sélection et de l'alcoolisme, tandis que les effets de ce dernier sont bien plus faciles à constater lorsqu'on compare les peuples ou les individus abstinents ou très sobres à ceux qui boivent beaucoup, là où les circonstances sont du reste les mêmes, ou encore lorsqu'on compare la santé du même peuple dans des périodes où sa consommation en alcool s'est beaucoup modifiée. Néanmoins l'état lamentable des juifs dans certaines villes russes et polonaises, ainsi que celui du prolétariat des grandes villes anglaises, montre que l'épuisement dû à une vie misérable et malsaine peut faire dégénérer une race, même sans alcool.

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