Sepher Bereschit
2. La notion de UUnité représentée dans le tout, et du tout évoluant dans l’Un, est bien différente de la notion du panthéisme voyanten toute création une division aiî lieu d’une émanation de Dieu: notion altérée de la manifestation de la lumière divine qui a tout fait et sans laquelle rien n’a été fait.
l’ame humaine
et mystique du Verbe à notre verbe ; puisque la forme en est objectivable et que Filluminisme est susceptible de graphie (PI 61).
2° L’Extase de la prière qui sort l’âme de son état, pour la porter au plan supérieur d’intelligence et Vérité, puisque le signe de cet état extatique se graphie dans la prière.
3° L’Entraînement scientifique de notre mémoire, à retenir des faits, ou l’analyse et les déductions découlant de leur étude, comme la comparaison tirée du raisonnement ; quoique le raisonnement ne puisse pas toujours pénétrer les trois plans de la matière naturée, de la vie naturante et de l’intelligence directrice ; car, de môme qu’il faut savoir apprendre pour savoir, de même il faudra savoir appeler l’inspiration, forcer la grâce, provoquer l’illuminisme de la prière, pour connaître.
Les saints qui ont tenté la solution du problème d’acquérir la lumière, de réaliser l’amour, d’atteindre la sagesse, ont réuni ces conditions dans l'état de pureté, A la fin de cette étude expérimentale de l’âme, après avoir montré ce que la science peut en démontrer, son mouvement et sa lumière, tâchons de mettre sommairement en relief, ce que l'inspiration réelle nous révèle de son origine, et l’extase pure nous prophétise de ses fins.
Dans ce monde d’instinct terrestre et de raison humaine, il est expérimentalement prouvé que l'âme existe, se meut, se conçoit elle-même; elle est la forme lumineuse de l’esprit créateur; cette forme se meut et luit. Ainsi comprise, il est permis de suivre sa pérennité après la mort, dans l'invisible fluidique : mouvements et lumières d’âme dans les formes, les apparitions télépathiques entre vivants et morts. (Expériences spiritualistes de Grookes, d’Aksakoff, Bodisco, et graphies
CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Baraduc pendant la vie, comme après ce que nous appelons la mort.)
Des données expérimentalement acquises et exposées dans cet ouvrage, logiquement la raison de foi et de science, peut déduire la vie post-corporelle de Tâme, dans rinvisible, comme un mouvement conscient plus ou moins lumineux, et concevoir la vie dite célesle comme la paisible, aimante et solidaire réunion d’esprits, devenus très lumineux, dans le principe même de la lumière, de l’amour et de la vérité. C’est ce collectivisme mystique des âmes, que Jésus enseignait à ses disciples: « Le principe de ce monde est vaincu ». (Principe de spécialisation et d’individualisation personnelle, d’égoïsme moral, de haine spirituelle, antithétique de rÈtre.) « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, afin que tous soyez un, comme toi mon Père est en moi, et moi en toi; afin que nous aussi ne soyons qu’un. » C’est le retour à l’unité des sousmultiples.
Quant à l’origine et à la finalité du phénomène animique, quel savant pourrait expérimentalement documenté, prétendre dire ce qu’il en est ou sera, s’il n’est avant tout inspiré du Yerbe, qui a parlé à son verbe ; Isaïe, le grand prophète inspiré et ravi, dont les prophéties réalisées à 700 ans de distance, offrent, partant, une somme de créance, met dans la bouche de Jéhovah, cette phrase bien significative : « J’ai tiré les esprits de mon sein et créé les âmes. » C’est le système de projection et de sous-multiplication du rayonnementdivin d’une part (lod) et de traction d’autre part des âmes du chaos, du néant, par l’Esprit Saint (Vau). L’origine divine de l’esprit humain est confirmée par le Christ lui-même qui voit le teimple en l’homme. « Vous ôtes des Dieux:
Ego dixi vobis : DU estis. ». Il le dit ; il ajoute : Je suis la voie, la vérité, la vie, et enseigne ne faire qu’un avec lui comme il ne fait qu’un arec son Père qui est aussi le nôtre.
L’antiquité sacrée et théurgique montre l’homme, microscome issu du macroscome, la petite monade sortie de la grande, Psyché l’âme humaine, enchaînée sur la terre par la matière, comme Prométhée, mais descendue des étoiles ou de l’empyrée, le grand tout. C’est eu un mot une sous-multiplication infinie de l’unité de l’être, émanée de son centre, pour y faire retour libre, conscient, volontaire et personnel. L’enseignement religieux dit que nous sommes à l’image du Créateur, à la similitude de pensée réalisée par la Divinité, divins ou de Dieu suivant les Pères de l’Eglise, rêves objectivés de l’ineffable suivant la Kabbale et, partant, tous les enfants des hommes, enfants de Dieu.
Nous pouvons retrouver dans les visions extatiques de l’apôtre de Patmos, avec certaines certitudes un enseignement symbolique ; voyons comment l’Ange s’exprime sur l’évolution de l’âme et sa finalité.
Saint Jean met d’abord le Verbe en scène. Il est la manifestation de l’Intelligence incréée et créatrice. « Par ce Verbe, tout ce qui a été fait, l’a été par lui, et rien sans lui ; son premier acte est de créer la lumière, cette lumière de l’âme et de vie, alors qu’aucun astre ne brille ; cette lumière illuminera tout homme en naissant, le monde ne l’a pas comprise, et Jésus plus lard, devait dire de lui-même : « Je suis la vie et la lumière du monde. » Après la lumière, la création physique se produit ; l’harmonie, l’équilibre du manifesté, a été rompu ; les grands courants de force d’expansion positive subtile et d’attraction négative cohésive, enfantent et polari-
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sent toute la dynamique universelle ; la nature naturée, se réalise dans les concrétions matérielles, après les transformations du zoéther en modes de l’énergie. Le subtil s’est enlissé dans l’épais, le feu intime des choses s’est voilé à mesure que le feu externe a paru; l’esprit s’occulte à mesure que la force se développe, que les soleils se lèvent sur les mondes, réchauffant les espèces et les races qui surgissent du sol même, du limon de cette terre rouge, qui a constitué le corps du premier homme.
La création tend ensuite à revenir à son centre, avec l’homo-animal terrestre, bête couronnée par l’infusion de l’âme humaine, qui désormais en fait la créature volontaire et libre de sa décision ; l’homme choisit entre l’instinct terrestre, le nahas, l’esprit de vie et l’intelligence céleste, le Verbe de vie et d’amour. Il se détermine spontanément vers les deux pôles du phénoménisme, l’Étre et le non-être, jusqu’à ce que Jésus lui rappelle le retour au principe au Père, en attendant que l’Esprit promis vienne lui enseigner son essence divine, le consoler, l’illuminer et lui donner la nouvelle vie. En résumé, la création serait une formidable émanation de Dieu spirator, rompant l’équilibre de ce qui était sa substance intime, mais sans mouvement fragmenté de son essence d’être mono-panthéique.
Cette émanation produisant l’univers naturé, par la pondération de l’Esprit et la double loi de vie et de mort, assure le double mouvement d’évolution et d’involution
1. La Synthèse de la Manifestation sous une formule brève est la suivante: l’Infini l’Absolu se manifeste par l’Iiidéfini (en tant que progression transformation). Cet Indéfini par l’elTort dilîérentiel se définit. Lorsque ce défini est bien fini, il rentre fini défini, et définitivement dans rinfini.
l’ame humaine
de l’esprit, le bouillonnement perpétuel de la vie, l’incessante transformation de la matière afin que la forme se définisse, que l’âme puisse se spiritualiser, se grouper et sous-multiples, par la succession des nombres tendre à l’unité. Le rayonnement de la sagesse qui se joue et se plaît au milieu des enfants des hommes sous le nom de Providence, entretient son œuvre, jusqu’à ce que la reprise soit totale, que l’effort sain de l’humanité ait été épuisé, que le principe animal devenu hominal, se soit angélisé et divinisé, que le fils de l’homme soit devenu fils de Dieu, frère du Christ, par l’acquisition du septième sens. Alors remontée à son centre d’origine, à son origine de substance, l’humanité est la vie même, la science et l’amour ; elle n’a donc plus besoin de théâtre, de base, ni de terrains, pour son épreuve, où elle a appris à savoir, à aimer, à devenir. Les lois de polarisation des forces de l’univers, tendent alors à disparaître, à se réintégrer, à s’unifier à mesure que l’intelligence s’en retire. Un unique soleil d’harmonie et d’équilibre moral renaît à mesure que les astres s’éteignent dans l’aire de Ciinivers dissipé. L’existence pour l’âme est donc après ratterrissement au libre arbitre et la science de son point de départ matériel, la soi-conscience de son retour: émanation impersonnelle avec la lumière du Verbe ; co7iscience personnelle avec Jésus y la voie et la lumière du monde; retour personnel et soi-conscient par la connaissance de noire essence divine avec T Esprit Saint.
Le serait la ligne de partage ultime, entre
les âmes voulant le Verbe réapparaissant à la fin des âges, la Vie lumière, l’Étre immuable, ou celles persistant dans le mirage des formes, qui devront disparaître à leur tour, comme toute matière divisible, variable, pé-
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rissable, momenlanée, que le feu sublil consumera. Alors seulement pour l’âme spiritualisée, dépouillée de sa forme pranique, sera rétablie l’existence intégrale en Dieu ; fusion volontaire de l’individualité consciente J’elle-même et de son essence, avec et dans l’Un-Tout, comme Tout est dans l’Un. L’âme terrestre, humaine, devenue l’âme céleste, divine, la cité reconquise, voilà le but pour elle.
Mais alors le terme est aussi venu pour notre univers ; mondes, terres et deux ont disparu; le cycle est clos, le manvantara ^ est terminé, le prolaya atteint ; il n’y a plus de temps, dit l’apôtre saint Jean, l’abîme s’est reformé et refermé sur la création volatilisée et la créature subtilisée en Dieu .
Après la création de la Lumière et la formation du monde, après sa descente hominale sur terre pour montrer la voie du retour au principe d’émanation, après sa réapparition judicatrice de l’œuvre totale accomplie, le Verbe, à la fin des temps permane, comme il préexistait au commencement, manifestation irréductible de I’Etre absolu, consubstantiel à « Celui qui a tiré les esprits de son sein, que nul œil n’a pu voir ni concevoir, » qui s’est dit : Je suis celui qui suis, et qu’ici-bas nous appelons Notre Père.
Mont-Saint-Michel, septembre 1895.
1. Manvantara, période de manifestation succédant à, ou précédant un , pralaya, période de repos.
Châteauroux. — Typ. et Stéréotyp. A. MAJESTÉ et L. BOUCHARDEAU