Le muscle. — Les cellules musculaires ont la forme de
libres et sont composées de petites parties régulières alternant avec d'autres de consistance dilVérente dans les muscles dits striés (ceux qui sont sous les ordres directs du cerveau et de la moelle épinière), ce qui leur permet de se contracter très rapidement. Lorsqu*on excite mécaniquement avec une aiguille, ou chimiquement avec un acide, un muscle frais séparé du corps, il se contracte, c'est-à-dire qu'il devient plus court et plus épais, sans changer jjolîdth'mcnidc volume total. Dès que l'irritation cesse, il se relâche de nouveau. Mais si, aprèr l'avoir coupé sur soti parcours, on laisse le nerf mor' teur qui vient se ramifier dans le muscle en connexion avec ce dernier, et si Ton excite son tronçon périphéri(]ue comme il vient d'être dit, le muscle frais se contracte de la même
POREU 6
façoD. Donc, sans se mouvoir lui-même* d'une fugon visible, le nerf est capable de transmettre une irritation aux muscles.
Il est cependant certain que rirritation directe du muscle, sans rinlerniédiaire du nerf, suffit pour provoquer sa rontraction. On peut, en elTet, faire contracter le muscle à l'aide d*ammoniaquo, snhs'idnre qui n'excite pas le nerf. Le curare (un poison) paralyse les nerfs moteurs sans paralyser le muscle, qui demeure excitable malg-ré son action. Excité de la façon que nous venons de dire, le nerf ne peut communiquer an muscle que l'irritation grossière générale que nous lui avons donnée. Mais nous avons vu (anatoiuie) que chaque neuroiibrille vient s'épanouir isolément dans difl'érentes parties du muscle, ce qui permet une combinaison harmonique extraor dinairement fine d'irritations nerveuses de diverse intensité dans les neurofibrilles et faisceaux de neurofibrilles, et par conséquent une combinaison harmonique correspondante des contraclions musculaires destinées à mettre en mouve ment les os et les cartilages. Nos grossières irritations expérimentales ne peuvent imiter le jeu infini de Tharmonie complexe des neurocymes cérébraux sur les muscles.
Lorsqu'on coupe, chez l'homme ou l'animal vivant, le nerf qui innerve un muscle, son tronçon périphérique, puis le muscle tout entier meurent. Le muscle s'atro[)liie alors peu :i peu sous forme d'une cicatrice inerte. Ce simple fait prouve k quel point la vie du muscle dépend de celle du nerf.
a. lie nerf et le nenrocyme. — Ce qui vient d'être dit, joint au fait de la transmission des sensations au cerveau par les
nerfs, prouve qu'une onde moléculaire doit parcourir le cyliudre-axe (lu nerf vivant, c'esl à-diie le prolongement nerveux des cellules ganglionnaires. Noms avons nommé neurocyme cette onde qui se transmet avec une grande rapidité, à raîaon d environ 3o mètres par seconde, dans le nerf moteur. La rapidité de la transmission dans le nerf sensible est très difficile à mesurer ; les données varient entre a6 et aa5 mètres